PAR MA.LADIES DU COEUR
satisfaire ce besoin. Cet état durait viugt-qvialre heures seulement, ou deux ou trois jours au plus. Cerbui n'a jamais eu d'affection rhumatismale, ni d'hydrôpisie avant d'entrer à l'hôpital de la Charité.
Maigreur et affaiblissement exti'êraes ; dévoiement coUiquatif ; sueurs nocturnes ; expectoration abondante de crachats nxîmmulaires et purulens, nageant dans une grande proportion de mucosités claires et mousseuses. Au sommet des deux poumons et dans une grande étendue, on entend du gargouillement et du souffle caverneux ; matité au niveau des fosses sus-épineuses {Gomme èdiilcorée; potion gommezese; julejJ j dîascordium un demi-gros; hoidllon, soupe). La malade lutta pendant deux mois contz'e les progrès d'un mal incurable. La dyspnée devint extrême, et une douleur vive se manifesta à plusieurs reprises dans l'un ou l'autre côté de la poitrine. Cette femme , privée complètement de sommeil , était obligée de garder presque constamment la position assise dans son lit, le dos soutenu par des oreillers, pour respirer.
Dans les premiers jours du mois du mai , un œdème se manifesta aux pieds, pviis aux jambes et aux mains ; puis il s'étendit à la totalité des raembi'es inférieurs et supérieurs, au tronc, au visage, comme dans l'hydropisie générale. Obscurité et confusion des bruits cardiaques qui ne permettent point de distinguer les deux temps, lesquels semblent se confondre en un bruit confus ; irrégularité et petitesse du pouls.
Les urines, légèrement acides, donnent, parle refroidissement, un dépôt assez considérable d'un blanc jaunâtre, composé principalement d'urates; par l'acide nitrique et par la chaleur, elles fournissent un précipité blanc , assez abondant d'albumine (l'albumine pei'siste dans l'urine jusqu'à la mort). L'auasarque fit des progrès et se compliqua d'ascite ; l'épanchement s'élevait jusqu'à deux pouces au-dessous de l'ombilic ; l'œdème des membres inférieurs et des parois abdominales était assez prononcé pour rendre tous les mouveniens difficiles fet douloureux. La malade était obligée d'avoir le tronc soutenu par plusieius oreillers. Les parties génitales externes étaient très tumclîées; les plis des aines enflammés et excoriés par le
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{iollemenl {Tisane gommcuse; décoction Hanche ; julep calrmant; louilloti, soupe).
Jusqu'alors nous n'avions pas nolé de cliangemens très rernarquables dans la quantité des urines, ni dans le nombre des émissions, en ringl-quatre heures. Cette femme urinait trois à quatre fois par jour ; mais , à dater du 5 mai , les urines furent rendues involontairement, goutte à goutte et par i-egorgement; (la malade ne sentait point le besoin d'uriner). Elle était plongée dans une somnolence presque continuelle. Les matières fécales étaient aussi rendues involontairement. Le 8, on sonda la malade, et on ne retira que trois ou quatre onces d'urine. Jusqu'au 12, on répéta, chaque jour, le cathétérisme, mais l'urine coulait toujours involontairement, en petite quantité. Retirée par la sonde, elle donne toujours le même précipité albumineux par l'acide nitrique et la chaleur, et un sédiment assez considérable d'urates lorsqu'on l'abandonne à elle-même. La pesanteur spécifique est de loaî. A aucune époque, la malade n'a éprouvé de douleur, ni de sensibilité à la pression , dans la région des reins; aujourd'hui , et depuis quelques jours, elle ressent, dans les cuisses, des engourdissemens et des tiraillemens qui peuvent dépendre de la distension énorme de ces parties par l'infiltration séreuse.
Du i5 au 20 mai, il y eut quelques vomissemens bilieux, verdâtres ; la fièvre hectique continua et fut augmentée par le développement d'eschares au sacrum. La dyspnée devint plus prononcée ; les garde-robes étaient toujours liquides, et involontaires. Les batlemens du cœur étaient à peine sensibles et les bruits cardiaques peu distincts; le pouls déprimé, faible et très irrégulier; point de matité à la région précordiale. L'expectoration était fétide et moins abondante; la malade mourut le ai mai.
Aidoysie du cadavre. — Tèle. Rien de remarquable.
Poitrine. Les deux poumons présentent de vastes cavernes dans les deux lobes supérieurs ; dans le lobe moyen du poumon droit, il y a aussi quelques petites cavités qui contiennent de la matière tuberculeuse, ramolHe, et des tubercules infiltrés à leur pourtour ; les lobes inférieurs, dans toute leur épai&-