‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 48 sur 213 · PYRÉTOLOGIR DES PAYS CHAUDS · texte numérisé non relu

PYRÉTOLOGIR DES PAYS CHAUDS

guer de ceux qu'on observe dans les autres fièvres, où la gravité s'établit graduellement et par des symptômes multiples. Mercatus croyait que la perniciosité est surtout liée au type tierce, et il distingue cinq catégories de tierces pernicieuses, suivant les altérations humorales dont elles procèdent. Le point de vue doctrinal prédomine tellement sur l'observation, que l'analyse de ces formes serait de médiocre intérêt; ce qu'on en peut dire de plus avantageux, c'est qu'elles ont servi d'ébauches aux descriptions beaucoup plus précises de Tortj.

^ Torti (3). — Vers le milieu du dix-septième siècle, se répandit, d'abord en Espagne, puis en Italie, en France et enfin en Angleterre, l'usage du quinquina, qui fut non seulement un immense bienfait thérapeutique, mais amena aussi un notable progrès dans la pyrétologie. C'est, en effet, grâce à l'emploi de l'écorce du Pérou que R. Morton et Torti purent reconnaître que les fièvres dites essentielles n'étaient pas toutes de même nature, puisque les unes étaient traitées avantageusement par ce moyen et d'autres non.

Les fièvres justiciables du quinquina sont divisées par Torti en deux groupes, les intermittentes et la subcontinue.

Les intermittentes forment un groupe naturel, défini par le retour périodique d'accès séparés les uns des autres; elles ont, en outre, un deuxième caractère, bien mis en évidence par Mercatus, c'est d'être accompagnées parfois (comitalœ) de symptômes graves et particuliers, désignés sous le nom de pernicieux; ces accidents pernicieux peuvent être rapportés à sept formes principales :

1° La cholérique ou dysentérique; 2° l'hémorrhagique ou atrabilaire; cette forme, dit Torti, peut à la rigueur être confondue avec la première, parce que le flux hépatique ou atrabilaire qui la caractérise n'est qu'une variété du flux dysentérique; 3" la cardiaque; 4° la diaphorétique. Ces quatre formes sont dites colliquatives, parce qu'elles sont attribuées à l'état de dilution ou de colliquation des humeurs;

5" La syncopale; 6° l'algide; 7° la léthargique. Ces trois formes sont appelées coagulatives, parce qu'elles sont attribuées à l'épaississemenl ou concrétion des humeurs.

Torti déclare s'être borné à la description des formes qu'il a observées lui-même et qu'il considère comme usuelles; c'est pour cette raison qu'il a négligé de parler d'un certain nombre

lIISTOlUaUE DES FIÈVRES DE MALARIA.

d'iiccidenls rares rnenlionncs par Mercalus {pern. ob aliquod accidens quod succrescil). Celle omission est peu regrcllable, car c'est précisément à ce caractère d'observation personnelle que la description des fièvres pernicieuses de Torti doit la vigueur et la précision qui en ont fait la célébrité.

La subintrante ou subconlinue est une lièvre périodique dont les accès ne sont plus séparés par des intermissions complètes; chaque accès débute avant que le précédent soit terminé,'de telle sorte que la fièvre est réellement continue, mais présente des rémissions et exacerbations à jours fixes.

Elle ne comprend qu'une seule espèce, bien qu'elle soit très fréquente et protéiforme dans ses manifestations; elle est souvent grave et sa léthalité n'est pas moindre que celle des fièvres interraitlentes; mais, en général, la gravité lui vient, non d'un seul symptôme, mais de plusieurs symptômes dont aucun ne prédomine, et qui sont communs à toutes les fièvres continues malignes (parotides, furoncles, eschares, angines à croûte .blanche, etc.) ; c'est pourquoi Torti l'appelle subcontinua maligna ou solitaria.

Dans celte excellente description de la fièvre subconlinue maligne, il est facile de reconnaître les traits de notre rémittente paludéenne typhoïde. La lecture des observations rapportées au livre IV peut cependant laisser quelques doutes sur la légitimité du diagnostic dans certains cas : les observations XII, XIV, XV, par exemple, où les exacerbations sont tout à fait obscures et où les accidents pernicieux ne sont pas notés, ne sont-elles pas de véritables fièvres typhoïdes, guéries spontanément pendant l'usage du quinquina?

La difficulté du diagnostic différentiel entre ces fièvres subconlinues et les continues n'avait pas échappé à Torti, et il eut le mérite d'en poser très nellement le problème dans sa théorie de la fièvre proportionnée.

Nous rappellerons ici en quelques mots la signification donnée par Torti à celte dénomination dont il a été fait et dont il sera fait encore une largo application dans notre ouvrage.

Il appelle proportionnées des fièvres hybrides composées d'une lièvre périodique subintrante et d'une continue rémitlenle. Torti n'imagine pas que celte fièvre conlinue, surajoutée à la fièvre périodique, puisse être produite par quehiue poi-

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