‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 46 · ET HYPERTROPHIE DU COEUR · texte numérisé non relu

ET HYPERTROPHIE DU COEUR

petite gouttelette de pus. La portion de la substance corticale qui s'enfonce entre les cônes , est gonflée. Le bassinet est très petit, et plusieurs cônes sont déformés, de manière que leur base se détache en deux faisceaux principaux, refoulés vers les bassinets. Les mamelons sont d'un rouge vineux très prononcé. Le bassinet est légèrement injecté. Les veines et les artères n'offraient aucune altération (Atlas, Pl. ix, fîg. 8). La vessie est saine.

Ces. XXXII. — Hypertrophie du ventricule gauche du cœur, et insuffisance des valvules aortiques; catarrhe pulmonaire chronique; néphrite albumineuse chronique (Hydropi sic; urine coagulable; variations dans la proportion de l'albumine).

Aubry, imprimeur en caractères, âgé de 6i ans, entra le 17 janvier iSSy, à l'hôpital de la Charité, pour s'y faire traiter d'une hydropisie du ventre et des membres inférieurs.

Cet homme, d'un beau développement physique, paraît moins âgé" qu'il ne l'est réellement. Il a toujours joui d'une bonne sanlé jusqu'à cette dernière année. Il s'est marié, et a eu plusieurs enfans , tous bien portans. Il a toujours vécu dans l'aisance et la sobriété. Depuis plusieurs années sa profession a exigé qu'il travaillât, la nuit, habituellement debout, et souvent dans des endroits humides. Son dernier atelier était surtout très humide.

Il y a environ un an, il commença à s'apercevoir que, lorsqu'il était long-temps debout, il avait un peu d'enflure autour .des malléoles. Mais le repos de la nuit faisait disparaître l'œdème, dont il n'existait plus de traces le lendemain matin. Plus lard, cet œdème pei'sista, mais à un degré assez léger pour ne pas inquiéter le malade.

Il y a six semaines environ, le ventre étant devenu plus volumineux, cette hydropisie attira son attention d'une manière plus sérieuse. La respiration était plus courte ; Aubry ne pouvait faire une longue course, sans être essoufflé. Il garda la chambre et fui saigné du bras : ne voyant pas son état s'améliorer, il se décida à entrer à l'hôpital.

Le malade dit n'avoir point éprouvé de douleurs dans le dos ou les l eins , et ses urines ne lui ont jamais paru modifiées

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sous le rapport de leur quantité ou sous celui de leurs qualités physiques.

Le i8 janvier, bouffissure de la face , surtout des paupières ; teinte pâle de la peau de toute la surface du corps. OËdème très prononcé des membres inférieurs; légère infiltration des bourses. Le tissu cellulaire des bras et des parois thoraciques contient peu de sérosité ; pas de collection séreuse manifeste dans la cavité péritonéale; peau sèche. Urines peu abondantes, citrines, légèrement acides, donnant un coaguluin par l'acide nitrique et par la chaleur ; peu ou point de sédiment. L'émission de l'urine se fait facilement; aucune douleur spontanée ou provoquée par la pression^ à la région des reins ou à la vessie,- aucune maladie antérieure de l'appareil urinaire. Langue humide, appétit assez bien conservé. Depuis quelques jours, légère diarrhée ; abdomen un peu distendu par des gaz, et rendant un son humorique à la percussion. Un peu plus de malité dans la région splénique que dans l'étal sain; pas de fièvre intermittente antérieure ; pas de douleur dans les hypochondres.

Toux, avec expectoration abondante de crachats blancs, écumeux, un peu visqueux; résonnance à-peu-près naturelle de la poitrine, excepté à la partie supérieure, oii elle devient un peu obscure; ronchus avec râle sous-crépitant , surtout aux parties inférieure et postérieuredes poumons. Pointde douleurs dans l'attitude horizontale.

Volume considérable du cœur, impulsion énergique; point de bruits morbides; pulsation de l'artère radiale, large, développée. Le malade, naturellement d'un embonpoint médiocre, n'a pas sensiblement maigri. H ne paraît concevoir aucune inquiétude sur l'issue de sa maladie {Repos an lit; ijiftision dt fleurs de mauve avec acélatc de potasse, un gros i lait; potion yomvieuscjjulep).

L'infiltration des membres, qui d'abord avait paru diminuer, ne tarda pas à augmenter; le scrotum , la verge et les cuisses devinrent énormes. Le volume de l'abdomen n'augmenta pas dans la même proportion. I^a face devint œdémateuse. Tous ces symptômes étaient très prononcés, ua mois après l'admis-

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