‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 35 sur 46 · ET MALADIES DE LA. PEAU · texte numérisé non relu

ET MALADIES DE LA. PEAU

rein droit paraissait saine. Enfin M. Christison dit que, dans un cas d'affection granuleuse des reins , api ès un anasarque énorme , il se forma spontanément , à deux reprises différentes, un érythème livide, très étendu, et qui disparut par l'emploi , de lotions saturnines et opiacées.

Dans celte espèce d'anasarque, l'érythème, les taches bleues et les bulles noii'âtres de la peau, le phlegmon simple et le j phlegmon gangréneux des membres, reconnaissent, sans I doute, pour principale cause, la distension excessive du tissu I cellulaire et de la peau; mais le développement de ces inflammai tions est singulièrement favorisé par la disposition phlogistique ( qui se montre, sous tant de formes, dans la néphrite albumi- I peuse chronique. Ce qui in'a confirmé dans cette opinion , c'est { qu'en étudiant parallèlement cette espèce d'hydropisie, et celle > qui dépend uniquement d'une affection du cœur ou des gros " vaisseaux, il m'a paru que ces inflammations phlegmoneuses I et érythémateuses étaient bi^n plus fréquentes dans la première i de ces hy dropisies que dans la seconde. De même aussi , si les i faits que le hasard m'a mis sous les yeux n'ont pas été pour moi i une source d'erreur , je puis affirmer que les mouchetures et les I scarifications , si souvent salutaires dans les hydropisies qui dél^endent des maladies du cœur, sont presque toujours fâcheuses c dans l'hydropisie consécutive à la néphrite albumineuse ; car s souvent elles donnent lieu au développement de ces inflammal tions phlegmoneuses. Blackall rapporte plusieurs observations c de ces inflammations phlegmoneuses et gangréneuses de la peau f et du tissu cellulaire sous-cutané des membres, survenues à la suite de scarifications plus ou moins profondes (oî/«r. Hlé , p. 85, gij et 124)- De ces trois cas, uu' s'esi terminé heureusement , quoique plusieurs points de la peau aient été gan- . grénés.

i| Dans un cas décrit par M. Christison (Obs. xyi), q^afre jours après des piqûres pratiquées dans le but d'évacuer la sérosité qui engorgeait les membres inférieurs, un érythème se montra sur une jambe, puis sur l'autre et s'éteudit rapideiment. En même temps, il se déclara des sueurs et du dévoieiment; l'épiderme se détacha sur plusieurs poiats devenus

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noirs et qui furent bientôt frappés de gangrène. Le malade

mourut , le treizième jour après l'apparition de l'éry thème.

J'ai vu plusieurs fois de semblables accidens. Une rougeur cuisante, avec tension de la peau, survieutalors dans le voisinage des piqûres. Cette inflammation , à son début, peut être quelquefois éteinte par des applications émollientes et résolutives; mais le plus souvent elle s'étend au tissu cellulaire sous-jacent; il devient dur, chaud et douloureux; le gonflement gagne, de proche en proche , les parties voisines; et la jambe, la cuisse, ou tout un membre , ne tardent pas à être envahis par un érysipèle phlegmoneux, dont la marche est aussi rapide que funeste : et cela, malgré les applications émollientes, malgré les saignées, les onctions mercurielles et les laxatifs. La mort des malades est d'autant plus prompte qu'ils ont été plus affaiblis parla perte delà sérosité.

Obs. LXV. — Néphrite albumineuse (hydropi!>ie et urine coagulable) ; hypertrophie du ventricule gauche ; bronchite 5 érysipèle provoqué par des ventouses scarifiées. Mort.

Chapsal (Marie) , âgée de 5i ans, journalière, mariée, entra à l'iiôpital de la Charité , le 28 novembre i836.

Cette femme était mère de cinq enfans, qu'elle a tous perdus excepté un. ËUe n'a jamais été alitée par maladie; jamais la fonction urinaire n'a été dérangée. Depuis cinq ans, elle demeure dans un rez-de-chaussée assez humide. Elle n'a jamais eu de palpitations ni d'essoufflement , en courant ou en montant les escaliers; jamais elle n'a eu d'ictère ni de douleurs du côté du foie; les règles ont cessé depuis quatre ans sans dérangement de la santé. Depuis un mois , elle est enflée. Bien qu'elle se dise malade depuis un mois seulement, cette femme porte l'empreinte d'une longue souffrance , et d'une profonde altération de la constitution : face pâle , un peu bouffie, orthopnée, hydropisie générale, ascite jusqu'au nombril, œdème des extrémités supérieures et inférieures. Amaigrissement des parties qui ne sont pas œdématiées. L'impulsion du cœur est assez forte, mais le rhy thme des battemens est régulier, et l'on n'entend point de bruit morbide.

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