C. Fi'cqueucc de riicpatîtc chez les ilyscntérîquc^i
Cette question n'est pas moins intéressante que la précédente, parce qu'elle nous amène à apprécier l'importance de ces causes, pour nous secondaires, auxquelles la plupart des auteurs ont attribué un rôle prépondérant dans l'étiologie des abcès du foie. La mesure la plus exacte qu'on puisse donner de l'importance de chacune de ces causes est, en elfet, le taux auquel s'élève sous son influence la fréquence des abcès dans la dysenterie.
Les données utilisables pour une pareille détermination ne sont pas nombreuses. Généralement les statistiques se bornent à indiquer, pour un lieu et une période d'années déterminés, la fréquence relative ou absolue de la dysenterie et de l'hépatite. Mais comme la dénomination d'hépatite, ainsi que nous l'avons vu, s'applique souvent à des objets difl'érents de l'hépatite dysentérique, et comme, d'autre part, les abcès secondaires sont souvent méconnus pendant la vie et ne sont pas toujours recherchés après la mort, il est présumable que ces statistiques donnent des chiffres ou trop forts ou trop faibles. On ne peut donc avoir une confiance absolue que dans les données obtenues par des recherches nécroscopiques entreprises spécialement dans le but de déterminer la fréquence de la complication hépatique chez les dysentériques. Nous ne ferons usage, autant que possible, que de ces dernières.
Parmi les causes secondes étudiées au chapitre I, il en est qui sont accidentelles ou qui consistent en infractions à l'hygiène individuelle, et dont les efl'cts, pour cette raison, échappent à toute appréciation numérique ; tels sont : le refroidissement du corps, les écarts de régime, l'alcoolisme, les médications inopportunes, le traumatisme, enfin Icsprivations, les peines morales et les fatigues physiques lorsqu'elles ne résultent pas de faits de guerre. Nous ne pourrons nous occuper ici que des causes d'ordre plus général, s'exerijant sur une région géographique ou sur un groupe de population, telles que les influences tropicales, endémiques et épidémiqiies, la race et l'acclimatement»
1" Influence de la température. — Les hautes températures
288 KTIOLOGIE ET PATItOCÉNIE.
lavoriscnl, comme nous l'avons montré en étudiant les causes (Je la dysenterie, le développement dos germes de cette maladie, et de.plus modifient leurs propriétés pathologiques dans le sens de la gravité et de la chronicité. Un autre eiïet de la chaleur est d'augmenter la fréquence proportionnelle des abcès du foie; on peut s'en convaincre en comparant entre elles les fortes endémies tropicales (Sénégal, Martinique, Inde anglaise), l'endémie algérienne et l'endémie nostras, dans des conditions similaires, c'est-à-dire à l'état de paix.
Dutroulau relève à l'hôpital de Saint-Pierre (Martinique), pour la période 18/^6-51, 3-47 décès par dysenterie, 70 décès par hépatite; à l'hôpital de Saint-Louis (Sénégal), pour la période 1853-58, 186 décès par dysenterie et 30 décès par hépalite. Le rapport de la mortalité serait donc pour ces deux colonies exprimé par 1/4,9 et 1/6.
Ces chiffres ne donnent qu'une valeur approximative du rapport de fréquence de l'hépatite chez les sujets morts de dysenterie, parce qu'il n'est pas spécifié si tous les sujets morts d'hépatile étaient atteints de dysenterie, ni si parmi les dysentéri([ues quelques-uns n'étaient point porteurs d'abcès du loie.
Pour l'Inde les documents sont plus précis; nous les em- .pr union s à Woodward :
Waring (Madras), dans 259 aul. de dys. compte 69 cas d'abcès.
Moore (Bombay), — 494 — — 90 Macphersoii (Galcu(ta) 293 — — A-6 Marshall (Ceyian), dans 177 — — i?,
Le rapport moyen résultant de ces statistiques est un quart environ.
Morehead donne les chiffres suivants :
A CalcuUa, sur 160 aut. de dys., on a rencontré 21 l'ois l'abcès du foie. A Madras, — 51 — — 26 — —
A Bombay, — 30 — — 12 — - •
Le rai)[)ortde ces deux nombres est d'un cinquième environ. La proportion numérique des abcès du foie chez les dysen-