II. — Dix-huitième siècle. — Premières études étiologiques
R. Morton, Lancisi, Pringle, Lind, Cullen, Baumes. — La pyrétologie de R. Morton (4) est antérieure de quelques années à l'ouvrage que nous venons d'analyser, et a, comme celui-ci, pour objet principal l'étude des fièvres justiciables du quinquina; mais elle n'a pas une valeur clinique égale. Les fièvres qu'il faut traiter par le quinquina sont divisées en intermittentes et synèques, La synèque (auvsx^ç), que Morton appelle aussi, contrairement à l'acception italienne de ces mots, continente ou rémittente, est une fièvre continue, présentant des exacerbations et des rémissions plus ou moins régulières, tous les jours ou tous les deux jours, et susceptible de tous les accidents graves et protéiformes que l'on observe dans les intermittentes. Elle correspond, comme on le voit, à la subcontinue maligne de Torti, et devait comprendre, comme cette dernière, non seulement des fièvres paludéennes, mais aussi un certain nombre de fièvres typhoïdes simples ou compliquées de malaria. Aussi n'est-ce pas sans raison que Torti reproche à son prédécesseur de n'avoir pas mentionné l'insuccès fréquent du quinquina dans ce groupe hétérogène de pyrexies, et de n'en avoir pas recherché la raison.
Mais si Morton se montre clinicien moins sagace que le médecin de Modène, son œuvre marque d'un autre côté un progrès notable vers les idées modernes, en introduisant dans la définition des pyrexies la notion d'une cause externe; parce caractère, elle appartient à la série des travaux qui honorent le dix-huitième siècle.