‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 32 sur 46 · ET AFFECTIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

ET AFFECTIONS CÉRÉBRALES

vaisseaux du cerveau , qu'on a observés dans des cas d'hydropisie de l'urine coagulable, paraissent être dans le même cas. Le docteur Briglit mentionne un cas où il y avait coïncidence de l'affection gi-aniileuse et d'une maladie chronique du cerveau et des méninges. La même remarque s'applique à une observation très intéressante, rapportée par le professeur Chrislison ; il y avait coexistence de la maladie granuleuse et de tumeurs cérébrales brunâtres, dans le voisinage d'une desquelles la substance cérébrale était ramollie et désorganisée. Le docteur Gregory a noté la coïncidence de la maladie des reins, et d'une lésion organique du cerveau, qu'il indique sans la décrire. Il y eut, pendant la vie, une attaque épileptiforme ; les facultés cérébrales étaient troublées.

Enfin on a trouvé plusieurs fois des traces d'anciennes maladies cérébrales, antérieures et tout-à-fait indépendantes de la néphrite albumineuse. Dans le cas viii de M. Christison, il existait une cavité ancienne^ tapissée par une membrane celluleuse.

Obs. LX. — Mauvais régime; impression du froid et de l'humidité; urine rare, trouble et très coagulable; œdème des membres supérieurs et inférieurs; accideus cérébraux qui persistent pendant quatre jours avaut la miirt. — Reins volumineux et granulés. — Epaucbement de sérosité limpide dans le tissu sous-aracbnoïdien et dans les ventricules.

RoUin, âgé de 68 ans, fut admis à l'hôpital de la Charité le ' novembre i83i. Il offrait l'état suivant : facultés intellecaelles intactes , respiration libre , toux légère sans expecloralon , ràle muqueux à la partie postérieure et inférieure du poumb^i droit; impulsion du cœur un peu forte, mais régulière; langue naturelle; appétit assez bon; constipation dei uis plusieurs jours; face bouffie, oedème assez considérable des extrémités supérieures et inférieures, mais plus marqué dans lout le côté di-oit. Urines rares, troubles et très coagulables. interrogé sur son état antérieur, Rollin dit n'avoir jamais u que des fièvres intermittentes, dont il a été atteint pendant lusieurs années consécutives, et qui disparaissaient au bout de lois septénaires. Bien portant depuis quelques années, ce n'est îu'au mois de juillet i83o, époque à laquelle il perdit une place

NÉPHRITE ALBUMINBUSE

qui lui permettait de vivre dans l'aisance, qu'il vit sa santé s'altérer sensiblement. Le mauvais régime auquel il fut dès-lors soumis, et surtout l'iiabitation dans une chambre humide furent , selonlui, les causes de la maladie dont les premiers symptômes se manifestèrent au mois de décembre. Il ressentit alors , par inten'alles , des douleurs sourdes dans les lombes ; à ce premier symptôme , se joignit bientôt l'œdème des membres inférieurs, qui l'esta assez long-temps sans faire aucun progrès. Ce n'est que depuis un mois seulement que l'infiltration a gagné les membres supériem-s. Depuis l'apparition des douleurs dans les lombes , les urines ont été parfois brunâtres et toujours iro\û>\es{Tisa7ie de chiendent nitrèe; lavemcntèmollieni; opium, lin grain; soille, deux grains; le htiitième d'aliments). Le 20, même étal de l'œdème ; urines abondantes , toujours troubles et aussi coagulables. Le 21, face moins bouffie. Langue jaunâtre, perte de l'appétit ; douleur sourde dans la région des l eins ; pouls petit, accéléré, 100 pulsations (même prcscripiio?!; bouillon ■> vermicelle). Le 21, délire; assoupissement. Respiration gênée ; pouls à 1 20. Le malade i-épond à peine aux questions qu'on lui adresse. L'œdème s'est étendu au scrotum, ainsi qu'aux parties antérieure et postérieure du tronc; urines rares et plus albumineuses {même prescription, plus saigiiée de trois palettes). Le 23 , rêvasseries pendant la nuit, toux fréquente, respiration plus gênée; râle muqueux dans la partie, postérieure des poumons {Eau de gomme ; large vésicatoire sur le sternum). Le a4, embarras dans les idées ; langue jaunâtre, glutineuse; pupille contractée} pouls 128; augmentation de l'œdème de la cuisse gauche ; même état des urines {même prescription). Le aS, assoupissement; réponses confuses; ti-embleraens dans les membres inférieurs ; pupilles très contractées ; urines presque nulles. Mort le même jour, à six heures du soir.

Autopsie du cadavre le 27 à dix heures du matin- — Tét(- Épanchement de sérosité limpide dans le tissu cellulaire sous' arachnoïdien et dans les ventricules ; encéphale piqueté d un assez grand nombre de points rouges; cervelet sain, ainsi que la moelle épinière.

Poitrine. Quatre onces de sérosité dans chacune des cavités

ET ghossesse. 399

1 de la poitrine ; engouement de la partie postérieure des deux j poumons, dont le droit adhérait à la plèvre costale par la partie supérieure ; cœur un peu volumineux, et d'ailleurs sain.

AMome/i. Tube digestif sain, à l'exception d'un peu de roug geur dans le grand cul-de-sac de l'esiomac ; foie et veine-porte «à l'état sain; rate volumineuse et dure.

Les reins, un peu volumineux, ont' un aspect blanchâtre, c opaque, dû à une foule de granulations de couleur crémeuse, c disséminées sur toute leur surface , mais confluentes et confoncdues dans quelques points oîi elles forment des plaques irrégulières plus ou moins marquées. Dans les intervalles des granulations , les reins ont une couleur rose bleuâtre, semitransparentèw En outi-e , toute leur surface est parsemée :de points rouges et de petits kystes. Une teinte verdâtre : circonscrite existe sur l'ùne des faces des reins. A la coupe, l'altération est peut-être encore plus frappante : la substance corticale, d'un blanc mat, est criblée de granulations, et, par >sa décoloration, contraste fortement avec la substance tubu- (leuse qui est d'un rouge foncé, compacte et resserrée sur elienoème. On voit des stries de granulations mates, dirigées fvers la base des cônes tubuleux ; la substance corticale pré- , sente en outre une foule de petits points rouges, entremêlés I de vésicules transparentes , qui ressemblent à des gouttelettes cl'eau; les vaisseaux des reins, les bassinets et la vessie étaient sains.

597. Rapports de la néphrite aïlmmineuse avec les organes de la génération.

La grossesse et l'accouchement exercent quelquefois une inluence très notable sur la production de la néphrite simple ^ 420, 4*"); celle influence est beaucoup moins marqiiée dans a néphrite albumineuse. Cependant, j'ai observé plusieurs cas le cette maladie chez des femmes grosses , qui , à la vérité , tvaient éprouvé, soit un refroidissement subit, le corps étant ichaufFé, soit l'influence habituelle du froid et de l'humidité lans un appartement malsain.

De ces cas, les uns ont été remarquables par leur grande bé-

400 NÉPHRITE ALBDMIIÎEUSE

uignité, et , après l'accouchement , la maladie a cédé en peu de temps à des moyens fort simples. Ce ne fut pas sans élonnement que je vis, dans de semblables circonstances, des femmes qui avaient présenté tous les symptômes de la néphrite albumineuse grave, non fébrile ou à poine fébrile, très caractérisée, se rétablir en quelques jours : ces cas n'avaient pas jusqu'aloi-s attiré l'attention des observateurs.

Dans d'autres cas oii l'affection des reins existait avant la grossesse ou s'était déclarée pendant son cours , la maladie a paru exercer uue influence évidemment fâcheuse sur la constitution , et sur le développement de l'œuf; quelquefois même l'affection des reins a déterminé l'avortement, qui, dans quelques cas, a été suivi de la mort. En cela , la néphrite albumineuse se comporte comme la néphrite simple, et surtout comme la pyélile calculeuse, qui, dans les mêmes circonstances, occasionnent peut-être plus souvent encore l'avortement^ Uu de ces cas d'avorlement, dans un cas d'hydropisie avec urine coagulable, a été publié par M. Martin-Solon (OBs.xxti) j j'en rapporterai un autre.

Il reste beaucoup de recherches à faire sur cette coïncidence ou sur cette complication. Tout ce que je puis dire ici, c'estque la néphrite albumineuse qui se déclare dans les derniers mois de la grossesse, est beaucoup moins grave que celle qui a précédé la conception, qui persiste pendant la grossesse, ou qui se déclare dans les premiers mois de la gestation

D'un autre côté, quelle que soit l'époque à laquelle se déclare l'hydropisie avec urine coagulable, elle est en soi, beaucoup plus grave que l'hydropisie dépendante de la gêne de la circulation, et qui heureusement se voit bien plus fréquemment, chez les femmes grosses, que la précédente.

Obs. LXI.— Néphrite albumineuse (Lydropis!e et nrine albumineuse); accon« cUemenl six semaines avant terme, survenu dans les derniers mois dune première grossesse; flux extrêmement abondant d'urine immédiatement après l'accouchement, suivi d'une guérison très rapide. — Névralgie consécutive-

Madame âgée de 22 ou 23 ans, ne se rappelle avoir

Page 1