‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 34 sur 46 · ET GROSSESSE* ^O'J · texte numérisé non relu

ET GROSSESSE* ^O'J

si elle était restée encore quelque temps à l'hôpital. Elle sortit le i5 mars i838.

§ 598, L'observatian suivante semble porter à croire que des grossesses répétées peuvent avoir quelque influence sur le développement plus ou moins éloigné de la néphrite albumineuse ; car la femme qui en fait le sujet n'avait point été exposée àl'aclion des causes qui produisent ordinairement cette maladie.

Obs. LXIV. — Dix-sept grossesses; néplipite albumineuse ( décoloration des reins et granulations de Brigbt) avec hydropisie.

Gaime (Marie-Catherine), âgée de 5i aûs, enlumineuse, d'une petite stature, d'un tempérament nerveux, mère de dixsept enfans ( dont treize sont morts ) , a eu des couches toujours heureuses ; jamais elle n'a eu de maladies graves. Il y a trois mois, sans qu'elle eût ressenti aucune douleur, ses pieds se tuméfièrent, l'œdème s'étendit ensuite aux jambes, puis aux cuisses. Il diminuait parfois pour augmenter de nouveau. Enfin il se manifesta aussi une ascile. La malade éprouvait une lassitude générale ; l'appétit diminua ; le sommeil était souvent interrompu. Cette femme entra à l'hôpital de la Charité, le 8 avril 1834. A cette époque, il y avait un épanchement dè sérosité dans l'abdomen , et les membres inférieurs étaient œdéraatiéset durs. L'émission des urines se faisait sans douleur; jamais la malade n'avait rendu de graviers; jamais elle n'avait eu d'hématurie. A peine pouvait-on déterminer un peu de douleur par la pression sur la région des reins. Cependant les urines étaient blanchâtres comme du petit lait non clarifié , et donnaient un précipité blanc, albumineux, très abondant par l'action de l'acide nitrique et de la chaleur. Il n'y avait ni augmentation ni diminution dans la quautité de l'urine et l'émission n'en était pas plus fréquente qu'eu santé. La circulation était régulière ; lesbattemens et les bruits du cœur étaientnaturels. La respiration ne paraissait que très peu gênée. La langue était humide ; pas de soif j peu d'appétit; pas de vomissemens, ni de dévoiement. La malade ne demeurait pas dans un local froid et humide, et son mari assure qu'elle ne .faisait

NÉPHRITE ALBUMINKUSE

aucun usage de boissons spirilueuses [Déccclion de raifort sauvage.)

Quelques jours après son entrée, la malade se plaignit de douleurs dans la région lombaire. On y établit deux cautères.

Il survint un peu de dévoiement qui fut guéri par les opiacés ; les urines devinrent un peu plus abondantes.

Le i6 mai, la peau des cuisses, très œdématiée, était rouge et excoriée et il s'en écoulait une assez grande quantité de sérosité. Les urines étaient toujours très albumiueuses; la langue était brune et sèche ; le pouls petit et fréquent ; la peau chaude. Cet état fébrile diminua par la diète et les boissons adoucisantes. L'œdème diminua aussi un peu.

Le 17, les urines donnaient, par l'acide niti ique, un précipité grisâtre, non cailleboté. On mit la malade à l'usage de l'eau de Sedlitz. Le 27, il n'y avait presque plus d'œdème , la malade se trouvait beaucoup mieux. Cet état d'amélioration apparente se maintint.

Le 19 juin, on reprit l'usage de la tisane de raifort (les urines précipitaient toujours par l'acide nitrique). On donna, plus tard , des pilules de Bâcher , puis des pilules de scille et d'opium. La malade s'affaiblissait chaque jour. L'œdème fit aussi des progrès; la respiration devint gênée; la fièvre augmenta ; la langue se sécha, brunit, et la malade s'éteignit peu-à-peu, le 4 août 1834.

Vaittopsic du cadavre fut faite le 5. Les membres supérieurs, très amaigris, étaient infiltrés. La poitrine ayant été ouverte, on trouva , dans le côté gauche , un épanchement pleurétique avec fausses membranes. L'épanchement et les fausses membranes paraissaient de formation récente. Là plèvre droite ne contenait ni sérosité, ni fausses membranes. Il y avait plusieurs pintes de sérosité jaune citrine dans le péritoine, qui n'offrait point de traces d'inflammation. Le canal intestinal était sain.

Les deux reins , de volume ordinaire, présentaient de petites taches blanches opaques (granulations de Bright) peu nombreuses , et un pointillé hémorrhagique très remarquable. La substance corticale était décolorée, verdâtre, comme semi lransparcnle en qaelqi ej points. La substance tubuleuse était m-

ET MALADIES DE LA PEAU. 4o4

j jectée et rouge. Les calices, les bassinets, les uretères étaient s sains. La vessie n'offrait rien de particulier. Tous les autres ; organes étaient sains.

§ 599. Rapports de la néphrite alhnmineuse avec quelques ma~ ladies de lapeau et du tissu cellulaire.

Diverses inflammations de la peau et du tissu cellulaire ppeuvent être consécutives à l'hydropisie que détermine la méphrite albumineuse. D'autres affections , vulgairement contnues, en France, sous le nom de dartres , peuvent coïncider ravec cette maladie ou la précéder dans son développement. [Enfin des ulcères ou d'autres altérations de la peau et du tissu fcellulaire, dépendantes d'une affection constitutionnelle (scrorfules , syphilis) ont été observées dans des cas d'hydropisie avec uurine coagulable.

§ 600. Dans la néplirite albumineuse, lorsque l'hydropisie est très considérable , il se forme quelquefois sur la peau (surstout sur celle des membres inférieurs), aux plis des cuisses, sur des bourses chez l'homme , aux grandes lèvres chez la femme , Indes rougeurs, tantôt dépendant d'une irritation superficielle, Htet peu graves , tantôt tenant à un engorgement plus ou moins Il profond et d'une étendue considérable. Leur développement ILsst quelquefois précédé de frissons ou d'un mouvement fé- ■Diile. Ces rougeurs , qui se comportent comme l'érythèrae Hun comme l'érysipèle, parfois disparaissent sur im point ou r II ur un des membres, pour se montrer sur une autre partie lu sur le membre du côté opposé. Très souvent, dans ce cas, l se forme , à la peau (surtout dans le cas oii la constitution est )rofondémenl altérée), des taches bleuâtres, des ecchymoses, des )ulles remplies de sérosité noirâtre. A la suite de ces ecchymoses 1 s'établit un ou plusieurs points gangréneux, circonscrits lU s'ulcérant et s'étendant aux parties voisines. M. Bright Obs. Il) cite un cas d'hydropisie avec urine coagulable , dans equel il se manifesta, avant la mort, une inflammation érythélateuse de la peau des jambes , en même temps que des ecchyloses de couleur pourpre se montraient à la partie supérieure es deux cuisses et sur les parties latérales de l'abdomen. Dans

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le cas VI du même auljur, il survint un érysipèle ultime à la jambe et au pied droit, et, dans le cas xv, une légère rougeur à la cuisse gauche et et au pubis.

Blackall a rapporté un cas d'hydropisie avec urine coagulable, suivie d'une inflammation phlegmoneuseetgangréneuse, et qui se termina par la mort [otiv. cité , p. io4). On lit, dans le mémoire du docteur Gregory, un cas d'hydropisie avec urine coagulable, dans lequel il survint, à la peau, une rougeur érylhémateuse, qui disparut quelque temps avant la mort. Le docteur Gregory cite, en outre, d'après M. CluistiBon , le cas d'une enfautscrofuleuse , âgée de huit ans , atteinte d'un œdème considérable des jambes, des mains, delà lace et surtout des grandes lèvres, et chez laquelle ces dernières parties s'excorièrent et se couvrirent d'eschares. L'urine était pâle, d'une faible densité (loii), et fortement albumineuse. La substance corticale des deux reins était jaune, semblable à de la graisse, et , dans plusieurs points ^ évidemment granuleuse- 11 y avait des tubercules dans les deux, poumons el des cavernes dans le poumon gauche. Los intestins étaient pâles , quoiqu'il y eût eu dévoiement opiniâtre pendant la vie. M. Alison a communiqué au docteur Gregory ( Ous. iLxxu ) le cas d'une femme atteinte d'hydropisie avec urine albumineuse, et chez laquelle il se forma, à la jambe droite, un érysipèle, des. taches livides «t des buUrs noirâtres. Le pouls était petit et fréquent, et, nialgié l'emploi des piqûres et d'autres moyens, les parties furent frappées de gangrène. A l'ouverture du cadavre, on trouva, outrs une altération du cœur et de ses valvules, les reins un peu gros, mous et pâles. La substance corticale- d'une couleur blanchâtre, d'une texture uniforme, notamment dans le rein gauche, ressemblait, jusqu'à un certain, point, à la matière encéphaloïde substance tubuleuse était moins altérée; mais elle offrait, dans quelques points, une dégénérescenoe semblable. Une partie da

(i) Je cite de Cas , quoique , dAns'mon opinion, ce ne soit pas- réeUe«*>*tt nûe néphrite alfoumincuse. L'altcr.-ition me paraît plutôt app.irtflnir au canctr des reins ,• qui est quelquefois. accompagné d'iij dropisie et do rémission d o"* .urine sanguinolente ou albumineuse»

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