‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 28 sur 46 · ET PHTHISIE PULMONAIRE. OD · texte numérisé non relu

ET PHTHISIE PULMONAIRE. OD

Usé à son bord postérieur et inférieur, offre, à son sommet, quelques tubercules ramollis et deux à trois petites cavernes. Adhérences pleurétiques au sommet delà poitrine ; point de sérosité r épanchée dans la plèvre.

Abdomen. Appendices graisseux de l'intestin, rouges et développés sous forme de végétations rugueuses. Du reste , le péritoine est sain. Follicules de la fin de l'inteslin grêle très déve-^ loppés et remplis d'une matière jaune , comme caséeuse ; u\céralions tuberculeuses sur la valvule iléo-coecale et au-delà dans le gros intestin.

Foie et rate sains.

Les reins pèsent chacun huit onces et ont un volume considérable. Leur substance corticale, lobulce et anémique, est parsemée de lâches rosées , sur lesquelles se dessinent quelques arborisations vasculaires très injectées et quelques pétéchies miliaires.La substance tubuleuse est d'un rouge violacé.

Les bassinets , les uretères et la vessie sont sains.

Obs. XLIX; — Keins granulés et liydropisie , avec urine coagulable, chez

une plithisique.

Aulaynier, âgée de 45 ans, entrée à l'hôpital delà Charité, le 3 février i838, passementière à Paris depuis l'âge de j i ans, a toujours habité des lieux secs et bien exposés, s'est constamment bien nourrie , et n'a fait d'excès d'aucun genre. En 1817, à la suite de couches, elle a commencé à être prise d'une toux tantôt sèche, tantôt humide, et qui n'a jamais cessé complètement. De 1824 à i8a6, aménorrhée; puis les règles ont reparu et continué régulièrement jusqu'en i83o. A cette époque, elle a été prise de la grippe; depuis, elle a cessé d'être réglée et a conservé , jusqu'à ce jour, un peu d'enrouement. Depuis trois mois, dévoiement.

Depuis un mois, la toux a augmenté et a été accompagnée, chaque jour, d'une expecloratiou abondante de crachats pelotonnés, nageant dans xm liquide visqueux, transparent, semblable à une solution dégomme. Depuis trois semaines , le ventre . est devenu volumineux et les extrémités inférieures œdémateuses; depuis long-temps, le pied gauche enflait le U. 22

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soir, et cette enflure dispai-aissait au lit, parla position horizontale, pour reparaître le lendemain. A mesure que l'œdème a fait des progrès et que le gonflement du ventre s'est manifesté, la sécrétion nrinaire a considérablement diipinué.

Le 4 février, pâleur générale, chairs flasqpes, infiltration des jambes ; ascile ; foie et rate d'un volume normal ; pas de signes de maladie du cœur; point de doideur, ni de tumeur dans la région des reins ; point de coliques, cinq à six selles par jour; inappétence ; faiblesse qui oblige la malade à garder le lit. Au sommet du poumon droit , gargouillement et pectoriloquie audessous de la clavicule ; râle muqueux à grosses bulles dans le poumon droit et dans le tiers inférieur "du poumon gaxiche. Le sommet du poumon droit est douloureu7^à la percussion; crachats de même nature que ceux qui ont été déjà décrits; pouls petit et fréquent; œdème des parties génitales et des cuisses; œdème de la jovie et de la main droites.

Les urines, d'un jaune paille, d'une faible pesanteur spécifique, légèrement acides , traitées par la chaleur et l'acide nitrique, fournissent un dépôt considérable d'albumine [lavemmslaiidanisès ; jiilep ; poUo?i gommeuse; hotnllon, soupe).

Le 6 février, le pouls est devenu presque insensible (126 pulsations par minute) ; depuis hier, selles liquides involontaires; râle des agonisans; perle de connaissance; mori à une heure de l'après-midi.

Autopsie. — État extérieur. Infiltration séreuse des membres.

Abdomen. Epanchement de cinq litres de sérosité dans la cavité péritonéale ; estomac et intestins très petits et ne présentant aucune altération ; pas de tubercules dans le mésentère; foie et l'ate à l'état sain.

Les reins, d'un volume à peu près normal, pèsent quatre onces et demie chacun. La capsule fibreuse est très adhérente à leur parenchyme, qui est généralement dur et anémique. La substance corticale, bosselée à sa surface, est criblée de petites granulations blanches , tellement serrées, en quelques points , qu'elles paraissent avoir envahi toute la substance corticale.

La substance tubuleuse ne présente point de giauulatious; les bassinets et la vessie sont sains.

ET MALADIES DE l'aPP. DIGESTIF. 33g

Poitrine. Le tiers supérieur du poumon droit est tellement adhérent à la plèvre costale correspondante, et le tissu pulmonaire est criblé d'un si grand nombre de cavernes, grandes et petites, qu'on ne peut extraire le poumon de la cavité thoracique sans le déchirer par lambeaux. Engouement de la base du poumon droit; le poumon gauche est engoué de sang et de sé- ^ ros|ité dans ses deùx tiers inférieurs. On voit, à son sommet, une large cicatrice cartilagineuse surmontant une couche de tissu pulmonaire infiltré de tubercules.

Sur la corde vocale supérieure droite du larynx, existe une petite plaque rouge , à côté de laquelle est un petit kyste lenticulaire plein de sérosité transparente.

Le cœur, le cerveau et les autres organes ne présentent aucune altération.

§ 58o. Rapporis de la néphrite alhumineuse avec les maladies de l'appareil digestif.

Les diverses parties de l'appareil digestif sont très souvent lésées daûs la néphrite alhumineuse chronique. Presque toujours ces lésions sont consécutives, et peuvent être considérées jusqu'à un certain point comme des dépendances de la néphrite albvimineuse. D'autres lésions graves, telles que le cmn~ cer de l'estomac , peuvent se compliquer accidentellement de néphrite alhumineuse, mais il n'y a aucun rapport direct entre ces affections.

§ 58 1. La partie sus-diaphragmatique du tube digestif est fort rarement lésée dans la néphrite alhumineuse. On a vu se développer des aphthes dans la bouche , vers le dernier temps de l'affection rénale.

Les médecins anglais qxii , lorsqu'on a commencé à étudiei cette affection des reins, se servaient des préparations raerciirielles pour la combattre, ont remarqué que la bouche était plus souvent et plus facilement affectée par le calorael, que dans d'autres maladies.

D'autres lésions qu'on a observées dans le pharynx et le larynx étaient des dépendances ou des suites de maladies qui avaient précédé l'hydropisie avec urine coagulable. Dans un

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cas survenu à la suite de la scarlatine, et rapporté par M. Baudeloque (i), il y eut une inflammation œdémateuse de la glotte ; le tissu cellulaire du cou était infiltré et les veines gorgées de sang; la luette était œdématiée et gonflée; le malade mourut suffoqué.

J'ai rapporté plus haut (Obs. ix) un autre cas de néphrite albumineuse aiguë, rendu promptement mortel par le développement d'une angine œdémaleuse. Dans l'observation suivante , au contraire , il semble qu'une angine pseudo-membraneuse a précédé l'afTeclion des reins ; je dis il semble , car, si, pendant la vie, la maladie a paru débuter par un mal de gorge, la lésion des reins trouvée après la mort était au moins aussi ancienne. Au reste , soit qu'on considère ce cas comme un exemple de deux maladies de nature très différente (angine couenneuse et néphrite albumineuse), nées d'une même cause (l'impression du froid etdel'huraidilé), et indépendamment l'une de l'autre; soit que l'on suppose entre ces deux affections une liaison quelconque, l'observation du docteur Gregory m'a paru assez intéressante pour être reproduite ici.

Oos. L. — Impression du froid et de l'bumidité; angine couenneuse; Œdème , urines co.ngulables ; vomissemens. Mort. — Ulcérations dans le pbar;^nx et le larynx. Péritonite. Reins granulés (Gregory. Edinb. mecL and surg.j'ourn., vol, xxxvi, p. 324).

Jeannette Mackay, âgée de aS ans, non mariée, s'étant exposée au froid et à l'humidité dans le milieu de novembre 1829, fut attaquée d'une angine, qui fut suivie, aulioat de trois semaines, du gonflement des pieds, et, quinze jours plus tard, de tuméfaction de l'abdomen, avec des nausées qui revenaient par intervalle, mais sans vomissement. Ces symptômes continuant, elle fut reçue dans l'hôpital vers le milieu de décembre. A cette époque, l'œdème était peu considérable , et la tuméfaction du ventre était surtout due à une tympanite. La goi'ge était rouge; pouls à 112 pulsations, et petit. L'urine, qui dépassait plutôt la quantité ordinaire, était txlrèmdn^nt pâle; densité, ioo4,5 j

(t) Gazette des hôpitaux, i834. p. 102.

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coagulabililé très notable. La malade avait aussi une grande tendance à la diarrhée, qui dura, sans douleur et avec quelques intermissions, presque jusqu'à l'époque de la mort. Elle succomba trois semaines après son entrée à l'hôpital. Durant l'intervalle, il n'y eut aucun changement particulier dans les symptômes. La dianliée fut , par intervalle , arrêtée par des anodins et des astringens; l'œdème ne s'accrut jamais; la tuméfaction du ventre décrut un peu. Au a janvier, la quantité de l'urine fut de 56 onces , la densité de 1009,5 , la coagulabilité très manifeste ; et , le 7, elle était, à tous égards , la même , sauf qu'elle était devenue à peine coagulable. Le mal de gorge s'accrut constamment, et, vers la fin, s'accompagna de raucité et d'une perte presque totale de la voix. Durant les trois ou quatre derniers jours, l'iiypogastre devint sensible, les nausées s'accrurent , et il y eut un peu de hoquet. Il n'est pas nécessaire de détailler le traitement, qui fut simplement palliatif, attendu que le mal était évidemment très avancé.

Autopsie. Un peu de sérosité claire fut trouvé dans les cavités de la poitrine. Celle de l'abdomen présentait des traces distinctes d'une péritonite récente, à savoir vascularité des parois péritonéales, épanchement de lymphe sur toute la surface des intestins, et présence de quelques onces d'une matière séropurulente dans le péritoine. Les intestins n'étaient pas ulcérés; mais la membrane muqueuse, à la fin de l'iléon et au commencement du colon , était très molle et d'une couleur de chocolat. Les reins présentaient des granulations manifestes sur toute leur surface; à l'intérieur, une matière d'un jaune-gris avait envahi toute la substance corticale et presque toute la substance tubuleuse. L'étal du foie n'est malheureusement pas mentionné dans l'observation; mais il me reste dans le souvenir i qu'il était pâle, sans autre lésion. Il y avait une altération coni sidérable à la partie supérieure du pharynx et du larynx ; l'épiglotte avait été presque complètement détruite.

S 58a. Dans l'angine couenneuse, comme dans plusieurs mai ladies aiguës, l'urine peut contenir quelquefois une certaine % quantité d'albumine sans qu'il evisle d'inflammation des reins % et sans qu'il se développe d'hydropisie; il faut soigneusement

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distinguer ces cas du précédent; et , oomflje ils sont peu connus de la plupart des médecins, j'en donnerai un exemple dans l'observation suivaule. Dans le cas de Mousson , l'urine fournissait, par l'acide nitrique, un précipité plus cousidéra]>le que par la chaleur, ce qui était dû à la précipitation d'une cer^taine quantité d'urates pai' l'acide nitrique.

Obs. LI. — Angine pseudo - membraneuse; ulcération des amygdales; gêne de la déglutition et de la respiration; inflammation du lobe inférieur du poumon gauche ; douleur rapportée ;\ la région du rein gauche •

, urine ajjumiueuse sans hjdropisie; mort. Nulle altération des reins, réunis en fcr-à-cheval sur la pai lic antérieure de la colonne vertébrale.

Mousson (Magdeleine) , âgée de 54 ans , fut admise à l'hôpital de la Charité , le 1 5 août iSBg. Le 29 juillet, étant dans un état de santé parfait, elle avait été ])rise d'une douleur vive à la gorge avec gène de Ja reapiration et dans la déglutition; en même temps, courbature, fièvre, inappétence. Cet état persista durant douze jours qui s'écoulèrent avant son admission à l'hôpital.

Le i5 août, pâleur et niaigreui', voix voilée et affaiblie; déglutition presque complètement impossible. Dans la déglutition du bouillon ou du lait, ces liquides pénètrent dans les fosses nasales. Cette femme ne peut avaler d'alimcns solides. En examinant l'arrière bouche, ou voit , au sommet de cbaque amygdale, dans l'angle rentrant formé par la réunion de deux piliers du voile du palais, deux petites ulcéralions à fond grisâtre et assez profondes. L'ulcération située sur l'amygdale droite, est nn peu plus étendue que la gauche; elle est couverte d'une eschare grisâti-e, produite par une cautérisation pratiquée avant l'admission de la malade à l'hôpital. Le pilier postérieur du voile du palais est envahi par celte ulcération. Il n'y a point de perte de substance au voile du palais; cependant la malade parle en nasillant, et les boissons reviennent, en partie, par les fosses nasales. Sur la langue et les parois de la bouche, on voit des plaques pseudo-membraneuses, blanches et adliérentes.

Cette femme n'a jamais eu de maladies vénériennes ; jamais elle n'a fait abus de liqueurs spiritueuses; elle n'a point éle exposée à l'impression de l'humidité dans des logmens malsains

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