I. — Traitement médical
Pénétrés de tout temps de la nature purement phlegmasique de l'hépatite dysentérique, tous les observateurs, depuis Lind et Annesley jusqu'aux médecins algériens, ont eu recours aux saignées générales et locales, du moins dans les phases aiguës de la maladie. Quant aux moyens internes préconisés aux diverses époques, ils ne diffèrent guère de ceux qui ont été employés contre la dysenterie elle-même.
. Â. Revue hi«itoi*Iqiic. — Annesley. — Annesley, qui assigne un rôle si important à la pléthore de l'abdomen dans la pathogéaie des affections des pays chauds, place les émissions sanguines au premier rang des moyens à employer contre l'hépatite. Au début des formes franches telles qu'on les observe chez les Européens récemment arrivés aux Indes, il prescrivait une ou deux saignées, qu'il faisait suivre de l'application de vingt à trente sangsues sur l'hypochondre droit. Les saignées locales lui paraissaient suffisantes, môme vis-à-vis des lormes aiguës, chez les anciens résidants et les sujets alcoolisés 'ju impaludés. En cas de complication dysentérique, des sang- -lucâ étaient également placées au sacrum. Des applications '^iiiollientes, des bains tièdes, étaient destinés à favoriser !';'<'lioii des antiphlogistiques.
Une fois l'excitation vasculaire apaisée, Annesley s'occupait 'le stimuler et de modifier la sécrétion biliaire, dont le produit ■'* 'ré constituait une cause d'irritation des plus actives vis-à-vis parenchyme hépatique et de la muqueuse intestinale. Le
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ciilomcl clail, scion lui, le remède pai- excellence pour alleindre ce résultat. Mais il convenait d'éliminer au dehors toutes ces matières acres accumulées dans l'intestin, et c'est dans ce but qu'il prescrivait, après le sel mercuriel, des purgatifs doux, tels que le tartrate de potasse, le jalap, l'huile de castor, l'infusion composée de sené et de gentiane, etc.
L'administration de vingt grains de calomel le soir, suivie le lendemain de celle d'un purgatif, suffisait en général, si les émissions sanguines avaient été assez copieuses, pour produire kl salivation ; mais, une fois celle-ci obtenue, il fallait renoncer, au moins pour quelque temps, à l'emploi des mercuriaux.
Indépendamment de son action spéciale sur le foie, le calomel, pour être efficace, devait donc provoquer la salivation. Aiinesley considérait la stomatite mercurielle comme un dérivatif salutaire par rapport à la phlegmasic hépatique, mais il s'efforçait de l'obtenir promptement, par des doses massives et non par des doses fractionnées qu'il accuse de produire dans le foie un état subintlammatoire susceptible de conduire par lui-même à la suppuration.
Lorsque des désordres intestinaux compliquaient l'hépatite, il associait au calomel deux ou trois grains d'opium, et autant de poudre d'ipéca. ^ .
Enfin, quand l'affection passait à l'état chronique, les émissions saneuines devaient céder le pas à l'administration de purgatifs "^doux (crème de tartre, sulfate de soude, etc.) au moment des poussées congestives, et à l'application conlmue à l'extérieur de vésicatoires, de sétons, de solution nitro-
muriatique, etc.
Le ré-ime était, delapart d'Anncsley, l'objet d une sollicitude
vio-ilante; il devait s'adapter à la fois aux exigences de l'étal o-é^néral et à l'état des fonctions digestives; celles-ci étaient d'ailleurs stimulées en temps opportun par les amers, l'infusion de Colombo, de la gentiane, par la décoction de quinquina, etc. ... .rto Morehead. — Cette thérapeutique a ete suivie dans ses arandes lignes par les successeurs d'Annesley aux Indes cl lins les autres colonies. Morehead, qui avait recueilli direc ement les traditions de ce dernier, s'en est le moins écarte. Après les émissions sanguines, dont il usait d'ailleurs sobiemenl il administrait le calomel associé à l'opium et a 1 ipeca.
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Dans sa pensée le sel niercuriel ainsi que les autres purgalifs produisent indirectement la déplélion du réseau artériel du ibie en dégorgeant les capillaires portes par la suractivité qu'ils impriment aux sécrétions intestinale et hépatique. Mais dans les phases avancées de la maladie, et chez les cachectiques, quelle que soit la période, le calomel et les purgatifs sont contre-indiqués comme favorisant le développement de la dysenterie; ils devront être remplacés par les pilules bleues (sulfure de mercure) associéesàl'ipéca, ou l'extrait de taraxacum iini^ à un alcalin. Toutefois l'ipéca, bien que très utile dans l'hépatite, y est, selon Morehead, moins bien toléré que dans la dysenterie : aussi lorsqu'un dysentérique supporte mal la racine brésilienne, éveille-t-il toujours chez l'auteur le soupçon d'une hépatite latente.
Si les symptômes de l'hépatite aiguë ne se dissipent pas à la faveur des moyens précédents, et si le malade n'est point épuisé par une maladie antérieure, il convient de recourir à l'action altérante du mercure, qui sera donné, non pas comme le conseille Annesley, à dose massive, mais à doses réfractées : deux à quatre grains de calomel avec un quart ou. un demi-grain d'opium et un grain d'ipéca seront administrés toutes les trois, quatre, six, huit, heures jusqu'à ce que ion ait obtenu un gonflement sensible des gencives ou un léger ptyalisme. Mais l'état cachectique est une contreind.cation formelle à l'emploi du mercure, auquel l'auteur substitue dans ce cas les résolutifs, la liqueur potassique ou 1 lodure de potassium. r i u
Après les premières émissions sanguines et dans les périodes ultérieures de la maladie, l'action dérivatrice à exercer sur le système vasculaire hépatique sera effectuée non plus par des spoliations sanguines nouvelles, mais par des
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se Ibndait exclusivement sur la doctrine physiologique, les émissions sanguines générales et locales, combinées avec une diététique sévère, résumaient à peu près toute la thérapeutique de l'hépatite comme de la dysenterie.
La réaction qui se fit vers 1840 contre la saignée profita moins à l'hépatite qu'à la fièvre et à la dysenterie. Un croyait que l'inflammation d'une glande si éminemment vasculaire réclamait impérieusement l'évacuation d'une partie du sang qui la pénètre, la quantité de sang à tirer devant d ailleurs être réo-iée sur la constitution du sujet, la date et la lorme de
l'affection. , ,
C'est ainsi que Catteloup, en 1845, recommande la modération dans les émissions sanguines dirigées contre la dysenterie, mais il impose toujours à l'hépatite un traitement antiphlooistique énergique , et l'ouverture de la veine lui paraît être la ressource la plus efficace. Au début, si le sujet n est point épuisé par les privations et les fatigues d'une longue expédition une ou deux saignées, suivies de l'application de ving à trente sangsues à l'hypochondre, sont indispensables et amènent d'ordinaire une détente générale et un notable degoroement du foie. Ce médecin a recours à la saignée, même forsque les manifestations locales sont peu intenses, et maigre la complication dysentérique, qui cependant, dès son époque, était considérée comme une contre-indication formelle aux émissions sanguines générales.
Aux déplétions sanguines, Catteloup faisait succéder es révulsifs (moxas, cautères, vésicatoires entretenus) et les moyens internes propres à combattre à la lois 1 hépatite e la dysenterie, à savoir l'opium seul ou associe au calomel et â l'ipéca, suivant la pratique des Anglais.
Cette thérapeutique fut celle des contemporains cl des successeurs de Catteloup, avec une réserve de plus en plus m quée toutefois dans l'emploi de la saignée; e le était c alemo en usage dans nos colonies lointaines, ou, de bonne heu e calomel et l'ipéca étaient considérés ^omme des agen . non moins utiles dans le traitement de l'hépatite dysentérique que
les émissions sanguines. , . • i ,„,nii«ue
M. Rouis a résumé avec une grande précision If P^^^ ^" suivie, il y a une trentaine d'années, par les médecins de