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LÉSIONS DES AUTRES ORGANES

Indépendamment des lésions graves et caractéristiques que nous venons de décrire dans le gros intestin, et des lésions hépatiques qui seront l'objet d'une étude particulière dans le livre II, la dysenterie ne développe dans les autres organes que des lésions d'une importance secondaire. Nous résumerons ici ces altérations, telles qu'elles résultent d'une trentaine d'autopsies suffisamment complètes de dysenterie pure, c'est-à-dire sans complication hépatique, empruntées aux auteurs classiques, et d'une vingtaine d'observations personnelles.

LÉSIONS DES AUTKES ORGANES. '-i-'

Péritoine. — Parfois complôLemcnl, normal, il pcul, présenter irois séries d'alléralions. Tantôt c'est une liypérémie plus ou moins franche, plus ou moins générale dans la dysenterie aiguë, ou une pigmentation ardoisée diffuse ou tachetée dans la dysenterie chronique. Dans une autre série de faits, se rapportant tous à la dysenterie chronique, on observe des vestiges de péritonite partielle, un épaississement œdémateux du méso-côlon, des brides et des adhérences réunissant le gros intestin aux parois de l'abdomen ou aux organes voisins, avec ou sans déplacement des organes. Enfin, dans une troisième série de faits, se rapportant exclusivement à la forme gangreneuse de la dysenterie, le péritoine est le siège d'une inflammation aiguë suppurative. Cette complication est très commune, puisque sur vingt cas de dysenterie gangreneuse elle est mentionnée dix fois. La péritonite peut être localisée et caractérisée seulement par des dépôts fibrineux, adhérents à la surface du gros intestin, au niveau des eschares qui ont intéressé toute l'épaisseur de la paroi; d'autres fois, il s'agit d'une collection de pus produite au niveau d'une perforalion, et circonscrite par des adhérences des anses intestinales agglutinées entre elles. Plus ordinairement la péritonite est générale; on trouve alors les anses intestinales ballonnées, rouges, agglutinées entre elles, des couches fibrineuses déposées à la surface des organes, et un épanchement liquide peu abondant et très purulent dans le petit bassin. Cette péritonite générale peut être consécutive à une perforation ou à l'existence d'eschares non perforées, mais atteignant toute l'épaisseur du gros intestin; elle peut aussi être complètement indépendante de toute lésion des tuniques externes de l'intestin.

Ganglions lymphatiques. — Le plus ordinairement il est fait mention de la tuméfaction des ganglions du mésentère; nous les avons tou jours trouvés en effet tuméfiés, rouges ou rosés, ramollis dans la forme aiguë, plus pâles et plus fermes dans la forme chronique. Aucune observation ne mentionne leur suppuration ni leur état caséeux. Cette adénopathie n'a jamais ni l'étendue, ni l'intensité qu'on rencontre dans la fièvre typhoïde; dans un cas, cependant, nous l'avons trouvée généralisée à tous les ganglions de l'abdomen.

Foie. — Quelques auteurs, Annesley, Cambay, Dutroulau

notamment, onl mentionné comme lésion constante la tuméfaction et l'hypércmie du foie dans les formes aiguës de la dysenterie. Le dépouillement des autopsies ne confirme pas cette proposition. Très souvent le foie est dans son état nbrmal. Dans quelques cas, nous l'avons trouvé tuméfié et plus ou moins ramolli, sans que cependant son poids dépassât 1800 grammes. Cette tuméfaction ne nous paraît se rattacher par aucun lien à la dysenterie hépatique proprement dite, et ne saurait être considérée comme le premier degré de l'abcès du foie. L'augmentation de volume n'était pas due à l'hypérémie; la coloration du foie était plutôt jaune-chamois ou brunâtre, avec des taches jaunes disséminées, correspondant à des districts anémiés. Cet état du foie, que l'examen histologique nous a montré être en rapport avec la surcharge graisseuse des cellules, s'est toujours rencontré dans les formes gangreneuses de la dysenterie primitive ou secondaire. Dans la dysenterie chronique, la lésion la plus commune du foie est l'atrophie, qui peut se déclarer assez rapidement et être déjà prononcée au bout de six semaines. Nous trouvons dans nos autopsies des poids variant de 1000 à 1300 grammes; le tissu de la glande est alors sec, ferme, d'une couleur rouge brun. La bile contenue dans la vésicule varie de quantité, de coloration, de consistance, mais les altérations de cette sécrétion ne nous ont pas paru justifier l'importance pathogénique qu'on lui a attribuée dans la dysenterie.

La rate, à moins de complication paludéenne ou septicémique, ne présente aucune altération notable; on .trouve plutôt signalée sa petitesse en rapport avec l'émaciation générale de la maladie chronique.

Reins. — Ordinairement normaux dans la dysenterie aiguë et toujours atrophiés dans la dysenterie chronique, où nous avons vu leur poids descendre à 210 grammes. Dans une petite épidémie, chez des sujets morts de dysenterie gangreneuse, et dont les urines avaient été albumineuses pendant la vie, nous avons trouvé les reins volumineux, congestionnés, pesant 310 et 350 grammes et présentant les caractères de la néphrite diffuse, propres aux pyrexies aiguës. En raison de sa rareté, cette néphrite nous paraît plutôt se rattacher à la septicémie qu'à la dysenterie.

Poumons. — Les autopsies mentionnent ordinairement dans

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