FRÉQUENCE DE L'HEPATITE CHEZ LES DYSENTÉRIQUES
tériqiies paraît donc Atre d'un quail à un cinquième dans les endémies tropicales fortes.
Pour l'Algérie, à l'époque actuelle et en temps de paix, nous ne possédons pas de statistique exacte; mais les tables de mortalité des hôpitaux de la Galle, Philippeville et Bougie, citées plus haut, donnent le rapport d'un sixième, qui ne doit pas s'éloigner beaucoup de la vérité, puisque, d'après notre observation personnelle, les abcès du foie, dans la province de Constantine, sont 14 fois sur 18 liés à la dysenterie.
Il serait difficile d'apprécier par un chiffre même approximatif la fréquence des abcès du foie dans la dysenterie en Europe. Des recherches entreprises à ce sujet donneraient probablement des résultats très dissemblables pour la dysenterie sporadique et pour l'épidémique. Dans la dysenterie sporadique, ordinairement chronique, l'hépatite ne paraît pas très rare, si l'on en juge par les observations assez jiombreuses disséminées dans la littérature. Peut-être trouveraiton une proportion plus forte qu'on ne le croit généralement, si l'on prenait le soin de consulter les registres d'autopsies des grands hôpitaux pour une période de quelques années, comme l'ont fait Bristowe à l'hôpital Saint-Thomas de Londres (4 abcès chez 32 sujets atteints de dysenterie, soit 1/8), et Gluck à l'hôpital de Bukarest (16 cas d'abcès dans 151 autopsies de dysentériques, soit 1/9).
Les variations dues à l'influence de la chaleur paraissent donc être comprises entre 1/4 et 1/9.
2° Influence des conditions endémiques spéciales. — Indépendamment de la chaleur, il est d'autres conditions climatériques, propres à certaines localités, qui modifient également les propriétés du poison dysentérique. Ges conditions, sur lesquelles Dutroulau a justement appelé l'attention, échajipent jusqu'à présent à toute analyse, mais elles se manifestent par les résultats.
On peut mettre en évidence ce facteur inconnu, en comparant entre elles diverses endémies, à l'état de paix, situées à peu près sous la même latitude, telles que sont la Gochinchine, la Guyane, la Réunion et Taïti.
Nous avons fait plus haut des réserves au sujet de l'opinion souvent exprimée que les abcès du foie sont rares en Gochinchine. En réalité la fré([uence pro])ortionnelie des abcès dans
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"2% ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉNIE.
la dysenterie paraît être un peu plus faible pour cette colonie que pour l'Inde et les Antilles. Julien rencontre 8 fois l'hépatite suppurée sur 108 autopsies de dysentériques, et Bourgarel, 7 fois sur 22. En réunissant les chiiï'res donnés par ces deux observateurs, ©n trouve un rapport de 1/9 environ, qui ne peut cependant être considéré comme définitif, parce que les séries sont très faibles.
Les résultats si dissemblables, auxquels on arrive en consultant, d'une part les statistiques générales de mortalité, et d'autre part les recherches nécroscopiques directes, ne permettent pas d'accepter pour la Guyane le rapport de 1/34, cité plus haut d'après Dutroulau, comme exprimant la fréquence proportionnelle des abcès hépatiques chez les dysentériques dans cette colonie. Mais le témoignage des médecins qui ont séjourné dans nos diverses colonies, constate trop unanimement pour qu'on en puisse douter, la gradation décroissante de l'endémie dysentérico-hépatique en Cochinchine, à la Guyane, à la Réunion et àTaïti, c'est-à-dire dans des climats peu différents au point de vue de la température moyenne.
Peut-être aussi une enquête, dont les éléments manquent actuellement, trouverait-elle en Europe des foyers endémiques d'inégale intensité, car les chiffres cités plus haut, d'après Bristowe et Gluck, pour Londres et pour Bukarest, paraissent trop élevés pour exprimer la fréquence moyenne des abcès dysentériques dans nos climats.
S" Influence de V acclimatement. — Cette question et la suivante ont été l'objet, dans le chapitre I de ce livre, d'un examen assez détaillé pour qu'il nous suffise d'en rappeler les conclusions. Désignant par acclimatement les modifications qui s'établissent dans l'organisme humain sous l'influence des changements de climat, nous avons distingué trois cas : la prolongation du séjour de l'Européen dans les pays chauds, l'arrivée récente dans les colonies et le retour dans la mère patrie.
Annesley disait que la dysenterie hépatique est la forme de la dysentérie propre aux anciens résidents. Il y a une part de vérité dans celte proposition, qui ne doit cependant pas être prise à la lettre. Nous avons vu que l'ancienneté de la résidence augmente, en effet, les chances du dysentérique à contracter l'hépatite suppurée, et que Thévenot avait donné une appréciation numérique de ces chances, déduite, il est vrai, d'un petit