‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 26 sur 46 · ET PHTHISIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

ET PHTHISIE PULMONAIRE

voit de nombreuses granulations dans la subslance corlicalet

J'ai vu la néphrite albuinineuse, lente, survenir dans presque toutes les formes de la phlhisie pulmonaire; je l'ai vue dans des cas oii les sommets des deux poumons, après avoir été envahis par la matière tuberculeuse, avaient été lentement transformés en énormes cavernes; j'ai vu également les symptôines ■de l'affection des reins (une hydropisie générale et la présence de l'albumine dans l'urine) survenir dans des cas ou la phlhisie avaitj au contraire, une marche très aiguë.

Le développement de la néphrite albumineuse dans un cas de phthisie, le rend beaucoup plus grave ; et, quoique je ne puisse dire d'une manière rigoureuse le degré d'influence que le dérangement de la sécrétion urinaire exerce sur les poumons tuberculeux, j'affirme qu'il résulte toujours de cette complication une aggravation nolable de l'affection pulmonaire, qui devient plus rapidement mortelle. La diarrhée colliquative, si elle existe, devient plus abondante et plus rebelle, oubien si elle n'était pas survenue, elle se déclare, soit comme symptôme de l'affection tuberculeuse, soit comme effet de la maladie des reins.

Les cas de pneumonie et de pleurésie intercurrentes, quoique ces affections soient spécialement liées à l'affection tuberculeuse, sont plus fréquens dans cette complication. Quant aux autres lésions consécutives que la phthisie peut entraîner dans ces cas complexes, ce sont absolument les mêmes que celles qui surviennent ordinairement lorsque cette complication n'existe pas. On a rapporté des cas de perforation du poumon, de pneumo-thorax et d'épanchement pleurétique, d'ulcérations de l'intestin, du larynx, etc.

J'ai noté plusieurs fois la disparition complète des sueurs chez les pblhisiques, après le développement de l'hydropisie.

S 577. Dans le plus grand nombre des cas de coïncidence de la phthisie avec la néphrite albumineuse, l'affection rénale se déclare dans le cours de la phthisie, dont elle est, pour ainsi dire, une affection secondaire; mais dans d'autres cas, à la vérité Ijès rares, 1rs symptômes de ces deux maladies se présentent dans un ordre inverse, c'est l'hydropisie avec urine albumineuse qui, pendant la vie, est la maladie évidente et

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frappante, et c'est seulement après la mort qu'on découvre des lésions pulmonaires plus ou moins graves. Ainsi, chez des vieillards atteints d'hydropisie avec urine coagulable , j'ai trouvé, dans les poumons, des tubercules plus ou moins crétacés, et peu nombreux , qui n'avaient donné lieu à aucun accident pulmonaire, et qui paraissaient, pendant la vie, n'avoir exercé aucune influence sur le développement , sur la marche et sur la terminaison fatale de la maladie des reins.

Enfin , dans quelques autres cas, les tubercules pulmonaires étaient à l'état de crudité ; aucun symptômepoaiiif n'avait révélé leur existence , qui avait été plutôt soupçonnée que reconnue.

Ces faits m'ont conduit à penser que, dans un certain nombre de cas de néphrite albumineuse chi'onique, après deS' améliorations passagères et des rechutes peu graves , il arrivait quelquefois (ce qu'on observe souvent dans le cours du diabète) que le malade devenait poitrinaire par suite de la détérioration de la constitution.

J'ai souvent fait remarquer dans le cours de cet ouvrage que la présence d'une certaine quantité d'albumine n'était pas un signe absolu ou pathognomonique de la néphrite albumineuse; que c'était un signe commun à plusieurs autres affections. Je dois noter ici (ce qui sera ultérieurement exposé avec plus de détail (voyez : Tnlercules rénaux) que, chez les phthisiques, les reins, les bassinets, les uretères, la vessie et le canal de l'urèlhre, s'infdtrent ([uelquefois de matière tuberculeuse, et que l'urine est alors plus ou moins chargée d'alljumine : et, quoiqu'il soit difficile de distinguer ces cas de ceux dans lesquels l'urine des phthisiques, non hydi'opiques, se charge d'une quantité plus ou moins considérable d'albumine, par suite d'une néphrite, il est certain que, dans l'affection tuberculeuse des reins, l'urine offi-e quelquefois des caractères particuliers qui permettent d'établir le diagnostic.

§ 578. Les Obs. Xliv et xlv sont des exemples de diverses formes de la néphrite albumineuse, chez des phthisiques qui, pendant la vie, n'ont point présenté d'hydropisie ; et il y en avaria peine des traces dans I'Obs.xlvi. J'ai déjà rapporté un exemple remarquable de cette complication sans hydropisie (Obs. xv-)

ET PHTIHSrE PXJlîVfON'AlRE. ' S'a 7

Obs. XLIV. Granulations de Bri^Iit dans les reins, chez, un plitliisique mort

sans liydropisie, et qui avait éprouvé, pendant la vie, des douleurs dans la vesiie et dans l'urètbre, dont la cause n'a point été connue.

Kellef (Joseph) , Allemaud , âgé de 45 ans , cordonnier, demeurant dans l'enclos Saint-Jean, n" i5 , à Paris depuis 25 ans, entra à l'hôpital de la Charité le ar septembre i83i.

Cet homme a eu, à l'àgc de 20 ans , une blenuorrhagie , des chancres «t des bubons, qui guérir«nt après un traitement de six semaines, Depuis quelques années, il a craché le sang tous les ans, et, comme il n'était pas soigneux de lui-même , il pensait que ces hémorrhagies étaient peu graves, et il s'en inquiétait peu. Les crachemens de sang survenaient en général à la suite d'un excès de travail ou de boisson. Depuis trois ans, ces hcmoptysies n'ont point été plus fréquentes; mais il est survenu des douleurs , de l'oppression , de la toux avec expectoration abondante de crachats jaunes nummulairos. Depuis quinze jours , cet homme a eu habituellement du dévoiement,

Depuis la blennorrliagie , il urinait avec autant de facilité qu'auparavant. Jamais il n'a eu des douleurs auxreins, ni à la Yessie ; jamais il n'a uriné de sang.

Depuis trois mois, les jambes se sont tx\méfiées , le soir. Le Iraitemeul a consisté en tisanes adoucissantes et en vésicatoires volans.

Le malade est maigre; la peau n'offre pas d'injection aux pommettes; il i/y pas de sueurs la nuit. Au sommet du poumon droit, son mat à la percussion dans une certaine étendue, gargouillement manifeste dans un point; crachats opaques, jaunâtres , grumeleux ; point d'appétit; selles fréquentes, liquides, provoquées presque immédiatement par toute espèce d'aliment; douleur dans toute l'étendue du canal de l'urèlhre pendant l'émission de l'urine, qui est fréquente et peu abondante; l'urine n'est nullement en pi'oportion avec la quantité des boissons (le malade boit deux pots de tisane et ne rend que quelques onces d'urine). L'urine , brune et trouble, fortement alcaline, a une odeur nauséabonde , el ramène au bleu le papier de tournesol rougi (o» s'aperçut que le malade avait

rendu l'urine dans un urinai en étain mal nettoyé) (i). Elle donne un précipité albumineux assez abondant par l'acide nitrique et la chaleur [Gomme édulcore'e ; extrait gommeiix d'opium un grain).

Du i" octobre au 5 , les selles sont plus fréquentes. Le malade s'affaiblit {Décoction Hanche^ diascordîum ; opium). Le malade s'affaisse, et meurt après une longue agonie?

Aulopsic du cadavre. Les reins décolorés étaient semés d'un assez grand nombre de granulations de Bright; l'urèlhre et la vessie étaient sains; les poumons, farcis de tubercules, présentaient de petites cavernes à leur sommet. A la fin de l'inlestin grêle , il y avait de nombreuses ulcérations, comme chez les phthisiques morts avec diarrhée.

Obs. XLV. — Plithisie; urines albiimineuses, sans œdème ni ascite.

T.... (Ambroise), âgé de 3i ans, boulanger, est affecté, depuis cinq années, d'une toux plus forte en hiver qu'en été, et accompagnée d'une expectoration muco-purulente , qui n'a jamais été sanguinolente. Avant cette époque, il n'avait jamais été enrlmmé, et avait joui d'une bonne santé; pendant son enfance, il n'a éprouvé aucun symptôme de maladie scrofuleuse. Depuis l'âge de 20 ans, il a eu plusieurs affections syphilitiques; la plus grave, qui était caractérisée par des bubons inguinaux , des chancres à la verge et un écoulement abondant, a été traitée et guérie, il y a six ans, à l'hôpital du Midi. Th... n'a jainais éprouvé de douleurs liypogastriques, ni de douleurs rénales; il n'a jamais eu de rétention d'urine, ni d'hématurie, ni d'affection dartreuse ou rhumatismale. Habitant Paris depuis quatorze ans, boulanger depuis une douzaine d'années, il a toujours mené une vie régulière et laborieuse. Il travaillait habituellement seize à dix-

(i) Je note ici que, dans nos hôpitaux, le médecin, pour juger des qualités de rdriuc, et en particulier de son acidité ou de son alcalinité, doit examiner l'urine, rendue en sa présence. Car les m.'>lades, au lieu d'urmer d.nns un bocal propre qui leur est remis avec soin, urinent souvent, maigre les reconimnnd.ilious qui leur sont faites, dans un urinai sale qui leur est plus commode, et tr.insvnsent ensuite le liquide dans le bocal.

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