II. i
qué de sang, ni de dépôt particulier dans son urine ; jamais il n'a éprouvé de douleur dans aucune partie du corps. Le traitement consista principalement en purgatifs; on essaya, mais inutilement, de provoquer la sueur. Lengy n'a jamais eu de maladies vénériennes, ni de maladies de l'appareil urinaire. II avoue avoir fait abus des boissons spiritueuses , surtout en i834 , oii il était obligé de travailler la nuit.
Le 3o 7îiai , les pieds , les jambes , les malléoles , les cuisses sont cedématiés ; la peau du scrotum est infiltrée et tendue. Les parois de l'abdomen sont très œdématiées. Le péritoine contient de la sérosité jusqu'à deux travers de doigt au-dessous de l'ombilic. Le tissu cellulaire du thorax n'est pas infiltré, non plus que celui des membres supérieurs. La face est bouffie, et le cuir chevelu, un peu empâté.
L'urine, assez abondante, tient en suspension de petits grumeaux blancs, qui troublent sa transparence- Elle n'a pas d'odeur; sa pesanteur spécifique est de loio; filtrée, elle devient parfaitement transparente. Quand on la traite par la chai emou par l'acide nitrique, elle donne un coagulum alburaineux, considérable.
Pouls et bruits du cœur, naturels; toux sans dyspnée, crachats muqueux, assez abondans, un peu de râle sous-crépitant à la partie postérieure et inférieure du poumon droit. La percussion donne un son un peu moins clair que dans l'état sain , à la partie antérieure et inférieure du côté gauche, là oix le malade a eu autrefois un point de côté. Le foie est petit j langue naturelle ; digestions assez bonnes ; selles redevenues naturelles; sommeil la nuit {tisane (Tasperges, laùis de vapeur, la demi-portion d! alimens).
Ce traitement fut suivi du 3omaiau i3 juin, sans produire de changement remarquable. L'œdème n'avait augmenté, ni diminué , bien que le malade eût des sueurs abondantes après le bain de vapeur. Uupeu de diminution dans la toux et l'expectoration.
Le i3 juin, le malade ayant eu un peu de fièvre , on pratiqua une saignée. Le sang était couenneux; le sérum ne pesait que I0I3, tandis que celui d'un malade plétliorique , pesé le
WÉPHRITE ALBUMIMEUSE CHRONIQUE. 211
même jour , donnait io3o. Le lendemain, huit onces de sang furent retirées par des ventouses appliquées à la région lombaire. A la suite de ces émissions sanguines , la quantité d'albumine dans l'urine ne diminua pas; mais, chose remarquable, la pesanteur spécifique de ce liquide augmenta un peu (1012 et TOI 3 après les ventouses).
Le 17 juin, l'hydropisie parut faire des progrès; l'urine ne changeait pas; on ne pouvait plus provoquer la sueur par les bains de vapeur, comme dans les premiers temps , bien qu'en sortant du bain le malade se couchât entre deux couvertures. Hier, il a eu un peu de mal de tête et des évacuations alvines abondantes. L'état du malade est un peu empiré.
Le 19 juin, la diarrhée continue (17 à ï8 selles en vingtquatre heures) ; toux plus fréquente et expectoration de plus en plus abondante ; diminution dans la quantité de l'urine , qui conserve les mêmes caractères (pesanteur spécifique ioi3); {jïtlep (jommenx; lavcmc7is laudanisès; hains de vapeur; deux cautères aux lomhes).
Le 20 juin, cessation delà diarrhée.
Le 20, état stationnaire. On suspend les bains de vapeur, qui ne provoquent pas la sueur et fatiguent le malade.
Le 26 juin, l'hydropisie des membres inférieurs et du ventre augmente ; un peu plus de bouffissure au visage , dont la peau a une couleur légèrement jaune. Digestions assez bonnes, mais tendance aux coliques et à la diarrhée. De temps en temps, douleur de tête ; pas de fièvre, ni de sueurs [insolation).
Diarrhée pendant les huit premiers jours du mois de juillet. Puis état stationnaire; l'urine conserve les mêmes caractères, et l'hydropisie du tissu cellulaire et du péritoine augmente, en même temps que l'amaigrissement devient plus sensible ( tisane de raifort. )
Pendant la dernière quinzaine de juillet, quelques alternatives d'augmentation et de diminution de l'hydropisie; pas de changemens appréciables dans l'urine, toujours très albumineuse. Amaigrissement lent et progressif.
Etat stationnaire pendant le mois d'août.
Dans le mois de septemlire , le malade maigrit de plus en plus
2 Ta NÉPHRITE ALBUMINEUSE CHRONIQUE.
(tisane de baies de genièvre; bains de vapeur aromatique).
Pendant le mois d'octobre, la diarrhée est continue. L'hydropisie n'augmenta pas beaucoup , mais l'amaigrissement et l'affaiblissement devinrent plus sensibles que jamais.
Dans le mois de novembre, les symptômes devinrent beaucoup plus graves ; l'iiydropisie augmenta considérablement et s'étendit aux membres supérieurs. La peau était extrêmement distendue et douloureuse ; la figure prit une teinte cachectique. Le malade ne pouvait plus sortir de son lit. Il y avait de la fièvre; l'urine, toujours très albumineuse, devint parfois sanguinolente, et n'avait qu'une bien faible densité(de ioo5 à 1007). Telle était cependant la forte constitution du malade qu'il lutta encore jusqu'au mois de janvier suivant. Son état était désespéré depuis long-temps j mais il mangeait toujours avec assez d'appétit, et ne perdait pas courage. Dans les premiers jours de décembre, à la suite de piqûres faites à la cuisse, pour donner issue à la sérosité , il eut un érylhème grave. La bronchite augmenta beaucoup dans les derniers temps; à sa mort, l'hydropisie était des plus considérables.
Il mourut le 3o décembre 1837. — Autopsie du cadavre, 2 5 heures après la mort.
Le volume du rein droit était augmenté ; ce rein, plus arrondi que dans l'état naturel , semblait uniformément gonflé, et pesait six onces; son gonflement faisait paraître la scissure beaucoup plus profonde que dans l'état sain. Sa surface, parfaitement lisse, n'offrait ni bosselures ni dépressions ; sa couleur était d'un jaune clair assez uniforme, sur lequel se dessinaient des arborisations très fines , en forme d'étoiles , un ponctué, comme ecchymotique , et surtout un grand nombre de petites granulations blanches, semblables à des grains de semoule , qui semblaient voilées par une couche épaisse de vernis, Ces petits points blancs étaient disséminés, même aux deux extrémités des reins, où ils étaient le plus abondans. A la coupe, la substance corticale, d'une teinte jaune, gonflée surtout dans les intervalles des cônes , offrait de petites granulations blanches, laiteuses, disposées en stries longitudinales delà base des cônes à la surface des reins. O» n'en découvrait point dans
NÉPHRITE ALBUMINEUSE CHRONtQUE. 2l3
la substance tubuleuse. La substance corticale avait moins de consistance que dans l'état naturel et se déchirait assez facilement. Le bassinet était sain et sans injection.
Le rein gauche , également augmenté de poids et de volume ^ offrait absolument la même altération. La vessie était saine.
Le tissu cellulaire sous-cutané était infiltré de sérosité ; plusieurs pintes de sérosité étaient épanchées dans la cavité du péritoine. Les viscères abdominaux étaient sains; seulement, la membrane muqueuse de l'intestin était pâle et décolorée.
Il y avait seize onces environ de sérosité dans les plèvres Les bronches étaient injectées ; les poumons et le cœur étaient sains.
Le cerveau , le cervelet et leurs membranes n'offraient rien de particulier.
§ 541. Quatrième série. — On n'obtient que bien rarement la guérison complète de la néphrite albumineuse chronique; aussi les faits de solution imparfaite que j'ai rattachés à cette quatrième série , sont-ils fréquemment observés. Dans cette affection chronique des reins , la disparition de l'hydropisie (l'affection rénale persistant plus ou moins) , ne doit pas plus surprendre qvxe la guérison passagère de certaines hydropisies dépendantes d'affections incurables du cœur ou des gros vaisseaux. Dans ces cas, la persistance des signes appartenant aux affections du cœur ou à l'affection des reins démontre assez la source du mal et le caractère secondaire de l'hydropisie.
Oils. ,XXII. — Néphrite albnmineiise chroBique (hématurie, urines albumîncuses et œdème). Utilité delà saignée, même à une époque avancée de la maladie. Disparition de l'hydropisie.
Henri Lebourgeois , serrurier, âge de 5o ans, demeurant qua INapoléon, n. i5, entra le 20 décembre i835 à l'hôpital de la Charité. Cet homme a eu la variole à l'âge de neuf ans, et, depuis , il n'a plus été malade. Il attribue sa maladie actuelle à l'impression du froid et de l'humidité. Depuis'huit ans, il travaille aux bains Yigier sur un bateau et dans un atelier à fleur d'eau ; et, quand son corps est échauffé par le travail, ses pieds sont souvent plongés dans l'eau froide. Vers le milieu d'avril
2l4 lîIîPHRITE ALBUMINEUSE CHRONIQUE.
i835, après un excès de travail, il urina, en deux fois, dans un jour, un grand verre de sang, sans douleur aux reins ou à la vessie. Le jour suivant, les urines lui parurent encore rouges.
Vers le milieu de juin , tous les soirs , enflure des pieds , qui disparaissait par le repos de la nuit. Le mois suivant, l'enflure ne disparut plus tout-à-fait pendant la nuit, mais une légère compression avec des linges trempés d'eau végéto minérale et quelques jours de repos la firent de nouveau cesser. Lebourgeois reprend son travail, et aussitôt l'œdème aux pieds et aux jambes se reproduit. Il entre à la clinique de l'Ecole de Médecine, le 22 septembre. L'urine est rare , semblable à de la bière (frictions avec la teinture de digitale camphrée). Vers le 1'='^ octobre, M. Duplay constata qu'elle était albumineuse.
Le malade, s'ennuyant à l'hôpital , retourna chez lui ; mais il ne put y rester et entra à l'hôpital de la Charité.
Cet homme n'a jamais eu de palpitations ; les bruits du cœur sont naturels. L'appétit est bon ; parfois de la diarrhée. La poitrine résonne bien. Respiration naturelle. OEdème des extrémités inférieures jusqu'aux genoux ; point d' œdème des bras ou de la face. Le malin, au réveil, le cou est gonflé. L'urine, claire , cilrine , transparente , bleuit le papier de tournesol rougi par un acide. Si on y ajoute une goutte d'acide , il se fait, par l'action de la chaleur, un coagulum floconneux, peu abondant. L'acide nitrique détermine un coagulum blanc, qui, déposé,n'occupe pas la sixième partie de la hauteur de la colonne du liquide ( la demi-pO^tion alimens j repos; tisane de chiendent nilrèc).
Le 34 , l'œdème ne diminue pas par le repos : quoique le malade n'accuse pas de douleurs aux reins, on fait une saignée du bras. Le sang est couenneux. L'œdème diminue considérablement. Dans la nuit suivante, le malade urine beaucoup.
Le 27 , une seconde saignée fait disparaître complètement l'œdème.
Le 29 , le malade reste levé et debout pendant quatre heures sans que les pieds soient gonfles le soir. Le malade sort dans les premiers jours de novembre , guéri
IdÉPHRlTE ALBUMINEUSE CHRONIQUE. 2l5
de l'hydropisie , mais l'urine contient encore une certaine quantité d'albumine.
Obs. XXIII. — Néphrite albuminense chronique; anasarque survenue , sans cause appréciable , cbcz une femme de '-sG ans , urines albumineuses ; brait de souffle au premier temps (saignée locale , crème de tartre). Guérison de l'bydropisie; persistance de l'albumine dans l'urine, mais en moindre proportion.
Roux (Marie) , âgée de 26 ans , entra à l'hôpital de la Charité le 22 mai iSSg. Cette jeune femme, d'une forte constitution , ayant les cheveux noirs et la peau brune, s'est mariée à l'âge de 20 ans, et n'a point eu d'enfans. Elle ne se rappelle pas avoir fait de maladie sérieuse, n'a jamais eu de troubles dans la menstruation. Elle a assez fréquemment éprouvé de légères douleurs abdominales , qui ne l'empêchaient pas de se livrer à son travail habituel, lequel consiste à coudre des gilets et à faire divers ouvrages à l'aiguille. Antérieurement Roux a été demoiselle de comptoir dans un café, puis chez un coiffeur : elle habite maintenant une chambre située au cinquième étage. Elle assure qu'elle a été autrefois soumise à l'influence du froid et de l'humidité , mais qu'elle habite , depuis cinq ans , dans une chambre saine.
Il y a un an , elle a commencé à éprouver des lassitudes accompagnées d'un léger œdème dans les membres inférieurs. Depuis quelques mois, elle se nourrissait assez mal de pain «!t de légumes. Dans l'hiver de i838, elle a eu un rhume opiniâtre, qui s'est renouvelé l'hiver dernier. Toutefois sa constitution n'est point altérée : elle a de l'appétit, dort bien. Les garde-robes ont lieu tous les trois ou quatre jours ; les règles viennent i;n peu plus souvent que tous les mois. Elle n'éprouve de douleur dans aucune partie du corps , si ce n'est à la région des reins , qui est sensible à la pression. Depuis un an, l'œdème des jambes a toujours persisté; depuis un mois , il a augmenté : il est survenu un peu de gêne dans la respiration et aux lombes , quelques douleurs qui ont cédé en partie à une application de sangsues.
Le 22 mai , les deux jambes étaieiil cedématiées jusqu'aux
2lG NÉPHRITE ALBUMINEUSE CHRONIQUE.
genoux j les deux bras étaient légèrement tuméfiés ; la face et surtout les paupières étaient œdémaliées; les gencives et les ongles étaient un peu pâles ; la teinte de la peau était assez naturelle. Le premier bruit du cœur est prolongé ; la respiration régulière , l'émission de l'ui-ine peu fréquente ; l'urine, louche , légèrement acide , contient une quantité notable d'albumine et pèse lora.
Le lendemain, 23, la malade avait ses règles: elles ont duré trois jours , après lesquels la présence de l'albumine a été de nouveau constatée dans l'urine {iisane de chiendent , réglisse ; crème de tartre deux gros; trois quarts de la portion d'alimcns).
Le 25 , il y a quelques douleurs aux lombes; les règles ont peu coulé {douze sangsues à la partie interne et supérieure des cuisses).
Du 25 au 5o , l'état de [la malade est à-peu-près le même ( hains simples).
Le I""" juin , les émissions d'urine ne sont pas plus fréquentes que dans l'élat de santé; l'urine est toujours louche, et précipite assez abondamment par l'acide nitrique et parla chaleur; la douleur dans les lombes a disparu; l'oedème des membres inféiieurs a un peu diminué. Dans les premiers jours du mois de juin, la malade se lève, mange les trois quarts de la portion d'alimens ; l'œdème des paupières, du visage et des membres inférieurs disparaît insensiblement. Le 8 juin, il ne reste plus aucune trace d'hydropisie : les urines contiennent toujours de l'albumine, mais en moindre proportion ; la chaleui" et l'acide nitrique n'y forment plus de grumefiux;mais l'urine , ainsi traitée , se trouble et devient d'un blanc laiteux.
La malade sort le 8 juin, seize jours après avoir été admise à l'hôpital, guérie de sonhydropisie.
Oiis. XXIV. — A IVige de i6 ans, dysménorrhée et aménorrhée; Lydropisie ; onze ans après, dysménorrhée et aménorrhée; hydropisic avec urino coagulahic (néphrite albumineuse chronique), saignées, sangsues a la vulve aux époques menstruelles ; purgatious avec l'eau de Scdiitz; guérisou de l'iiydropisie, persistance de l'albumine dans l'urine.
Demay, coulurièie, âgée de a8 ans, fille, née à Clermonl'
Ferrand (Puy-de-Dôme) , mais habitant 'depuis long-temps à Paris , entra à l'hôpital de la Charité le 17 novembre i836 , pour y être traitée d'une hydropisie de l'abdomen et des membres inférieurs.
Cette femme, brune et bien développée, est très intelligente. Jusqu'à l'âge de 16 ans , elle n'avait jamais été malade. A cette époque la menstruation s'établit d'abord assez régulièrement , mais elle devint bientôt irrégulière ou nulle ; en même temps le ventre et les membres inférietirs enflèrent. Aucune douleur ni aucun autre dérangement n'accompagnaient cette hydropisie , qui guérit au bout de onze mois : les règles reparurent. Depuis lors et pendant onze années , la malade n'a jamais eu de dérangement dans sa santé, excepté aux époques menstruelles, pendant lesquelles elle éprouvait des symptômes de congestion vers divers organes.
Dans le courant du mois d'octobre i836, cette fille fut prise de fièvre, sans cause connue. Ses règles ne parurent point; le ventre et les jambes enflèrent pour la seconde fois; bientôt il se déclare des douleurs à l'épigastre et dans la région du foie. Elle vomit les alimens et les boissons, peu de temps après les avoir pris. Voyant cet état devenir plus grave, elle entra à l'hôpital, le 17 novembre.
L'urine^ légèrement rose, limpide, donnait, par la chaleur et par l'acide nitrique, un coagulum considérable d'albumine; les fonctions digestives étaient en assez bon état; les viandes étaient mieux digérées que les légumes. Il n'y avait aucun trouble danâ la respiration. Une saignée , des sangsues à la vulve , des ventouses aux reins , des bains , des tisanes émulsives furent successivement employés. La constipation était habituelle : de temps en temps de l'eau de Sedlilz fut donnée. Des douleurs lombaires revenaient assez régulièrement à chaque époque menstruelle; mais les règles ne reparaissaient pas , et chaque fois on faisait une application de sangsues à la vulve.
Au mois de janvier 1837, les membres inférieurs et les parlies génitales étaient fortement œdématiés. Dans la position horizontale , le niveau du liquide dans l'abdomen s'élevait à l'ombilic; de plus il y avait un léger épanchemenl dans cha-
21 8 NEPHRITE ALBUMINEDSE
cune des plèvres, surtout dans la gaucte. Point de toux, ni d'expectoration. Les urines limpides, d'une couleur à-peu-près naturelle, peu abondantes, donnaient loii pour pesanteur spécifique, et offraient de gros flocons albumineux quand on les traitait par l'acide nitrique.
L'épanchement dans les plèvres fut résorbé dans le cours de mois de janvier; l'hydropisie du ventre et des membres inférieurs commença à diminuer vers la fin du même mois. L'ascite était moindre; le niveau du liquide était à un travers de doigt au-dessous de l'ombilic En février, la maladie sembla rester stationnaire ; cependant les urines étaient un peu moins albumineuses.
Le fi et le 27 janvier, et le 4 mars , on appliqua des sangsues à la vulve, et on donna tous les douze jours une bouteille d'eau de Sediitz.
En mars, l'hydropisie se dissipa complètement. Dans le cours de ce mois , la malade prit de l'embonpoint , et fut pai-failement débarrassée de son hydropisie , mais les urines restèrent notablement albumineuses.
§ 542. Rap2>orts de lanèphrilc alhumineusc avec les autres maladies des voies urinaires.
J'ai déjà eu l'occasion de faire remarquer plusieurs analogies frappantes entre la néphrite simple et la néphrite albumineuse. L'impression du froid et de l'humidité produit l'une et l'autre de ces maladies. A l'état aigu (à part le dépôt de pus, qu'on n'observe point ou au moins très rarement dans la néphrite albumineuse), tout est commun : l'injection des reins, l'augmentation de leur volume, leur décoloration jaune, etc. A l'état chronique le plus avancé, les lésions sont tellement semblables que , sans diverses circonstances tirées de la marche de ces maladies, de l'absence ou de l'existence de l'hydropisie, et de la présence constante ou de l'absence del'albumine dans l'urine, il serait impossible de distinguer ces deux espèces l'une l'autre. Mais, d'un autre côté, de fortes dissemblances séparent ces deux maladies; et une des plus frappantes , sans contre-
dit, est la grande influence des maladies de l'urèthre, de la prostate, de la vessie, des uretères et du bassinet sur le développement de la néplirile simple , et l'action nulle ou fort douteuse qu'elles exercent sur celui de la néphrite albumineuse. Or, cette circonstance indique une différence profonde dans la nature de ces deux affections rénales.
Toutefois , plusieurs observateurs semblent avoir admis une sorte d'influence des maladies des voies iirinaires sur la production de la néphrite albumineuse. Le docteur Gregory (i) cite un cas de maladie des reins survenue après l'opération de la taille , et qu'il paraît regarder comme un exemple de maladie rénale avec urine coagulable , et de même nature que la maladie décrite par M. Bright. Voici le fait : « John Hay, âgé de 52 ans, d'une constitution robuste, laboureur, subit l'opération de la lilhotomie, le ar mars i83i, et on lui fit l'extraction d'un calcul volumineux. Bientôt après, il se plaignit de douleurs au dos , et d'une sensation de plénitude et de constriclion à l'épigastre, suivie d'éructations fréquentes. Le 22 mars au soir, l'urine, qui jusque alors s'était écoulée abondamment par la plaie, devint rare; la respiration était précipitée, difficile et accompagnée de beaucoup d'anxiété j le pouls était petit et faible. Le 25, il s'était écoulé peu ou point d'urine. Les extrémités étaient froides , et l'abdomen était légèrement sensible. Le malade mourut dans l'après-midi du même jour, et sans offrir d'hydropisie. Autopsie du cadavre. Il n'y avhit point de trace évidente d'inflammation dans le canal alimentaire , dont quelques portions étaient plus pâles que dans l'état sain. Les parties qui avoisinaient la plaie, considérablement ipfdlrées en plusieurs points, avaient pris une apparence gangréneuse. Les deux reins étaient plus volumineux et plus mous que dans l'état naturel; leur surface extérieixrc était marbrée. Intérieurement, ils offraient une quantité considérable d'un dépôt granuleux jaune dans la substance corticale, qui empiétait considérablement sur la substance
(i) Gregory. Edinb. med. and surQ, joum, i83i, vol. xxxvi, page 35g. Obs. xt.iv.
22 O NÉPHRITE ALBUMINEUSË
tubuleuse. Il n'y avait pas d'urine dantla vessie (i) , dont les membranes étaient épaissies et vasculaires. Le foie, les poumous et le cœur étaient sains. »
Si ce fait eût été cité comme un exemple de néphrite simple, survenue à la suite de l'opération de la taille, je crois qu'on eût dit vrai, et de tels cas se produisent si fréquemment dans la pi-atique qu'il eût suffi d'en indiquer aussi sommairement les principales circonstances; mais le développement d'une maladie de Bright à la suite d'une semblable opération est un fait d'une telle portée et d'une telle rareté, s'il a jamais élé bien observé , que je regrette^ malgré la confiance que m'inspirent les travaux du D'. Gregory, qu'il n'ait pas donné déplus lonps détails. Cela est d'autant plus regrettable que l'aspect marbre des l'eins s'observe dans la néphrite simple comme dans la néphrite albumineuse. Et, bien qu'en parlant d'un dépôt de matière granuleuse jaune dans la substance corticale , le docteur Gregory semble indiquer les granulations laiteuses qu'on observe dans la maladie de Bright, il se peut qu'il ait pris pour telles de petits grains de pus ou de lymphe plastique , qu'on observe quelquefois dans les reins après l'opération de la taille. Toutefois, ce fait établit au moins , de la manière la plus frappante, l'analogie des caractères anatomiques de certaines néphrites simples qui surviennent après l'opération de la taille, avec les apparences des reins dans la néphrite albumineuse , et la difficulté de distinguer, dans certains cas, les unes des autres les lésions anatomiques de ces deux maladies.
Pour moi , dans les recherches nombreuses que j'ai faites sur les rapports des maladies des ui-etères, de la vessie, de la prostate, de l'urèlhre avec les maladies des reins (§ 408-409-412- 414), je n'ai pas encore observé des cas nets et bien tranchés de néphrite albumineuse produite par ces maladies; et je ne sache pas qu'aucun autre observateur que le docteur Gregory en ait cité d'exemple. Mais j'ai mainte fois constaté la présence de l'albumine, le plus souvent avec des globules sanguins, dans
(i) Dans l'observation, il n'est pas dit si on avait ou non constaté, jicndaot la vie, l'existcuce de l'alLumiue dans l'urine.
des cas de néphrite simple et de cystite , survenues après l'opcralion de la taille; la dyspnée et la promptitude de la mort s'observent dans la néphrite simple, comme dans la néphrite albumineuse , et ces circonstances peuvent aussi être nne source d'erreur.
M. Christison (i) cite, comme des exemples de dégénérescence granuleuse des reins (maladie de Bright) , des cas dans lesquels l'urine contenait bien une certaine quantité d' albumine, mais qui , suivant moi , différaient de la néphrite albumineuse par les caractères des lésions rénales et les principaux symptômes observés pendant la vie. Ainsi sa première observation me paraît être un cas d'inflammation simple des reins, très aigtië, et consécutive à une dysurie et à une rétention d'urine. Dans la troisième , on voit tous les symptômes et les principales lésions d'une inflammation chronique de la vessie et des reins : pendant la vie , faiblesse , stupeur, refroidissement du membre inférieur droit, envies d'uriner fréquentes et douloureuses , urine chargée de mucus et légèrement coagulable ; après la mort , vessie très contractée et ofl'rant à sa face interne un petit nombre détaches rouges , altération profonde des deux reins, envahissement de la substance corticale et d'une grande partie delà substance tubuleuse par une matière jaunâtre et granuleuse , reins inégaux extérieurement et plus petits qu'à l'ordinaire.
Un autre cas (Obs. xviii), rapporté par M. Christison comme un exemple d'afîîection granuleuse des reins sans affections secondaires , est encore un cas de maladie de la vessie et des reins , bien distincte de la maladie de Bright. Dans ce cas, comme dans plusieurs autres, M. Christison me paraît inférer trop facilement l'existence de l'affection granuleuse des reins, de la présence de l'albumine dans l'urine, quoiqu'il n'ignore pas que ce soit un phénomène commun à plusieurs autres maladies des voies urinaires.
Enfin un autre cas, cité par M. Christison (Ojis. xix), est :bien un cas d'hématurie, quoiqu'il s'efforce de prouver le
(i) Christison, oim: cité, pages 167 — 177.
contraire, et non un exemple d'affection granuleuse. En effet, la malade avait éprouvé des douleurs aiguës dans les lombes , et rendu par l'urèthre une quantité considérable de sang, quelquefois en caillots. M. Chrislison se trompe encore , ce me semble, quand il avance que, dans la véritable hématurie, l'albumine disparait toujours en même temps que le cruor. Plusieurs fois j'ai constaté (dans l'hématurie endémique, dans des hématuries, survenues dans le purpura , par exemple), que l'urine restait quelquefois albumineuse pendant un certain temps , lorsqu'elle n'offrait que peu ou point de globules sanguins en suspension ou dans son sédiment.
§ 543. De même que, dans l'inflammation simple du rein, les calices et le bassinet participent souvent plus ou moins à l'inflammation de la substance r'énale , de même aussi les bassinets peuvent être plus ou moins enflammés dans la néphrite albumineuse ; et si , dans cette dernièi'e , la coïncidence de la pyélite estplus rare, c'est probablement parce que l'inflammation siège spécialement et presque exclusivement dans la substance corticale.
Cette inflammation des bassinets se décèle, pendant la vie, par une sécrétion morbide de mucus, lequel, en se mêlant àl'urine, en trouble la transparence. En examinant le dépôt ou le nuage de l'urine au microscope , on y reconnaît un mélange de globules muqueux et de débris d'épithéliura.
Après la mort , dans la néphrite albumineuse aiguë , le bassinet offre souvent des arborisations vasculaires plus ou moins, nombreuses , et, lorsqu'elle est passée à l'état chronique , un épaississement partiel ou général , d'un blanc mat. 11 est rare qu'on observe d'autres lésions du bassinet ou des calices ; cependant j'ai fait dessiner un cas dans lequel le bassinet offrait * de petites ulcérations (Atlas, Pl. X,fig. i), et contenait plusieurs graviers d'acide urique.
A cette occasion , je crois devoir faire remarquer de nouveau que , dans la néphrite albumineuse , il n'est pas très rare d'obsei'ver des cristaux d'acide urique dans l'urine , lors même que le dépôt est très peu considérable , et que l'urine' n'est que très légèrement acide.
Au reste , l'inflammation des calices et du bassinet , qu'on a observée dans quelques cas de néphrite albumineuse, doit être considérée comme une simple extension de la maladie principale ou comme une complication ; je ne connais pas un seul exemple de néphrite albumineuse qu'on puisse regarder comme ayant élé la conséquence d'une pyélite primitive.
Quoique le fait rapporté dans l'observation suivante laisse beaucoup de détails à désirer, et qu'il soit douteux que les reins fussent atteints d'une néphrite albumineuse , avec inflammation du bassinet , la coïncidence d'une hydropisie , m'a décidé à en faire mention ici :
Un soldat, âgé de 4? ans , qui mourut liydropique , et dans l'urine duquel existait une quantité considérable de sérum, éprouva, peu de temps avant sa mort, des symptômes d'inflammation de poitrine. A. l'ouverture du corps, on trouva le lobe du poumon droit très enflammé; ses cellules étaient remplies par un liquide, mêlé d'un peu de sang. La partie supérieure du diaphragme était aussi enflammée. Il y avait à-peu-près une pinte de liquide séreux dans la cavité de la poitrine. Les reins étaient beaucoup plus durs qu'à l'ordinaire, et leur substance corticale, épaissie, avait changé d'aspect par suite d'un dépôt de lymphe coagulable. Dans le bassinet d'un des reins, . il y avait une petite quantité de pus {Transact. of a sociely , for the improvemcnt of mcd. and chirurg. knoioledge, vol. m, \ p. 219).
S 544, Si les lésions matérielles de la vessie , de la prostate et de l'urèlhre ne paraissent avoir presque aucune influence sur le développement de la néphrite albumineuse ; si dans celle-ci l'inflammation s'étend rarement aux bassinets et plus rarement . encore aux uretères et à la vessie (cas dans lesquels l'émission t* de l'urine est très fréquente et suivie d'un dépôt considérable i de mucus), il est une maladie dans laquelle les fonctions rénales » sont profondément modifiées, le diabète, à la suite de laquelle « on a vu plusieurs fois survenir une hydropisie avec urine coaf; gulable.
Les malades gagneraient peu à la transformation d'un diah bète sucré en une hydropisie chronique avec urine coagulable j
mais il n'est pas démontré que les reins soient altérés dans tous les cas d'ui'ine albumineuse, survenue pendant le cours du diabète; plusieurs auteurs ont même pensé, et l'observation suivante paraît le dire aussi, que la transformation d'une urine sucrée en une urine sanguinolente ou albumineuse est, quelquefois au moins, un signe favorable. Je reviendrai sur ce sujet qui soulève plus d'une question difficile (Voyez: Diabète).
Ods. XXV. — Abus du régime végétal et lacté ; diabète sucré ( soif excessive et sucre dans l'urine) , régime animal (urine albumineuse, sans sacre; guérison apparente; œdème).
Reliaque, âgée de 33 ans, jom'nalière, entrai l'hôpital de la Charité, le 9 décembre 1837.
La face est pâle et a une expression d'imbécillité, due au volume considérable des mâchoires. Cette femme boit, dans la journée, sans pouvoir parvenir à se désaltérer, 6 à 7 litres de tisane, qu'elle rend presque aussitôt par les urines. Les urines sont pâles, très pesantes (loSy), et contiennent un principe sucré , fermentescible, que l'on obtient en grande quantité par l'évaporalion. Tourmentée sans cesse par le besoin de boire, la malade est continuellement occupée à apaiser sa soif, mais elle ne peut y réussir. Elle mange avec appétit ; les trois quarts de la portion d'aliment suffisent à peine pour la rassasier j elle est habituellement constipée.
Cette femme, d'un tempérament lymphatique, d'une taille ordinaire, a le buste, la tête et les extrémités tlioraciques proportionnellement beaucoup plus développés que les extrémités abdominales , dont le volume est ordinaire. Ce développement extraordinaire des membres supérieurs est comparable à celui d'un homme de forte stature.
Jusqu'à l'âge de at ans, Reliaque a habité la Lorraine, oîi elle est née. Dans son pays , elle travaillait à la terre, se nourrissait bien, et jouissait d'une santé parfaite. Mariée, elle n'a jamais eu d'enfans. Elle a cessé d'être réglée à l'âge de 23 ans , dans la quatrième année de son séjour à Paris; et c'est, dit-elle , depuis cette époque que les os de toutes les parties situées au-dessus de la ceinture ont commencé à augmeuler
considérablement de volume , et qu'elle est sujette à une petite toux sèche, le matin. A 26 ans, elle a fait une maladie grave, principalement caractéi'isée par des symptômes cérébraux, et qui l'a obligée à garder le lit pendant quatre mois , et lui a laissé un peu de surdité. Les divers travaux auxquels elle s'est livrée lui ont toujours fourni le moyen de subvenir à ses besoins. Elle a mené une vie régulière, et n'a jamais habité de lieux malsains. Pendant les mois de juillet, août et septembre , son mari ayant été affecté d'un catarrhe très intense, et rais à un régime végétal et lacté, cette femme, par raison d'économie, s'est nourrie, comme son mari malade , de légumes accommodés au lait. Elle mangeait, en outre, une livre et demie de pain par jour. Bientôt, sous l'influence de cette alimentation, les symptômes du diabète se sont manifestés 5 peu-à-peu, la sécrétion urinaire est devenue de plus en plus abondante ; et, en même temps, cette femme a été tourmentée par une soif ardente X d'abord pendant la nuit seulement, puis la nuit et le jour. Les urines, habituellement claires et transparentes comme de l'eau, étaient très pesantes (io35-io57). Ces accidens s'aggravèrent tellement dans le mois d'octobre que la malade, effrayée de son état , se décida à consulter un médecin. A cette époqixe, elle buvait jusqu'à 10 litres de tisane par jour, urinait autant de liquide qu'elle en prenait, et quelqiiefois en plus grande quantité, et elle avait la vue très affaiblie {saignée du bras ; application de sangsues à l'anus).
A la suite de ce traitement, la vue ne s'améliora pas plus que l'affection diabétique, et il survint un aflaiblissement général, surtout des extrémités inférieures.
Toux légère, sans crachats; point de côté à droite, sans fièvre. Point de signes de tubei'cules, ni d'épanchement pleurétique ; point de douleur, ni de tumeur, dans la région des reins {Traitement toiiiqne; régime animal, vin pour hoisson pendant les repas f et réduction progressive de la quantité des autres boissons)-
Le 4 janvier, un vésicatoire volant fut appliqué sur la poitrine oii la malade avait ressenti, pendant quelques jours, un point douloureux, Elle a maugé, chaque jour, les II. i5
226 NiPHRITE ALBUMINEUSE
trois qucirts de portion ou la portion entière, liier elle n'a uriné guère plus qu'elle n'a bu , et un pot de tisane lui a suffi pour toute la journée. Les forces sont l'evenues peu-à-peu. La malade ne peut rester levée que 5 à 6 heures par jour. L'urine pèse 1007 ( PorLion d' alimcns ; limoyiade ; vùi).
Le 8 janvier. Point douloureux au côté gauche de la poitrine, augmentation de la toux habituelle, crachats de bronchite; râles muqueux et sous-crépitant à la partie postérieure des deux poumons, plus marqués au niveau de l'omoplate droite et au-dessous de la clavicule du même côté. La malade, questionnée de nouveau sous le point de vue de l'alTeclion tuberculeuse, nous a répété que, depuis la cessation de ses règles, elle avait toujours un peu toussé le matin, et a ajouté à ce renseignement qu'avant d'être affectée de diabète, elle transpirait beaucoup et avec une grande facilité; enfin, que, depuis qu'elle a cette maladie, elle ne transpire que rarement, et surtout à la têle et au-dessous des seins {polion (jornmeïise; gomme sucrée; bains de pieds; demi-2)Orlion ; lavcmeiis èmoUicns).
Le i3 janviei'. Le ventre est dur et gonflé, mais ne contient pas sensiblement de sérosité. La face est devenue œdémateuse. Les urines sont acides (pesanteur spécifique 1028), d'une teinte jaune paille et oiTreut un léger dépôt de mucus. Traitées par la chaleur et l'acide nitrique , elles donnent un dépôt considérable d'albumine. Point de douleur aux reins.
Le 3i janvier. Dans la nuit, le malade a rempli son crachoir de crachats spumeux, jaunes et teints de sang. Les signes sté-' thoscopiques n'ont point changé {continuation dù même traitement ; bains de pieds sinapisés ).
Le 7 février. Les urines sont très rouges ; examinées au microscope, elles présentent un grand nombre de globules sanguins. On en précipite toujours une grande quantité d'albumine au moyen de la chaleur et de l'acide nitrique. Une goutte de sang, extraite du doigt par une piqûre, et examinée aU microscope, n'ofii-e rien de parliculicr. Continuation de la toux, et de l'expectoration catarrhale.
Le i3 février. Los urines sont moins sanguinolentes, et toujours très albuuùncuses ; mises avec du ferment, elles ne don-
nent point d'alcool; leur pesanteur spécifique a diminué (1024).
Il n'y a plus qu'un peu de râle ronflant dans différens points delà poitrine et surtout à la partie supérieure des poumons, au niveau des omoplates; sous les clavicules, la respiration est forte et mêlée de quelques grosses bulles de râle miiqueux.
Le i4 février, la malade, guérie de son catarrhe pulmonaire , voyant que ses urines n'étaient plus colorées en rouge par le sang, comme les jours précédons, et s'inquiétant peu de l'albumine qui a remplacé le sucre, demande sa sortie.
Depuis lors, à mon grand regret ; cette femme ne s'est point représentée à l'hôpital dans mon service. J'ai fait passer chez elle, et j'ai appris qu'elle était morte d'une affection pulmonaire, le 25 juin delà même année.
§ 545. J'ai rapporté ailleurs (§ 383) plusieurs exemples de néphrite simple, survenliè chez des individus qui n'avaient qu'un seul rein, et dans lesquels la maladie a eu toute la gravité d'une double néphrite. L'observation suivante est encore plus rare en ce qu'il s'agit d'un homme qui n'avait qu'un seul rein, et qui, ayant été alleint de néphrite albumineuse, devint hydropique , et mourut assez rapidement. Je noterai en outre ^ comme une particularité assez remarquable de ce fait, que le malade accusa, pendant la vie, des douleurs aux reins, et qu'après la mort il fut constaté qu'il n'en avait qu'un, et du côté droit; ce qui, indépendamment de ce que j'ai déjà dit, prouve combien il est difficile de distinguer les douleurs rénales des douleurs lombaires.
Ons. XXVI. — Exposition au froid et à l'LumiJité; œdème de la face; urine coagulablc; dyspnée, — Dilatation des ventricules du cœur; rein unique, alropUié, d'un jaune pâle et rugueux (Sixième forme anatomique).
Lefèvre, âgé de 26 ans, cordonnier, entre, le 27 janvier 1834, ^ à l'hôpital de la Charité. Cet homme est un peu lymphatique j sa peau est blanche, sa taille et sa force moyennes. 11 n'a jamais eu de maladie un peu grave, ni d'enflure aux jambes j seulement, dans ces dernières années, il ne pDuvait courir ni monter rapidement un escalier, sans être essoufflé. Depuis deux ans, il a demeuré à Chartres, et coaché, la nuit, dans une
aaS NÉPHRiTr: aleumineuse.
chambre basse, obscure et humide, au-dessous de laquelle existait une vaste citerne. Vers la fin de la deuxième année de son séjour en ce pays, Lefèvre commença à ressentir des douleurs sourdes dans les reins ; ces douleurs augmentèrent et s'accompagnèrent de vomissemens. Peu après, il ressentit des battemens de cœur : ses urines, dès le début de la maladie, étalent incolores, blanches, et ni plus ni moins abondantes qu'à l'ordinaire. Bientôt il survint de la bouffissure au visage, mais au visage seulement. Le malade se rendit à Paris; la bouffissure du visage augmenta encore ; il fat envoyé à l'hôpital de la Charité par le bureau central des hôpitaux. Le premier jour oii il fut examiné , on crut avoir affaire seulement à une affection légère du cœur.
Le 49, on prescrivit une saignée du bras et la digitale en poudre ( deux grains). Cependant les ballemens du cœur n'étant pas fort énergiques, les jambes non enflées, et le visage seul étant bouffi, on soupçonna une affection concomitante des reins comme cause probable de l'œdème de la face. Les anlécédens du malade étaient favorables à cette supposition, et l'examen de l'urine la justifia. L'urine, en effet, précipitait abondamment par l'acide nitrique. On donna au malade la décoction de racine de raifort sauvage et un lavement purgatif.
Le 6, les urines sont complètement décolorées, semblables à du petit lait légèrement trouble, sans aucune odeur et sans aucun dépôt au fond du vase. L'acide nitrique y détermine un précipité blanc très abondant. Ce précipité occupe près des deux tiers inférieurs du vase, et prend peu-à-peu une belle couleur rose. Le lendemain et les jours suivans, nous observâmes le même phénomène, qui s'est répété constamment toutes les fois que nous avons examiné les urines de ce malade; seulement, la teinte rose est devenue un peu moins foncéedans les derniers temps. Le malade continue l'usage du raifort ; l'œdème de la face reste stationnaire. Les urines augmentent peu en quantité. Le i6 févriei-, deuxième saignée du bras; le malade en obtient du soulagement; il n'éprouve plus de battemens de cœur; les douleurs de reins n'ont jamais été accusées bien vivement; il n'en ressent aucune aujourd'hui;
l'œdème de la face diminue. Les jours suivans, quelques douleurs d'estomac s'élant manifestées, on cesse le raifort, qu'on remplace par l'eau de gomme et la limonade lartarique. Le malade accuse le soir, quand il est resté levé quelques heures, de la douleur et de l'engourdissement dans les reins. II a de fréquens cauchemars pendant la nuit ; son appétit est peu vif; la soif peu marquée; il urine à-peu-près aulant,qu'il boit. Le 5 mars, les urines étant toujours aussi abondamment chargées d'albumine, ou applique doux ventouses scarifiées au niveau de chaque région rénale. Les jours suivans, le malade accuse des envies de vomir et le retour de battemens de cœur; l'impulsioa de ce dernier est peu forte. Aucun bruit de soufflet ou de râpe , et pas d'accélération du pouls. Le 12 mars, toiis les accidens sont dissipés; les urines restent dans le même état. Du i3 au i5, nous observons une diminution assez notable dans la quantité d'albumine que contient l'urine.
Le i5, -16 et 17 mars, la diminution graduelle de l'albumine est de nouveau constatée ; le précipité albumineux, de moins en moins abondant, prend toujours, après un certain temps, une teinte rose. Le 18^ le malade sent de l'oppression, la respiration s'accélère, il perd de l'appétit et le sommeil. Le ig, ces symptômes persistent.
Le 20, la gêne de la respiration est plus manifeste ; fréquence du pouls, anxiété précordiale. On fil, le ai, une application de sangsues à la région précordiale ; elle n'amena point de soulagement. Le 22, même état.
Le a5, altération profonde et pâleur extrême du visage. Respiration très pénible et fréquente; obscurité des battemens du cœur. On prescrivit une saignée de trois palettes, qui n'eut aucun résultat favorable. L'état du malade empira encore dans le courant de la journée. Il expira dans la nuit du!»3 au 24 mars.
Ouverture du corps faite le 25. Le cadavre est pâle ; il n'y a d'infdtralion nulle part. A l'examen de la tète , on trouve le cerveau et ses membranes tout-à-fait pâles et décolorées, et dans un état complet d'anémie; un peu de sérosité existe dans les ventricules. La consistance du cerveau est à-peu-près celle de l'état normal. A part l'anémie, il n'offre aucune lésion appréciable.
NliPHRITE ALBUMINEUSE
Poitrme. Dans chaque cavité pleurale , on trouve environ trois verres de sérosité sanguinolente, une adhérence ancienne et peu considérable à droite et vers le lobe supérieur du poumon ; -du reste, pas de pleurésie, pas de pneumonie; le poumon sain, exempt de tubercules, est seulement un peu engoué et œdémateux en arrière. Aucune fausse membrane, aucune adhérence récente des plèvres. Le péricarde offre une blancheur uniforme à sa surface interne, et il contient très peu de sérosité. Le cœur, notablement, plus gros qu'à l'état naturel, offre une dilatation du ventricule gauche sans amincissement des parois; le ventricule droit est dilaté également et un peu aminci. Les colonnes charmies des ventricules sont pâles; en général le tissu musculaire du cœur est pâle , le doigt y pénètre sans trop d'effort.
Le tube digestif n'offre rien à remarque!'. Le foie est un peu mou et d'un volume ordinaire ; sa coupe ne laisse suinter aucune goutte de sang.
La rate , complètement ramollie , ne peut mieux être comparée, lorsqu'on a enlevé sa membrane propre , qu'à de la lie de vin épaisse ; elle est , pour ainsi dire, liquéfiée; son volume est d'ailleurs un peu moindre qu'à l'ordinaire.
Le rein gauche manque totalement; on ne trouve que la capsule surrénale de ce côté dans un état d'atrophie. L'artère rénale gauche manque également; on ne ti'ouve pas, non plus, trace de l'uretère de ce côté. Le rein droit, loin de suppléer par son volume à l'absence de sou congénère , est , au contraire, réduit à la moitié du volume ordinaire d'un rein d'adulte. Cette atrophie semble, au reste, être plutôt le résultat d'une maladie que d'une disposition congénitale. Dépouillé de sa membrane, ce rein est dans l'état suivant : décoloration delà substance corticale; injection capillaire très ténue à la surface externe de l'organe^ disposition grenue et comme mamelonnée de celte surface , et non lisse et unie comme dans l'état ordinaire. Incisé suivant sa longueur, ce rein offre une complète confusion des substances corticale et tubuleuse. Toutefois , la disposition des cônes lubuleux se peut encore reconnaître dans certains points à des stries convergeulés rougeâlres. Les
ET AUTllES MALADIES RIÉNALES. 23 1
mnmelons, de couleiir i-osée, laissent suinter, par la pression, un liquide lactescent. Le parenchyme de l'organe est plus mou que dans l'état saiu ; à l'intérieur comme à l'extérieur , au reste, il est d'un jaune pâle. On ne trouve pas de granulations disséminées à l'extérieur, ni en stries à rintérieur, quelque soin qu'on apporte à cette recherche.
La vessie contient une urine trouble ; sa membrane muqueuse, d'un blanc de lait, est recouverte de stries floconneuses blanches, ressemblant à des (locons ^Ibumineux.
§ 546. Je n'ai trouvé que sur xin très petit nombre de cas , des grains de pus dans les reins qui oflVaient des granulations de Bright; toujours le dépôt de ces grains purulens m'a paru un phénomène inflammatoire accidentel. Je dis accidentel, car, s'il en était autrement, ce fait se serait produit plus souvent à mon observation, vu le grand nombre de cas de-néphrile albùmineuse que j'ai observés. Je n'ai pas besoin dé dire que, dans ces cas, les lésions rénales ont été étudiées avec d'autant plus de soin que la présence du pus formait une exception très rare et très remarquable , et que très certainement je n'ai pas pris de très petits points purulens pour des granulations de Bright; ni des granulations de Brigtit, disséminées ou agglomérées, pour des points ou des dépôts purulens.
L'observation suivante est remarquable, en outre, par les symptômes cérébraux qui ont précédé la mort ; symptômes qu'on a observés dans d'auires cas soit de néphrite simple, soit de néphrite albumineuse grave. Les lésions des poumons, des plèvres et du péricarde que , nous rencontrâmes à l'ouverture du corps, montrent aussi que, dans ces cas, les inflammations se midliplient, comme à la suite de l'infection de l'économie par certains poisons morbides ( § 4^' )•
Obs. XXVII. — Pleurésie et pueumouie lobnlaire; péricardite ; grnnnlations de Briglit et poiuts purulens dans les rcius. Pendant la vie, iirinfi albumineuse, sans liydropisic; dyspnée et symptômes cérébraux.
Conseil (Charles), cordonnier, âgé de a8 ans, pâle et maigre, se présenta à la consultation de l'hôpital de la Charité le i6 février i85â. Il avaitquelque gène dans la respiration; les batte-
meus du coeur paraissaient assez forts ; il toussait un peu ; le bruit respiratoire était presque naturel ; mais la poitrine n'était pas très sonore à la percussion. Le lendemain, Conseil fut admis à l'hôpital ; on fil une petite saignée, qui procura du soulagement 5 le malade resta au lit, assez content de son étal, jusqu'au 2S février.
Le malade continuait à tousser un peu, et la poitrine avait toujours peu de résonnance à la percussion. Les battemens du cœur étaient forts, réguliers ; les fonctions digestives étaient en assez bon état.
Le 22 , Conseil se plaiguit d'une forte fièvre, avec douleur et raideur des membres , surtout dans le bras droit; à cette occasion, il nous raconta, qu'à l'âge de douze ans, il avait eu la figure paralysée du côté droit. Ce renseignement me fît penser que peut-être la raideur douloureuse des membres tenait à quelque lésion cérébrale. Ou fit une saignée de douze onces.
Le 23, le pouls était fréquent et fort, la raideur des membres persistait ; on pratiqua une seconde saignée du bras.
Le 24 , soulagement marqué.
Le a6, la fièvre continua; le malade accusa une douleur à la fesse droite ; on y reconnut un petit anthrax ( calajilasmc ; tisane des cinq racines diiirèliques ; diète).
Le a8 février, le i et 2 mars ^ même état.
Le 3 , la fièvre n'a pas cessé. Le malade a eu , à plusieurs reprises, du frisson. Le lendemain, l'infirmier nous raconta que cet homme avait eu une attaque, avec agitation des membres , grande gêne de la respiration, faiblesse et presque perte de connaissance.
Le 6, dans l'après-midi , après avoir vu des personnes de sa famille , Conseil tomba dans une grande agitation ; mouvemens involontaires des bras j anxiété; gêne considérable de la respiration ; crainte de la mort ; le malade demande un prêtre.
Cette agitation continua, et le malade mourut vers sept heures du soir.
Aittopsie du cadavre, vingt-huit heures après la mort. — Tétc et rachis. Au sommet de la tête cl sur les côtés du sinus longitudinal supérieur, l'arachnoïde cérébrale est adhérente
ET AtJTRES MALADIES RENALES. 233
avec l'araclinoïde crânienne. Les petits corps appelés glandes de Pacclîioni sont plus nombreux et plus développés qu'à l'ordinaire. On voit, en outre , sur l'arachnoïde, sept ou huit petites plaques de deux à quatre lignes de diamètre, peu épaisses, blanches et comme cartilagineuses, semblables pour l'aspect et la consistance, aux plaques que l'on rencontre assez souvent sur le cœur, ou sur la rate. Les membranes du cerveau sont autrement saines. Les substances du cerveau et du cervelet, et de la moelle épinière, ont une bonne consistance ; après les avoir coupées en tranches très minces, nous n'avons trouvé ni tubercules , ni ramollissement.
Poitrine. La plèvre pulmonaire et la plèvre costale adhèrent entre elles par des brides celluleuses, minces , anciennes. Dans la partie supérieure de la cavité de la plèvre droite , des brides et de fausses membranes plus récentes forment des cloisons séparées par un liquide piirulent. Beaucoup de sérosité spumeuse s'écoule des poumons, quand on incise leur base et leur bord postérieur. Dans toute leur étendue , on trouve six à huit petits noyaux hépatisés ; quelques-uns au second degré et d'autres au troisième. On sent, à travers la substance des poumons, ces petites tumeurs; deux sont infiltrées de pus, et peuvent être
I comparées aux petits abcès qu'on rencontre après les grandes
t opérations.
Le péricarde contient environ six onces d'une sérosité un peu verdâtre, dans laquelle nagent quelques flocons albumineux. Sur le feuillet du cœur et sur le feuillet fibreux , sont déposés de petits grains pseudo-membraneux qui , comme la langue du chat, donnent une sensation âpre et rude quand on les touche avec le doigt. Quelques grains plus rapprochés et , plus abondans forment des plaques membraneuses peu adhérentes ; si on racle avec l'ongle les matières déposées, le feuillet s séreux paraît au-dessous avec ses caractères ordinaires. Le t tissu cellulaire sous-séreux est très injecté et ofl^re des arbo- 1 risations vasculaires. Le cœur, à parois épaisses, est volumineux, 1 pesant, contracté sur lui-même ; orifices à l'état normal ; cavités c contenant quelques caillots.
Abdomen, Péritoine sain. Membrane muqueuse de l'estomac
234 NlîPHRITE ALBUMJNEUSE
un peu ardoisée, sans injection ni rougeur. L'inleslin grêle ne présente ni rougeurs, ni follicules développés d'une manière anomale. A quatre pouces au-dessous du cœcum, la membrane muqueuse du gros intestin, dans une étendue à-peu-près égale à celle de la main, présente une rougeur intense dans quelques points et violacée dans quelques autres ; le tissu delà membrane muqueuse estramoUi.Le reste del'inteslinne présente pas d'altération. Le foie est sain. Trois plaques cartilagineuses sur la rate.
Les reins, d'un petit volume, sont décolorésen quelques points et plus rouges que dans l'état sain en quelques autres. Il est facile de reconnaître, çà et là, à la superficie de la substance corticale, de petits points blancs, allongés, irréguliers, comme des virgules, tous moins gros que la tête d'une épingle (granulations de Bright). Le rein gauche, vers son extrémité inférieure, présente une petite portion rouge, enflammée , avec un peu de pus infiltré et une injection considérable du tissu voisin. L'urine retirée delà vessie par l'urèthre, est mousseuse , d'une couleur jaune verdàlre; traitée par l'acide, elle donne un précipité blanc et abondant d'albumine. Vessie saine.
S 547. Rapports de la nèphrile albumincusc avec les maladies du cœur, du 'péricarde et des gros vaisseaux.
Il n'est pas rare de rencontrer des lésions, soit fonctionnelles, soit matérielles, des organes de la circulation^ dans la néphrite albumineuse. Dans le cinquième environ des cas que j'ai observés, j'ai constaté, pendant la vie ou après la mort, des aliérations notables du péricarde, du cœur ou de ses valvules. Ces lésions sont primitivesj secondaires ou purement accidentelles.
Les palliologistes anglais , même ceux qui ont étudié avec le plus de soin l'affection granuleuse des reins, me paraissent avoir beaucoup exagéré l'influence de cette affection sui-le développement des maladies du cœur (i). M. Bright ayant trouve
(i) M. Martin-Solon , en parlant de la complication des maladies du cœu» avec la néphrite albumincusc , et des opinions qui ont été émises sur ce sujet par MM. Bright, Christison, Andersen, etc., a commis une erreur.
le cœur malade à un degré plus ou moins considérable, 65 fois sur 100, et nolablemeut alléré dans la moitié des cas, ou environ, a cru à une connexion intime entre les lésions de cet organe et raffeclion granuleuse des reins. J'ai vu moi-même lin nombre considérable de cas de coïncidence de ces afFec- • lions, mais non dans la proportion observée par M. Brigbt. Et il m'a semblé que, si on déduisait tous les cas où les afl'ections du cœur avaient été évidemment antérieures à la néphrite albumineuse cbronique, il n'en resterait qu'un fort petit nom-' bre qu'on pût considérer comme des affections véritablement secondaires , ou devant leur origine à une lésion des reins.
Regardant les affections cardiaques comme un effet secondaire de l'affection granuleuse , M. Brigbt a attribué la fréquence de ces lésions à une excitation du cœur, produite par le sang altéré, par suite de la lésion rénale, et à la gêne qu'éprouve la circulation capillaire. Me croyant en droit de contester le fait principal , savoir l'influence fréquente de la maladie rénale sur la production des maladies du tissu du cœur, je ne discuterai point l'explication.
M. Christison a reconnu que les maladies du cœur étaient quelquefois antérieuies à l'affection du rein; mais il a pensé, comme M. Brigbt, que, dans d'autres cas, les maladies du tissu du cœur étaient consécutives à l'affection rénale. Cependant il paraît admettre l'influence de l'affection granuleuse sur la production des maladies du cœur, plutôt d'après l'autorité de M. Brigbt que par suite de ses observations personnelles. « Si la désorganisation granuleuse des reins, dit-il, agit véritablement comme cause prédisposante à l'augmentation du volume du cœur, il est probable, comme le docteur Brigbt l'a indiqué , que celle influence a lieu par suite de cbangemens opérés dans ! le sang qui devient alors un stimulus trop énergique des con- ; tractions du cœur. »
r II suppose que ces auteurs ont clicrclic à établir l'influence des maladies t cardiaqncs sur le développement de l'affection rénale, tandis qu'en réalité Si le Lut qu'ils se sont proposé a été de démontrer l'influence de la maladie i des relus sur la production des affections cardiaqncs^
jnÉPHRITË ALBUMrNEUSE
§ 548. Les maladies du cœur, antérieures à l'affection rénale, contribuent puissamment, pour leur part, au développement de i'hydropisie , et surtout à celui de l'œdème des parties inférieures du corps; elles aggravent notablement les accidens, et elles ont une grande influence sur l'expression symploraatique delà maladie.
Parfois , dans les maladies du cœur , les reins , hypérémiés, laissent passer une certaine quantité d'albumine avec l'urine , ou subissent une véritable inflammation simple, subaigué. Alors, d'acide qu'elle était, l'urine devient souvent légèrement alcaline ; il y a malaise dans la région rénale ; enfin , il se développe quelquefois d'autres signes d'une néphrite simple.
On voit quelquefois aussi, dans les maladies du cœur ou de ses valvules, le signe principal de l'altération granuleuse des reins, l'albumine dans l'urine, se montrer d'abord à un faible degré, puis augmenter de plus en plus jusqu'à ce que la néphrite albumineuse se présente avec ses caractères les plus tranchés.
Si j'en juge d'après mes propres observations, la néphrite albumineuse vient, le plus souvent, s'ajouter aux affections cardiaques , dont alors elle est un effet secondaire.
En résumé , les élèves et les médecins qui suivent mes visites à l'hôpital de la Charité, savent que j'ai remarqué depuis long-temps que la présence de l'albumine dans l'urine d'individus atteints de maladie de cœur ou de gros vaisseaux (avec ou sans hydropisie), n'était pas un signe absolu et pathognomonique de la néphrite albumineuse , et que l'urine pouvait être plus ou moins chargée d'albumine chez des individus atteints de maladie du cœur dans différentes conditions des reins, savoir :
1° Dans le cas de véritable complication avec la néphrite albumineuse ;
2° Dans des cas de simple hypérémie des reins ;
30 Enfin , dans d'autres conditions pathologiques , sans lésion rénale bien apparente.
L'existence de la néphrite albumineuse est à-peu-près certaine, lorsque, dans une alTeclion du cœur, l'urine, d'une
ET PÉRICARDITË.
couleur pâle , citrine , est fortement coagulable et d'une faible pesanteur spécifique. Je dois ajouter que, dans cette complication, comme dans des cas simples, la proportion de l'albumine, après avoir été considérable, peut yarier chez un même malade^ et que je l'ai vue quelquefois diminuer d'une manière notable aux approches de la mort.
§ 549. Néphrite albumùmise et lésions du péricarde.
Souvent, à la suite de la néphrite albumineuse, le péricarde contient une quantité notable de sérosité limpide, de quatre à cinq onces; mais il est l'are que le dépôt de sérosité soit asseï considérable pour constituer une véritable hydropéricarde dont lés symptômes attirent l'attention du médecin pendant la vie.
On a plusieurs fois observé la complication de la néphrite albumineuse avec la péricardite. Blackall rapporte le cas d'un matelot affecté d'anasarque avec urine albumineuse, et à l'ouverture du corps duquel il trouva une double pleurésie et ^ une péricardite aiguë; d'autres exemples de cette coïncidence ont élé publiés par MM. Bright , Gregory, etc.
Dans ces coïncidences , le développement de la péricardite paraît être quelquefois tout-à-fait indépendant de l'affection rénale. Ainsi, dans l'observation xxii du docteur Bright (i) , le péricarde offrait les caractères anatomiques de l'inûammation : il contenait une très petite quantité de sérosité ; ses deux surfaces étaient doublées d'une fausse membrane , à-peu-près de l'épaisseur d'une pièce d'un shilling, assez ferme , rugueuse à sa surface, qui ressemblait à celle d'une langue de bœuf; entre les deux surfaces, il y avait aussi des brides minces et rugueuses , d'un pouce environ en longueur. Le cœur était volumineux , ses valvules étaient saines , et ses parois avaient leur épaisseur ordinaire. Les reins étaient des exemples frappans , de la dégénérescence marbrée , blanchâtre ; et il y avait des granulations dans la substance corticale. Or, M. Bright ajoute :
(1) Bright. Reports 0/ medicai cases, p. Co. jn-4. London. 1827.
ce garçon, âgé de 14 ans environ, était pâle, avait l'air maladif et présentait les signes d'une maladie chronique du cœur, dont l'origine pouvait être attribuée à un rhumatisme, dont il avait en une attaque très intense et de longue durée à l'âge de dix ans.
Dans d'autres cas de péricardite avec néphrite albumineuse , et dans lesquels une inflammation ancienne du péricarde, a été suivie d'une inflammation plus récente; la cause qui avait déterminé la première péricardite a pu aussi donner lieu à la seconde. Quant aux cas oii des maladies organiques du cœur ou de ses valvules, ont préexisté à la péricardite, on sait que la péricardite s'ajoute souvent aux diverses maladies du cœur, sans qu'il existe de lésions rénales. Le casxxxviii (i), communiqué au docteur Gregory par M. Duncan, est un exemple de péricardite, survenue chez une femme qui avait déjà une maladie du cœur ; il y avait de la lymphe épanchée sur le péricarde et à la surface du cœur el des adhérences partielles. Les valvules mitrale et aorliques étaient très altérées; et il y avait en outre une hypertrophie du ventricule gauche et un large anévrysme de l'aorte thoracique. L'urine , trouvée après la mort dans la vessie , était fortement albumineuse. Les reins étaient marbrés de jaune et de rouge à l'extérieur; et à l'intérieui', la structure fibreuse delà substance corticale, dit M. Duncan, était oblitérée par le dépôt d'une matière granuleuse, d'un jaune pâle , qui avait aussi envahi la substance tubuleuse ; quelques tuhttli étaient presque oblitérés. Or, il est très problable que cette péricardite s'est développée sous l'influence de lésions anciennes des organes de la circulation, et non par suite de l'afTeclion des reins.
§ 55o. Mais, dans certain nombre de cas, on ne peut attribuer la péricardite qui survient dans le cours de la néphrite albumineuse, qu'à l'influence de cette dernière affection ellemême (Oj3s. xxviii). De même, dans le cas xvde M. Bright (a),
(1) Gregory. On diseased states 0/ the kidiicy connected diiring U/e wilh alhuiiùnous urine (EJinb. mcd. aud surg. journ., Tol. xxXYi, p. j56).
(2) Bright. Rej'oi Cs o/'med, cases, etc. ]i, 65.
ET PÉRICARDITE. ^Sg
les lésions du cœur paraissent avoir été bien légères , et ne rendent pas compte du développement de la péricardite , qui était bien tranchée, et évidemment plus récente que l'affection des reins. Le péricarde contenait environ quatre onces de sérosité limpide; ses surfaces viscérale et pariétale étaient complètement couvertes par une couche fibrineuse, rugueuse, ayant, par place, l'aspect d'une ruche d'abeilles, offrant, dans d'autres, des pointes saillantes et des espèces de crêtes ou d'arêtes. Dans quelques endroits cette fausse membrane était fortement adhérente; dans d'autres, on pouvait facilement la détacher avec le dos du scalpel : il n'y avait pas d'adhérence entre les deux surfaces du péricarde. Le cœur était un peu volumineux ; ses valvules étaient parfaitement saines j la membrane interne de l'aorte offrait quelques plaques d'ossification commençante. Le rein gauche, gros et d'une touleur jaunâtre, pâle et complètement désorganisé, n'était pas très granulé, mais on y voyait quelques taches d'un jaune plus opaque que les autres parties du rein. Le rein droit était déformé; la membrane fibreuse, très épaissie, adhérait tellement qu'il était extrêmement dilEcile de la détacher de l'organe, dont la surface offrait des éminences plus pâles que les autres parties du rein.
Cette péricardite avait été latente; le malade, à qui on demandait journellement s'il souffrait, avait constamment répondu que non.
Le cas xxiii de M. Bright (r) est moins concluant, quoique l'inflammation du péricarde paraisse avoir été postéiieure à l'afTeclioa rénale. Les altérations organiques du cœur conco-' mitantes de la péricardite étaient peu prononcées; le cœur et les parois du ventricule gauche étaient fermes, et les parois de ce dernier épaissies; ses colonnes charnues étaient aussi épaissies et dures. Les valvules étaient parfaitement saines. L'aorte était large. La quantité de sérosité contenue dans le péricarde n'a pxi être exactement appréciée; mais il y en avait évidemment plus que la quantité naturelle; le tissu cellulaire sous-
• (i) Srighti Reporta of med, cases, etc. p, 62.
24o NÉPHRITE ALBUMINEUSE
séreux, vers la pointe du cœur, était infiltré de sérosité, et les deux feuillets du péricarde étaient entièrement couverts d'une couche légère de matière coagulable, facile à détacher. Les deux reins étaient altéiés; toute leur substance corticale ofl'rait la dégénérescence granuleuse, mais à un degré peu avancé. Dans le bassinet du rein droit , il n'y avait pas moins de deux cents graviers comme des grains de millet et d'une couleur jaune.
Dans un autre cas (0> l'inûuencedes lésions rénales sur le développement de la péricardite est plus douteuse; la péricardite était aiguë, mais le cœur était antérieurement hypertrophié. Le péricarde contenait quatre onces et demie d'une sérosité claire, qui devint gélatineuse quelques minutes après qu'on l'eût extraite. Les deux feuillets du péricarde offraient un grand nombi'e de plaques fibrineuses, villeuses, récentes, peu adhérentes dans quelques endroits et plus dans d'autres. Cette couche fibrineuse , sous forme de pellicule mince , couvrait, d'une manière continue , plusieurs pouces delà partie postérieure et inférieure du feuillet pariétal du péricarde ; elle s'attachait aussi d'une manière évidente au cœur, le long des vaisseaux coronaires , où elle était épaisse. AiHeurs on la voyait sous forme de plaques, de la largeur d'une pièce de douze sous, non adhérentes, mais offrant une surface rude et villeuse. Le cœur était gros et ferme, et la seule altération dos valvules était un dépôt osseux, solide et triangulaire de la grosseur d'un pois , développé à l'angle des deux valvules sigmoïdes de l'aorte. Les reins étaient granulés; leur surface extérieure était inégale, et toute trace de leur organisation naturelle avait àpeu-près disparu , excepté dans la substance tubuleuse , laquelle avait une couleur rose plus pâle qu'à l'ordinaire.
Enfin, dans un cas communiqué au docteur Gregory (2) par M. Alison, les reins étaient beaucoup plus petits et plus
(l) Bright. Ibidem, p. 8.
'(2) Gregory (J.-C). On diseased slates of the hdney comiecled dnring li/e wilh albuminous urine (Edinlj. mcd. and surg. jouru., vol. xsxvi, p- ôC>'i- Case v).
ET PÉRICA.RDITE. 24 1
durs qu'à l'état naturel; leur surface était pâle avec des veines variqueuses; la substance corticale, dure, pâle et d'une structme gr-anuleuse; la portion tubuleuse, désorganisée, avait perdu sa texture fibreuse , par suite du dépôt d'une matière jaune qui ressemblait à de la matière tuberculeuse. Le péricarde adhérait légèrement au cœur, et contenait plusieurs onces de liquide. Il y avait un dépôt de lymphe sur les oreillettes et sur les ventricules , mais il est à noter que le ventricule gauche était très épaissi, et sa cavité élargie. Le commencement de l'aorte était uû peu plus étroit qu'à l'ordinaire.
On a trouvé , dans d'autres cas , des adhérences anciennes entre le péricarde et le cœur, et quelquefois aussi des plaques laiteuses sur la surface de ce dernier organe ; ces altérations anciennes paraissent avoir été accidentelles, ou au moins rien ne prouve qu'elles aient été consécutives à l'affection rénale.
§ 55i. La péricardite me paraît avoir été une affection véritablement secondaire dans le cas suivant :
Obs. XXVIII. — Néphrite albaminease chronique (aspect mamelonné et granulations); hydropisie. — Péricardite secondaire, latents, mais récente (point de bruits morbides à la région du cœur).
Marguerite Richard, couturière, âgée de 48 ans, entra à l'hôpital de la Charité, le 22 févi'ier i836. Cette femme, d'une taille moyenne, d'une constitution affaiblie, dit n'avoir jamais eu d'affections jgraves. Il y a trois mois, elle fut atteinte d'une anasarque générale; l'enflure occupait également les bras et la figui*; elle disparut pour revenir il y a environ un mois.
Marguerite Richard n'est à Paris que depuis huit mois j elle habite une chambre au cinquième étage; cette chambre est froide, la porte ferme mal, les carreaux cassés laissent entrer le vent et la pluie; Marguerite a passé tout l'hiver sans feu.
Teint d'un jaune pâle ; la peau a partout cette même décoloration; œdème peu prononcé à la face et aux membres supérieurs, plusraarqvxé aux membres inférieurs; ascite. A lapax*tie antérieure de la jambe gauche, près du pied, la peau présente un point gangiéneux de la largeur d'une pièce de cinc{ francs.
24^ NlîPHRITIÎ ALUUMTNEUSE
Râle muqueux en arrière de la poitrine, surtout à la base du poumon gauche. Pouls petit, fréquent (io8 pulsations), le rhythrae en est régulier; le tic-tac du cœur est assez fort, sans irrégularité , sans bruits morbides (à l'autopsie , pcricardite aiguë). Point d'appétit; diarrhée depuis huit jours (deux selles liquides hier). Lors de son premier séjour à l'hôpital, elle avait aussi le dévoiement. Le foie ne dépasse point le rebord des fausses côtes. La malade n'a jamais eu de jaunisse ; elle accuse des douleurs aux lombes ; cependant la pression sur la région des reins n'est point douloureuse. Jamais cette femme n'a uriné de sang, jamais il n'y a eu rétention complète ou passagère des urines ; seulement il y a diminution notable dans leiu- quantité.
L'urine, traitée parla chaleur etl'acide nitrique, contient une quantité remarquable d'albumine , elle a une faible pesanteur spécifique (ioi3) ( «Srtîjnec de trois palettes ),
Le lendemain, 24 février, le pouls, toujours petit, est tombé à 84 pulsations. La malade n'a uriné qu'une fois en vingtquatre heures, et n'a pas rendu deux onces d'urine. Rien dans les symptômes généraux ne semble encore très alarmant.
Le 25, la malade n'a rendu que 12 onces d'urine, et elle a bu environ deux livres de tisane (i gr, de scille, 10 sangsues sur la ré g 1071 des reïns , 10 do chaque côté).
Le a6, les piqûres des sangsues ont beaucoup trop saigné; faiblesse extrême, vomissemens, diarrhée. La malade a uriné involontairement sous elle. Le pouls est très petit.
Le 28, point d'urine dans les vingt-quatre heures; refus de boire pendant tout ce temps. La prostartion qui est survenue rapidement est encore augmentée.
Le 29, agonie; mort.
Autopsie du cadavre, trente-six heures après la mort. Etal êMérieur. Pâleur et infiltration générale des tissus.
Têle.Và&n de remarquable dans les membranes du cerveau, ni dans les sinus cérébraux. La substance cérébrale est partout d'une anémie, d'une pâleur notable; à peine si l'on aperçoit les orifices des vaisseaux dans le centre ovale de Vieussens, qui est complètement blanc. Point de sérosité dans les venin-
ET PÉRICARDITE. 243
cilles; la substance cérébrale, généralement assez humide , a une bonne consistance.
La friande thyroïde, doublée devolume, présente, à la coupe, un tissu liéLérogèue, mou, contenant de petits kystes d'oii s'écoulent plusieurs madères différentes, semblables à de la gomme , à de la gelée de pomme ou de groseille.
Poitriiic.Vonmon gauche uni par de nombreuses et anciennes adhérences à la plèvre costale et diaphragmatique. Le tissu du poumon, assez fortement engorgé , ne surnage point dans l'eau j mais il a conservé sa consistance, et on le déchire difficilement ; à la coupe, il s'en écoule une quantité notable de sérosité ; les bronches, remplies de mucosités, sont d'un rose pâle. Quelques ganglions bronchiques renferment de la matière crétacée, environnée d'une substance ramollie; dans le poumon droit, mêmes lésions , à part les adhérences pleurales qui n'existent point.
Les deux feuillets du péricarde sont épaissis, couverts de fausses membranes, blanches, minces, et réunies à la pointe du cœur(la péricardile est évidemment très récente), les fausses membranes sont plus molles , et fortement injectées de sang (pendant la vie, point de signes de péricardite). Cœur de Tolume ordinaire; oreillettes très pâles; point d'altération alux valvules, si ce n'est à la valvule auriculo-ventriculaire gauche, qui présente quelques points de carliliginification; du reste, elle est suffisante.
Abdomen. Environ deux pintes d'un liquide roussâtre dans la ca^vité du péritoine : intestins pâles. Estomac offrant intérieurement un piqueté rouge noir, très abondant; sa membrane muqueuse a une bonne consistance. Intestins grêles assez généralement pâles ; en quelques points seulement, rougeur lie de vin intense ; ni follicules développés d'une manière nior;bide, ni plaques altérées, ni ulcérations. Rougeur également très prononcée dans le cœcum et le gros intestin j foie très petit et dur ; couleur de son tissu, assez semblable à celle de la bile jaune foncée. Vésicule biliaire volumineuse; utérus et rate à l'état sain.
' La tunique fibreuse des reins est plus adhérente « ces or-.
ganes que dans l'état sain. Les reins, augmentés de volume, surtout dans le sens anléro-poslérieur, sont arrondis et bombés, au lieu d'être aplatis. Leur poids est doublé; leur surface, inégale et mamelonnée , olTre des arborisations rouges , disséminées sur la substance corticale, qui est jaunâtre, couleur abricot. Partout ailleurs sur cette substance, devenue jaune , se montrent de petits points d'un blanc mat, arrondis, ou ayant plus souvent la forme d'une virgule. Plusieurs de ces points d'un blanc mat, sont en plaques, ou en petits groupes, les uns en forme de traînée, les autres irrégulièrement triangulaires. Examinées à la loupe, les plaques blanches paraissent évidemment formées par une réunion de granulations blanches.
A la coupe, la substance corticale paraît beaucoup plus développée que dans l'état sain; elle comprime la substance tubuleuse, qu'elle a envahie et déformée. Les tuhuli sont écartés les uns des autres, irrégulièrement déformés; leur couleur, d'un blanc presqxie mat, assez semblable au cartilage, ressort davantage sur la couleur jaune de la substance corticale gonflée. Volume et épaisseur naturels des parois de la vessie,point de traces de cystite.
§ 552. Ce petit nombre de remarques sur la coïncidence de la péricardile et de la néphrite albumineuse prouve qu'il n'est pas toujours facile de distinguer les cas dans lesquels l'inflammation du péricarde, constatée pendant la vie ou seulement après la mort, doit être considérée comme une suite de la néphrite albumineuse , de ceux où la péricardite est une dernièi-e conséquence d'autres lésions cardiaques plus anciennes existant en même temps que ces deux affections; et de ceux enfin dans lesquels les inflammations des reins et du péricarde peuvent être l'effet d'une même cause, de l'impression du froid et de l'humidité, par exemple.
Toujours est-il que la possibilité du développement de la péricardile dans un cas de néphrite albumineuse chronique doit être connue du médecin , afin qu'il étudie soigneusement l'état du cœur dans le cours de l'aflection rénale , surtout si le cœur préseule déjà une hypertrophie ou d'autres dispositions anomales.
La péricardite, maladie toujours grave, l'est encore plûs lorsqu'elle survient dans des conditions aussi fâcheuses. Plusieurs applications de ventouses scarifiées, et, immédiatement après, un ou plusieurs vésicaloires volans sur la région précordiale, sont à-peu-près les seuls remèdes actifs qu'il soit possible d'employer au début de la péricardite, chez de tels malades, hydropiques et déjà épuisés par de longues souffrances.
§ 553. Je regrette de ne pouvoir donner, ici, l'histoire de deux malades devenus hydropiques à la suite d'une péricardite chronique, et chez lesquels , dans les derniers temps de la maladie , l'urine, traitée par la chaleur et par l'acide nitrique, offrait des grumeaux d'albumine. Après la mort, je trouvai les reins hypérémiés.
§ 554. Néphrite albnmi7ieitse et endocardite.
J'ai vu" plusieurs cas de néphrite albumineuse chronique chez des individus atteints à! endocardite, simple ou compliquée de péricardite ou d'axxlres affections du cœur. Il ne m'a pas toujours été possible de reconnaître laquelle de ces deux affections avait été primitive ou secondaire. Dans un petit nombre de cas, les deux maladies ont paru se développer àpeu-près simultanément; dans d'autres, et c'est le cas le plus ordinaire, on avait observé depuis long-temps les symptômes d'une endocardite chronique (r), lorsqu'on a noté la présence d'unp quantité considérable d'albumine dans l'urine ; enfin, quoique l'opinion contraire ait été professée par des médecins anglais d'un grand mérite , il n'existe peut-être pas trois ou quatre faits bien avérés d'endocardite consécutive à la né-
(1) M. Cliristison (Obs. vi) cite le c.is d'une femme qui, après des rhumatismes graves, fut atteinte d'une maladie du cœur, devint liydropique, et dont l'urine contenait une petite quantité d'albumine. Après la mort, on trouva une altération des reins que M. Cliristison désifjne sous le nom àc granulation, une lésion des valvules mitrales et une affection du foie. La petite quantité d'alhumine dans l'urine, en un tel cas où il existait une altération des valvules du crcur , rend très inecrtaiDC l'influence de l'affecliou rénale sur la production de l'iiydrojiisio.
246 NÉPHRITE ALBUMINETJSE
phrile albumineuse , aiguë ou chronique, et indépendanle d'autres lésions du cœur ou de toute autre cause.
Le trouble de la circula lion qui résulte des lésions produites par l'endocardile , peut aussi donner lieu au passage de l'albumine sans qu'il y ait réellement un état inflammatoire des reins.
0ns. XXIX. — Nciilir itc .•jlbiiniinensc chronique (gonflement jaunâtre des reins et granulations dans la substance corticale). — lindopéricardito chronique, concomitante. — Pneumonie latente, ultime.
Roupon entra à l'iiôpital de la Charité, le 4 mars i838.
Cette femme, âgée de 4* ans, d'un tempérament lymphatique, d'une constitution affaiblie, n'est plus réglée depuis le mois de janvier i858. Restée fille , elle n'a jamais eu d'enfans. Domestique à Paris, depuis l'âge de i5 ans, elle a mené une vie régulière, n'a jamais fait d'écarts de régime, et a toujours joui d'une bonne santé. Pendant les trois dernières années qui viennent de s'écouler, elle a fait un service très pénible, s'est beaucoup fatiguée à frotter les parquets, et a habité une mansarde humide et froide. Il y a 6 mois, qu'éprouvant de la gêne dans la respiration et étant dans l'impossibilité de marcher vite, sans être essouUlée, et sans ressentir de la pesanteur dans la région précordiale et des palpitations, elle a quitté son service. Pendant trois mois, elle s'est logée dans une chambre plus humide encore que sa mansarde 5 et ce n'est que depuis le i"' janvier de celle année qu'elle a occupé, chez son frère, une chambre plus saine. Elle n'a jamais eu de douleurs rhumatismales dans les jointures ni dans les muscles, ni de souffrances dans la région des reins. Depuis un mois seulement, elle a commencé à avoir les jambes enflées. Ces divers accidens n'ont point été traités d'une manière active.
Face pâle, lèvres décolorées, narines se dilatant largement à chaque inspiration. Maigreur et affaiblissement général. Ré- Sônnance naturelle des régions pulmonaires, à la percussion. Râle muqueux et ronflant dans toute l'élendue du poumon droit et au sommet du poumon gauche; quelqiies crachats spumeux; toux légère. Cette femme reste assise dans son lit pendant toute la joiuuéc, et ne peut goiiler quelques iuslans
de sommeil q^^e lorarfii'elle a la lêle et la poitrino relevées par deux coussins. Les jambes sont œdémateuses, et cet oedème augmente beaucoup par la station.
Les baltemens du cœur sont réguliers, forts et accompagnés, au premier temps, d'un bruit de souffle, qui s'entend fortement au niveau du quart inférieur du sternum, et ne se prolonge ni dans l'aorte, ni dans les carotides. L'impulsion du cœur est forte et sensible depuis le tiers inférieur du sternum jusqu'à la région épigastrique, et au-dessous du sein gauche. Le pouls, qui est régulier, sec et vibrant, donne io6 pulsations par minute. Peau naturelle. Le foie et la raie ne sont pas anomaleraent développés. Inappétence, constipation habituelle, flueurs blanches, abondantes. Aucune disposition morbide de» autres organes contenus dans la cavité abdominale.
Les urines sont jaunes, troubles, acides au moment de l'émission , et contiennent une grande quantité d'albumine, rendue sensible par la chaleur et l'acide nitrique.
Pendant le séjour de celte femme à l'hôpital, on lui a habituellement prescrit : Une pilule de scille d'un grain; un scrupule de carbonate de fer; de la tisane de chiejident nitrée / un julep le soir, et-unepelile quantité dUalimcns,
Le 23, l'œdème a envahi les cuisses et les parois abdominales {Jilonchetures aux jambes ; frictions avec la teinture de scille et de digitale; continuation des autres remèdes).
Le 26, œdème de la main et de l'avant-bras gauches, et de la joue droite. Les urines , d'une faible pesanteur spécifique (1008) , sont toujours très chargées d'albumine. Le papier dont on s'était servi pour constater l'acidité de l'urine, le lendemain, était épaissi et cassant, comme si on l'avait trempé dans du blanc d'œuf. La malade dit qu'elle n'a point eu de donleurs dans les reins , ni dans la région hypogastrique, et qu'elle n'a jamais éprouvé de chaleur, de cuisson, etc. , en urinant. La pression et la percussion aux lombes, n'y éveillent aucune sensation douloureuse.
La malade se plaint plus fortement aujourd'hui d'un sentiment de gène et de pesanteur dans la région précordiale, sentiment dont elle a commencé à s'apercevoir depuis qu'elle
2^8 NIÎPHÏIITE ALBUMINETJSK
est à l'hôpital, il y a une liuitaine de jours. L'impulsion du cœur est très forte. Malité précordiale dans l'étendue de trois pouces carrés environ. Au niveau des cartilages des cinquième et sixième côtes gauches, on entend un bruit de souffle dans l'intervalle du premier au deuxième temps. Ce dernier temps est remplacé par un bruit de souffle beaucoup plus marqué, et qui ne se prolonge ni dans l'aorte, ni dans les carotides. Au niveau de la pointe du cœur, on n'entend qu'un bruit très fort qui masque tous les autres. A la base du cœur, et dansle tiers inférieur du sternum, on entend, niais avec moins d'intensité, les bruits de souffle, dont j'ai parlé. Point d'irrégularité dans le rhythme des bruits du cœur, ni dans le pouls radial, qui donne loo pulsations par minute. Le pouls est sec et d'une petitesse qui n'est point en rapport avec la force des baltemens du cœur. Matité à la partie postérieure et inférieure du côté gauche de la poitrine {Application dHiin vèsicatoire au-dessous du sein gauche; quatre mouchetures aux extrémités abdominales ; continuation des autres prescriptions).
Le ag, au soir, apparition des règles, dont le sang est rose et séreux. Cette évacuation dure jusqu'au 2 avril et apporte quelque amélioration ; dyspnéemoins considérable; diminution de l'œdème et de la coloration de la face.
Le 7 avril, ascite et augmentation de l'œdème des extrémités inférieures et supérieures; bouffissure de la face; gêne plus considérable dans la région précordiale. Persistance des signes d'endocardite décrits plus haut ; augmentation de l'épancheraent pleurétique.
Le 8, les urines, d'un jaune pâle et acides, étaient troubles au moment de l'émission. Le 9, après avoir été abandonnées à elles-mêmes , elles sont encore acides , mais elles sont devenues transparentes par suite de . la formation d'un dépôt de matière blanche et grenue. La couche supérieure de ce dépôt , vue au microscope , offre une foule innombrable de globules grenus, muqueux ou purulens. La couche inférieure , qui a une teinte jaunâtre , est composée de cristaux d'acide urique isolés ou en groupes. La malade n'a pas éprouvé antérieurement de symptômes de gravelle.
ET ENDOCA.RDITE.
Le i3, l'œdème est encore plus prononcé au tronc et aux membres supérieurs; la dyspnée n'a pas augmenté; le pouls est à 112, toujours petit, sec et régulier. La malité précordiale est la même. On entend toujours un bruit de souffle au deuxième temps, et dans l'intervalle du premier au deuxième. L'impulsion du cœur, toujours forte, est accompagnée d'une espèce de bruissement qui se rapproche du frémissement cataire. Point de bruit de souffle dans l'aorte, ni dans les carotides. Les raouvemens d'inspiration et d'expiration s'exécutent faiblement. Le murmure respiratoire ne s'entend pas à la base des deux poumons. La faiblesse est telle, que la malade ne peut se remuer dans son lit, ni faire usage de ses membres. Elle éprouve une sensation pénible de refroidissement général. Mort dans la matinée du i3 avril, le quarantième jour de son admission à l'hôpital.
Autopsie du cadavre, vingt-huit heures après la mort, le i4 avril r838. OEdème de la face et des extrémités, surtout des inférieures ; ascile. Les membres ont conservé leur flexibilité.
Ahdomen.\i% péritoine contientiau moins, quatre litres d'une sérosité citrine , transparente , sans fausses membranes. L'estomac et les intestins sont pâles, contractés, et n'offrent aucune altération. Le foie, d'une couleur brun clair, a son volume normal; sa consistance est molle, et le doigt pénètre facilement dans son parenchyme. La rate , une fois plus volumineuse que dans l'état normal , est parfaitement saine d'ailleurs.
Les reins sont volumineux; la membrane celluleuse, qui les entoure, est infiltrée de sérosité. Il n'existe pas de ganglions engorgés dans la scissure rénale , ni dans le mésentère. Les reins pèsent environ six onces chacun. La membrane fibreuse, dont la teinte est opaline et dont l'épaisseur est augmentée, ne peut être séparée des reins sans qu'on n'enlève une partie du tissu ramolli de ces organes. La substance corticale est jaune et anémique. Dans les points oii la substance corticale n'a pas subi de déchirure, on voit des dépressions lenticulaires et que 1ques pétéchies. En examinant de très près, on découvre quel-
aSo NÉPHRITE AtBUMINEUSE
ques granulations miliaires, dissc-minées dans celte substance. La substance corlicale, gonflée, s'insinue dans la base des cônes et dans les interstices des iuhuli, eu les comprimant et en diminuant leur volume. Les fibres de la substance tubaleuse ont généralement une légère teinte rosée, et les cônes ofTrent, en quelques points, à leur centre ou aux mamelons, du sable jaunâtre. Ces fibres sont ramollies comme celles de la substance corticale, mais à un moindre degré. Les bassinets sont injectés; leur membrane interne n'oOreni ramollissement, ni épaississement. Les uretères et la vessie sont sains.
Poitrine, Le péricarde contient quatre à cinq onces de sérosité citrine. La portion pariétale de cette membrane est saine; la portion viscérale offre, sur le ventricule droit, une plaque blanche, d'ancienne formation, de la largeur d'une pièce de quarante sous , parfaitement lisse et polie, saillante d'un quart de ligne au dessus de la membrane séreuse. Le cœur est augmenté de volume. Ses quatre cavités sont distendues par des caillots fibrineux, dont quelques-uns (ceux des cavités droites surtout) adhèrent intimement aux colonnes charnues. Tous ces caillots sont d'vine couleur blanc - jaunâtre et consistans. L'endocarde est épaissi au voisinage des valvules auriculovcntriculaires droites, qui sont très rouges sur leurs bords. Les bords libres des valvules aortiques sont peu flexibles et tendus de manière à se rapprocher difficilement les uns des autres. Un grand nombre de petites végétations miliaires et pédiculées existent à la face ventriculaire du bord de ces valvules.
Les deux poumons offrent une hépatisation rouge à leur partie postérieure. Cette altération se prolonge dans toute la portion du poumon droit située contre la colonne vertébrale. Partout ailleurs, le tissu pulmonaire est crépitant; mais^ au sommet de chaque poumon, le parenchyme a une teinte grise cendrée, et une densité plus grande que dans l'état normal. Les bronches sont saines. Il n'y a point de tubercules isolés, distincts. Point de tubercules dans les ganglions bronchiques.
Têle. Tout est dans l'état sain.
§ 555. Dans l'observation suivante, l'affection du cœur a
ET ENDOCARDITE. a5l
cvideminent précédé l'affection des reins j l'urine ne contenait d'abord qu'une assez faible petite portion d'albumine ; la proportion des sels était peu considérable , mais celle de l'urée différait peu de celle qu'ofi observe dans l'état sain; ce n'est que dans les derniers temps de la maladie que l'urine a pris tous les caractères qu'elle offre dans la néphrite alburaincuse chronique.
Obs. XXX. — Abus dn vin et des liqueurs spiritucuses, et excès Tenérleus ; palpitations; accès de suffocation , bruit de râpe et de souffle à la région du cœur et dans l'aorte; bruit de souffle dans les carotides.— OEdème du visage et des membres, urines albumineuses. — Endocardite cîironique; né^îbrite albumineuse cbronique , dont les caractères anatomiques ont la plus graude ressemblance avec ceux de la népbrite simple cbronique; très petits points purulens.
Desru (Achille), âgé de Sy ans, bijoutier, est entré à l'hôpital de la Charité , le 6 mai iSSg. Tempérament lymphatique , peau pâle, cheveux rouges , membres grêles, aspect anémique. Depuis plusieurs années, Desru a laissé la pi'ofession de bijoutier, pour exercer celle de marchand de contre-marques à la porte des théâtres , et il a commis beaucoup d'excès et fait des abus du vin, du café, des liqueurs spirilueuses et des plaisirs vénériens. Il y a trois mois, il a eu une maladie aiguë, guérie au bout de trois semaines, par des applications de sangsues à l'épigaslre, par des bains, le repos, la diète et les boissons délajanles. A la suite de cette maladie : débilité prononcée, et, le quinzième jour d'une convalescence apparente, palpitations très fortes. Nouvelle application de sangsues à la région précordiale; soulagement; mais les palpitations reparaissent à l'occasion du plus léger exercice, et deviennent permanentes ainsi que la gêne de la respiration.
Teint excessivement pâle ; peau décolorée sur toute la surface du corps; x\n peu d'enflvire à la face, autour des paupières; coliques de temps à aulre (hernie inguinale très volumineuse du côté gauche). La gêne de la respiration et les palpitations sont parfois très fortes; elles reviennent par crises, durant Ic3(|uellc3 le malade est obligé de garder la position as-
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sise dans son lit. Ces crises sort fréquemment suivies de tomissemens de bile , ou de matières glaireuses et alimeniaires.
Les baltemens du cœur sont forts , tumultueux et irréguliers ; le premier temps est sourd et fort; le second plus éclatant et suivi d'un bruit semblable à un coup d'archet. Ce bruit a son maximum d'intensité à la base du cœur, mais il se fait entendre dans toute l'étendue de la paroi antérieure de la poitrine. Le bruit varie, du reste, en intensité comme les pulsations cardiaques, de manière à simuler, et à de courts intervalles , un bruit de souffle très fort , se prolongeant dans la direction de la crosse de l'aorte et des bruits plus faibles. La main , appliquée sur la région du cœur , éprouve une sensation dont le malade a lui-même la conscience. Double bruit dans les carotides, le premier bruit est net , le second un peu pi'olongé et soufflant. Les deux veines jugulaires gonflées , présentent le volume du doigt auriculaire. Le pouls est irrégulier et dur, tantôt fort et vibrant, et tantôt faible et facile à déprimer, sans fréquence (de 76 à 80 pulsations par minute). La respiration ne présente aucun bruit morbide.
Ce malade n'a jamais eu d'affections rhumatismales. La langue est humide et un peu blanche ; l'appétit est assez bou , peu de soif, un peu de constipation; une selle tous les trois ou quatre jours seulement.
La quantité de l'urine et le nombre d'émissions , en vingtquatre heures, sont à-peu-près comme dans l'état sain; les urines sont pâles , aqueuses , quelquefois alcalines. Traitées par l'acide nitrique et par la chaleur, elles se troublent et deviennent opaques, sans former de coagulum, ni de grumeaux albumineux abondans. Le malade accuse une douleur vague dans la région des reins, mais sans lui assigner de limites bien précises ; il n'a jamais éprouvé d'engourdissemens dans les cuisses, ni de rétraction des testicules; des vomisseraens ont eu lieu assez fréquemment, mais surtout après le repas et après les crises de suffocation.
Dans le mois de mars, les symptômes prédominans furent les suivans : palpitations , accès de dyspnée qui durent pendant douze ou vingt-quatre heures, pendant lesquelles le ma-
lade est en proie à ivne gêne extrême de la respiration ; il est obligé de se tenir, sur son séant, toute la nuit et tout le jour. Les bruits morbides du cœur et les pulsations cardiaques sont alors à leur summum d'intensité. Le malade, plus pâle, plus anémique, a une teinte légère jaune-paille ; il éprouve des coliques qui doivent être attribuées , en partie , à une hernie volumineuse mal maintenue. Les selles sont rares; la bouffissure du visage , l'œdème des paupières et des membres inférieurs font des progrès ; appétit diminué; peu de sommeil.
Les urines coulent toujours en quantité à-peu-près naturelle (quatre ou cinq bocaux de six onces en vingt-quatre heures); elles sont, tantôt d'un jaune citrin opalin , et légèrement alcalines; plus souvent pâles, aqueuses et d'une faible pesanteur spécifique (ioi5), ayant une faible réaction acide sur le papier de tournesol ; elles contiennent toujours une assez faible proportion d'albumine. Abandonnées à elles-mêmes, elles ne forment point de dépôt salin à la partie inférieure du vase ; il existe seulement une opacité mal circonscrite qui donne à cette portion du liquide un aspect plus dense qu'à la partie supérieure de la colonne, (i)
Le 8 m&i , les urines étaient très pâles , acides, sans dépôt appréciable à l'œil ; toute la colonne du liquide est très légèrement trouble; au microscope, on y voit de petites masses muqueuses et un grand nombre de petites lamelles de forme irrégulière : cette urine, traitée par la chaleur, donne de petits flocons blancs albumineux; l'acide nitrique lui communique une couleur rose, opaline, et y détermine la formation de petits flocons albumineux. Le précipité paraît un peu moindre que celui qui est produit parla chaleur. Le prussiate de potasse acidulé y détermine également un précipité.
Le 10 mai, urine presque incolore légèrement acide, d'une
(i) J'ai plusieurs fois roclicrclié , dans divers ccbcintillons de cette urine, si l'urée était diminuée sensiblement, et j'ai toujours vu se produire dans ces écliantillons , convenablement traités par l'acide nitrique , une belle cristallisation, à-peu-près incolore, de nitrate d'urée (il y avait fort peu ie matière colorante de l'urine).
faible pesanteur spécifique (loïC), laissant déposer un très petit nuage qui n'est pas le quarantième de la masse. Cette urine est sensiblement albumineuse. Abandonnée à elle-même, le dépôt qu'elle fournit, vu au microscope, offre des squames et un petit nomlire de globules muqueux.
Le n mai, urines très aqueuses, légèrement acides, ne présentant presque pas de dépôt, et notablement albumineuses.
Le 16 mai, l'urine contient du mucus, des squames, une quantité notable d'albumine et quelques cristaux d'acide urique.
Le 18 mai, urine jaune, légèrement acide, laissant un dépôt d'un dixième environ de la hauteur du liquide ; la cou' che inférieure du dépôt de l'urine est composée de matières muqueuses; la supérieure est amorphe ; et l'acide acétique développe quelques cristaux réguliers d'acide urique.
Le 19 mai, urine légèrement acide, très pâle et offrant un dépôt floconneux peu abondant, contenant des matières muqueuses et un certain nombre de cristaux octogones, très petits.
Le 20 mai , urine très légèrement acide, semblable à de l'eau, pour la couleur, ne laissant rien déposer d'appréciable à l'œil , se troublant légèrement par la chaleur et devenant toul-à-fait laiteuse par l'acide nitrique ( Gomme èdulcorèe; potion gommeuse avec l'eau de fleurs d' oranger ; lavemcns èmoUietis ; le quart de portion d'alimens).
Le ai mai, saignée de huit onces, suivie d'un peu de dimi nution de la dyspnée et de sommeil durant la nuit.
Le 24, une bouteille d'eau de Sedlitz procure quatre selles; le malade éprouve un peu plus de calme, les jours suivans. L'œdème, limité aux membres inférieurs, persiste sans faire de progrès ; le malade garde constamment le repos au lit; il ne peut faire le plus léger exercice sans renouveler ses palpitations , qui ne lui laissent pas un instant de calme.
Le 3o mai , les accidens semblent s'amender ; le malade a plus d'appétit ; les accès de dyspnée se répètent moins fréquemment et avec moins d'intensité ; amélioration sensible jusqu'à la fin du mois ; l'œdème est moins prononcé; le bruit de rape est remplacé par un bruit de souffle ; l'eau de fleurs d'oranger, prise largejnent, semble calmer les palpitations.
Le 3 juin , les accès reparaissent avec une nouvelle intensité ; l'impulsion du cœur est très forte ; son clioc soulève les vèteraens et les couvertures du malade; les battemens sont tumultueux; douleur vive dans tout le côté gauche ; langue blanche j soif assez vive ; vomissemens après le repas , et envies de vomir qui se répètent durant les accès de dyspnée ; fièvre continue, pouls développé, donnant gS pulsations par minute.
Le'ijiiin.lescaractèresphysiquesetchimiques de l'urine sont les mêmes que les jours précédens; seulement la quantité de l'albumine semble avoir un peu diminué , l'urine bleuit légèrement le papier bleu rougi {Gom. édidcj potioîiavec eau de fleurs d^orangcr; un vèsicatoire de quatre pouces sur la poitrine f le i/S*^ de la portion d'alimens).
Le 6 etleSjuin^ lemalade se trouve , dit-il (i) , soulagé par le vèsicatoire ; mais l'œdème se prononce davantage à la face et aux membres inférieurs ; la teinte jaune paille de la peau est plus prononcée ; le bruit de souffle des carotides est plus marqué ; expectoration catarrhale assez abondante.
Le 20 juin , l'hydropisie s'étend ; les urines sont fortement albumineuses {Vin de colchique, d'abord à im gros , pzds à un gros et demi , puis à deux gros 'par jour). Sous l'influence de ce médicament, la sécrétion urinaire est augmentée ; elle s'élève successivement, en 24 heures, de quatre à six, à huit et à dix bocaux, contenant chacun six onces d'urine. En outre, ce piédicaraent, chaque jour, détermine quatre, six ou huit garderobes. On continue l'usage du vin de colchique pendant tout Je mois de juin, et pendant la première quinzaine du mois du juillet. On suspend ce remède un ou deux jours, lorsque les selles sont trop fréquentes.
Le 20 juin, douleur de côté (nowyeaM vèsicatoire) ^Ye malade se dit très soulagé. Trois jours après, le malade demande un troisième vèsicatoire.
Le 28 juin, un quatrième vèsicatoire est appliqué sur le
(i) Tai fait appliquer successivement plusieurs vcsioatoircs volans sur la poitrine, le malade ayaat une très grande couliauce dans ce moyen, que je croyais exempt d'iacoupjuienst
a 56 NÉPHRITE ALBUMINEUSE
côté gauche. Urine fortement alburaineuse et contenant moin d'urée.
Le 3o juin , le malade est excessivement pâle et très affaibli | la respiration est très anxieuse , sans bruit morbide. La dyspné< cesse à de courts intervalles pour se manifester avec plus d'intensité.
Le 10 juillet, l'état du malade s'aggrave chaque jour; l'appétit est presque nul; la peau chaude; la fièvre continue ; leaj envies de vomir sont fréquentes ; la gène de la respiration et les palpitations augmentent j l'urine est beaucoup plus chargée' d'albumine et d'une faible pesanteur spécifique (loto).
Le 12 juillet, on met un cinquième vésicatoire sur la poitrine ( le malade demandait ce remède avec les plus vives instances).
Le i5 juillet, l'anasarque augmente, et avec elle les troubles de la circulation et de la respiration. Le malade, en proie, depuis plusieurs jours, à une suffocation imminente, meurt le 26 juillet, trois mois après son admission à l'hôpital.
Autopsie du cadavre. — Têle. Le cerveau ne présente rieu de particulier. La pie-mère est parcourue, dans toute sa surface par des veines très dilatées. Il existe à peine de la sérosité dans l'arachnoïde et les ventricules.
Poitrine. A l'ouverture de cette cavité, les poumons ne s'affaissent que très légèrement; leur couleur est bleu noirâtre. Quelques adhérences entre la face externe du poumon droit et la plèvre costale : ces adhérences paraissent anciennes. Dans la cavité des plèvres, il existe une petite quantité de sérosité roussâlre. Les poumons offrent, dans quelques points, des traces d'emphysème, et ne présentent de remarquable qu'une congestion veineuse qui leur est commune avec celle des principaux viscères. Le sang s'écoule abondamment par les diverses incisions qu'on fait dans leur épaisseur. Il n'y a ni tubercules, ni dilatation des bronches, ni traces de pneumonie.
Le péricarde, d'une teinte blanchâtre, contient quelques cuillerées de sérosité sanguinolente et n'offre point de rougeur, ni de fausses membranes. Le cœur a un volume plus
considérable que dans l'état sain; cette augmentation, à-peuprès d'un tiers en sus de son volume ordinaire, est due presque eu entier à l'accroissement du volume du ventricule gauche, dont les parois ont huit à neuf lignes d'épaisseur. L'intérieur de ce ventricule contient un caillot peu volumineux, qui se continue dans l'oreillette gauche. L'orifice auriculo-ventriculaire n'offre rien de bien remarquable ; la face de la valvule mitrale, qui regarde du côté de l'oreillette, ainsi que la membrane de cette même cavité, est d'un blanc laiteux, mêlé çà et là d'une teinte faiblement roussâtre. Cette membrane est épaissie, et peut être enlevée dans une certaine étendue. Les valvules' sigmoïdes de l'aorte ne ferment pas complètement l'origine de cette artère ; elles ne présentent cependant pas d'épaisseur notable ; l'une d'elles paraît comme échancrée à son bord libre. L'aorte olFre çà et là, depuis son origine jusque vers sa crosse, des inégalités formées par des plaques jaunâtres, d'une demi-ligne à-peu-près d'épaisseur, qui soidèvent la membrane externe de ce vaisseau. Le ventricule droit contient un caillot peu volumineux, noirâtre; du reste , il n'a , non plus que l'oreillette du même côté , rien de remarquable. Les valvules auriculo-ventriculaires et les valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire n'offrent ni épaississement, ni insuffisance.
Abdomen. Le ventre contient une assez grande quantité de sérosité verdâtre, dans laquelle on ne trouve point de flocons albumineux. Il y a des adhérences très anciennes , dans différens points, entre quelques anses intestinales.
Le foie , qui ne déborde pas les côtes , laisse écouler par la section une assez grande quantité d'un sang noirâtre; les deux substances n'y sont pas très distinctes.
La rate est gorgée de sang et n'offre rien de particulier. Le rein gauche, un peu plus petit que le droit, avait trois pouces de longueur sur deux pouces en travers, à sa partie la plus large. L'extrémité supérieure, plus mince que l'inférieure, avaitune teinte légèrement grisâtre; les trois quarts inférieurs avaient une teinte rouge-violette générale, produite par une foule de très petits vaisseaux ramifiés à la surface du rein et dans II. 17
258 NÉPHRITIÎ ALBUMINEUSR
l'intérieur de la substance corticale. Sur ce fond rouge, on voyait une foule d'éminences assez larges , un peu irrégulières, aplaties, plus pales que les parties environnantes, tifès fermes au toucher. Dans leurs intervalles, la rougeur vasculaire était plus prononcée qu'ailleurs. Après avoir esstiyé le rein, si on passait le doigt sur sa surface, on sentait qu'elle était rude. Celte sensation était produite , non par les éminences larges dont j'ai parlé , mais par une foule de très petites aspérités qu'on ne pouvait bien voir qu'à l'aide d'une loupe , quoique à l'œil nu on pût distinguer un aspect grenu bien différent de l'aspect lisse et poli d'un rein sain. Ces très petits grains , arrondis , étaient situés principalement dans les intervalles des éminences larges et aplaties. Sur plusieurs parties de la surface du rein, on voyait des points blancs , plus petits que la tête de la plus petite épingle, et dont il s'écoulait une gouttelette d'un liquide terne et lactescent, lorsqu'on les incisait. Trois de ces petits points blancs, placés les uns à côté des autres, étaient entourés d'un petit cercle rouge j autour des autres il n'y avait point de rougeur. Sur la face postérieure de ce rein, et vers le milieu de son bord convexe , existait une éminence blanchâtre , semblable aux corps cartilagineux qu'on rencontre quelquefois dans la substance tubuleuse , et qui probablement était produite par un petit dépôt, déjà ancien , de lymphe plastique dans la substance corticale. A la coupe , le tissu de ce rein était très ferme; la substance tubuleuse paraissait à l'état sain , à l'exception de quelques très petits grains d'un blanc opaque qu'elle contenait , et qui au microscope paraissaient amorphes , ne se dissolvaient pas ^dans l'acide nitrique faible , et restaient avec la même apparence. Dans le champ du microscope , on voyait se former, au bout d'un certain temps , quelques lamelles blanches irrégulières , probablement de nitrate d'urée et d'albumine. La substance corticale, très amincie, était un peu plus paie aux endroits qui correspondaient aux petites plaques gris jaunâtre de la surface du rein. Vers la base des cônes de la substance tubuleuse et dans les prolongemens de la substance corti-
ET nTPERTROPiirr: dtj coeur. sSq
cale entre les cônes , la teinte de la ânbslance coi'ticale était à -peu-près ce qu'elle est dans un rein sain. On n'y apercevait, pas plus qu'à la surface du rein, des granulations de Bright, caractéristiques d'une des formes les plus fréquentes de la néphrite albumineuse chronique. Le bassinet avait un aspect nacré. Ce rein, avec ses membranes et le bassinet, pesait seulement deux onces et deux gros. La membrane fibreuse n'était pas notablement altérée, mais on était extrêmement adhérente au rein; en la détachant, elle avait entraîné avec elle une légère couche de la substance corticale.
Le rein droit, un peu plus gros que le gauche, pesait deux onces et quatre gros , et avait trois pouces un quart de longueur. Sa partie supérieure avait une teinte grisâtre; le reste de sa surface , un peu moins rouge que celle de son congénère , oflrait les mêmes altérations et quelques petits kystes séreux , disséminés çà et là dans la substance corticale.
Les vaisseaux rénaux de l'un et de l'autre rein n'offraient pa» d'altération.
§ 556. Néphriie albumineuse et lésions du cœur proprement dites.
Les exemples d'hypertrophie du cœur, sans autre altération, cardiaque ou pulmonaire, coïncidant avec la néphrite albumineuse, sont assez rares. Cette hypertrophie peut être partielle, comme dans l'Obs. lxx du docteur Bright (i), ou générale , comme dans l'Obs. xxxvi dvi même auteur.
Je rapporterai un cas d'hypertrophie concentrique du ventricule gauche avec néphrite albur^iineuse. Le docteur' Chris tison en rapporte deux exemples. (2)
Presque toujours il existe, avec cette hypertrophie, d'autre»
(1) Bright. Tahular aiiew of the morhid appearances in 100 cases conneC' ted wiili alùuminous urine (Guy's Hospital reports, n" 11, April i836 p. 390-392).
(2) Clirislison. Observations on the 'variely oj dropsrwhioh dépend on disea» sed kidnejr (Edinb. mcd. and surg. jouru,, vol. xxxii, p. 270 et 280.)
26o ' NÉPHRITE ALBUMINKUSE
lésions du cœur(i), des gros vaisseaux ou des poumons. (2) En somme , on a vu une foule d'allérations du cœur coïn-
(1) L'hypertrophie Hccompagnéo d'autres lésious du cccur ou de ses valvules, coïncide plus fréquemment avec la néphrite albumiDeusc. M. Christison rapporte le cas d'une malade (Obs. xv) atteinte d'une hypertrophie du cœur avec altération des valvules aortiques, et dont l'urine était fortcxncut coagulable ; cette malade avait souffert de rhumatismes. Dans l'Obs. viii du même auteur, le ventricule gauche était hypertrophié, l'aorte et ses valvules altérées. Les reins étaient malades et l'urine était modérément coagulable par la chaleur. L'iiydropisie était peut-être entièrement dépendante de l'affection du cœur. Dans l'Obs. xxxir du docteur Gregory, le ventricule gauche était hypertrophié et les valvules aortiques étaient également altérées; l'urine recueillie après la mort dans la vessie était fortement albumineuse, et les reins étaient granulés. LesObs.xxxiv et lxxxiv de M. Briglit {Tabidar aiiew, etc., pag. 386 et 892) sont aussi des exemples d'hypertrophie du ventricule gauche, avec lésion des valvules aortiques^ coïncidant avec la néphrite albumineuse. L'hypertrophie du cœur avec altération de la valvule mitralo est indiquée dans les Obs. xxxt et xr.iv du docteur Bright {Tabidar aiiew, pag. 384 386).'Enfin la valvule tricuspide (txvili) ou plusieurs valvules ensemble peuvent être altérées (Bright. Obs. xxiv, Lvi et xci) dans de semblables cas.
C'est presque toujours le côté gauche du cœur qui est affecté. Dans l'Obs. XXIV l'hypertrophie siégeait dans les cavités droites du cœur.
(2) J'ai plusieurs fois observé la complication des maladies pulmn- «aires et de l'hypertrophie du cœur; M. Bright l'a mentionnée dans plusieurs cas; dans l'Obs. lvi le poumon était carnifié et œdémateux; dans les Obs. acrx, xxt, XXII et xcv, il y avait une pneumonie et bronchite avec hypertrophie partielle ou générale de cœur; dans le dernier cas, la pneumonie était lobulaire. Je rapporterai un exemple de cette complication, dans lequel la mort fut déterminée par une pneumonie avant le développement de l'hydropisle. Je citerai plusieurs cas de phthisie avec hypertrophie du cœur et hydropisie; des exemples analogues ont été observés par M. Bright (xvil). J'ai vu les poumons ecchymoses dans un cas où il existait en même temps une hypertrophie du cœur. Un cas analogue a été publié par M. Briglit (l), qui cite aussi un cas (xi.ix) d'une véritable apoplexie pulmonaire avec hypertrophie du ventricule gauche; sorte de coïncidence depuis longtemps notée.
Dans plusieurs autres cas de néphrite albumineuse, on n trouvé les poumons œdémateux et des épanchemeus séreux dans les plèvres, avec des liypcrtrophies générales ou partielles du cœur.