‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 46 · ET GROSSESSE · texte numérisé non relu

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. d'autre maladie grave qu'une fièvre typhoïde, quelques années j ayant son mariage. Des eschares gangreneuses se formèrent dans le cours de la maladie j la constitution fut profondément i ébranlée, et ce ne fut que dix-huit mois après l'invasion de : cette fièvre que Madame ... en fut complètement rétablie. •■ ■ Peu de temps après son mariage, elle devint enceinte. Elle fut s saignée vers le quatrième mois de la grossesse; plus tard, à la t fin de novembre, elle le fut de nouveau, parce qu'elle éprouvait c des palpitations et de l'étoufTement. Les veines des membres i inférieurs n'étaient pas tuméfiées. Celte dame ne prit point de l bains dans le cours de sa grossesse. Au mois de septembre ; (alors elle était grosse de trois mois et demi)^ la grossesse était : très régulière, et les jambes n'étaient point infiltrées. Madame...,' i à cette époque, ép/ouva une très vive frayeur occasionée par ■. tme chute qu'une petite fille de son mari ( il était marié en s secondes noces ) fit, sous ses yeux, dans la rue. Elle se rendit c chez elle en courant, et, en arrivant à la maison, elle ne chan- E gea pas de linge , quoiqu'elle eût le corps en nage. Le lendermain de cette frayeur, une éruption (lichen urticaius) parut s sur ses mains, et lui occasionaitune telle démangeaison qu'elle l l'empêchait de reposer pendant la nuit. Pour calmer cette dé- I mangeaison, Madame;... baignait ses mains dans l'eau froide. ; Elle prit ensuite quelques bains sulfureux j mais l'éruption, «toujours bornée aux mains, n'en persista pas moins, et Maldame.... ne parvint à se procurer du soulagement qu'en com-^ : primant les doigts avec une bande roulée.

Ce fut égaleraentenviron huit jours après cette frayeur, et après le refroidissement du corps qui succéda à la course rapide qu'elle avait faite, que les pieds de Madame .... commencèrent à enfler; l'œdème s'étendit lentement, mais graduellement, aux jambes. Dans le mois de décembre, qui fut très humide, l'hydropisie fit de nouveaux progrès; la marche était tellement pénible et douloureuse que Madame .... sortait peu. La figure était légèrement bouffie; les urines étaieut coagulables par l'acide nitrique et par la chaleur; le précipité d'albumine était considérable Vers le 20 décembre^ je revis la malade avec Lerminier et M. Chailly ; nous prescrivîmes des diurétiques, qui n'augmen-

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tèrent point la sécrétion de l'urine et n'apportèrent aucun», amélioration dans l'hydropisie. Pendantkuit jours, Madame .... ne sentit plus remuer son enfant, et elle accoucha, six semaines avant terme , d'un enfant qu'elle a eu le bonheur de coof» server. L'accouchement fut naturel , et le lendemain et lea deux jours qui suivirent, il s'établit un flux d'urine abondant; le quatrième jour après l'accouchement, l'hydropisie avait totalement disparu, et si brusquement que la peau, n'ayant pas eu le temps de revenir sur elleT-mème, était comme flottante autour des jambes.

L'appartement que Madame .... avait habité l'été , pendant son séjour à la campagne, était sec et bien aéréj à la ville, sa chambre était froide et humide : elle faisait partie d'un entresol situé entre deux cours, cernées par des maisons très élevées.

Madame ... n'eut que peu de fièvre delait ; mais^ vers le 8* ou 9" jour de l'accouchement, elle éprouva, après un coup d'air,' des accès de douleurs ti"ès vives au-dessus du front, et dans la direction des filets nerveux qui se distribuent au front et aux tempes (saignées, glace, 12 vésicatoires au front et aux tempes ; sulfate de quinine à plusieurs reprises, cautères à la parr lie supérieure de la tête ). Ces remèdes furent prolongés àr peu-près jusqu'à l'été, et sans succès m£(rqué. Enfin, cette névralgie a cédé deux mois, plus tard, après l'application d'un cautère à la cuisse. . »

Depuis cette époque Madame -... n'a plug eu d'attaque d'hydropisie.

Ods. LXII. — Néphrite albumineuse clieï une femme»grosse de cinq mois; érysipèle; avortement ;'mort. *

Jeanne Richard, âgée de 87 ans, éventailliste, enceinte depuis 5 mois, fut portée à l'hôpital de la Charité, le 10 avril i838, à4 heures du soir, dans l'état suivant : face pale, bouISe exprimant la soufl'rance et l'inquiétude; lèvres bleuâtres, langue effilée, humide, ex trémiléS^ froides j jambes et cuisses œdémaliées. Les battemens des âi-leres radiales ne peuvent être sentis, les seins sont gonflés, Ji^s- çiouvemens i-espiratoires s'exécutent faible-, aient et d'une manière irréguhèrej de temps en temps, soupirs

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et gémissemens arrachés àla maladepar de vives douleurs qu'elle dit ressentir dans les reins et dans les aines. L'abdomen, gonflé par le produit de la conception, et encore augmenté de volume par l'infiltration de ses parois, n'est pas douloureux à la pression; sur les côtés il présente une coloration rouge qui s'étend depuis les lombes jusqvi'au pubis, en contournant le bord supérieur de l'os des îles. Cette coloration , plus violette que celle de l'érysipèle ordinaire paraît accompagnée d'une extravasation de sang. La peau est tachetée de plaques foncées qui sont de véritables ecchvmoses. La pression est douloureuse dans les points ou siège cette altération. L'utérus est très dur et contracté. Dans la région hypogastrique, on n'entend ni les battemens du coeur du fœtus, ni le souffle placentaire. Le col de l'utérus est mou , comme infiltré ; son orifice béant est large comme la circonférence d'une pièce de trente sous. On peut passer le doigt entre son bord et la poche des eaux , dont on sent la saillie dure et fluctuante. Le vagin est rempli de mucosités. Les parties génitales externes sont, commeîes cuisses, gonflées et durcies par l'infiltration. Outre les doïilëurs de rçins dont j'ai parlé tout-à-l'heure, la malade éprouve, de temps en temps, de faibles crampes utérines. Dans l'intervalle, quelques voijiissemens de liquide jaunâ- ( re, spumeux ou filant, contenant taîilôt du sang , tantôt un déritus brunâtre, probablei^jent aus'si de nature sanguinolente.

L'intelligence de la malacje était parfaitement conservée, et ses réponses étaient claires et précises, mais son état de souffrance ne nous permit pas de l'interroger avec détails. Elle nous dit que, le i" janvier de cette année, elle avait été prise d'une fluxion de poitrine qui l'avait tenue six semaines au lit, et que cette maladie avait été combatlvie par des saignées répétées.

Depuis quinze jours,les parois abdominales" et les extrémités inférieures avaient commencé à s'engorger. La rougeur des parois abdominales était apparue, il y a trois jours, et les vomissemens s'étaient aggravés. Les douleurs lombaîrçs et les crampes utérines se sont déclarées aujourd'hui, dans Taynatinée.

Une saignée du bras a été pratiquée avant-hier, sans avantage {Apj)hcati07i dnn cataplasme emoUîe^t sur le ventre; alèses chaudes et sinapismes ). '

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A 8 heures du soir, la malade ^tait accouchée d'un enfanl mort; le délire était venu en même temps , et sans qu'il y eût d'hémorrhagie. L'extravasation sanguine des parois du ventre avait fait des progrès. L'cpiderme est soulevé en quelques points par une sérosité sanguinolente (peut-être était-ce un effet du cataplasme chaud). Mort à cinq heures du malin.

Le médecin qui avait soigné la malade deux jours avant son entrée à l'hôpital, avait constaté que ses urines étaient albumineuses.

Les urines recueillies dans la vessie, après la mort, précipitaient assez abondamment par la chaleur et par l'acide nitrique.

Autopsie du corps, 28 heures après la mort. — Elat extérieur. Femme bien conformée, d'un embonpoint médiocre. Bouffissure de la face ; infiltration des parois abdominales, qui sont flasques; légèi'e infiltration des extrémités inférieures. Le trajet des veines sous-cutanées de la partie postérieure du tronc et des membres est marqué par des vergetures rouges , résultant de l'imbibition sanguine, cadavérique. Larges plaques ecchymotiques, surmontées de grosses phlyctènes, contenant une sérosité rougeâtre aux régions iliaques et inguinales, et sur les parties génitales externes.

Abdomen. Point d'altération du péritoine , ni du foie, ni du pancréas, ni de la rate, ni du tube intestinal. Les veines de ces organes sont gorgées d'un sang noir, très fluide, qui s'est extravasé en quelques points dans le tissu cellulaire sous-péritonéaL La malrice n'est pas du tout revenue sur elle-même. Point de caillot dans sa cavité ; la moitié interne de ses parois est infiltrée de sang noir, surtout au niveau du col de l'utérus, qui est complètement effacé. Aa niveau de l'angle supérieur droit de la cavité utérine , on voit la trace de l'insertion placentaire.

Les reins , dont l'enveloppe graisseuse est infiltrée de sang, présententles principaux caractères de la néphrite albumineuse su deuxième degré. Cependant leurvolumeetleurpoidsne sont pas sensiblement augmentés : ils sont mous, comme tous les autres organes; mais ils ne sont pas, comme eux, gorges de sang. La substance corticale est pâle , jaunâtre , et ne présente plus que quelques plaques hypérémiées , et quelques petites

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étoiles vasculaires. La membrane fibreuse peut être séparée facilement et sans déchirure. Si l'on coupe le rein verticalement, suivant sa graude courbure, on est frappé du contraste delà couleur de la substance corticale avec la substance tubuleuse ; la première est décolorée ; la seconde est d'un rouge foncé. Les bassinets , les uretères et la vessie sont sains , et n'oflfrent pas d'ecchymoses.

Poitrine. Les poumons sont gorgés de sang noir ; la membrane muqueuse des bronches est rouge, imbibée de sang. Imbibilion beaucoup plus marquée de la membrane interne de l'aorte thoracique. Les cavités du cœur ne contiennent qu'une petite quantité de sang noir et fluide.

Têle. Le cerveau est sain,

Obs. LXIII. — Grossesse et bydropisie j avortemeut au sixième mois; persistance de l'hydropisie et urine albumineuse; diminution de ces symptômes.

Bouchez, âgée de 36 ans , d'une constitution délicate , d'un I lempéramçnt lymphatique , accouchée depuis environ un mois, I entra à l'hôpital de la Charité, le janvier i838 , pour y être 1 traitée d'une ascite, avec oedème peu considérable des extrémi- I tés inférieures et des parties génitales.

Cette femme a fait antérieurement deux fausses couches ( et a eu huit enfans, à terme. Elle est accouchée le 3o décem- I bre i837, au sixième mois de sa grossesse, d'un enfant mort. 1 Peu de lochies, pas de fièvre de lait. Le troisième jour après " l'accouchement , vives douleurs dans les reins , pendant quarante - huit heures. Le huitième jour, application de sangsues aux grandes lèvres. Trois semaines avant l'accouchement, le ventre était beaucoup plus volumineux qu'il ne doit l'être à cette époque de la grossesse. Les extrémités inférieures et les parties génitales étaient œdématiées. Dans aucune de ses grossesses précédentes la malade n'avait été affectée d'hydropisie ; alors elle était couturière et logée sainement ; devenue portière, depuis dix-huit mois, elle habite une loge humide et froide, oii, cet hiver, elle a ressenti toute la rigueur de la saison.

L'œdème très apparent, après une station prolongée , dispa-

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raît après quelques heures de coucher horizontal. Lorsque la malade est étendue dans son lit, la percussion du ventre donne un son clair à l'ombilic , dans une étendue de deux à trois pouces seulement. Plus bas le son est ma l ; et l'on peut percevoir la fluctuation. Le foie et la rate ont leur volume normal. Pas de tumeur ni de douleurs dans la région des reins. Soif vive et sensation de sécheresse dans l'arrière-gorge.

Les urines sont pâles et neutres. Acidulées et chauffées jusqu'à l'ébuUition, elles se troublent et laissent déposer quelques grumeaux d'albumine coagixlée. L'acide nitrique produit le même effet.

La face est pâle ; les lèvres sont décolorées ; les battemens du cœur sont réguliers et sans bruits morbides. Le pouls donne 76 pulsations par minute. Légère céphalalgie, toux sans expectoration {Tisane de chiendent nitrèe; carbonate de fer, U7i scrupule).

Le 2 février, la malade éprouvait depuis deux jours des picotemens dans les seins et une céphalalgie intense; on pratiqua une saignée du bras, qui fit promptement disparaître ces symptômes. Le sang élail recouvert d'une couenne épaisse, à bords relevés.

Le 6, le volume du ventre avait diminué, et la malade pouvait rester plusieurs heures assise sur son lit, ce qu'elle ne pouvait faire, sans être gênée pour respirer, lors de son entrée à l'hôpital.

Le 17, on a ajouté au traitement habituel l'usage des bains simples.

Les 6 et 7 mars, on remplace les bains simples par des bains aromatiques. Le i4, l'abdomen ne contenait plus que très peu de liquide. Les extrémités abdominales n'étaient plus œdéraatiées, même après une station prolongée. Les parties génitales seules continuaient à s'infiltrer de temps en temps. Les urines, de neutres qu'elles étaient, sont devenues légèrement acides: elles contenaient cependant encore une petite quantité d'albumine. La santé générale est évidemment améliorée. La malade a repris des forces et des couleurs.

U est probable qu'elle aurait fini par guérir complètement,

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