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DES FIÈVRES CLIMATÉRIQUES DANS LES CLIMATS CHAUDS

constitutions sthcniques » {loc. cit., p. 57). Enfin, sous celte dénomination d'ardent continued fever, un auteur plus récent, Horion (24), décrit un type fébrile qu'il appelle aussi febris perniciosa, malignant or typhoïd fever of the iropics et auquel il assigne des caractères cliniques et anatomo-pathologiques dans lesquels il est impossible de méconnaître l'iiéotyphus.

Quelque précieux que soient les documents des Anglais sur les fièvres tropicales, ils ne peuvent guère éclairer la nosographie de ces dernières, ni surtout le problème soulevé dans ce chapitre. Il est, en effet, presque impossible de s'orienter au milieu de ces processus fébriles, dont la distinction est uniquement fondée sur la marche, le type, les symptômes prédominants, sans égard pour la valeur de la cause ni de la lésion. Ranald Martin ne mentionne même pas la fièvre typhoïde dans son traité ; mais on en reconnaît les traits cliniques ou anatoraopathologiques, soit dans la fièvre rémittente, soit dans la fièvre continue congesLive de la saison froide. Morehead, après avoir affirmé, dans la première édition de son Traité, l'absence de la fièvre typhoïde aux Indes, montre, dans la deuxième, une certaine réserve à ce sujet, réserve imposée par une observation personnelle et surtout celle de ses collègues. Il engage, toutefois, ceux qui vont à la recherche de cette affection, d'éviter la tendance, si commune en médecine, d'exagérer f importance des faits nouveaux au détriment de vérités bien établies ; et il leur rappelle que la tuméfaction et l'ulcération des glandes de Peyer ne sont pas spéciales à la fièvre typhoïde, qu'on les observe dans le choléra, la diarrhée chronique, l'entérite muqueuse aiguë , et à titre de complication dans la fièvre rémittente, et surtout la phlhisie pulmonaire. Voilà ce qu'écrivait, en 1860, le médecin le plus autorisé de l'Inde et l'auteur du Traité le plus répandu sur les maladies de ce pays.

On a de la peine à croire qu'aujourd'hui encore les médecins anglais n'ont pu se mettre d'accord sur l'existence de la dothiéncntéric aux Indes. La nature des lièvres de ce pays est toujours l'objet de vives controverses, et, malgré l'évidence des faits contradictoires, quelques observateurs continuent à considérer le climat comme le facteur prépondérant ou exclusif de

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la pluparl, de ces fièvres, et à' nier la cloihiénenl^rie ou à dénaturer les faits qui s'y rapportent maiuleslement *.

N'en déplaise aux doctrines, les faits ont de tout temps témoigné de l'existence de la dothiénentérie dans toutes les régions de l'Inde. Cette affection figure, en effet, sous des noms divers, avec ses traits anotomo-cliniques caractéristiques, dans la plupart des écrits sur ce pays, depuis le vaste compendium d'Annesley jusqu'au livre classique de Morehead", et on ne peut douter que, dissimulée derrière les termes vagues de fébricule, de fièvre rémittente ou continue simple, elle n'ait servi à constituer la plus grande partie du chapitre des fièvres climatiques.

Il est juste de reconnaître que quelques voix se sont élevées de temps à autre en sa faveur. En 4855, Ewart la signale dans la présidence d'Agra; en 1862, Johnston dans celle de Madras, et Peet dans celle de Bombay; enfin, en 1871, de Renzi déclare formellement que, dans le Pendschab, la fièvre entérique est plus commune qu'on ne le croit généralement, qu'elle y est constamment prise pour la fièvre rémittente, et que les faits produits sous le nom de fièvre continue se rapportent en réalité au typhus abdominal (25). Il y a, d'ailleurs, des médecins anglais qui ont nettement précisé les relations des pyrexies bénignes qui nous occupent, avec ce dernier. Aux Bermudes et à^Gibraltar, écrit Don (26), les fébricules et la fièvre continue simple sont constamment associées à la fièvre typhoïde, et se transforment souvent en cette dernière maladie. Cette étroite connexion entre ces divers processus fébriles est significative pour l'auteur, qui invite ses collègues de l'Inde à ne pas l'oublier dans l'interprétation des fièvres de ce pays. Pour nous, nous nous croyons suffisamment autorisés, parce

* C'est ainsi que plusieurs écrivains récents, comme Gordon (voy. Jahresb., etc. von Virchow u. Hirsch, 1880, t. I", p. 380), continuent à nier rexistence de la nèvre typhoïde aux Indes, et, s'inspirant des doctrines de leurs prédécesseurs dans ce pays, assignent le premier rang dans l'étiologie aux influences climatiques. Et rempire de pareilles idées est tel que, quand on se trouve devant des cas classiques de fièvre typhoïde, on prend volontiers le change, et l'on se demande, comme Ghevcrs (Medic. Times a. Gaz., 3 juillet 1880), si « la temperature élevée, la malaria et d'autres influences purement climatiques sont capables, par leur associalion, de produire un complexus morbide identique, à part la cause, à la ficvie cntériquc d'Europe! », . , p-

*♦ Les observations XXXII et XXXV se rapportent évidemment a la fièvre typhoïde ; il en est peut-être de même des observations XXII et XXVI.

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qui précède, à conclure qu'ici, comme "dans les autres èolo- i nies, la fièvre continue simple ou ardente doit revenir aUx ] endémies régnantes, que ce n'est qu'au préjudice de l'une ou de l'autre de celles-ci qu'elle a pu occuper une place si large dans la pyrétologie indienne, et qu'enfin c'est bien à tort qu'on .j, a si souvent emprunte à cette dernière les preuves de l'existence des fièvres climatiques.

CONCLUSIONS j

En résumé, les fièvres infectieuses, comme les éruptives, j ont leurs formes frustes, auxquelles elles se rattachent par , des intermédiaires gradués. Ces fièvres bénignes, caractérisées ( par une symptomatologie banale et indifférente dans laquelle Cyww^j on cherche en vain quelque trait clinique spécifique, sont peu \ distinctes les unes des autres; et, comme il n'est pas de région sous les tropiques où ne règne l'une ou l'autre des trois j grandes pyrexies dont elles sont les pâles représentants, on les j rencontre partout, sous les climats salubres comme sous ceux qui ne le sont pas ; el c'est ainsi que les observateurs, qui n'ont eu en vue que la malaria, ont été portés à les attribuer aux météores. Il est d'un intérêt non moins grand, en pratique qu'en théorie, de leur assigner leur véritable signification. Leur nature ne reste pas douteuse, si on les étudie dans leurs | rapports avec fendémie régnante dont elles copient la physionomie, à laquelle elles se rattachent par des formes de transition, et dont elles suivent, en général, révolution épidémique. | Confondues par leurs symptômes, qui se résument dans la fièvre et dans des troubles gastro-intestinaux plus ou moins marqués, elles ne se distinguent que par leur étiologie, dans laquelle le facteur climatérique n'a qu'une valeur tout à fait secondaire.

(1) KiENER, Obs. de fièvre éphémère à riiôp. St-Êloi, de Monlp. (Bull, et Mém de la Soc. méd. des hôp. de Paris, 1885, p. 146). — (2) Kelscii, Observât, sur rembarras gastrique fébrile (Ibid., p. 173). — (3) Colin, De la fièvre typhoïde dans V armée. Paris, J.-B. Bailliere, 1878. — (■i) Grisolle, Traite de pathologie interne, t. I", p. 17. — (5) Pauhot, Note sur la fièvre herpétique (Gaz. liebdom. de méd. et de chir., 1871, p. 371). — (6) Lagout, Obs. et consid. relatives à l'herpès labialis (Bull, et Méiii. de la Soc. méd. des hôp. de Paris, t. X 2" série, 1873, p. 01). — (7) Moutaud-Martin (Ibid., p. 198). — (8) COLln, De la fièvre rémittente obs. à Rome (Ibid., t. IV, p. 50, 1807). — (9) F. JAO

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ûiror, LcLIros sur ritalic, p. 308. — (10) M\HÈ, Fièvres dites climalêriqucs ou cliiiiiitiqucs des pays intertropicaux. Progr. de séinéiol. etd'ctiol. (Arch. méd. nav., 1879, t. XXXI et tirage à part). — (11) Uavnaud, Fièvres palustres de la Guyane (Thèse Montp., 1858, p. 28). — (12) BuASSAC, Note sur la lièvre typii. obs. aux Antilles (Arch. méd. nav., 1865) et Fièvre typh. à Taïti (Ibid., t. lY, p. 282). — Dupont, La fièvre typh. et la fièvre rémitt. dans la zone torride (Arch. méd. nav., 1878, t. XXX). — Richaud, Topogr. médic. de la Cochinch. franç. (Ibid., 1864., t. 1", p. 352). — Toures-Uomem, Étude comparative des caractères cliniq. de la doth. et de la fièvre rémitt. palud. typh. à Ulo-de- Janeiro (Ibid., 1879, t. XXXI, p. 50). - Miciiaud, Topogr. méd. de la Cochinchine (Ibid., t. I", p. 352). —(13) Dutroulau, Traité des malad. des Europ. dans les pays ch., p. 127-135. — (14) RouviER,Obs. sur les fièv. du Gabon (Th. de Montp., 1870). — (15) FouNÉ, Contribut. à la géogr. médic, côte occidentale d'Afr, (Thèse de Montp., 1870, p. U). — (16) Griffon du Bellay, Rapport méd. sur le serv. de l'hôpit. flottant de la Caravane, mouillée en rade de Gabon (Arch. méd nav 1864, t. 1"). — (17) Daullé, Cinq années d'obs. médic. dans les possess. fr'anç. de Madagascar (Thèse de Paris, 1857). - (18) Le Roy DE MlRÉ- COURT, Uist. médic. de la camp, de VArchiméde (Thèse de Pans, 1853). — 19) BÉRENGER-FÉRAUD, De la fièvre dite bilieuse-innammatoire aux Antilles. Parie, 1878. — (20) Burot, De la fièvre dite bilieuse-inllammatoire à la Guyane. Paris' 1880 — (21) Fayrer, On the climate and fevers of India (Brltish med. Journ., March. 18, 25. April. 1, 8, 15, 22, 29, May 6, 1880). - (22) Qu.LL, Remarks on Indian enteric fevers (Brlt. med. Journ., Jan. 1880). — (23) MoRE- I1EAD Clinical Rcsearches on Diseases in India, 1860, p. 163. - (2i) Horton, The Diseases of tropical climates. London, 1874. - (25) Hirsch, Handb. der Histor.-Geograph. Pathol.,1881 (Erste Abth., p. 440).- (26) Don, On the endémie contin. fevers of subtrop. Latitudes(Med. Times a. Gaz., April 17, et Brit. med. Journ., n. 6, 1880).

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