DES FIÈVRES CLIMATÉUIQUES DANS LES CLIMATS CHAUDS
nanle; elle ne diffère au fond que par sa bénignité de la fièvre bilieuse palustre, à laquelle elle se relie par des transitions graduées analogues à celles qui rattachent la fièvre gastrique à la dothiénentérie dans les climats salubres. Nous avons lu avec attention les études intéressantes de nos confrères de la marine sur la pyrétologie des Antilles et surtout de la côte occidentale d'Afrique. La pyrétologie des comptoirs du Sénégal, de la Côte d'or, du Gabon, comprend les fièvres bilieuses paludéennes à tous les degrés d'intensité, et parfois la dothiénentérie ; la fièvre climatique y est très rarement mentionnée. M. le docteur Rouvier (14) en relate deux observations recueillies à bord de la Thisbé, dans les eaux du Gabon; mais elles se rapportent à deux sujets qui chaque jour faisaient un séjour prolongé à terre. Or cette circonstance paraît être décisive dans l'espèce. Les pyrexies bilieuses, en effet, — et on ne mentionne pas d'exception en faveur de la fièvre climatique — ne se développent à bord des navires mouillés en face de la côte que chez les sujets que leur service a appelés à terre. Au Gabon, dit M. Forné (15), la fièvre bilieuse n'atteint presque jamais le personnel du navire-hôpital, les hommes de corvée qui viennent coucher à terre seuls la contractent parfois ; elle sévit, au contraire, à tous ses degrés, et sous toutes ses formes à terre, et y est très fréquente à l'hôpital qui reçoit le personnel du comptoir. Cette situation réalise, suivant ce médecin, un vrai essai expérimental, et nous pouvons ajouter que le résultat n'en est guère favorable à l'opinion qui assigne aux météores seuls une action pyrogène. Le témoignage de M. Griffon du Bellay (16) n'est pas moins formel. Ce médecin rattache à l'endémie régnante les pyrexies les plus simples, avec ou sans complication bilieuse, et à l'appui de cette opinion il rapporte que pendant les deux années qu'il a dirigé le service sanitaire de l'hôpital flottant la Caravane, il n'a pas reçu des divers navires de la division à laquelle ce bâtimenthôpital était affecté un seul cas de fièvre bilieuse ayant quelque gravité ou seulement bien caractérisé; tandis que pendant celte période des fièvres bilieuses légères et graves s'observaient fréquemment au comptoir. L'auteur ajoute que seuls les hommes qui descendaient à terre pour le service étaient atteints, bien qu'ils ralliassent le bord au soir.
On ne peut se refuser à admettre ([ue les conditions clima-