‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 24 sur 46 · ET BRONCHITE · texte numérisé non relu

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l'influence de la néphrite albumineuse sur le développement de certaines lésions des poumons et desplèvres, étcellenon moins remarquable de maladies chroniques des poumons sur l'aflection des reins.

Dans la plupart des cas de néphrite albumineuse chronique, les bronches sont atteintes, plus tôt ou plus tard, d'une inflammation qui donne quelquefois lieu à une sécrétion de mucus très abondante. Quoique plus rare que la bronchite, la pneumonie est cependant une des affections consécutives les plus ordinaires de la néphrite albumineuse.

Une maladie plus rare, l'apoplexie pulmonaire, paraît èlre aussi , dans quelques cas , une affection secondaire de l'affection rénale , quoique dans plusieurs autres cas elle ait été évidemment liée à une affection du cœur concomitante.

La phthisie pulmonaire est très rarement la suite de l'altération de laî constitution produite par la néphrite albumineuse chronique, parvenue à sa dernière période. Une foule de faits témoignent que la néphrite albumineuse peut , au contraire , être une affection secondaire de la phthisie pulmonaire.

§ 565. Néphrite albumineuse et Ironchïiê.

La bronchite est une des affections secondaires les plus fréquentes de la néphrite albumineuse : elle a été notée dans les sept huitièmes de mes observations de néphrite albumineuse chronique.

La forme aiguë de la bronchite avec fièvre, dyspnée /.obscurité du son de la poitrine 'à la percussion surtout vers les parties inférieures et postérieures des poumons, râles divers, expectoration muqueuse, est assez rare.

Dans la néphrite albumineuse chronique, presque toujours la bronchite a une marche chronique ; parfois elle détermine si peu de gêne dans la respiration que les malades n'y font que peu ou point d'attention ; d'autres fois, au contraire, la respiration est accélérée et la dyspnée considérable, surtout dans les derniers temps delà maladie. La matière de l'expectoration est un mucus tantôt épais et jaunâtre, d'autres fois ténu et glaireux ;

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enfin la matière de l'expectoration peut devenir extrêmement abondante, et constituer une véritable hronchorrhée. Plusieurs malades sont morts dans un accès de sufTocalion.

La bronchite , quelle que soit son intensité, aggrave toujours la maladie, et , dans plusieurs cas , elle a élé la cause de la mort. Lors de l'autopsie , on a souvent trouvé la membrane muqueuse des bronches des deux poumons, rouge dans une grande étendue. Celte membrane , surtout dans les cas aigus , était quelquefois notablement épaissie, et les bronches contenaient une quantité plus ou moins considérable de matière muqueuse, le plus souvent sous forme d'écume, (t)

Lorsqu'on compare cette espèce de bronchite avec les inflammations des bronches produites par l'impression du froid et de l'humidité, on est surtout frappé des circonstances suivantes. D'abord elle survient dans le cours de la maladie sans cause apparente: elle s'étend et se propage dans les bronches, souvent malgré l'emploi des émissions sanguines, des purgatifs et des émétiques, employés dès le début: elle est peu calmée par les boissons pectorales et béchiques. Lorsqu'elle est chionique , elle tend à amener à sa suite la bronchorrhée ou l'engouement du poumon; et, lorsqu'elle est aiguë, il n'est pas rare de la voir suivie de pneumonie lobulaire ; enfin elle n'a jamais ou presque jamais de solution favorable, tant que l'affection rénale persiste. Cette espèce de bronchite est bien distincte d'autres inflammations des bronches qu'on peut rencontrer dans des cas particuliers de néphrite albumineuse aiguë ou chronique; par exemple, de l'inflammation des bronches qui se rendent vers une caverne tuberculeuse , ou dans des jiarlies du poumon, affectées d'hépatisation , ou dans le voisinage d'un corps étranger (2), J'ai vu, dans un cas, la jnem-

(i) M. Piorry n publié un travail très intéressant sur l'aspbyxic , jjroduitc par l'écume bronchique: Du procédé opératoire h suivre dans tcxploraiion des organes par la percussion médiate, et collection de Mémoires, etc., iii-8. Paris i83l,p. SîSet suiv.

(a) Le docteur Gregory rapporte le c.is extrêmement curieux d'une femme dont l'urine était fortement coagulable, et chez laquelle on trouva après

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brane muqueuse des bronches offrir de petites ulcérations, et plusieurs fois j'ai renconti-é d'autres lésions , des dilatations des bronches , de l'emphysème pulmonaire, etc.

Ods. XXXVI. — Néphrite albumineuse (anasarque et urine nlbumineuse); bronchorrliée ; asphyxie iiar écume bronchique , anémie des reins et granulations de Bright.

Yeuillet, âgé de i4ans, d'un tempérament lymphatique, né de parens sains, n'a jamais eu d'engorgement glanduleux , ni d'abcès, mais il a eu beaucoup de maladies dans sa première enfance. Dès l'âge de 3 ans, il eut des douleurs en urinant; les années suivantes, quatre à cinq fois par an, à des époques irrégulières , il a éprouvé de la fièvre et de la douleur à l'extrémilé du gland, en urinant. Ces accidens duraient deux ou trois jours ; les urines étaient fréquemment muqueuses , d'une teinte citrine pâle, et laissaient au fond du vase, un dépôt grisâtre ou rougeâtre. Jamais ni avant, ni dans l'intervalle de ces crises, il ne se manifesta de douleurs dans la région des reins. Il y a deux ans, ce jeune garçon fut mis en apprentissage chez un fabricant de couleur ; il lui survint , aux pieds et aux mains, de l'engorgement qui n'eut qu'une courte durée et ne s'accompagna d'aucun accident. Il quitta ce genre d'occupation et entra chez un carrossier. Un jour il descendit dans un puits, et en sortit très mouillé; un mois et demi api"ès, le gonflement des mains et des pieds se reproduisit, mais dura également très peu de temps. A cette époque, le jeune Yeuillet était très porté à la masturbation, qvi'il poussa plusieurs fois jusqu'à produire des hématuries.

Depuis trois mois, le gonflement des pieds et des mains a reparu, et bientôt il a été accompagné de bouffissure de la face et d'infiltration de tout le tissu cellulaire sous-cutané, principalement des bourses. En même temps, il est survenu des batla mort, les reins granulés, et, dans une des grosses bronches du poumon droit, uu morceau d'os; la membrane muqueuse, dans le voisinage du corps étranger, était épaissie et injeclic {Edinb. med, and surg journ. vol. xxxvi, p. 35',. Obs. XXXV. )

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temen? de ccBur, de l'oppression , des vertiges et de l'embarras dans la langue. Le pouls était serré et peu fréquent ; l'appétit était bon , mais le malade éprouvait, en avalant, de la douleuià la gorge , et , bientôt après, de la douleur à l'estomac ; il avait des vomissemens,non d'alimens, mais d'une humeur visqueuse un peu jaunâtre. Ensuite il se déclara du dévoiement. La peau était habituellement froide , la langue était pâle , le ventre n'était pas tuméfié; le cœur et le poumon ne présentèrent rien de particulier à M. le docteur Sorlin , qui nous a donné ces détails. Le traitement a consisté, au début de la maladi'e, dans l'usage de la tisane de chiendent nitrée; plus tard, dans l'emploi de l'eau de Sedlitz et des anthelmintiques , et dans une application de sangsues au siège, laquelle diminua l'œdème des bourses et des membres inférieurs. On pratiqua ensuite une saignée au bras; on fit prendre la digitale en pilules et en frictions, et le sirop des cinq racines : les urines devinrent un peu plus abondantes. Leur émission n'était pas douloureuse, leur couleur était pâle ; la mère de l'enfant remarqua plusieurs fois qu'elles contenaient de petits grumeaux blanchâtres. Le jeune Veuillet entra à l'hôpital de la Cliarilé, le 24 juillet i834. Il nous rapporta que , depuis deux mois , il buvait, tous les malins, un petit verre de cassis. Il n'avait pas eu la scarlatine; du reste il était dans l'état suivant :

Infiltration générale du tissu cellulaire sous-cutané; les bourses surtout sont très œdématiées; la langue est naturelle, il y a de l'appétit, pas de dévoiement, pas de douleurs en respirant. Les battemens du cœur sont réguliers, le pouls est naturel, l'enfant dort bien, la pression de la région lombaire ne déterminer aucune douleur ; l'émission des urines n'est pas douloureuse ; leur couleur est claire, opaline, comme celle du petit lait; par l'acide nitrique et par la chaleur, elles donnent un précipité blanc d'albumine, très épais. L'enfant fut mis à l'usage de la tisane de raifort sauvage {cochlearia armoracia), et on lui fit donner, tous les jours, un bain de vapeur. L'œdème des bourses se dissipa; l'enfant était très gai; le 3o juillet, il se trouvait bien ; cependant on remarqua que la bouffissure du visage avait un peu augmenté.

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Le 3i, il ne se plaignait de rien; il alla^, comme les jours précédens , prendre son bain de vapeur. La l)ouffîssure était alors assez marquée ; après le bain, il revint dans son lit ; il y était depuis une heure^ lorsqu'il fut pris d'une dyspnée très forte avec respiration accélérée et bruyante 3 le pouls était fréquent; l'intei-ne de garde, appelé près de lui, lui pratiqua une saignée du bras, qui ne produisit que très peu de soulagement ; l'enfant avait presque perdu connaissance ; il passa une mauvaise nuit. Le i"^ août, nous le trouvâmes étendu sur le dos , respirant très péniblement j les raouvemens respiratoires étaient bruyans, très précipités, avec râle. Le pouls donnait io4 pulsations par minute, la peau était froide, l'infiltration était la même que la veille ; l'auscultation fit entendre un râle muqueux à grosses bulles dans les poumons, les bronches et la trachée-artère. On pratiqua une nouvelle saignée, on appliqua un vésicatoire ammoniacal sur le sternum ; on mit des sinapisraes aux pieds ; il ne s'opéra aucune amélioration dans l'état de ce jeune garçon, qui su.ccomba, le i*''" août à cinq heures du soir, dans un état de dyspnée très remarquable.

\Jautopsie cadavèriq^ue fut faite vingt-quatre heures après la mort. Tout le corps était infiltré, pâle, décoloré ; les bourses n'étaient pas œdématiées. Il sortait de l'écume de la bouche ; le péritoine renfermait quelques verres de sérosité citrine, limpide ; le canal intestinal était sain, la plèvre contenait aussi un peu de sérosité, le péricarde était humide ; le cœur était un peu volumineux ; le ventricule gauche était surtout un peu Jïypertrophié. Les ouvertures cardiaques étaient sans rétrécissement, sans rugosités ; les gros vaisseaux étaient sains, les poumons résistans, engoués de sang et de sérosité. Les bronches renfermaient beaucoup de liquide spumeux ; on retrouvait ce liquide spumeux dans la trachée-artère et la bouche. Le cerveau était humide , à sa surface ; il n'y avait pas de collection séreuse dans l'arachnoïde ; il n'y en avait pas dans les ventricules cérébraux en quantité extraordinaire.

Un des reins avait son volume naturel, tandis que l'autre . était plus volumineux , et pesait sept onces ; tous les deux I étaient décolorés et parsemés de granulations blanchâtres ne

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faisant aucune saillie à la surface des reins, duvolume d'une tête d'épingle, paraissant comme voilées par un vernis transparent. Le tissu des reins était pâle et résistant. On voyait, dans la substance corticale, de petites traînées de granulations blanchâ- Xna, semblables à celles que l'on remarquait à la surface des reins. La substance tubuleuse , moins rouge que dans l'état sain, n'offrait point de granulations ; les uretères étaient sains; la vessie était pleine d'urine; le canal de l'urètlire était sain.

Obs. XXXVII. — Néphrite albumineuse; viyes douleurs au cûté gauche de la face et du cuir chevelu ; anasarque, urine albumineuse ; broncborrhce. — Asphyxie par écume bronchique; reins décolorés et granulés.

KifTer (Agatbe) , âgée de 38 ans, domestique, veuve, née à Genlis , département de l'Aisne, demeurant rue de Lille, n. 24, entra à l'hôpital de la Chanté, le i5 septembre i834.

Cette malade a eu , vers l'âge de i5 ans, une fièvre intermittente; fièvre dont elle ne peut dire la durée. A 18 ans, elle a été réglée ; mais elle a perdu très peu de sang aux époques menstruelles; elle n'est jamais devenue enceinte. Il y a deux ans, elle a éprouvé des douleurs dans la région des reins, et puis des douleurs vagues dans d'autres parties du corps. Au mois de février i834 , pour la première fois , elle a eu les jambes et les cuisses enflées. Elle n'a point eu de fièvre alors, et n'a pas été obligée de se mettre au lit. Deux mois après, cette hydropisie a disparu eu grande partie; mais les jambes sont toujours restées enflées, surtoutle soir; elle n'avait pas de palpitations, ni d'étouflferaent, ni d'autres accidens qui pussent faire croire à une maladie du cœur. Vers le i5 août dernier, en se promenant par un grand vent sur les quais, elle fut prise instantanément d'une douleur intolérable dans les dents ; le lendemain elle alla se faire extraire une dent qui , après l'extraction , fut trouvée saine. Cette douleur persista pendant quinze jours, et vers le i" septembre elle s'étendit à tout le côté gauche de la tête. La mâchoire surtout était très sensible , au point que la malade n'osait toucher à ses cheveux, et qvi'elle est restée un mois sans les peigner. A la fin de novembre , la douleur avait considérablement diminué , et le j5 octobre, elle avait toul-à-fait disparu.

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