ET ANGINE COUENNEUSE
Autopsie du cadavre. — Tête. Toutes les parties qu'elle ren- 'tferme sont dans l'état sain.
Abdomen. Les deux reins ^ réunis par leur extrémité intférieure , sont situés à la partie antérieure de la colonne vertébrale, sur laquelle ils forment un fer-à-cheval, dont la con- :£avité regarde en haut et dont les extrémités remontent sur les >parties latérales de la colonne vertébrale, et reposent sur la face iantérieure des muscles carrés des lombes. La portion de sub- ,stance rénale qvii unit les deux reins, d'un demi-pouce d'épaisi seur et d'un pouce et demi de diamètre vertical , se trouve appliquée sur les deux dernières vertèbres lombaires. Les deux extrémités de ces reins ainsi réunis semblaient renflées; elles sont recouvertes par les capsules surrénales, disposées comme cela a lieu ordiuairement. Les uretères ont leur dimension et leur Idireclion naturelles. L'artère et la veine rénale se séparent, KSOUS un angle très aigu, des troncs qui les fournissent j avant ide s'enfoncer dans la scissure rénale eu suivant une direction itrès oblique , au lieu de former presque un angle droit avec l'aorte et la veine cave.
Le tissu des deux rein s ainsi réunis ne présente aucune espèce I d'altération : la couleur, la densité, la vascularité de ces or- :ganes sont tout à-fait naturelles. Les bassinets , les uretères et ila vessie n'offrent aucune altération.
Le pourtour du col vésical office une légère arborisation. Le foie, la rate, l'estomac et l'intestin étaient sains. Col et jioitrine. L'intérieur de la bouche, le pharynx, le commencement de l'œsophage offrent, çà et là , des pseudomembranes blanches , minces, peu adhérentes et très molles, se réduisant en bouillie lorsqu'on cherche à les détacher avec le doigt ou le manche du scalpel. Le larynx est obstrué par une matière blanche , crémeuse , plus molle que les pseudo-membranes et qu'on l etrouve encore à la partie supérieure de la trachée artère; au-dessous de cette couche, la membrane muqueuse est rouge et tuméfiée. Les bronches d'un certain calibi-e sont remplies de mucosités; leur membrane interne est injectée. Le lobe inférieur et la partie inférieure du lobe supérieur du
346 FÉPHRITe' ALBUJtns-ÊUSE
poumon gauche sont hépatisés (i). Le poumon était crépitant dans tous les autres points. Le poumon droit et le cœur étaient sains.
§ 583. Nèphrile allutmtneîise et affections de l'estomac.
Les nausées et les vomissemens sont des phénomènes très communs dans la néphi'ite albumineuse chronique ; on les observe à-peu-près dans le sixième des cas , surtout dans les derniers temps de la maladie; mais ils n'ont pas lieu tous les jours. Ces phénomènes peuvent dépendre de plusieurs conditions morbides. Ils ont lieu quelquefois dans des cas oii il n'y a point de lésion matérielle appréciable de l'estomac, du péritoine, etc. -; la cause directe de ces vomissemens est encore peu connue. Il est à regretter que, dans de semblables cas, ou n'ait pas analysé, avec soin, les matières vomies.
Loi'sque la néphrite albumineuse est légère, la digestion tantôt se fait bicii, tantôt se fait mal; sentiment de pesanteur à l'estojnac , surtout après avoir mangé , avec rapports acides ou amers. Dans les cas graves, parfois nausées et vomissemens qui, le plus souvent, n'ont lieu qu'après avoir mangé; dans quelques cas enfin, vomissemens opiniâtres, même à jeun.
M. Christison dit qu'il est très ordinaire que les malades , aient , le matin de bonne heure , au réveil, des maux de cœur et parfois des vomissemens , même lorsque la digestion des alimens se fait assez bien ; et qu'il a remarqué, dans ce cas, qu'un peu d'alimens soulage les nausées. Cette circonstance l'a conduit à penser que cette forme de l'affection gastrique se rapprochait des vomissemens nerveux. Pour moi, ces vomissemens m'ont paru analogues à ceux qu'on observe dans la néphrite simple- Dans les cas peu graves , la magnésie , l'eau de chaux, la pation de Rivière , l'acide hydrocyanique médicinal, à la dose d'une, deux ou trois gouttes, répétées toutes les quatre ou
(i) C'est prol)ablement à cette inflaiDm.ition du poumon gauche qu'il fau, rapporter la douleur que la malade disait ressentir , plus bas, dans la région du rein gauche.
ET AFFECSri'Ols'S DE l'eSTOMAC. 347
i toutes les deux iieures, et données .de préférence quelques raimules avant l'ingestion des alinaens ou des boissons, conti'i-
buent quelquefois à arrêter ces vomisseraens. Contre ces votnis- • semens dits nerveux , on peut aussi essayea' la créosote à la dose îd'une ou de deux gouttes dans une once d'eau distillée' de cannelle , répétées deux ou trois fois , ou plus souvent , dans les vvingt-quatre beureg. Quand les nausées et les voraissémens ont i.lieu, chaque jour, de bonne heure, au réveil, ils cessent quelcquefois après l'ingestion d'une petite quantité d'alimens. L'o- I pium sous diverses formes, une potion éthérée ou un peu d'eau-
de-vie, sont quelquefois utiles dans de semblables cas. Enfin . dans des cas ou ces vomisseiuens nerveux étaient ti ès rebelles,
on a quelquefois retiré avantage des vésicatoires ou des moxas
appliqués au creux de l'estomac Au reste , il faut se régler sur i les effets des médicamens., lorsqu'il s'agit de combattre un état tou un symptôme gastrique dont la nature est si peu connue.
§ 584. D'autres fois, chez. les malades qui, pendant la vie, L ODt éprouvé des nausées et des vomissemeus , l'estomac offre , 1 après la mort, diverses lésions matérielles, des rougeurs de ; toute espèce, des ai-borisatious vasculaires , des teintes rouges
uniformes , ayant l'apparence de taches superficielles ou
d'ecchymoses ou de piqueté. Deux fois, j'ai observé un ramol- . lissement de la membrane muqueuse du grand cul-de-sac
de l'estomac, et, sur un de ces cas,, cette membrane était i entièrement détruite .dans une grande étendue. Dans de sem- 1 blables conditions, les voniissemens sont aggravés par Tinges- 1 tion des alimens, même les plus légers , et pris en très petite
quantité, et par la plupart des médicamens introduits dans
l'estomac; ils doivent être administrés par la méthode endermi-
que ou injectés dans 1« gros intestin.
§ 535. Ces diverses lésions de l'estoraac sont, comme je l'ai
déjà dit, des affections secondaire^ ou consécutives j plusieurs
exemples de ces accidens {nausées et vomissemens) , et de ces I lésions sont consignés dans divers paragraphes.
D'autres lésions sont, au contraire, des exemples de simple : cpïncidence, ou peuvent être considérées comme des causes plus
ou moins éloignées de la néphrite albumineuse.
348 wiPHniTE ALBUMINEUSE
J'ai vu deux cas de néphrite albumineuse chronique, survenue à la suite d'un cancer de l'estomac. Dans le premier cas, il y eut, pendant la vie, des voniissemens noirâtres ^ et, après la mort, on observa une dégénérescence cancéreuse d'une grande partie des parois de l'estomac (i), qui étaient complètement détruites dans une étendue considérable; le pancréas, adhérent à l'estomac, formait le fond de l'ulcère. Dans le second cas, de petites tumeurs encéplialoïdes, au nombre de cinq à six, faisaient saillie dans l'intérieur de l'estomac. Il n'y avait pas eu de vomissemens , mais les tumeurs avaient été senties, pendant la vie, à l'épigastre. Je rapporterai un cas plus rare encore , celui d'une large perforation de l'estomac , vers son grand cul-de-sac, laquelle établissait une communication entre l'intérieur de cet organe et une grande cavité creusée dans la rate , notablement augmentée de volume.
§ 586. En rapportant l'observation suivante, je me suis proposé d'établir qu'il est des cas dans lesquels il est dif&cile de se prononcer sur la nature des lésions rénales et sur la cause de l'hydropisie. En elTet, les reins offraient des lésions communes à la néphrite albuminuneuse et à la néphrite simple (décoloralion jaune de la substance corticale, dépression à sa surface, exagération des lobules, etc.), et une lésion presque constamment étrangère à la néphrite albumineuse (points purulens); d'un autre côté, il y avait une hydropisie générale, phénomène excessivement rare dans la néphrite simple, et très ordinaire dans la néphrite albumineuse; en outre, l'urine contenait de l'albumine, mais il y avait une légère cystite. D'un autrecôté, l'hydropisie pouvait, à la rigueur, dépendre de l'altération
(l) M. Martin-Solou a figuré (oui', cité , cas xxviii , pl. 5), comme type; du cirquième degré de la uéplirite albumineuse, un cas qui me paraît être évidemment un exemple de tubercules des reins ; toujours est-il que jamais les granulations de Briglit n'ont cette apparence. Le poumon droit of/rait «ne vaste caverne et des tubercules crus; et une tumeur en partie squirrlieuse et en partie enccpbaloïde , de huit à dix ligues de diamètre , occupait la petite courbure de l'estomac, à deux pouces du pylore. Vers la fin de la vie, une éruption aphtbeuse avait envahi la langue et la membrane œnqnease de la bouche.
I,T CANCER DE LESTOMAC.
..de la constitution, suite du cancer de l'estomac ; car j'ai vu plu- >sieurs fois des hydropisies se déclarer dans la dei'nière période i de cette maladie sans lésion rénale et sans que l'urine fût albuuuineuse. Je donne donc ce fait avec toutes ses incertitudes.
JObs. LII. — Régions rénales sensibles à la pression; urines rares, colorées et albumineuses; diarrhée, vomissemens; hydropisie générale, — Reins volumineux, jaunâtres, avec quelques grains de pus.
Ficliotj âgée de 67 ans , fruitière , d'un tempérament lymipliatique, entra à la Maison royale de santé j le 5 janvier i836, vSon observation fut recueillie par M. Lenepveu , interne de l'hôpital.Vingt- deux ans auparavant, après une suppression de ifègle, ses urines étaientdevenues rares; pendant quelques jours ,30n ventre et ses jambes s'étaient enflés : cette maladie lut ^érie dans l'espace de vingt jours.
Il y a quatorze ans environ , cette femme éprouva des doueeurs de rhumatisme.
Lors de son entrée à la Maison royale de santé , elle éprouvait une grande difficulté à uriner, et les efforts fréquens qu'elle Kaisait donnaient seulement issue à quelques gouttes d'urine. Le ventre, un peu sensible à la pression, ne l'était pas plus à i a région de la vessie que dans les autres.
Lorsqu'on pressait en arrière sur la partie qui correspond lu rein droit, on occasionait de la douleur; la rrgion du rein ^^auche était moins sensible- D'un autre côté, cette femme avait [.prouvé de fréquens vomissemens; elle mangeait très peu , et l'avait point d'appétit.
En explorant la vessie, on tire , par le calhétérisme , trois 1 quatre onces d'urine un peu rougeâtre. Les malléoles sont nfiltrées; la face est un peu bouffie. L'exploration du cœur ît du foie ne fait point découvrir de lésions de ces organes. 3ans la poitrine , on entend un peu de râle crépitant. La naïade se plaint d'une douleur transversale à la base de la joitrine ; le pouls est petit et donne 70 pulsations par minute. Les jours suivans, inappétence, douleur continue dans le entie, mais vive seulement à la pression. L'émission des urines
35o NÉPHRITE ALBUMINEUSE
continue d'èlre difficile, et les urines sont rares. L'infiltration augmente ; les jambes, les cuisses, les parois de l'abdomen et la face deviennent fortement œdématiées ; la percussion fait reconnaîire la présence d'un épanchenient séreux dans l'abdomen. Le i5, le dévoicnient auquel cette femme avait été sujette pendant tout l'été, reparut (cinq à six selles par jour) ; il continua les jours suivans. Des vomissemens opiniâtres de matières glaireuses et acides se déclarèrent et continuèrent jusqu'au 21. Douleur abdominale plus vive à la pression; oppression assez forte, inappétence complète; langue un peu rouge sur les bords. Pouls très petit , filiforme et irrégulier {96 pulsations). Quati'e à six onces d'urine, toutes les vingtquatre heures; elles sont rouges et sans dépôt; ti-ailées par l'acide nitrique et la cbaleur, elles donnent un léger coagulum. Les vomissemens deviennent de plus en plus fréqueus : la malade , qui ne prend pas même du bouillon , vomit constamment une matière noirâtre, grumeleuse, de la couleur et de la consistance de jus de pruneaux ; ces vomissemens continuent du ar au aS. L'anasarque et l'ascite augmentent; matilé dans le tiers inférieur de la p?iroi postérieure de la poitrine; la malade accuse toujours de la sensibilité à la partie postérieure du rein droit. Le aS, pouls petit, lent ; extrémités froides ; rêvasseries ; mort à 7 heures du matin.
Aulopsie du cadavre, vingt-q^iiatrc heures après la mort. — Tête. Toutes les parties contenues dans l'intérieur du crâne , à l'état sain.
Poitrine. Epanchement considérable d'un liquide jaunâtre et ti-ansparent dans les cavités des plèvres ; cœur sain.
Abdomen. Deux livres de liquide dans celte cavité. Point de traces de péritonite , de fausses membranes , ni d'adhérences. Foie sain. Cancer ulcéré, occupant la moitié droite de la face postérieure de la grande et de la petite courbure de l'estomac jusqu'au voisinage du pj'lore , qui est un peu rétréci. Destruction de toute l'épaisseur des parois de cet organe , dans l'étendue de trois pouces et circulaireiiieut. Le pancréas , adhérent à l'estomac dans ce point , en Jjouclie la -perforation. La vessie, un peu revenue sur elle-même, est
ET LÉSIOJVS DE l'iNTESTIN.
tlécolorée à sa face interne, et sans injection ; un peu de rouf cur au col.
Les deux reins , plus volumineux que dans l'état naturel , ■.âles et jaunâtres, ont leurs lobules fortement prononcés. On remarquait, à l'extérieur des reins, plusieurs grosses granulations blanchâtres, et de petits points blancs, laiteux, la plupart rrrondis, dont trois ou quatre contenaient du pus; les autres L-taient formés par de petits dépôts d'une matière solide. Il y wait , en outre , de petites surfaces irrégulières , d'un blanc iditeux, de deux à trois lignes dans leur plus grand diamètre, ; t la plupart déprimées. Sur quelques autres points , on re-
larquait des taches ardoisées et déprimées; mais on ne disi nguait point nettement de granulations de Bright. La mem-
rane muqueuse du bassinet et des calices était piquetée de
Duge et d'un blanc laiteux, dans quelques points seulement, î'ngros vaisseau pénétrait directement dans un des lobes des
îins. A la coupCj la substance corticale était gonflée, jaunâti'e
1; décolorée.
Ç) 5S7. Néphrite allumineuse et lésions de l/inlestin.
■ Plus souvent encore la néphrite albumineuse est accomagnée ou suivie d'un dérangement des fonctions de l'm- 'stin. Dans plus de la moitié des cas, j'ai observé du dévoielent et plus rarement des coliques ou des douleurs fixes dans iue ou plusieurs régions du bas-ventre. Cette diarrhée s'ai.ende ou s'aggrave irrégulièrement et malgré toute sorte de récautions; elle disparaît quelquefois momentanément et se ^produit le plus souvent sans causes occasionnelles , appréubles. Souvent elle est séreuse, colliquative, très abondante
I ; à la selles par jour) et fatigue excessivement les malades ui la considèrent alors comme leur maladie p];incipale. 1 La diarrhée est quelquefois accompagnée ou précédée de cliques et de vomissemens ; mais, dans ce cas, il existe souvent ne péricardite.
Quelque abondante que soit cette diarrhée, elle ne diminue iinaisl'hydropisie qui accompagne l'altération des reins; et il
352 NEPHRITE ALBUMINEUSE.
n'est pas rare même devoir les épanchemens séreux augmenter pendant que les évacuations alvines se multiplient. On remarque quelquefois du sang dans les garde-robes, et plus rarement une matière floconneuse, blanchâtre.
Après les diarrhées séreuses, à l'ouverture du corps, on trouve quelquefois les intestins sains en apparence ou décolorés, ou bien offrant des altérations si légères qu'elles n'expliquent point les lésions fonctionnelles observées pendant la vie. Mais le plus souvent on reuconlre, dans les intestins, des altérations notables, des rougeurs plus ou moins intenses et plus ou moins éiendiies. M. Bright rapporte un cas (i) où la membrane muqueuse du duodénum était très vasculaire, et oii les plicatures de cette membrane, gonflées, ressemblaient à des lignes rouges qui traversaient la surface de l'intestin. M. Ilodgkin ( Bright, Ojbs. xxii) a vu l'iléon très injecté et d'une couleur pourpre , sans ulcération et sans altération des follicules intestinaux. J'ai vu également celle injection de l'intestin grêle, surtout vers sa partie inférieure, soit seule, soit réunie à d'autres lésions intestinales. Dans le cas sxii de M. Christison, la membrane muqueuse de la fin de l'iléon et du commencement du colon était de couleur chocolat et molle. M. Martin-Solon (Oj3s. xxii), a vu la membrane muqueuse des dernières circonvolutions de l'iléon , de la fin de colon et de tout le rectum, épaissie , grisâtre, ramollie et parsemée de plaques rouges, pointillres, et d'arborisations vasculaires. Dans I'Obs. XXIX, du docteur Gregory, il y avait des plaques rouges et des ecchymoses dans les intestins grêles. Dans un cas de néphrite albumineuse survenue chez un individu atteint de cancer de l'estomac, j'ai vu la membrane muqueuse du colon, rouge et vasculaire ; j'ai vu également la membrane muqueuse du colon rouge et enflammée dans d'aulies cas.
Le plus souvent la rougeur de cette membrane coexiste avec d'autres lésions, surtout avec des ulcérations inlestmales : quelquefois cette rougeur est mélangée d'anémie. Enfin, la membrane muqueuse intestinale peut offrir une teinte rouge
(i) Briglit. Reports o/ médical cases, case IX, iS24,in-4. i837.
ET LÉSIONS DE l'iNTESTIN. 353
générale avec gonflement des follicules de l'intestin grêle.
On a vu assez souvent, même lorsqu'il y avait eu un fort dévoiement pendant la vie , la membrane muqueuse intestinale tout-à-fait anémique. Dans le cas v du docteur Bright , l'intérieur de l'intestin avait un aspect lavé très remarquable; le cas X du docteur Gregory , communiqué par M. Home , est un autre exemple de celte pâleur de l'intestin ; les parois intestinales étaient infiltrées, comme dans d'autres cas (Obs. xl et XLi) recueillis dans mon service. Dans un d'eux, on remarqua, sur la membrane muqueuse , des plaques grises , traces d'une ancienne hypérémie. Dans deux autres cas (Obs. xlvii et Xiii), la pâleur de la membrane muqueuse intestinale était également remarquable. J'ai vu aussi un mélange d'anémie et d'hypérémie (Obs. xxviii) dans l'intestin grêle et le gros intestin.
Dans un cas (Obs. lui) , la membrane muqueuse de l'intestin était colorée en noir, dans d'autres elle était brunâtre.
Les follicules intestinaux étaient gonflés, dans plusieurs cas observés (Obs. v et xxii) par le docteur Bright, ou recueillis dans mes salles ^Obs. liv, etc. ); plusieurs fois on les a trouvés ulcérés.
Des ulcérations ont été rencontrées le plus souvent vers la fin de l'iléon et dans le gros intestin. Les follicules intestinaux ; paraissaient être, dans le plus grand nombre de cas, le siège pri- ! mitif de ces ulcérations, qui, vers la fin de l'iléon, étaient coni fluentes. Dans le gros intestin , elles étaient disséminées, à ' bords très tranchés, et ordinairement d'une petite dimension;
quelquefois cependant elles étaient assez larges. Ainsi, dans un 1 cas communiqué par M. Duncan au docteur Gregory (cas ix), il y avait de petites ulcérations, à bords tranchés, dans diverse» parties du colon. En même temps, il y avait de petites élevures jaunes, serrées les unes contre les autres, à la partie inférieure de l'iléon ; d'autres élevures semblables étaient disséminées dans le gros intestin ; le malade n'était pas plithisique MM. Graham et A.lison (Obs. vu, du docteur Gregory) ont vu, dans un cas, une ulcération assez large dans l'S iliaque du colon, vers l'endroit où cet intestin se continue avec le rectum. II. -23
354 SîÉPHMiTJE ALBUMmEUSE
1468 tuniques de ce dernier intestin étaient considérablemont épaissies, dans le voisinage de l'ulcère. II y avait, en autre, deux ulcérations dans le colon Iransverse ; les poumons étaient sainô; Le même auteur rapporte un autre exemple analogue au préw cèdent. La membrane muqueuse du gros intestin, molle, épai»» sie, d'une couleur foncée, était parsemée de petites ulcérations iiu-égulièresj je rapporterai d'autres exemples de ces ulcérations.'
Telles sont les lésions intestinales que l'on rencontre à la suite de la néphrite albumineuse chronique, dans celle qui sur-, vient après la scarlatuie, connue dans celle qui e&t tout-à-fait indépendante de celte £èvre éruptive.
Toutes ces altérations intestinales m'ont paru le plus s&aP vent secondaires , ou des coiuséquences de la néphrite albumi^ lieuse chronique. Il estente^idu que j'excepte les cas où elles étaient liées à la phlhisie pulmonaire, comme dans mes Obs." XLiv, XI. VII et XL vin; et dans lesiOjss.m, li, lx, lxvii
et Lxxix! du docteur Bright (,Tabuiar vieio), etl'Ons. yï du docteur Gregory. i
^ 588. Les troubles fonctionnels des organes digestifs doivent èlre combattus, dès leur début ^ même lorsqu'ils parais^ sent peu graves ; car ils occasionnent toujours un malaise fatit* gant pour les malades, et plus tard un dépérissement pror gressif qui se termine trop souvent par la mort. La décoction blanche de Sydenhara, les opiacés, sous toutes les formes et sui'tout l'opium uni au blanc d'œuf,, administrés par la bouche et en lavement, sont des renjèdes salutaires.
Des quarts de lavement amylacés ou préparés avec le blanc d'œuf cl l'opium ; des applications de sangsues à l'anus ,• des ventouses scarifiées sur ,1e trajet du gros intestin,, sont surtout très utiles lorsque les accidens se rapprochent, par leurs symptômes, de ceux de la dysenterie ou des infl^jnniations du gros intestin.
Dans les dévoiemens chroniques sans douleur du ventre; et sans fièvre, on peut quelquefois retirer avantage des astringens, du ralanhia, de la conserve de roses, du diascoi"dium , de la tliériaque , du cachou , etc. ; mais le plus souvent les accidens se reproduisent après la cessation de ces remèdes;
ET LÉSIONS DE l'iNTESTIN.
et à la suite de leur usage prolongé , la langue se charge et se sèche, la dyspnée survient ou augmente lorsqu'elle existait déjà; et soit que la diarrhée s'arrête ou persiste, la maladie se termine le plus souvent d'une manière fâcheuse.
Dans les cas de diarrhée, M. Ghristison recommande d'administrer, chaque jour, 3,4 ou 6 pilules composées , chacune/ de trois grains d'acétate de plomb (i) et d'un demi-grain d'opium, et ,il ajoute que des doses, même plus considérables^ peuvent être données pendant plusieurs semaines, sans risquô d'occasioner d'accidens si la diarrhée continue.
Les alimens et le vin doivent être de bonne qualité,' la nourriture peu abondante ; quelquefois la diète absolue est nécessaire, et une douce chaleur entretenue autour du corps est souvent un excellent remède.
§ 589, L'observation suivante, remarquable par la multiplicité des lésions qu'on a observées après la morlj l'est plus encore peut-être par les épanchemens sanguins qui se sont opérés vers la fin de la maladie dans les plèvres , le péritoine et l'intestin."
Obs. lui. — Deux attaques de ncjilirite albumineuse ; guérison appa> rente de la première; dans la seconde, développement progressif de l'hy-î dropisie, et mort. — A l'ouverture dn corps, traces de pleurésie et de péritonite hémorrbagiqaes ; Lémorrhagie dans l'intestin ; reins marbrés et
' .granulés i
Chausmitjâgé de 48 ans, ébéniste, demeurant rue Traversière,' fut admis à l'hôpital de Ja Charité, le i4 mai ï835. Cet homme ignore s'il a été malade dans son enfance et dans sa jeunesse} il y a dix ans qu'il fut traité, dit-il, pendant trois mois, pour une
(i) A cette occasion, M. Christlsou dit qu'on fait généralement usage de ^ l'acétate de plomb à trop petites doses, probablement parce que les craintes non fondées, dit-il, qu'on avait de ses propriétés toxiques ne sont pas en«' core dissipées parmi les praticiens. Si on a exagéré les dangers des préparations saturnines, il est certain, d'un autre côté, qu'elles ont quelquefoU produit des accidens, et que l'acétate de plomb n'est point un remède complètement innocent. J'ai même vu un malade atteint de fortes coliques» pour avoir avalé, par méprise , un collyre saturnin.
356 NÉPHRITE ALBTJMrNEUSE
fièvre putride, à la suite de laquelle il devint hydropique; il eut les jambes et les cuisses euflcfes, la figure bouffie, et resta longtemps malade. En somme il fut près de dix mois sans pouvoir reprendre ses travaux accoutumés.
Depuis lors, à plusieurs reprises, il a eu des coliques et de la diarrhée ; il n'a jamais eu de jaunisse; il assure qu'il mène une vie sobre, et qu'il ne fait pas usage de boissons spiritueuses. Mais il habile et il travaille presque toujours dans un rez-dechaussée, où il est habituellement exposé à l'humidilé et souvent au froid. Il y a trois semaines que, sans dérangement notable dans sa santé, Chausmit s'aperçut qu'il lui venait aux pieds une enflure qui gagna rapidement les jambes et les cuisses. Aujourd'hui i6 mai i835, les jambes, les cuisses et le scrotum sont œdémaliés. Les parois du ventre sont un peu empâtées, et la cavité du péritoine contient une assez grande quantité de liquide pour qu'on puisse en constater la présence. Le malade étant assis, la partie inférieure du ventre est mate à la percussion jusqu'à trois travers de doigt au-dessus du pubis. Les intestins contiennent beaucoup de gaz, et donnent à la percussion un son très clair.
Le foie ne déborde pas les fausses côtes, et ne remonte pas audessus de la 6" côte. L'épigastre donne un son clair à la percussion.
La poitrine, percutée dans tous les sens , donne un son en général peu clair, mais le même des deux côtés. La respiration est pure, sans mélange de râle. Il n'y a pas de toux ni d'expectoration. Le cœur n'est pas volumineux; ses bruits sont réguliers et n'offrent rien d'anomal ( cet homme n'a jamais eu de palpitations); le pouls donne 60 pulsations par minute. La chaleur de la peau est naturelle ; le malade conserve de l'appétit et digère assez bien ; jamais il n'a pissé de sang; les urines sont moins abondantes depuis l'enflure , mais elles ne sont ni troubles ni mêlées de sang; il ne souffre pas entre les épaules, dans les lombes ou dans la région des reins , et il n'y a jamais souffert, Li pression n'y détermine pas la plus légère douleur.
L'urine, traitée par l'acide nitrique, donne un précipitéhlanc, floconneux, très abondant. Elle est d'une faible pesanteur spé-
ET LÉSIONS DE l'iNTESTFN. 35'7
clfique(ioi a), claire, jaune et mousseuse long- temps après rémission.
Depuis le commencement de la maladie, il n'y a pas eu d'œdème à la face ni aux membres supérieurs.
Le i6 maille malade est quelquefois plusieurs jours sans . aller à la selle , les urines sont peu abondantes (Eaji de SedLiiz ; opium et scille, de chaque un grain; le qtiart d'alimens).
Le 17, l'urine colorée, acide,'esl fortement albumiueuse ; plusieurs selles.
Le 19 , appétit plus prononcé; précipité abondant dans l'u" line par l'acide nitrique ( Opium un grain; scille un grain et demi; eaitdeSedlitz),
Le 24, l'œdème a disparu aux bourses , et a diminué aux membres inférieurs {Eau de Sedlilz).
Le a6, précipité albumineux moins considérable dans les urines qui sont plus abondantes ; plusieurs selles hier. Il n'y a presque plus d'eau dans le ventre, et les jambes ne sont plus œdématiées qu'autour des malléoles. Cet homme se porte mieux, mange avec plaisir la demi-portion d'alimens, depuis plusieurs jours {Opium un grain; scille un grain et demi; eau de Sedlilz).
Le 27, plusieurs selles, urines plus abondantes. Le 28, urines toujours colorées, et mousseuses long-temps après l'émission , donnant un précipité assez abondant par l'acide nitrique. Le 29, il n'y a plus d'œdème, même le soir quand le malade est resté levé tout le jour. On ne sent plus de liquide dans la cavité du péritoine.
Le i^"' juin, complètement guéri de son hydropisie, Chausmit demanda sa sortie, en promettant de se présenter à la consultation, de temps à autre, pour qu'on examinât son urine. On lui recommanda de prendre, chaque jour, une pilule composée d'opium et de scille.
Chausmit , depuis sa sortie de l'hôpital , a continué de venir r exactement demander des avis à la consultation. Les urines I n'ont jamais cessé de contenir de l'albumine en assez forte \ proportion, quoiqu'il n'y eût plus d'cedème.
Au commencement du mois d'août , l'œdème reparut , et
358 wiPHTlITE ALBUMINEUSE
Chausmit, ne pouvant plus travailler, entra à la Charité, le ,14 août. Urines peu abondantes, rougeâtres, rougissant le papier du tournesol, donnant un coagulum par la chaleur et par l'acide nitrique. Après ia coagulation, la liqueur reposée se divisait en deux parties à-peu-près égales; l'inférieure formée par l'albumine déposée , et la supérieure par l'urine très transparente et qui avait conservé sa couleur. Point de troubles des fonctions digestivesj pas de fièvre; rien d'anomal dans le volume , les batlemens et les bruits du cœur. Respiration mêlée d'un peu de râle sous-crépitant , à la base des poumons.
Le malade restCj dans cet état, sans accuser de douleur, en aucune partie du corps. Vers le i""' septembre , douleurs vives dans les reins, surtout la nuit; urines plus rares, d'un rouge orangé , donnant par la chaleur et l'acide nitrique le même coagulum que le jour de l'entrée du malade {Pilules de scillc ci d'extrait gommeux d'opium, de chaque un grain). Ce remède n'augmenta pas la quantité des urines, et il fallut le suspendre, le malade éprouvant des nausées et des vomissemens. On ajouta à la tisane de chiendent un demi-gros de sous-acélate dépotasse; la sécrétion, de l'ui'ine resta la même. L'appétit était presque nul; l'œdème augmentait, le ventre était mou inférieurement; les parois de la partie inférieure du tronc étaient œdémaliées ; petite toux sans crachais; un peu de raie sous-crépitant à la base de la poitrine; peu de sommeil, maigreur considérable de la face et des membres supéi'ieurs.
Le 3 octobre , le malade se plaint d'une diarrhée qui dure depuis plusieurs jours, sans coliques. Il mange peu, ne dort pas; la quautité d'urine rendue, en vingt-quati-e heures, n'égale pas un litre (16 onces), et celle des boissons est de deux litres. La veille au soir , à onze heures, le malade a éprouvé un violent frisson qui a duré long-temps. L'œdème des membres inférieurs est considérable; les reins sont très douloureux; douleur àl'épigastre et vomissemens. Les deux poumons rendent un son obscur à la percussion ; râle sous-crépitant comme dans 1 œdème pulmonaire ; pas de crachats rouillés , ni de souffle ; msomnie , agitation , fièvre et abattement ; gêne de la respiration; soif, pouls à 80, régulier [Vésicaloire sur le sternum,- jukp
ET LÉSIONS DE l'iNTESTIN. SSg
calmanl èiheré; Us. de chie)tde?it, niite un demi-gros ; Limonade; diète).
Le 6, «n pÉra de sang dans les selles ; le malade est très faible ; l'enflure aux jamljes' lest moins considérable, soif très grande.
Le 9, bras droit œdémalié ; pas de vomissemens depuis hier.
Le ti, le malade est triste, fatigué de ne pas dormir, et se désespère; enflure des membres et duTentre jusqu'à l'épigastre.
Le i4» douleur aux reius partictilièremenl au côlé droit; beaucoup de soif.
Le 16, trois selles, même; caractère de l'urine, qui est toujours albumineiise.
Le i8 , les bras sont désenfles ; maigreur excessive de la face.
Le 19, langue sèche; syncope dans la nuit, râle rauqueux dans tout le côlé gauche de la poitrine; en avant, le râle est très gros j eu haut, petit râle fin ; sonorité augmentée, peu de respiration; tic-tac du coeur régulier ; 76 pulsations radiales.
Le 20 et 21 , le maladfe est tout -à-fait aff'aissé et mourant.
Le 22 , mort. Depuis une vingtaine de jours , on a fréquemment examiné rurin«e. Elle a presque toujours eu les mêmes caractères : acdde^ rare, et d'une couleur rouge orangé ou rouge foncé; jamais l'émission de l'urine n'a été douloureuse ni gênée. L'acide nitriqile donnait un précipité qui occupait la moitié de la colonne du liquide; par la chaleur on obtenait le même résultat. Depuis l'entrée du malade à l'hôpital, la pesanteur spécifique a varié entre 1017 et 1027.
A7{iopsz'e dit cadavre, aS heures après la mort. — Etat extérieur. Figure excessivement maigre, infiltration considérable des membres inférieurs et des parois du ventre, sans développement des veines superficielles; œdème des membres supérieurs , surtout dli côté droit ; fluctuation dans le ventre et infiltration duscrdlurh.
Le cerveau , très hnmide , est peu consistant, sans injection dans sa substance, ni dans ses membranes; les ventricules contiennent de la sérosité limpide ; les ventricules latéraux sont très dislendas.
Poitrine, Le péricarde contient un peu de sérosité cilrine , transparente, sans flocons. Le comr est d'un petit volume; sés
36o NÉPHIIITE ALBUMINEUSE
orifices, ses valvules et ses membranes sont dans un état parfaitement sain. Dans chaque cavité, il y a des caillots jaunâtres. La surface interne de la crosse de l'aorte est inégale avec des points gonflés et d'autres ramollis. Sous les points proéminens on trouve une matière jaunâtre, dite athéromateuse. La capacité de la crosse de l'aorte n'a pas augmenté. Il y a aussi quelques plaques à l'origine des artères sous-clavières.
Le poumon gauche adhère un peu, par son sommet, aux parois de la poitrine. Les lobes supérieurs des poumons sont crépitans et très légers. Il y a un peu d'emphysème au poumon gauche. Les lobes inférieurs sont affaissés , sans engouement, mais ne crépitent pas à la pression : ils ont éprouvé, à un léger degré, l'altération qu'offre la substance pulmonaire ^ lorsqu'il y a un épanchement considérable qui comprime le poumon. Dans les deux plèvres, il y a plusieurs verres de sérosité rougeâtre. Dans la droite, il y a du sang épanché et des concrétions fibrineuses à sa partie inférieure (pleurésie hémorrhagique). La membrane muqueuse des brondies est rouge.
Abdomen. Le péritoine contient plusieurs litres de sérosité un peu trouble et colorée en rouge. Il y a des traces d'inflammation et des ecchymoses à la paroi antérieure du ven(re(périlonite hémorrhagique). Une portion de la masse intestinale est noire à l'extérieur. L'estomac est contracté; sa membrane muqueuse est injectée, noirâtre , peu consistante vers le grand cul-de-sac; le duodénum et le jéjunum n'offrent rien de particulier; seulement les valvules conniventes sont plus grosses et paraissent épaisses et plus rapprochées. Dans l'iléon , la membrane muqueuse est toute colorée en noir. Cette coloration est plus intense encore dans le gros intestin, et elle s'étend jusqu'à sa partie la plus inférieure- Les plaques de Peyer, un peu développées, paraissent blanches sur le fond noir, formé par la membrane muqueuse. Les follicules isolés ne sont pas volumineux. La membrane muqueuse n'est pas ramollie; mais elle paraît épaissie. A sa surface, sur plusieurs points, on peut reconnaître des caillots fibrineux , généralement du volume d'un pois , adhérens à la membrane muqueuse, surtout à la fia
ET LÉSIONS DE l'iNTESTIN.
de l'intestin grêle. Les matières contenues dans l'intestin sont , noirâtres et liquides (raéla3na). Les caillots sont en partie rouges : et en partie décolorés. Le malade a rendu du sang par les selles, e et la présence des caillots ne peut laisser de doute sur la cause i de la coloration noire.
La rate assez volumineuse est dure , rougeâtre, sans épancchement sanguin dans son épaisseur et sans granulations tul berculeuses. Le foie est un peu ratatiné, surtout vers son bord t droit, et présente plusieurs dépressions avec coloration blanccheetun commencement de cirrhose. Les grains de cirrhose s sont très apparens et faciles à séparer. Si on déchire la sub- 5 atance du foie, des grains restent adhérens aux vaisseaux , en t formant des grappes, comme si le tissu du foie était devenu t friable- Dans les points où il a des dépressions , les vaisseaux sont entourés de tissu cellulaire dense et d'un blanc mat, et l>les granulations voisines sont comme atrophiées. Par diverses c coupes et la dissection , on voit les granulations du foie dimii nuer peu-à-peu de volume , suivant l'abondance de ce tissu t blanchâtre, et, être en quelque sorte absorbées par lui dans ] quelques points. On suit très facilement , à l'extérieur et à l'intérieur, plusieurs lignes blanchâtres assez épaisses , dures : comme le tissu d'une cicatrice, et qui s'enfoncent dans le foie. '. C'est probablement la capsule de Glisson hypertrophiée et eni durcie à divers degrés (comme le tissu cellulaire sous-mu- \ queux de l'estomac dans le cancer squirrheux ou lardacé) , jqui forme ces ligues blanches. Les branches principales des ï vaisseaux ne sont pas comprimées, et les orifices des vaisseaux biliaires, hépatiques, sont béans. Dans le reste du foie, les granulations sont grosses comme de petits grains de plomb, et quelques-unes peuvent se détacher et s'enlever comme si elles étaient enkystées.
La vessie , les uretères et les bassinets sont pâles ; les capsules surrénales sont à l'état normal. Les membranes du rein sont extrêmement adhérentes et difficiles à détacher ; les artères et les veines rénales ne présentent rien à noter.
Les reins sont durs , un peu plus volumineux que dans l'état sain , d'une couleur jaune abricot. Le rein droit présente
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à sa face antérieure une surface noirâtre, là oii il était en contact avec le colon ; le rein gauche offre également, à son extrémité une coloration, noirâtre dans un point oii il était en contact avoc le gros intestin. La décoloi-ation jaune, est mélangée de taches d'un rouge foncé. Il y avait un très grand nombre de granulations dans la substance corticale du rein; elle en est comme criblée à sa surface et à la coupe. Les granulations ressemblent à des grains de semoule, et ne présentent pas de petites queues ou traînées.
La substance rénale est ferme , consistante , dure à la coupe et difficile à déchirer.; les mamelons sont rouges, et n'offrent pas d'altération. Les reins sont un peu bosselés. Les veines qui se rendent aux reins et à leurs membranes ne contiennent pas de caillots.
§ 590. Néphrite albumineuse et pèritonile.
La jtcritonite est une des maladies secondaires qu'on observe le plus rarement dans le cours de la néphrite albumineuse j j'ai recueilli cependant plusieurs exemples de cette complication. Dans l'un (Oiis. lv), la péritonite est surve-^ nue dans les derniers tfimps de la maladie, dont elle a hâté la terminaison fatale. Le péritoine contenait de la sérosité dans laquelle nageaient des flocons pseudo-membraneux, et on observait, à sa surface, des rougeurs et de fausses membranes. Dans un second cas, l'affection, plus ancienne , ne s'annonça pas par les symptômes ordinaires de la péritonite, et ne parut avoir d'abord que peu d'influence sur la santé généi'ale de la malade. A l'ouverture du corps, on trouva le péritoine couvert de granulations pseudo-membraneuses, et, dans sa cavité, quatre pintes de sérosité transparente, sans fausses membranes. Dans un troisième cas, la surface dufoie etcelle de la rate étaient parseméesde fausses membranes, molles et blanches ; des par^ celles de la môme substance nageaient au lieu du liquidé épanché dans le ventre, et le péritoine qui recouvrait la face postérieure de la vessie présentait deux plaques noirâtres, de consistance puVlacée> ayant Taspect d'eschares.
ET PÉRiTOWITE. 363
M. Briglit (i) a publié un cas d'affeclion granuleuse dans llequel survint xme péritonite généralcj sans symptômes bien s tranchés pendant la vie; il existait en même temps une pleu- ; résie aigué du côté gauclie. Les cas i et xxii du même auteur s sont d'autres exemples de péritonite; mais elles étaient circonjscriles à l'extérieur du foie. M. Bright a public, plus lard (2)^ (deux autres cas d'afFection rénale albumineuse, compliquée de jpéritonite. Dans le premier cas, il y eut, pendant la vie, des t douleurs abdominales très intenses , avec frisson et sentiment cde froid glacial, et on trouva, après la mort, vin épancheraent «séreux opaque, dans le péritoine. Le secon,d cas était également lUn cas de péritonite aiguë qui se termina par la mort en trois j jours j de fausses membranes couvraient le foie et l'estomac, 1 le colon tra ns verse , le duodénum, etc. : il existait en même l temps une pleui'ésie. M. Bright a noté trois autres cas de péri- Itonite mortelle. (3)
Dans un cas rapporté par Gregory [Ouv, cité, Obs. viii), il y t eut, pendant la vie, toi\s les caractères de la péi'ilonite, desdou- 1 leurs de ventre, avec des nausées et des vomissemens; après la r mort, on trouva, dans la cavité du péritoine, un épanchement c dans lequel nageaient des flocons pseudo-membraneux. Dans un s autre cas (Ous. v), outre d'aiitres lésions, on trouva de fausses ; membranes sur la face inférieure du foie et sur le péritoine f pariétal de l'bypocondre droit. L'observation iv est encore xm t exemple de péritonite aiguë survenue dans un cas d'afFection ç granuleuse des reins : le péritoine pariétal était très injecté j c des fausses membranes couvraient les intestins dans toute leur i étendue, et plusieurs onces d'une matière séro - purulente i étaient contenues dans la cavité du péritoine. Gregory ( Obs. ii'apporle aussi un cas oii le mésentère était très injecté; une once environ de pvis était déposée dans le petit bassin , entre la vessie et le recUim ; il y avait eu des douleurs abdominales et des vomissemens pendant la vie.
1(1) Brigbt. Reports of médical cases. \). 16. in-/|.. Lond. iSag;- (2) Briglit. Cases and observations illuslrative o/' raiial disease, etc.' (Guy's bospital reports. JS" II. April i836. p. 365. V. cases ix aud x.)
(3) Bright. Tabular l'iew [Ibidem, p. 882, etc. Cases Lvtr, i.xt, aud r.xv.
364 NÉPHRITE ALBUMINEDSE
Le cas xii de M. Christison est encore un exemple de péritonite secondaire (i); pendant la vie, il y eut des douleurs dans l'hypogastre et des nausées. Dans un autre cas (a) , il existait quelques traces de péritonite autour d'un des reins profondément altéré et adhérent aux organes voisins.
Enfin , M. Hamilton (3) a vu survenir la péritonite dans l'affection granuleuse de reins, consécutive à la scarlatine.
Obs. LIV. — Néphrite alhamiueuse avec liydropisie gcRcrale, eotérite et péritonite chroniques. Ulcérations dans le gros intestin; pleurésie ancienne (sans hruits morbides). Adhérence complète du péricarde aa cœur. Expérience sur la perméabilité des artères rénales.
Collé ( Marie), âgée de 22 ans , blanchisseuse, fille, entra à l'hôpital de la Charité, le i8 mai i836.
Cette femme a toujours été d'une santé un peu délicate (surtout, dit-elle, depuis l'âge de iS ans). Elle n'a jamais eu de dartres; elle n'a jamais uriné de sang, ni de graviers, et n'a point eu de rétention d'urine. Elle dit avoir eu une fluxion de poitrine il y a trois ans (à l'autopsie , traces de pleurésie ancienne du côté droit). A-peu-près à la même époque, elle a vomi aussi du sang pur , et assez abondamment. Elle se rappelle qu'alors elle était déjà enflée, et qu'elle avait le dévoiement. Réglée à i3 ans, elle voyait habituellement fort peu et pendant deux jours seulement. Depuis six mois, les menstrues se sont complètement arrêtées. Il y a deux mois et demi, elle a été enflée de lout le corps; cette enflure a disparu au bout trois semaines, pour se reproduire huit jours après.
Constitution très détériorée. La malade est maigre, pâle,
(1) Christison. On granular degeneration 0/ the kidney.p. iiç).
(2) Christison, Observations on the 'variety 0/ drops) whkh dépends on diseased kidney (Edinb. med. and surg. Journ . vol. xxxii. p. 279)-
(3) Hamilton (G.). On the épidémie scarlatina and Jropsical affection which prevailed in Edinburgh (Edinb. mcd. and surg. journ. vol. sxxix. p- l^l andji48).