PAR MALADIES DIT COJ-UR
breuse , et même la couche graisseuse qui l'entoure, sont sillonnées par de belles arborisations vasculaires fortement injectées de sang. La substance corticale ofFre toujours une turgescence sanguine bien prononcée et quelquefois des étoiles vasculaires. Les reins peuvent avoir leur grandeur ivaturelle ou être notablement gonflés ; leur consistance est ordinairement plus ferme qu'à l'état normal; quelquefois mêm^j ilg ont une grande dureté; mais on les a vus plus mous que 4ans l'état sain.
A la coupe, les deux substances du rein sont gorgées dç sang. De ces substances, el surtout des bases des cônes, qui sonl quelquefois tout-à-fait noires , il suinte une quantité considérable de sang noir. Les glandules de Malpighi sont souvent plus visibles et plus rouges que dans les reins sains, et les membranes du bassinet, arborisées par des vaisseaux d'un rouge bleuâtre foncé, ont une teinte sombre.
En même temps que les reins éprouvent ces modifications , l'urine, pendant la vie, variable pour la couleur, mais souvent claire et citrine, ne chariant point de globules sanguins, peut contenir une quantité plus ou moins considérable d'albumine. Sa pesanteur spécifique diffère souvent peu de celle de l'urine saine, et les autres caractères qu'elle présente, surtout la présence des urates et la quantité à peu-près normale d'urée contenue dans son extrait, témoignent d'une différence notable entre cette urine et celle que les malades rendent dans la néphrite albumineuse chronique, bien caaactérisée.
Obs. XXXIY. — Hypertrophie du cœur ; concrétions fibrineuses très adhérentes à l'endocarde ; Lypérénaie des reins; urines légèrement albnminenses ; anasarque.
Drouin (J.), corroyeur, âgé de 5(3 ans , entra à l'hôpital de la • Charité, le 3o juin i838.
Depuis plusieurs années, Drouin était sujet aux palpitations ' et éprouvait une anhélation très fatigante, lorsqu'il se livrait à quelque exercice pénible. Depuis une année, ces symptômes ont augmenté d'intensité. Il y a cinq mois , un œdème a n. 18
NÉPpRITE AL1ÎU3IINEUSE , SIMULÉE
commencé âge manifester aux cxlrémilés inférieures , et J'accroissement progressif de ce symptôme a engagé le malade à entrer dans le service de mon collègue M. Bailly, où il est resté trois mois. Pendant la durée de ce premier séjour à l'hôpital de la Charité , on a constaté plusieurs fois l'existence des trois biuits du coeur dont je parlerai plus loin. Drouiu a toujours mené une vie régulière et a été à même de se noxirrir sainement. La chambre qu'il a habitée pendant une année avant d'entrer à l'hôpital, était sous les toits, et, parles temps de pluie, le papier, dont elle était tapissée, était souvent humide.
Cet homme , d'une taille élevée, d'une constitution robuste, a la face pâle et bouffie, et les extrémités inférieures œdématiées. Sa respiration est courte et pressée; son pouls est petit, fréquent (9Q pulsations), irrégulier. Sa poitrine, large et bien conformée, a la résonnance naturelle dans les régions pulmonaires. La région précordiale donne un son mat , dans l'étendue de quatre pouces carrés environ. Les battemens du cœur sont forts et soulèvent la paroi thoracique et la région épigastrique. Les bruits cardiaques sont souids, tumultueux, irréguliers; cependant, lorsqu'on s'étudie à les analyser, on en entend trois assez distinctement, surtout lorsqu'on applique le stéthoscope sur les cavités gauches. Le deuxième bruit paraît double. Le premier bruit est sec , tandis que les deux autres sont filés. Le pouls radial correspond à la fin du deuxième bruit.
Tel a été le résultat de l'examen du cœur pendant les quatre ou cinq premiers jours, temps durant lequel la dyspnée a été considérable. Le malade ne pouvait rester couché et passait les nuits, assis sur son lit, sans goûter un instant de sommeil. Les bruits respiratoires étaient à-peu-près naturels.
Les urines acides, et d'une couleur jaune-caramel , claires au moment de l'émission, contenaient une petite quantité d'albumine, que l'on précipitait par la chaleur, ou par l'acide nitrique , ou par ces deux agens combinés.
Par sa pesanteur spécifique, l'urine différait peu de l'urine saine , et elle donnait un léger dépôt par le refroidissement.
Lè malade accuse un endolorissement profond dans la re-