DE QUELQUES ENTÉRITES CONFONDUES AVEC LA DYSENTERIE
est parsemée de petites tumeurs sphériques,de la grosseur d'une tête d'épingle à celle d'un grain de chènevis, demi-transparentes, entourées à leur base d'une aréole noirâtre, pigmentée et portant la plupart à leur sommet, quelquefois latéralement, un orifice ponctiforme. Cette tumeur est constituée par une 'masse gélatineuse, bien enkystée, et siégeant dans le tissu sous-muqueux. L'examen histologique montre qu'il s'agit d'un kyste muqueux, formé le plus souvent au niveau de la dépression normale qui correspond à un follicule clos. L'orifice de ces petits kystes ne nous a jamais paru agrandi par une ulcération. Indépendamment de ces altérations folliculaires, la muqueuse ne présente aucune lésion constante.
Tous les caractères de ce catarrhe chronique s'opposent, comme on le voit, à ceux de la dysenterie. Si le doute peut exister relativement à la nature dysentérique du catarrhe aigu promptement terminé par la mort, comment pourrait-on admettre que les lésions spécifiques ne se fussent pas produites dans le cours d'une maladie de longue durée, et assez grave pour entraîner la mort ? Si tous les cas étaient aussi simples que ceux qui ont servi de type à la description précédente, la contestation ne se serait peut-être pas élevée. Ce qui y a donné lieu, ce sont les cas dans lesquels des ulcères bien caractérisés ou des cicatrices d'ulcères ont été vus à côté des lésions du catarrhe chronique. Nous avons rencontré de pareils faits, et n'avons pas eu de peine à constater que les ulcères présentaient le caractère typique de la dysenterie, et ne se rattachaient en rien à la lésion folliculaire. La seule interprétation rationnelle de pareils faits, c'est que les deux maladies peuvent se compliquer l'une l'autre, la dysenterie traversant le cours de la diarrhée chronique ou réciproquement ; la clinique ne contredit pas une pareille association qui n'a rien que de bien naturel dans un pays où coexistent les deux endémies.
c. Entérite nécrosique parasitaire. — La terminaison des maladies aiguës et chroniques est assez fréquemment précipitée par des processus intercurrents dont la connaissance est relativement moderne. Nous voulons parler de ces infections ultimes, produites par des schizomycètes qui s'introduisent par une voie quelconque dans un organisme affaibli et vont échouer dans les divers organes, en donnant lieu à des infarctus souvent suppures. Une de leurs portes d'entrée habituelles,
sur laqujelle nous appelons rallenLion,esl l'inlesLin, el particulièrement l'inlesLin malade.
En se fixant sur la muqueuse, leurs colonies déterminent une entérite qui peut se traduire par des selles nombreuses et sanguinolentes, et par du ténesme. On trouve alors la face interne de l'intestin, particulièrement dans sa moitié inférieure, vivement hypérémiée, et recouverte de pellicules plus ou moins étendues, adhérentes à sa surface. Les plus petites, à peine visibles à l'œil nu sous la forme d'un point blanchâtre, résultent de la fixation d'une colonie de micrococcus dans les couches superficielles de la muqueuse qu'elles ont nécrosées. Ces colonies deviennent confluentes, donnent lieu à des pellicules grandes comme une lentille, à destraînées arborescentes, et ne tardent pas à subir une désagrégation moléculaire qui commence par la partie centrale. La muqueuse présente alors des exulcérations et des fausses membranes qui, pour un observateur superficiel, pourraient être confondues avec les lésions de la dysenterie et décrites comme une forme pseudo-membraneuse de cette maladie.
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DE QUELQUES ENTÉRITES CONFONDUES AVEC LA DYSENTERIE. 37 1873) — ("21) Basch, Anatomische u. klinischc Untcrsuchungen uber Dysenterie (Arch. f. path. Anat. u. Physiol., Bd XLV, S. 204). - (22) Laveran, De la phlébite, de la thrombose veineuse et des paralysies comme complications de la dys. (Arch. de méd. et pharm. mil., t. V, 1885). - (23) Kiener et KELSCii, Étude anatomo-pathologique de la dys. et recherches sur les nécroses expérimentales de la muqueuse intestinale (Arch. de phys., 1884). |