PAR MALADIES DU CCCUR
gion des reins. Peut-êti'e celte sensation est-elle due à la fatigue musculaire qui résulte de l'orthopnée.
Inappétence; cependant la petite quantité d'alimens et de boissons, prise, chaque jour, est bien digérée {Potion (jommeuse avec demï-oîice de sirop diacode, pour le soir. Potion avec 18 gouttes de teinture de digitale. Tisane de chiendent niirèe ; le quart d'alimens).
Sous l'influence de ce traitement, du repos, et d'autres causes peut-être qui nous ont échappé , la respiration est devenu^ plus facile , les bruits du cœur se sont régularisés , bien qu'ils soient restés sourds et que les battemens n'aient presqup pas perdu de leur force d'impulsion. Le pouls, toujours très petit, filiforme , est devenu régulier (90 puisât.) ; mais la marche de l'hydropisie n'a pas été entravée. Les extrémités inférieui'es Pt les parties génitales ont acquis, peu-à-peu, un volume énorme. Les parois abdominales et les membres thoraciques se sont infiltrées; pvjis la sérosité s'est épanchée dans le péritoine , et le ventre est devenu bientôt assez volumineux pour rendre irapossible la position assise dans le lit.
L'urine a été examinée à différentes époques; et chaque fois elle a présenté de l'albumine ; les autres caractères physiques et chimiques de ce liquide étaient à-peu-près ceux de l'état sain.
Le 28 juillet, la dyspnée et l'oppression ont augmenté sensiblement; on entend à la base des deux poumons du râle souscrépitant. La matité précordiale a beaucoup augmenté. L'impulsion du cœur est moins forte et les bruits sont tellement
1 obscurs qu'il faut une grande attention pour les percevoir.
Le 3i juillet, ou voit apparaître, sur la cuisse et la jamb^ gauches, de larges plaques ecchymotiques.
Le 1*"" août, le malade, qui ne toussait que rarement les jours
j précédens, est pris, dans la soirée, d'une toux presque continue, suivie de l'expectoration de crachats muqueux, d'abord striés de sang, puis complètement colorés en rouge. La face et les lèvres surtout ont une teinte bleuâtre; pouls insensible, dyspnée
( excessive, fréquentes éructations , anxiété, angoisses, syncopes
^plusieurs 'pitjûres aux cuisses et aux ajmhes); écoulement penr
' dant la nuit d'une grande quantité de sérosité.
2'j6 NÉPHRITE ALBUMINEUSE, SIMULÉE
Le 2, dans la matinée, le malade est assoupi; cet état persiste jusqu'à la mort , qui a lieu à midi.
Autopsie dit cadavre. — HahiLude extérieure. Anasarque générale ; teinte violacée de toute la surface du corps, plus foncée aux parties déclives et autour des points ecchymosés. Quelques incisions donnent lieu à l'écoulement d'une grande quantité de sérosité sanguinolente.
Poitrine. Le péricarde contient au moins six onces d'une sérosité trouble et jaunâtre, sans fausses membranes. Le cœur est énorme; son volume est dû surtout au développement des ventricules et notamment du ventricule gaucbe , et aussi à la grande quantité du sang coagulé que contiennent ses quatre cavités. Les caillots des oreillettes et du ventricule droit sont rouges, noirs, peu consistans, et ressemblent à du résiné. Mais ceux du ventricule gauche sont fermes , décolorés et et d'une formation déjà ancienne. La pointe de ce ventricule est remplie de masses fibrineuses, rosées, tellement adhérentes aux colonnes charnues qu'en voulant les séparer on arrache quelques fibres du cœur. Le cœur, vidé aussi complètement que possible de ces concrétions, et placé sur un plan horizontal dans un état complet d'affaissement de ses parois, a seize centimètres d'étendue en travers, et autant en longueur, depuis le milieu de la rainure qui sépare les ventricules des oreillettes jusqu'à sa pointe. L'épaisseur des parois du ventricule gauche, près de sa base, est de deux centimètres , tandis que celle du ventricule droit, au môme niveau, n'est que de 3/4 de centimètre. La cavité gauche du cœur est une fois et demie au moins, plus grande que la cavité droite. Il n'y a aucune altération des valvules.
Les poumons sont infiltrés d'une grande quantité de sang et de sérosité} leur base semble comme splénisée; cependant elle est encore crépitante. La membrane muqueuse des bronches est d'un rouge vif. \
Aldomen. Les reins ont leur volume et leur consistance normales ; seulement ils sont congestionnés comme tous les organes contenus dans la cavité abdominale, et présentent tous deux, à leur face antérieure , une cicatrice grise , déprimée. Il n'y a aucune autre altération dans les voies urinaircs, ni ailleurs.
§ 562 . Maladies du cœur, vrinc allmmineusc , sans lestons
rénales.
S'il est bien constaté que, dans quelques cas de maladies du cœur avec passage d'albumine dans l'urine , l'iiypéréniie des reins a été observée, il paraît aussi que d'autres étals des reins, ou même des reins tout-à-fait sains en apparence, ont été trouvés dans des cas de lésions graves du cœur ou des gros vaisseaux, avec urine albumineuse,
Cbez un homme atteint d'hydropisie avec urine albumineuse, le docteur Darwall (O^it que les reins, examinés avec soin après la mort , offraient leur structure et leur apparence ualiirelles, à l'exception de la pâleur delà substance corticale. Le foie était peu volumineux et adhérait au diaphragme. Le cœur était remarquablement petit; les parois des cavités droites étaient très minces , tandis que celles des cavités gauches avaient comparativement une énorme épaisseur. Cet homme avait été adonné, pendant sa vie, aux liqueurs fortes.
M. Forget (q), dans une lettre qu'il me fit l'honneur de m'addresser, en 1837, rapporte deux cas très inléressans de maladie • du cœur avec passage d'albumine dans l'urine, sans que les reins présentassent aucune des lésions de la néphrite albumineuse. Dans un des cas (Ous. vu), il y avait maladie du cœur < et surtout altération des valvules mitrales ; les urines, traitées par l'acide nitrique, fournissaient un précipité blanc, cailleboté, qui formait la moitié de la colonne du liquide. Les reins , de volume normal , non défoi'més , de couleur naturelle, mais un peu mous, offraient, à la coupe, un tissu parfaitement - sainj sans anémie, ni granulations. Dans l'autre cas (0ns. viii)^ le cœur était volumineux , et les valvules mitrales un peu ; altérées ; les reins avaient leur volume naturel et une couleur un peu livide; leur consistance était molle, mais ils n'offraient aucune autre altération appréciable de texture.
(1) Darwall. Cydopiedia of praclical médecine. Art. Dropsy, vol. i, p. 641.
(2) Forget. Lettre sur l'albuminurie [Maladie de Bright), adressée li M. le docteur Rayer (Gaz. méd. de Paris, iSSj, p. 609).
278 îiÉPIIRlTE ALBUMINEUSE, SIJlltJLÉE
Peut-être ce dernier cas pourrait-il être rappi-oclié de ceux où les reins sonthypéréniiés. J'ai vu moi-même plusieurs faits analogues , et dans lesquels les incertitudes du diagnostic ne sont pas aussi grandes qu'on le pense généralement; car jamais, dans ces cas, l'urine u'ollVe la constitution des cas bien caractérisés de néphrite albumineuse. Parmi ces exemples, je citerai le suivant, plus complexe que tous les autres, et dans lequel une erreur de diagnostic aurait pu être d'autant plus facilement commise que la malade avait été exposée à l'impression du froid et de l'humidité, qu'elle était atteinte de plithisie pulmonaire; double circonstance qui aurait pu conduire à admettre l'existence d'une néphrite albumineuse , si la constitution de l'urine n'avait repoussé celte induction.
Obs. XXXV. — Impression du froid et de l'bumiditc. Plithisie pulmonaire; faydrdpisie générale; bruits du cœut très sourds, très irréguliers; urines très légèrement albunùncuscs, donnant un dépôt d'urates. — Mùrt; endocardite limitée aux deux cavités gauches du cœur ; absence de toute lésion dans le tissu des reins.
Cerbui (Geneviève), âgée de 89 ans, entra à l'hôpital de la Charité, le 6 mars iSSg.
Sa santé est profondément altérée par les progrès d'une phthisie tuberculeuse qui a débuté il y a quatre ans. Depuis cette époque, celte femme a eu, chaque année, des rhumes très opiniâtres, qui duraient tout l'hiver, et elle a été constamment souffrante. Elle éprouvait de l'oppression, un toux fréquente, avec expectoration très abondante , et, de temps à autre, de légères hémoptysies.
Pendant 20 ans, Cerbui a travaillé, dans des caves, à la fabrique de mouchoirs de calicot ; depuis cinq ans elle a quitté cette profession , qui avait épuisé ses forces , et elle a travaillé à l'aiguille dans une chambre saine. Cette femme, réglée à l'âge dé 16 ans, depuis cette époque n'a pas éprouvé de troubles dans la menstruation. A l'âge de 20 ans, elle a eu une grossesse, qui s'est terminée très heureusement. Cependant elle assure avoir éprouvé depuis , de temps à autre , des envies très fréquentes d'urinèr, qui se répétaient d'une manière si irapcrieusc qu'elle avait à peine le temps de qxiilter son métier pour