PYRÉTOLOGIE DES PAYS CHAUDS. — DES FIÈVRES CLIMATÉRIQUES
tériques sont ici sensiblement les mêmes pour les équipages et pour la population du comptoir. Si les pyrcxies bénignes et graves ne s'observent qu'au milieu de celte dernière, on peut en conclure qu'à aucun de ses degrés la fièvre bilieuse n'admet le climat météorique comme facteur patliogénique essentiel.
b. Madagascar. — Les témoignages recueillis dans la littérature médicale concernant la côte orientale de l'Afrique déposent dans le même sens. M. DauUé, qui a observé pendant cinq ans à Mayotle et àNossi-Bé (17), n'y signale que des fièvres paludéennes, et il ajoute qu'à leur degré le plus simple, quand elles viennent à se compliquer d'embarras gastrique, elles reçoivent dans le pays le nom de fièvre d'acclimatement. M. Leroy de Méricourt (18), dans sa remarquable histoire de la campagne de VArchimède, raconte qu'après l'arrivée de cettte corvette à Nossi-Bé, vingt-huit hommes furent presque coup sur coup atteints de diarrhée et de vomissements bilieux; l'auteur a rapporté cette hypersécrétion de la bile à l'action des météores; il mentionne toutefois que, pour l'un de ses collègues, elle représentait une sorte d'élimination de l'élément palustre auquel l'équipage était nouvellement soumis; la nature palustre de ces indispositions est d'autant plus vraisemblable, qu'elles servirent en quelque sorte de prodromes à des manifestations plus caractéristiques ; en effet, après celte petite épidémie, une quinzaine d'hommes furent atteints de fièvre rémittente compliquée d'état bilieux, fièvre qui cédait facilement à l'administration de la poudre de quinquina.
Peut-être, si l'on tenait compte des coliques violentes et des douleurs dans les jambes qui survenaient en même temps que la diarrhée et les vomissements, et qui réunies à ces derniers symptômes, rappellent si bien les traits du choléra noslras, pourrait-on assigner à l'épidémie de flux bilieux de VArchimède une troisième signification ; quoi qu'il en soit, on ne saurait y voir une fièvre climatique, car l'auteur mentionne expressément l'absence de tout symptôme inflammatoire.
c. Antilles. — Si, dans nos colonies de l'hémisphère Est, toutes les pyrexies bénignes se répartissent entre la dothiénentérie et l'impaludisme, il est nécessaire aux Antilles de tailler dans ce groupe une troisième part à attribuer à la fièvre jaune. La fièvre bilieuse inlïammatoire y est assez répandue pour avoir été l'objet de mémoires importants où elle est