ET MALADIES DES ARTÈRES
slon du malade à l'hôpital. Puis le scrotum et la verge désenflèrent complètement; les membres inférieurs et la face diminuèrent, mais ils enflèrent de nouveau^ Pendant tout ce temps, l'urine, examinée presque tous les jours, fut trouvée toujours fortement albumineuse et d'une faible pesanteur spécifique , si ce n'est au moment oii l'hydropisie était portée au plus haut degré , et où. elle parut donner par l'acide nitrique un précipité moins abondant. Mais quelques jours après, l'urine était tout aussi fortement chargée d'albumine que les premiers jours. Le jour oii les urines étaient hioins albumineuses , indépendamment des signes de l'hypertrophie du ventricule gauche , on nota , au second temps , un léger bruit de souffle qui se prolongeait dans l'aorte ; le pouls était assez fort. Il était visible à l'œil dans les artères radiales et cubitales. L'attention que nous avions apportée à l'examen du cœur le premier jour, ne me permet pas de croire que le souffle eût pvi nous échapper; il est probable que l'altération de la valvule sigmoïde n'existait pas encore à cette époque, ou du moins qu'elle était encore trop légère pour donner lieu au phénomène de l'insuffisance.
Ce malade fit un séjour de plus de deux mois à l'hôpital, et s sortit, le 20 mars 18 37, dans un état peu différent de celui dans 1 lequel il était entré. La diarrhée qu'il avait eue à son arrivée cessa promptement. Depuis lors, il a gardé à-peu-près constara- 1 ment le lit; cependant il a conservé de l'appétit.
La bronchite n'a pas passé à l'état aigu, malgré la grippe qui 1 régnait épidémiquement (i). L'expectoration n'a pas changé de caractère, la respiration^à aucune époque, n'a été notablement gênée. Les râles ont toujours été ceux des catarrhes muqueux.
§ 55g, Pléphrite alhumincuse ci lésions des vaisseaux. On a remarqué, dans quelques cas de néphrite albumineuse
(i) Vigln. Résumé des observations faites dans le service de M. Rayer sur tépidéinia de grippe (Arch. gcn. de méd,, 3° série, tom. 11, 1837, p. 226).
où il y avait presque toujours coexistence de maladies du cœur, des plaques athéromateuses (Obs. xxv, xli, xcii Bright) ou des ossifications (Ous. xxrx Bright), dans t intérieur de t aorte. Quelquefois ce vaisseau a paru large ou dilaté (Obs. ixxvi Bright). M. Duncan ( Obs. v Gregory ) a vu le commencement de l'aorte resseri é. Enfin M. Alison (Obs. xxxviii Gregory) a observé, avec une néphrite albumineuse, un cas de large anévrisme de l'aorte thoracique , fortement adhérente au poumon gauche et à la colonne vertébrale, et qui avait déterminé l'usure de plusieurs vertèbres.
En résumé, ces lésions de l'aorte ne peuvent être évidemment considérées comme des effets secondaires de la néphrite albumineuse; ce sont de simples coïncidences ou des dépendances de lésions de l'organe central de la circulation, qui peuvent exister avec ou sans urine albumineuse.
§ 56o. Dans la néphrite albumineuse, on n'a point noté de lésions particulières des principales veines du tronc et des membres. Mais on a vu plusieurs fois les vaisseaux du rein ofTrir des lésions qui paraissent être, au moins dans le plus grand nombre des cas, l'effet de l'extension de l'inflammation de la substance corticale. Ainsi, on a trouvé plusieurs fois les veines l'énales épaissies, et leur cavité remplie d'un caillot fibrineux , solide. Le tronc et les principales divisions de l'artère rénale ne m'ont offert rien de particulier; mais j'ai constaté , ce que M. Bright avait fait avant moi, que les petites divisions de cette artère se laissaient moins facilement pénétrer par une injection que l'artère d'un rein sain, différence qui tient peut-être autant à l'état du rein qu'à de celui des ramifications artérielles elles-mêmes.
Le cas suivant est un exemple de lésion de la veine rénale, coïncidant avec une néphrite albumineuse. J'en ai fait figurer un autre exemple observé chez une lîUe publique, morte d'une anasarque aiguë, avec urine très fortement coagulable (Atlas, Pl. VII, fig. 2 et 3).