ET :ÉRYSIPÈLE
les cuisses, toujours tendues et douloureuses, offrent une rougeur érysipélateuse. La douleur s'étend jusqu'à l'aine (trois ou quatre selles liquides).
Le i3, la rougeur érysipélateuse est encore plus prononcée; , douleur et tuméfaction des deux cuisses, langue sale et sèche, bronchite intense; fièvre; la quantité de l'albumine dans les urines a notablement diminué {Detix gros d'onguent napolitain en onctions sur les cuisses).
Le i4, vomissemens; fièvre, accablement, sécheresse de la langue ; mort le lendemain.
Autopsie dti cadavre. — Etat extérieur. A la partie interne des deux cuisses, le tissu cellulaire sous-cutané, dans toute son épaisseur et jusque dans la couche musculaire , est enflammé, dur, et infiltré de pus concret ou de lymphe plastique; la peau est rouge , et le derme offre très distinctement, à la coupe, un j pointillé rouge dans ses aréoles.
Poitrine. Quatre ou cinq onces de sérosité dans la plèvre 1 droite ; léger engorgement de la partie postérieure des poumons;
emphysème notable dans d'autres portions ; point de tuberc cules. Le cœur a son volume ordinaire ; point d'altération de » ses valvules; ses cavités sont remplies par des caillots fibrineux. Abdomen. Les deux reins présentent des lésions absolument identiques : tous deux sont augmentés de poids et de volume j chacun d'eux pèse un peu plus que]îcinq onces; ils sont dé- ; colorés et criblés d'un petit pointillé rouge , comme pétéchial," r qui leur donne l'aspect d'un marbre bleuâtre. Leur surface est i lisse et comme glacée : en examinant avec beaucoup d'attention, on aperçoit quelques petits points blancs laiteux (granulations de Bright).
Le ein droit présente, à sa partie supérieure, une tache verdâtre, produite par le contact de la vésicule biliaire. A la coupe, la substance corticale paraît gonflée; à la base des cônes, elle a trois ou quatre lignes d'épaisseur, et dans leur intervalle elle repousse et serre les tuhuli dont le tissu paraît plus dense que i dans l'état sairt. Dans l'épaisseur de cette substance, on voit de petits points rouges , disposés en stries à la base des cônes Slandules de Malpighi très injectées). Point de dépôt séreux
4l8 NÉPHRITE ALBUMINEUSE
dans le péritoine, point de traces de péritonite, si ce n'est quelques petites granulations pseudo-membraneuses répandues à l'extérieur de la rate; ramollissement de l'estomac, exclusivement borné à son grand cul-de-sac.
§6oi. L'étiide désaffections qui accompagnent ordinairement les diverses maladies cutanées, ou qui peuvent suivre, à tinfiépoque plus ou moins éloignée, leur guérison ou leur répercussion, est aujourd'hui trop négligée. Plusieurs auteurs ont cité des cas d'hydropisie survenue après la répercussion des dartres ; mais ces faits ont peu de valeur , la nature ou le caractère de l'hydropisie n'ayant pu alors être bien déterminé. En rapportant les deux observations suivantes, je me suis proposé d'appeler l'attention des médecins , soit sur les maladies cutanées qui peuvent coïncider avec la néphrite albumineuse , soit sur les rapports qui peuvent exister entre la guérison de certaines affections chroniques de la peau, étendues à presque toute la surface du corps, et la production de l'hydropisie avec urine coagulable. Toutefois je m'empresse d'ajouter que je connais un grand nombre d'exemples de psoriasis , d'eczéma, etc. , dont la guérison a été obtenue, sans qu'il en soit résulté aucun accident ; de sorte que je regarde, aujourd'hui, comme un fait rare et exceptionnel, le développement d'une hydropisie, dans de semblables circonstances.
Ods. LXVII. — Néphrite albuminense ( hydropisie et urine albumineuse) ; eczéma impétigineux sur les bras , les avant-bras et les cuisses; bronchite suivie d'une double pneumonie. Mort.
Goubé ( Jean-Marie), âgé de 43 ans , peintre en bâtimens, est entré à l'hôpital de la Charité le 19 avril 1889. Cet homme, doué d'un tempérament sanguin , jouit ordinairement d'une bonne santé. Depuis 37 ans qu'il exerce la profession de peintre, il n'a eu qu'une seule fois la colique de plomb. A l'âge de 20 ans , il a eu un chancre à l'extrémité de la verge ; jamais il n'a eu de blennorrhagiej il éprouve assez fréquemment des maux de gorge. Son père, âgé de 94 ans, jouit encore d'uue tonne santé. Sa mère est morte à l'âge de 67 ans.
ET. ECZEMA IMPÉTIGJLNEUX. 4l'9
Pendant l'hiver de i833 , cet homme a eu. des eogplures très douloureuses. Dans l'hiver de iSSg, elles ont repara avec plus d'intensité, et, dans le mois de février dernier, la luméfactiion des mains s'étendit aux avant-bras et aux bras. Ceux-ci dewnrent très gonflés , rouges, et se couvrirent de vésicules nombreuses [eczéma impétigineux), qui .ont fourni, à la fin de février et durant le. mois de mars, une sécrétion abondante d'une humeur séreuse ou d'eaux rousses qui formaient des taches gomraeuses sur son linge.
Dans les premiers jours du mois d'avril, Goubé fut forcé de cesser ses travaux; il réclama les soins d'un médecin qui le saigna et le mit à l'usage des boissons amères et sudorifiques. Uprit de la tisane de chicorée sauvage et de patience avec addition de crème de tarlre et de nitrate de potasse.
Le 19 avril, il se présenta à l'hôpital dans l'état suivant : le visage était un peu pâle et tuméfié ; les mains, les avant-bras et les bras, œdémateux , gardaient l'impression du doigt lorsqu'on les pressait ; à la face externe des membres supérieurs j us~ qu'à la partie moyenne du bras , de larges plaques , d'un rouge vif, fournissaient , sur quelques points , une sérosité roussâtre : et d'autres points, plus anciennement affectés, étaient couverts de lamelles épidermiques, minces et blanches, mêlées de croûtes jaunes, épaisses, surtout à la partie inférieure du bras. Aaxdessous de celte altération de la peau, le tissu cellulaire est infiltré de sérosité; aussi les membres sont-ils beaucoup plus volumineux que dans l'état sain.
Ce malade n'a jamais éprouvé de trouble dans les fondions du cœur ni dans la respiration ; les bruits cardiaques sont naturels j les batteraens réguliers; la respiration est naturelle, sans bruit morbide. La soif est assez vive ; appétit modéré ; leS' digestions assez bonnes ; peu de sommeil; point de douleui'sdans la région des reins j point de changement dans la quantité de l'urine ni dans la fréquence des émissions en 24 heures. Les urines donnent un précipité blanc cailleboté et abondant par l'acide niuique ou par la chaleur {Petit lait, crème de tarlre, un gros ; hain de vaj)eur; le quart d'alimens). La tuméfaction du pli du bras ne permettant pas de faire une
4^0 NÉPHRITE ALBUMIKEUSE
saignée , on fait une application de ventouses sur la région des reins, et on relire huit onces de sang.
Le 22 avril , le malade éprouve, aux avant-bras, une démangeaison très vive qui le prive de sommeil; le pouls est régulier, sans fréquence et un peu développé; la langue est naturelle {Petit lait, crème de tartre, un gros ; une hoideille d' eau de Sedlilz ; hatn de vapeur ; la demie d'alimcns),
La rougeur eczémateuse est moins vive ; un peu d'œdème se manifeste autour des malléoles; engourdissement dans les membres inférieurs; le malade, qiu se levait chaque jour, est obligé de garder le lit; les jambes deviennent enflées et douloureuses, lorsqu'il se lève pendant quelques heures. Point de douleur dans la région rénale, même à la pression ; le malade a eu quelques nausées; le pouls est à yS; point de sommeil; quelques quintes de toux, sans expectoration ; six émissions d'urine dans les vingt-quatre heures. L'urine donne un dépôt blanchâtre et contient, comme le premier jour , de l'albumine en grande quantité. Le dépôt, examiné au microscope, offre un certain nombre de cristaux d'acide urique (07^ suspend les bains de vapeurs; petit lait avec additiofi d'un gros de crème de tartre).
L'urine rendue le a6 avril, jaune, citrine, acide, laissait déposer un sédiment en partie opaque et en partie transparent, et d'apparence muqueuse , du 20* environ de la colonne du liquide. Les parois du tube étaient revêtues, dans toute leur hauteur, d'un petit dépôt à grains très lins. Ce dépôt, vu au microscope, paraissait composé d'un grand nombi-e de globules muqueux, de masses muqtieuses, et de petites lamelles; il y avait aussi de gros cristaux d'acide urique. L'acide nitrique et la chaleur déterminent un précipité très considérable dans l'urine; les flocons blanchâtres, formés par la chaleur, occupent le tiers de la hauteur de la colonne du liquide.
Le 28, xin peu de gêne dans la respiration; crachats blancs et spumeux; insomnie; râle muqueux et sibilant, à la partie postérieure des deux poumons; battemens de cœur un peu obscurs et irréguliers {Même prescription).
Les urines, très acides, jaunes citriues, légèrement troubles,
ET ECZÉMA IMPÉTIGIJVEUX. 4^1
offrent une foule de très petits grains sur les parois du tube, et laissent déposer uu sédiment du 12^ environ de la colonne du liquide. Ce sédiment, d'appai'ence mxiqueuse, était pénétré dans quelques endroits de sable rouge. Au microscope , ce dépôt paraissait formé d'une foule de globules muqueux blancs et grenus , et de quelques aulres globules jaunâtres , de gros cristaux d'acide urique et de masses muqueuses. La cbaleur, l'acide nitrique et le prussiale de potasse acidulé déterminaient, dans cette urine, un précipité abondant d'albumine.
Le 3o , la dyspnée a augmenté; toux fréquente, expectoration plus abondante, râle muqueux et sibilant dans les deux poumons; pouls dur et développé (86 pxilsationspar minute). L'infiltration s'étend aux jambes et aux cuisses sur lesquelles se développent deux plaques d'impétigo entourées de vésicules d'eczéma et d'un cercle rouge qui exhale une sérosité roussâtre. L'abdomen, un peu tendu, sans douleur à la pression, ne présente point de matité à la percussion. Point de selles depuis trois jours( Une bouteille â! eau de Sedlitz ; petit lait avec crème de tartre, un gros ; bouillon, souj>e). L'urine ressemble à celle des jours précédens ; cependant le sédiment , plus abondant qu'à l'ordinaire , contient beaucoup plus de cristaux d'acide urique. Le liquide qui surnage contient moins d'albumine que d'habitude.
Durant les trois ou quatre premiers jours du mois de mai, le malade tousse davantage; il est abattu, découragé; la voix est voilée ; la face est bouffie j le pouls est moins développé et plus fréquent (gS pulsations). Les urines sont plus rares (3 ou 4 émissions dans les vingt-quatre heures); la quantité est de 6 à 8 onces seulement, dans le même laps de temps; elles sont albumineuses et alcalines. Le i^'' mai, l'urine élait pâle, très légèrement brunâtre, offrant un dépôt du vingtième environ de la masse; toute la colonne du liquide était aussi uu peu trouble. L'urine contient quelques gros cristaux d'acide urique , une quantiti considérable d'albumine , et, par l'addition de l'ammoniaque , laisse précipiter de beaux cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, en feuilles de fougère.
Le 4 mai, l'urine est différente de ce qu'elle est habituelle-
4lû TS^PITRITE AtMBnîrBTJSE
ment, en ce ^ti'èlle n'offre ni aable, ni mucus / appréciables à l'œil nu ; mais elle précipite toujours foin^m-ent par la chaleur et par l'acide nitrique. Le microscoipey fait découvrir des cristanx d'acide urique el des globules semblables aux globules pnrulens , mais plus petits ; c'étaient «orame des globules de sarrg allért^ et grenus, sans dépression oenitrale.
Les urines, rendues dans la matinée du 5 mai, ét-aient pâles, jaunâtres, acid«s, et laissaient déposer! un très léger -sédiment, muqneux en apparence , du trentième environ de la colonqe du liquide , et •qm présentait, comime les jours précédons, une foule de globules blancs , des matières muqueuses et des 'cristaux d'acide urique. L'urine était toujours fortement coagalable.
■ Le malade désira retourner chez lui, et, quelques jours après, 11 y mourut d'une double pneumonie.
0ns. LXVIII. — Néphrite all)umineuse ( urine alljumincnsc et alcaline , et 'liydropisic); envies fréquentes d'uriner; Tomisscmen;. opiniâtres; rougeurs érjsipclatenses chez une femme qui avait été antérieurement attriste d'an 'psoriasis géoùral.
Arnault (Louise) , blanchisseuse , âgée de 3o ans , fut admise à l*hôpital de la Charité, le 22 mars iSSg. Celte femme, d'un tempérament lymphatique et d'une faillie santé, a éprouvé fréquemment des indispositions. Ses digestions sont difficiles, et les menstrues sont irrégulières. En i Sag , elle a été traitée, à tliôpital Saiut-Louis, d'un psoriasis. Des plaques très étendues étaient disséminées sur les membres et sur le tronc , de manière à couvrir une grande partie de la surface du corps. Arnault fit un séjour de plusieurs mois à cet hôpital, et elle en sortit à-peuprès guérie. Quelques plaques seulement de psoriasis n'avaient pas complètement disparu. On voit quelques traces de cette affection sur les coudes et sur les avant-bras.
Depuis i83o , elle a éprouvé souvent des indispositions, une petite lièvre irrégulière, des douleurs de tête, des palpitations, des'ftueurs blanches, etc. Au mois d'avril i838 , elle eut une douleur très vive dans le flanc gauche, et, à la même époque, de l'engourdissement dans les membres supérieurs; presque en
jar 'PSORiAisis.
même temps un léger œdème se montra autour des malléoles. Comme elle avaitsouvent les pieds elles mains plongés dans l'eau, elle quitta alors la profession de blanchisseuse. L'œdème des membres inférieurs fit de rapides progrès. Inappétence , fièvre oontinue; envies fréquentes de vomir^ vomissemens.La douleur • s'étendait aux deux côtés des lombes. Celte femme était tourmentée depuis long"-temp3 par -une soif ardente , et il lui est souvent arrivé de se désaltérer, en buvant l'eau de la Seine, oùi elle lavait son linge. De temps à autre, elle a eu de la bouflSlaure à la face, qui disparaissait au bout de quelques jours.
Le 32 mars , elle était dans l'état suivant : dyspnée ; mouvement fébrile ; petite toux sèche sans expectoration ; appétit presque nul ; langue blanche ; soif très vive ; envies de vomir ; constipation, qui avait été précédée de diarrhée; point de sensibilité des parois abdominales à la pression ; peau chaude et : sèche ; teinte jaime paille générale 5 œdème des membres in- .férieurs et de la partie inféi-ieure du tronc jusqu'à la base de ! la poitrine ; abdomen volumineux et saillant , contenant un ' liiqTiide qui remonte jusqu'au niveau de l'ombilic; résonnauce tympanique au-dessus de ce point et fluctuation manifeste au 1 dessous ; aucune trace d'infiltration à la poitrine, aux membres supérieurs et au visage.
Envies d'uriner très fréquentes , qui se répètent quinze à ' dix-huit fois dans les vingt-quatre heures. Chaque émission ( est peu abondante, et la quantité des urines (sept à huit onces ! daas les vingt-^juatre heures ) est de beaucoup inférieure à celle des boissons ingérées ( deux ou trois pots de tisane , contenant deux litres de boisson chacun). Les urines, troubles et alcalines au moment de l'émission , donnent , par le repos , un dépôt abondant et blanchâtre. Traitées par l'acide nitrique et par la chaleur , elles fournissent une grande proportion d'albumine en gros flocons. Douleur légère à la région des reins, augmentée par la pression. Les bruits du cœur sont naturels, un peu de râle sibilant dans le poumon gauche {Tisane de chiendent wvec nitrate de potasse , un scrupule ; eau de Scltz s la 1J2 d'alimens). Les huit premiers jours, les membres inférieurs devienocnt
plus tendus et douloureux. La malade accuse un engourdissejnentpénible dans les cuisses et les jambes ; les envies devomii et les vomisseniens se répètent tous les jours; la douleur dans les reins, la gêne de la respiration persistent au même degré; la lièvre continue , le pouls est à gS , petit et serré; les urines sont toujours rares.
Le avril, la fièvre est plus forte; le visage est injecté; insomnie; mal à la tête ; constipation depuis trois jours (Lfftiement purgatif; wie saùjnèe de douze onces : iisane de chiendent avec nitre , im scrupule ; U7ie bouteille d'eau de Sedlilz; diète). Le sang présente une couenne gélatineuse, peu épaisse.
Le a avril, la malade a éprouvé un peu de soulagement; le pouls a baissé; le mal de tête , la chaleur de la peau sontmoins prononcés , quatre selles.
Le Ç avril, vomissemens, douleurs épigastriques, comparées à une barre qui s'étend transversalement à la base de la poitrine j constipation ; fièvre {Nouvelle saignée de douze onces ; eau de Sedlitz ; tisane de chiendent, nitre, un scrujmle; eau de Seltz ; diète). Le sang présente une couenne inflammatoire blanche et peu résistante.
Le 7 avril, la malade a reposé dans la nuit, mais elle a vomi deux fois et elle a eu trois sellqf; la peau est moite. Elle a uriné douze fois dans les 24 heures ; les urines sont toujours alcalines.
Le 10 avril, les membres inférieurs sont plus douloureux; les parois abdominales sont plus tendues, l'ascite fait aussi des progrès; il s'est développé une rougeur érysipélateuse sur les deux cuisses et autour des parties génitales; la malade se plaint de souffrir beaucoup aux malléoles. Les bruits du cœur sont un peu éclatans etscsbattemensirréguliers; gêne de la respiration; inappétence, constipation ; vomissemens ; langue blanche; soif vive; point de sommeil; douleurs de tête; pouls fréquent, los pulsations par minute [Eau de Sedlitz; vèsicatoire sur la région rénale droite,- iisane de chiendent avec nitre, u?i scrupule; eau de Seltz; cataplasmes émolliens; diète).
Le 12, les vomissemens sont un peu calmés; l'oppression, les douleurs dans les membres supérieurs continuent; la rou-
ET PSORIASIS. 4^5
geur et les douleurs aux cuisses sont un peu diminuées. Le yésicatoire a fourni beaucoup de sérosité.
Le i4 avril, gêne très grande de la respiration ; point d'urine; la malade est sondée, et on retire seulement quatre à cinq onces , d'urine trouble et alcaline. Un second vésicatoire est appliqué -'. sur le rein gauche.
La douleur dans la région des reins a Un peu diminué, du i5 au 20 avril. Les urines sont rares etles émissions fréquentes; ! l'éi'ysipèle des deux cuisses s'estétendu sur une grande surface. I Oppression sans râle, sans épancliement dans la poitrine; l'œ- ( dème des membres inférieurs et l'ascite n'ont pas diminué. La ! malade quitte l'hôpital le aS avril, et, malgré l'amélioration : momentanée obtenue par les évacuations sanguines et les ré- » vulsifs portés sur le canal intestinal, et appliqués à la région i des reins, une terminaison fatale paraît inévitable.
§ 6oa. J'ai plusieurs fois examiné l'état des veines et du tissu ( cellulaire dans les inflammations phlegmoneuses qui survien- I nentà la suite de l'hydropisie produite par l'affection des reins, f et je n'ai trouvé ni caillots fibrineux anciens , ni d'autres traces : de phlébite dans les veines des membres œdématiés. Il est : rare aussi que le tissu cellulaire contienne du pus; dans un cas ; cependant, le tissu cellulaire del'aisselle était largement infiltré 1 (Voy. : Scrofules.) Presque toujours les parties œdémaliées e et enflammées offrent une disposition analogue à celle qui est : indiquée dans l'observation suivante :
Le 24 mars i83i, je disséquai le cadavre d'un homme mort i à l'hôpital de la Charité , dans mon service , d'une hydropisie avec urine coagulable. Le tronc et les membres inférieurs étaient infiltrés; les bras et la face à-peu -près dans l'état naturel. Sur les côtés du tronc, on voyait de petites saillies inégales, irrégulières, résultant de l'accumulation delà sérosité dans les aréoles mêmes du derme. Sur la cuisse gauche, depuis le plis de l'aine jusqu'au milieu de sa longueur, il existait à la face interne du I membre, uneeschare superficielle.
Dans toute la moitié inférieure de la cuisse , le tissu cellulaire sous-culané est infiltré de sérosité sanguinolente, et dans la moitié supérieure , il est d'une couleur gris - verdâtre et
infiltré de pus dans toute son épaisseur, tant à la face antérieure qu'à la face interne de la cuisse. Le tissu cellulaire souscutané de la jambe et du pied est infiltré de sérosité limpide. La veine sapliène gauche , depuis son embouchure dans la veine crurale jusqu'au quart inférieur de la cuisse, est vide de sang et blanche. L'intérieur ne présente pas de traces d'inflammation. Les ganglions lymphatiques de l'aine 'sont un peu engorgés et rouges. Le tissu cellulaire des plis de l'aine et de la partie inférieure de la paroi abdominale du côté gauche est enflammé ; tout le reste est infiltré de sérosité. La veine saphène droite est saine.
Une quantité assez notable de sérosité est épanchée dans l'intérieur des articulations des geuoux.
Le sinus longitudinal supérieur contient un- caillot sanguin noirâtre; la surface extérieure du cerveau ne présente rien de particulier. Les ventricules latéraux contiennent une très petite quantité de sérosité limpide. Le cervelet est un peu mou.
Un verre de sérosité jaunâtre dans la plèvre droite et deux verres environ dans la gauche. Quelques tubercules au sommet du poumon gauche ; tubercules ramollis et cicatrice pulmonaire au sommet du poumon droit. Engouement cadavérique de la partie postérieure et inférieure du poumon; bronches d'an rouge violet.
Un demi-verre de sérosité dans le péricarde; caillots dans l'oreillette droite. Hypertrophie concentrique des parois du ventricule gauche. Aorte saine.
Le péritoine contient environ trois litres de sérosité jaunâtre Les intestins et surtout le colon Iransverse sont distendus par des gaz. La vésicule du fiel adhère au colon. Aucune autre trace d'inflammation dupéritoine. La veine splénique contient du sang liquide', la veine mcsentérique et la veine-poite sont saines et contiennentpeu de sang liquide. La rate est peu volumineuse et saine. La veine spermatique droite est plus grosse que la gauche. La veine-cave et les veines rénales sont saines ; toutes con* tiennent du sang liquide.
La membrane muqueuse de l'estomac , vers son grand culde-sac , épaisse et consistante , a une ligne au moins d'épaiS-
ET rii:'VItES lîRTJPTIVES. 4^7
tsem; celle de i'inleslin grêle «st parfaitemenl saine et d'une ibonne consistance. Aucune'! ésion dans l'intestin grêle. Lamemibraue muqueuse du gras intestin est molle : on y voit des plaques jbruoâti es, arrondies, qui correspondent aux follicules altérés.
La capsule surrénale gauclie est atrophiée , entourée de paisse jaune «t pâle.
Les reins «ont d'un blanc jaunâtre , piquetés de rouge; la nsubstance corticale a , dans toute son épaisseur, la même teinte >pâle qu'à l'extérieur; sa consistance est molle; la substance tujbaïleïise a sa couleur et sa consistance oalureiUes ; la couleur W»age normale de la substance tubuleuse contraste d'une mauùère remarquable avec la pâleur morbide de la substance coriticale. Les uretères et les bassinets sont sains.
iLa vessie est saine. Entre la \"essie et le rectum il existe une iCansse membrane colorée en noir, laquelle est le résultat d'uijie tanciemie inOammalion.
Le foie contient beaucoup de earag ; son rlissu est sain ; les àssax substances sont distinctes , les. ramifications cle la veine- «OTle n'offrent rien de particulier.
Les médecins n'ayant senti que dans ces derniers temps la aécessité d'examiner avec soin, après la mort, les principaux organes, dans les maladies générales, il u'est pas étonnant Tfu'il existe si peu de documens sur l'état des reins chez les in- ^lividus qui ont succombé aux 'fièvres éruptives ou aux maadies qu'elles entraînent quelquefois à leur suite. L'étude de a sécrétion urinaire dans le cours des fièvres éruptives a aussi îté généralement négligée; quelques autexirs seulement ont iPait des recherches particulières sur les caractères dé l'urine, dans Fhydropisie qui succède quelquefois à la scarlatine, i Daus le cours des rougeoles , des varioles et des scarlatines I éiémorrhagiques,Turine contient quelquefois une certaine quan- I tiiédejsaing elpar«cxnftéq«ent dîalikuaJOiine. Apriès la Haort, ,ocrasionée par ces maljadies,,rtO^ a plusiewra Cois itrc^ivéJes reiip lypérémiés, gorgés de sang noir, et plus rarement du sang coa- ;ulé dans les bassinets.
NÉPHRITE ALBUMINKUSE
Quanta de vérilablea cas de néphrite albumineuse aiguë ou chronique , survenus à la suite de fièvi es éruptives , les exemples qu'on en a cités se rapportent presque exclusivement à la scarlatine. J'ai eu connaissance d'un cas de néphrite albumineuse survenue dans la convalescence d'une variole confluente. Le docteur Gregory (i) a cité le cas d'une petite fille de huit ans, traitée par M, Chrislison et chez laquelle il se déclara une hydropisie avec urine coagulable, après une rougeole. Cette enfant était scrofuleuse et d'une maigreur extrême; elle avait été affectée d'une toux très violente , pendant le cours d'une rougeole assez grave. A celte maladie avaient succédé des vomissemens, une diarrhée rebelle, une diminution de sécrétion de l'urine, une ascite et un oedème considérable des jambes, des mains, de la figure et surtout des grandes lèvres qui étaient excoriées et présentaient même plusieurs points gangréneux. L'urine était peu colorée, d'une faible pesanteur spécifique (loti) et très albumineuse. Les poumons étaient farcis de tubercules, et dans le gauche il existait plusieurs cavernes. Les reins étaient marbrés de jaune et de rouge, et le droit avait un volume moindre que d'ordinaire. La substance corticale de ces organes était jaune , ressemblant un peu à de la graisse, et dans plusieurs points offrant un aspect granuleux. Cette couleur contrastait fortement avec la teinte rouge ou pourpre de la substance tubuleuse, qui, cependant, dans plusieurs points, présentait un commencement de dégénérescence analogue.
Après avoir rapporté ce fait, je crois devoir ajouter qu'il me semble bien diihcile de dire jusqu'à quel point l'existence antérieure de la rougeole a favorisé le développement del'hydropisie; car, dans ce cas, il y avait deux autres conditions, la phthisie et les scrofules, dont l'influence sur la production de la maladie des reins, dans d'autres cas, a paru très évidente.
§ 604. Néphrite albumineuse à la suite de la scarlatine.
Je me propose d'établir deux choses qui ne sont pas encore assez généralement connues, savoir :
(i) Edinb. med. and surgij'oum. t. xxxvi, p. 36o.
SUITE DE SCiVRLATlNE. /j^Q
■ 1° Que dans certaines scarlatines , surtout dans leur dertnière période (celle de la desquamation), l'urine est quelquefois plus ou moins chargée d'albumine ^ sans hydropi- -sie, en même temps que les reins sont hypérémiés ,ou pressentent, après la mort, des lésions qui correspondent à celles que j'ai décrites comme appartenant à la première forme ide la néphrite albumineuse , produite par l'impression du ("froid et de l'humidité ou par l'abus des liqueurs spiri- , tueuses.
2° Que l'hydropisie générale qu'on observe quelquefois à la suite de la scarlatine (i) par sa marche, par sa cause occasionnelle ( l'impression du froid et de l'humidité ) ; par sa généralité , par l'altération de la sécrétion urinaire qui l'accompagne j par ses complications abdominales, thoraciques 3t cérébrales ; par ses lésions anatomiques et son traiteiment ; par sa nature enfin, ne peut être séparée des hydroîisies consécutives à la néphrite albumineuse aiguë ou chro-
ique produite par d'autres causes ou née sous d'autres in-
aences.
IOr, pour établir ces deux propositions, dont l'importance ae peut être contestée, j'aurai besoin d'assembler et de rap- 3rocher des observations isolées et incomplètes faites à diverses l 'poques sur cette espèce d'hydropisie par d'habiles observaeurs, et de les fortifier par des observations plus récentes et ilus complètes. Tout cela m'entraînera , à la vérité, dans d'aslongs détails, mais je n'ai pas cru devoir me laisser arrêter jar cette considération.
§ 6o5. Je ne puis donner que très peu de renseignemens sur 'état des reins chez les individus morts de la scarlatine. J'ai loté qu'ils étaient assez souvent hypérémiés, et j'ai fait figurer m cas dans lequel ces organes étaient non-seulement fortement njectés de sang, mais encore parsemés de pétéchies et d'ec-
(i) Je parle ici de l'hydropisie qu'on observe le plus ordiuairement; car il 5t bien Certain qu'après la scarlatine, on voit quelquefois survenir des byropisies produites par d'autres causes (affections du cœur, maladies du ie ), qui ne peuvent être rattachées à l'affection des reins.
chymoses. L'urino avait présenté , pendant la vie, une certaine quantité d'albumine et de cruor, eft le malade était mort d'une scarlatine maligne. Je regrette de a'avoir que peu de chose à ajoutera cette observation, n'ayant été à même de faire de recherches anatomiques que dans un petit nombre de cas de scarlatine grave qui se sont terminés par la mort, dans mon service à l'hôpital de la Charité.
A. Fred. Fischer pense (i) que les reins souffrent considérablement dans la scarlatine; que, dans le dernier stade (desquamation) , ils se trouvent dans un' état de congestion, et que cet état est facilement transformé , par les diurétiques irritans et même par ceux qui sont moins excitans, en une véritable inflammation. Fischer ajoute que, pendant long-temps , il a regardélesvomissemens qui surviennent au début del'hydropisie, consécutive à la scarlatine , comme l'indice d'une aflection de cerveau, et que dans la crainte d'épanchemens séi'eux dans les ventricules , il prescrivait des sangsues , du caloniel et de la digitale ; mais que , plus tard , l'expérience clinique et des autopsies faite» avec soin, lui ont appris que ces vomisseraeus étaient sympathiques d'une condition pathologique des reins {Ergriffenseyn der Niereti).
Depuis, il a fait tous ses effort» pour trouver des signes qui décelassent cette affection des i-eins, à son début, et il les a trouvés dans l'urine. Il a constaté qu'en même temps que les vomissemens se déclaraient, la quantité de l'urine diminuait; que l'urine, tantôt d'un brun foncé, tantôt coulem- de chocolat , quelquefois teinte de sang, était rouge comme du sang pur dans les cas les plus graves.
1'» Ces premières observations ont acquis plus d'intérêt depuis les recherches de M.. G. Hamillon, qui rapporte avoir trouvé , après la scarlatine et sans qu'il y eût hydropisie , une altération des reins tout -à -fait semblable à celle qu'on rencontre dans le premier état de la maladie de Brighl :
(i) A. P. Fischer, JJi» Beitrag zur Thérapie der NachkraîMieit des Scharlachs (Jonrnal der praktisclien Heilkunde lierausgegeben von C. 'W. Hufeland uni £. Ozann. Februar 1824. S. 53.)
SUITE DE SCARATINE. 4^1
n Eckforcl(i), âgé de i8 ans, se plaint de lassitude, de douleur i de tète et d'autres symptômes précurseurs de la fièvre scarlat^ine, le mercredi soir. Comme il y avait eu plusieurs enfans atteints de scarlatine dans la même maison, ses parens m'envoyèrent chercher le jeudi, et je vis ce jeune homme le soir, c'est-à-dire k dix-huit ou vingt heures après le commencement des premiers ssyniptôraes. Ce jeune homme avait la langue sèche, le pouls llrès fréqxient el mou, la peau chaude, et son état ressemblait à l'état avancé d'une fièvre continue. J'examinai la peau pour «voir s'il n'y avait pas d'éruption, mais je ne pus alors apercelyoir la plus légère rougeur; quelques heures après, l'éruption se manifesta. Comme le malade avait antérieurement joui id'unebonne santé, je retirai environ huit onces de sang. Je fus iisurpris devoir, contrairement à ce qu'on observe ordinairement au commencement des fièvres graves, que le sang avait Bune couleur écarlate vive, en sortant de la veine. En exami- Buant la gorge , je trouvai qu'elle était enflammée , mais non iulcérée- Quelques heures après, je fis appliquer , dix sangsues i(au cou) ; je fis meltre le malade dans un bain chaud pendant idix minutes, et je prescrivis des purgatifs et un gargarisme lastringeut. Le lendemain au soir, j'appris que le malade avait teu un léger délire pendant la nuit, et comme il s'était beauxcoup plaint de la gorge , on avait appliqué cinq ou six autres tsangsues au cou , dans la matinée. Ses parens , qui paraissaient iWVoir grand soin de lui , l'avaient fait lever un quart d'heure i îvant ma visite (à ce moment il se trouvait bien , et il avait doute sa connaissance) ; mais quand je le vis , il était dans un état comateux; la respiration était stertoreuse avec râle mujueux, bruyant; une quantité de mucus écumeux et brunâtre ; sortait de la bouche; le pouls était fréquent et faible. J'or- I (donnai des slimulans. Je fus informé que, peu de temps après ■ ina visite, il avait repris sa connaissance; cet état continua jusqu'au lendemain malin , oîi il mourut.
(i) HamiltOD, On tke épidémie scarlàtina, etc. (Edinb, iD«di«al and 8urg< ourn. vol. S.XSIX, p. i45 aud i53. i833. )
432 NEPHRITE ALBUMINEUSE
Le cerveau élail à-peu-près sain, à l'exception d'une légère infiltration au-dessous de l'arachnoïde. Il y avait deux petites ulcérations sur les amygdales; la membrane muqueuse de la trachée, et surtout celle des bronches, étaient très enflammées et couvertes de mucus rougeâtre et sanguinolent. On trouva une plaque rougeâtre et apparemment enflammée dans l'estomac (il y avait eu des vomissemens pendant la vie).
Les reins, plus mous que dans l'état naturel^ étaient marbrés extérieurement, et d'un rouge foncé intérieurement; dans la substance tubuleuse , la couleur était si foncée , qu'elle rendait l'apparence striée de cette substance presque imperceptible, m
Dans un autre cas de scarlatine, sans œdème, M. Harailton a observé, à la surface, des reins une apparence analogue aux péléchies. Dans un troisième, la substance corticale des reins avait pris une teinte crémeuse tout-à-fait semblable à celle que M. Hamilton a plusieurs fois notée dans lescas d'anasarque, suite de scarlatine. Voici le fait (i) : a L'éruption scarlatineuse parut sur le corps de G. L., âgé de six ans, le 26 septembre, mais je ne le vis que le 27 : alors l'éruption était bien sortie; la peau chaude , le pouls à i5o et mou; les amygdales étaient très enflammées et gonflées. Je touchai immédiatement les amygdales avec le nitrate d'argent ; je prescrivis un bain chaud, et des purgatifs; plus tard, des sangsues aux angles de la mâchoire , et une poudre contenant deux grains de calomel et une petite quantité d'opium, toutes les trois heures.
Le 28 septembre, les piqûres des sangsues avaient beaucoup saigné , au point qu'on trouva nécessaire d'arrêter le sang par la cautérisation ; pouls à i54 et mou; gonflement des amygdales considérablement augmenté {Cmitèrisaiion des amygdales avec le nitrate d'argeiit; vèsicatoire au cou, et, 'plus tard, cataplasme renouvelé toutes les deux heures, à la même région; calomel et opium).
Le 29 septembre, éruption toujours bien développée ; pouls a 164, mou; langue sale; les deux amygdales se touchent, de sorte que la luette ne peut être aperçue, et lorsqu'on essaie
(i) MdM, med, and surg. Journal, toI. îlvii. pag. 148.
SIIITJÎ DE SCARLATJJVE. :'|vH3
1 d'introduire le caustique entre les deux amygdales , on rencon- : trc une résistance considérable; le malade éprouve un gi-and . malaise ; par momens , léger délire (Eait rowjie ; poudre de ca-
lomel et ojrinm, le soir) ■
Le 3o septembre, on ne peut introduire le caustique entre . les deux amygdales ; pouls, i6o à mou et vibrant ; beaucoup de I malaise ; délire, par momens, pendant la nuit {Eau romjie).
Le r""-' octobre, pouls à i54, très mou; amygdales énormé- : ment gonflées et offrant des eschares ; beaucoup de malaise; jpar momens , oppression , d'autres fois , respii-alion facile ; 1 point de sj^mplômes de broncbite {Dècoclion de viaiide de hœuf : en lavement} eau roiigie).
A onze heures du soir, pouls à 164 , faible; la déglutition se I fait avec beaucoup d'efforts.
Le 2 octobre, le malade a été mieux pendant la nuit et il avale uun peu plus facilement,- pouls au-dessus de 160, très faible; 1 l'éruption a tout-à-fait disparu, et la peau est modérément
chaude; les amygdales sont moins gonflées, mais présentent i.une masse d'eschares {Vin et décoction de viande de hœuf ad
libitum).
A huit heures du soir, pouls à 168 , très faible ; beaucoup de malaise et .d'oppression ; de temps en temps , toux croupalo, sans expectoration; gonflement considérable aux angles de la mâchoire.
Le 3 octobre, à six heures du matin , beaucoup de prostration et de malaise; pouls très faible et très fréquent. Le malade a été très agité pendant toute la nuit; toux sèche, sonore, sans expectoration, quoiqu'un mucus ténace paraisse accumulé à la partie postérieure du pharynx {Vin et punch à l'eau-de-vie).
Mort à onze heixres du matin.
A l'ouverture du corps , faite quarante-huit heures après la I mort on trouva les lésions suivantes: les deux amygdales fi formaient une masse d'eschares, mais elles étaient moins gonflées qu'on avait pu croire ; l'épiglotle et les parties voisines de l'ouverture de la glotte étaient gonflées et injectées. La mem- < lirane muqueuse du larynx et de la trachée était injectée; les poumons étaient parfaitement crépitans ; cependant, lorsir. 28
434 NKPHRITE ALBUMINEUSE
qu'on incisait ces organes, on voyait sourdre, en pellle quantité, des gi'osses bronches , un liquide muco-purulent.
La substance corticale des reins était convertie en une substance de couleur crémeuse, semée de ramifications vasculaires. Cette couleur crémeuse était plus apparente encore à la coupe et contrastait fortement avec la couleur de la substance tubuleuse qui pai-aissait naturelle. M. Hamilton ajoute qu'il n'avait jamais vu la substance corticale des i-eins prendre si complètement cette couleur de crème, à une époque si peu avancée delà scarlatine; que les reins ressemblaient exactement aux reins de plusieurs malades morts d'hydropisie à la suite de cette fièvre éruptive , et dont il a rendu compte dans le xxxix' et le xLii^ volume du Journal d'Édimhourg,
Chez un enfant de sept ans, mort de scarlatine, le 12 octobre i836, j'ai moi-même constaté des altérations des reins qui coi'respondaient parfaitement au premier degré de la néphrite albumincuse : les reins étaient beaucoup plus volumineux que dans l'état sain; leur surface extérieure, d'un rouge vif, offrait un réseau très délié, dont l'injection n'était point également régulière dans tous les points. Les mamelons et les cônes de la substance tubuleuse, fortement injectés de sang, étaient noirâtres. A la coupe, la substance corticale, moins rouge qu'à sa surface, présentait, çà et là, de petits points plus injectés; dans quelques points , elle était d'un jaune pâle. Le bassinet et les calices n'offraient ni injection morbide ni péléchies.
L'observation suivante est plus complète et non moins remarquable :
Ous. LXIX. — Scarlatine maligne ( symptômes cérébraux et angine pseudomembraneuse); urine rare et albumiueuse. Mort. — Reins bypcrémiés, augmentés de poids et de volume. Cougeslion pulmonaiie ; pétécliies sons le péricarde et sous les plèvres.
Guilleraeau (Claudine), domestique, âgée de 20 ans, fut admise à l'hôpital de la Charité, le 5o septembre iSôg.
Lors de son admission, cette jeune fille était dans im élalde délire qui ne lui permettait pas de donner de rcnscigneniens sur le début et la marche de sa maladie ; mais il nous fut lacilede
la reconnaître pour une scarlatine maligne. Toute la surface du corps présentait une teinte rouge uniforme, plus prononcée aux plis de l'aine, sur le dos, et à la partie antérieure de la poitrine. La respiration était très gênée; l'oppression augmenta par moiiiens; il survint fréquemment des quintes de toux, qui ont un caractère convulsif. Elles sont quelquefois accompagnées de cris plaintifs, et parfois suivies de l'expulsion de concrétions molles , comme pseudo-membraneuses , mêlées à des mucosités glaireuses et filantes. Sur les parois de la bouche , sur la langue et dans le pharynx , on voit quelques plaques blanches j les amygdales sont tuméfiées ; la langue est sèche et brune à sa pointe; les dents et les lèvres sont sèches et noirâtres.
La partie supérieure du cou est gonflée et douloureuse à la pression ; la bouche est légèrement entr'ouverte ; les dents sont serrées et ne peuvent être que difficilement écartées. Le visage est injecté; les yeux sont rouges et saillansj l'anxiété est extrême ; cris ; décubitus dorsal ; la malade , dans une immobilité complète, ne répond point aux questions qu'on lui fait. Râle muqueux, humide à la partie antérieure de la poitrine, dont la résonnance est naturelle à la percussion. Pouls fréquent, irrégulier, se laissant facilement déprimer.
Deux saiguées du bras et deux applications de sangsues ont été faites sur le ventre, avant l'admission de la malade à l'hôpital.
Le 3o septembre, l'éruption de la scarlatine est complète; mais les symptômes d'angine pseudo-membraneuse et les accidens cérébraux sont devenus de plus en plus graves.
Le' octobre , la peau est toujours rouge et sèche; la stupeur est plus prononcée. La dyspnée est plus grande ; la langue et les lèvres son t fuligineuses {Tisane de gomme èdulcorée ; gargarisme avec l'aoidc hydrochlorique).
Le 2 , les accidens cércbi'aux et la gêne de la respiration ont encore fait des progrès : résolution complète de la sensibilité des membres et perte de connaissance ; la desquamation s'opère ; l'épiderme, humide et ramolli, se détache en lames blanches et assez larges. La peau ofï're, par suite de cette desquamation, un aspect ])igarré.
Le 3, la malade mcui-t peu d'instans après la visite du malin. Point d'émission d'urine ; on eti retira un denii-verre de la vessie, quelques heures avant la mort : elle est légèrement acide, se trouble par l'acide nitrique , et donne un précipité blanc et grumeleux par la chaleur.
Autopsie du cadavre, vingt-six heures après la mort. — Tête. Le cerveau a une consistance très ferme j les siuus et les veines des méninges sont gorgés de sang; sur quelques circonvolutions de la convexité des deux hémisphères , il existe un pointillé rouge, qu'on ne rencontre eu aucun autre point de la surface ou de l'intérieur du cerveau.
Col cl poiirirm. La base de la langue et le pharynx présentent quelques fausses membranes blanches, molles et peu adhérentes. La inetnbiane muqueuse qui tapisse le larynx et les bronches présente une l'ougeur générale très vive, sans fausses membranes. A la surface des poumons et sous la plèvre, on remarque un grand nombre de petites pétéchies d'un rose livide. Los poumons sont fortement congestionnés; lorsqu'on les incise , il s'en écoule une grande quantité de sérosité rouge et sanguinolente; ils surnagent lorsqu'on les précipite dans l'eau; on voit aussi un graad nombre de taches livides ou noires sur le feuillet. pariétal de la plèvre. A la base du cœur et à l'origine des gros vaisseaux, il existe de semblables ecchymoses ou plaques, avec des pétéchies sous forme de pointillé noir. Le sang contenu dans les cavités cardiaques et dans les gros vaisseaux est très fluide. La membrane interne du cœur.et celle des gros vaisseaux ne présentent aucune altération.
Ahdonicn. Les reins sont hypérémiés et augmentés de volume et de poids ; le rein gauche, un peu plus volumineux que le droit, pèse six onces six gros; le rein droit, cinq onces deux gros ; leur couleur est rouge, nuancée d'une teiiite bleuâtre ; la substance corticale est gonflée et plus rouge que dans l'état sain. On ne voit point de pétéchies à la surface des reins. La membrane fibreuse est peu adhérente, et peut être facilement détachée ; la membrane muqueuse des bassinets, des uretères et de la vessie , est saine.
L'estomac et les intestins ne présentent point de taches oc-
SUITE DE SCA.RLATJN'fc;. 4^7
chyniotiques. Quelqiien plaques de Peyer, disséminées dans l'iléon, ont une teinte rose ou ardoisée.
Il résulte donc, de ce petit nombi-e d'observations , que dans ]a scarlatine , ou à la suite de celte fièvre éruptive , et lorsqu'il n existait axtcune apparence iC Injdroj^isief les reins ont été trouvés, après la mort, plus gorgés de sang que dans l'état sain, ou d'une teinte crémeuse , tout-à-fait semblable à celles qu'ils présentent dans deux étals de la néphrite albumiueuse avec ou sans hydropisie et survenue dans d'autres circonstances.
§ 606. L'altération de la sécrétion iirinaire et le dévelojjjJCment de l'miasarqite, à la suite de la scarlatine, avaient été indiqués bien avant que l'état des reins qui leur correspond eût été constaté. Dœring et Sennert (1) signalent l'hydropisie qui survient à la suite de la scarlatine, et la considèrent comme uu des accidens fâcheux de la période avancée de cette maladie.
Calvo (2), cité par Borsieri (3), rapporte que, dans une , épidémie de scarlatine, qui régna à Florence vers l'année 17 17, les malades entraient en convalescence vers le vingt-quatrième jour, mais qu'un certain nombre devenaient hydropiques j et il assure, qu'à l'ouverture du corps de plusieurs sujets morts de cette affection, on trouva les poumons , la plèvre, les muscles intercostaux, le diaphragme , les reins et les intestins plus ou moins enOammés.
(1) " Mox pedes ad talos et suras usque Intumescuut ; hypocliondria \xduDtur; respiralio difficilior redditur, tandemquc aLdoinen iatumescit, ajgriquc non sine magoo labore et post longum tenipus pristinœ sanitati restitunntur, sœpè etiam nioriuntnr (Senuert. de Fehr, lib. jv. cap. 12. De variulis et morbillis. 178.)
(2) CalTO (J.) Comment, de hodiernâ Etrusca cHiiica cxtat in : Roncalli Parolini, Medicina lîuropac, p, 33,^. « Circà vigesimara primam diem cœpissc queri de aliqua respirationis gravifatc, raodica tussi aique aliquo oculorum, facieique et extcrnarum guttuiis partium œdeinalc, qnibus pbœnoinenis succedebat febris, iisque in gravescentiJjus , prwserdm œdemale , quod imiverscde fichai , ( iim luvi Iboracis dolori-, abdomiuis tensiouc et aliquaudo torminibiis et ornniinodo urinaïuui suppicssionc, >>
(3) Borsieri, Insùl. medicœ ijracticœ , vol. n. p. 73, cd. iliicker, iu-8 , Lipsio!, 1826.
438 n:iéphrite aliîumineuse
J. Storch (i) indique aussi l'hydropisie, suite de la scarlatine.Dansune épidémie de scarlatine maligne, à marche irrcgulière, Navier (2) dit qu'il survint à plusieurs enfans une énorme leucophlegmasie. Vurine, rendue enpetiie quanlilè, èlail hrunc et parfois sangtnnolenle.
Plenciz (3) a très bien exposé les principaux caractères de cette hydropisie et les conditions dans lesquelles elle se développe. Il a clairement indiqué l'altération qu'offre l'urine au début de la maladie [urinœ sccedunt sat paucœ, et quidadmiratione dignum , pleriimqiie criienlœ , aut lotiirœ camium similes); mais rien n'autorise à penser qu'il ait soupçonné que l'urine contenait de l'albumine j lorsqu'elle n'était pas sanguinolente. Il ne s'est point non plus préoccupé de l'état anatomique des reins. Toutefois , il rapporte le cas d'un enfant devenu leucophlegmalique à la suite de la scarlatine, et qui éprouvait une vive douleur dans la région du rein droit. (4)
Rosen de Rosenstein (5) dit que dans l'épidémie de scarla-
(1) Storch. Praktischer und iheoretischer Traktat vom Scharlachjieber, etc. Gotb»,
(2) Navicr. Sur plusieurs maladies populaires qui ont régné h Châlons-sw- Marne. Paris, 1753.
(3) Plenciz (M. A.} Traclatus m. de Scarlatinâ, Viennœ Austrio;,' in-S.
(4) X Alius octennis puer post superalam scarlatinam benigoam inciderat in eundcm tumorcm leucophlegmaticum; medicns ejusdcm ordiu.-ibat divcrsa remédia aperitiva , incidcntia , diurctica, adeoqne salina , scillitica , quinimo, rbabarbarina, roob ebuli, sambuci, do spina cerviua ctsimilia, scd omnia sincaliquo effecta; nam nec alvus exiude moTebalur, ncc urina in majore quantitate evacuabatur; unde tumor et anxietatcs potius cxinde augebantur, quam minuehantur. Quapropter ordinabat pulvisculos ex jalappa, troclùscis, albandali, aut diagridio sulpburato , cum rbco; item eœulsii cum résina jalappa;. Ex usu quorum vebcmenlcr quidem purgabatnr .Tger; scd dolorem in latere dextro circa rcgionem renis persenliebat, ut pressioncm manus ferre non potuerit. Adorât prasterea nisus ad vomitum , ingens sitis, febris magna, vigiline, summa virium prostratio ; liis dcin accesserat dclirium, oculorum convulsiones, et tandem mors. » (ioc. cit. p. i5o. AEgrotiis v.)
(5) Rosen de Rosenstein. Underraettelse ont barns'siukdomar, oc/i deras liolc-medel. Stockholm. 8. 1771.
SUITE DE SCARLA.TmE. 4^9
line, qui régna à Stockholm et à TJpsal en 1741, plusieurs convalescens qui n'avaient point pris les précautions hygiéniques nécessaires, eurent le corps tuméfié, comme dans l'anasarque, et que leurs urines étaient rares et semblables à de la lavure de chair.
A la suite de la scarlatine, rafifection des reins et l'hydropisie, qui en est un des principaux symptômes, peuvent affecter une marche aiguë ou chronique; la distinction de ces deux espèces d'hydropisie a été bien exposée par Borsieri (i) , quoiqu'il ne connût pas les lésions rénales. De même , Vieusseux (2), sans avoir une idée de la lésion rénale, déjà entrevue par plusieurs observateurs, a fortement insisté sur les précautions hygiéniques propres à prévenir le développement de l'anasarque, à la suite de la scarlatine, et s'est attaché à démontrer que la fréquence de cette hydropisie , à Genève devait être attribuée à l'impression de l'air froid et à l'action fâcheuse du climat.
Wells (3) a signalé très nettement l'existence de l'albumine dans l'urine, dans l'anasarque, suite de scarlatine. Dès 1799, il avait étudié, avec le plus grand soin , les qualités physiques et chimiques de l'urine des malades atteints de celte espèce d'anasarque. Ces recherches furent le sujet d'une lecture qu'il fit, en 1806, à la Société pour l'avancement des connaissances médico-chirurgicales, et il les publia plus tard (en iSra), avec d'autres observations sur les urines d'hydropiques qui n'avaient point été atteints de scarlatine. Il a tracé l'histoire générale de l'hydropisie, en partie, d'après le travail de Plenciz , et en partie, d'après ses propres observations; il a rattaché à des affections du cerveau, du ventre et de la poitrine les principales complications, ou les suites de l'anasarque; et non-seulement il a indiqué la présence de la partie rouge du sang dans l'urine,
(i) HoTsicTU Instil. medicince practicœ , ed. Hecker. yoI. ii. p. 71 (Morbi sccundarii sive altéra scarlatina: periodus). Lipsia;. in-8. 1826.
fa) Viciisseux. Mém, sur l'anasarque h la suite de la scarlatine (Recueil périod. de la Soc. de méd. t. vi. p. 377. 401. 1798).
(3) Wells (William-CLarlcs). Transactions 0/ a societyfor ihe improvement nf mcdical and chirurgical knowledge. vol. ni. p. i()7. Londoii. 1812.
440 NliPHRlTii ALSTUtlNRTISK
fait déjà connu, niais il a constaté dans les urines tlépoumies decruor la présence de l'albumine. Quant aux lésions rénales correspondantes, il les entrevit plus tard.
Déjà Cruickshauk (i) avait constaté la présence de l'albumine dans l'urine des personnes atteintes d'anasarquc ou d'hydropisie générale; il avait indiqué la chaleur et la réaction de l'acide nitrique sur l'urine comme des moyens de distinguer les hydrojnsies généra les o-a. inflammatoires d'avec celles qui sont produites par désaffections du foie oji d'autres viscères-, mais Gruickshank ne dit pas si ses observations s'appliquentàl'hydropisie qui survient après la scarlatine.
IJlackall (2) rapporte plusieurs exemples d'hydropisie avec urine coagulable, survenue à la suite de scarlatine. Quant aux lésions rénales correspondantes, ils'en est peu au point occupé- Mais il est \\n point sur lequel je désire fixer Tattention du lecteur, Blackall cite deux cas d'hydropisie générale, suite de scarlatine dans lesquelles l'urine ne contenait pas d'albumine. J'ai vu également deux cas semblables d'hydropisie qui se sont terminés heureusement, M. Ilamillon dit qvie chez plus de soixante individus atteints d'hydropisie après la scarlatine, dexix seulement n'ont point offert d'urine coagulable; dans ces deux cas l'affection était légère 5 M. Baudeloque a publié un autre exemple (3) d'anasarque sans urine coagulable; de sorte qu'il est bien démontré que toutes les anasarques, suite de scarlatine, ne doivent poiîit être regardées comme de même nature.
J'ai déjà dit que jilusieurs observateurs avaient noté que les reins étaient quelquefois altérés dans la scarlatine et dans l'hydropisie qui survient à la suite de cette fièvre éruptive; mais tous ne sont pas d'accord sur la nature de la lésion rénale, Rcil (4) reconnaît que les reins sont mous, gonflés, fongueux
(r) RoUo. Cases oj the diabètes mellittis, ctc, p.443. 446. 447 01448. Lon- <lon, 1798.
(2) niackîiU. Oliservatinns nti the nalwe and cure o/drrpsies, cic. 3J cilit. Loudoii, 181S.
(3) Cazelte des hôpitaux, i835. p. Sal.
(4) Reil. Fieberlchre. Jîd, y. S. ()7— 197.
cl remplis de sucs et de sang; mais il soutient qu'ils ne sont point enflammes. Fischer (i) dit, au contraire, non-seulement que les reins sont congestionnés dans le stade de la desquamation de la scarlatine; mais encore que cet état peut facilement passer à l'état inflammatoire sous l'influence des diurétiques même les plus légers , et il ajoute que les vomisseraens au début de l'auasarque sont occasionés par une inflammation rénale.
Sur deux enfans morts , après une anasarque considérable , Fischer a trouvé les reins augmentés de volume, la substance tubulexise enflammée et presque gangrenée , la substance corticale et la capsule fibreuse ayant l'apparence que donne la macération.
M. Bright dans ses premières recherches sur l'hydropisieproduite par 1 afleclion des reins, n'avaitpoint cité de cas observésà la suite de la scarlatine. Depuis, M. G. Hamillon (2) a étudié avec soin et d'une manière suivie l'état des reins chez des individus morts d'hydropisie, après cette fièvre éruptive; il a constaté la présence de l'albumine dans l'urine, et la diminution de sa pesanteur spécifique; et il a insisté sur les complications que présente le plus souvent cette hydropisie et particulièrement sur les accidens thoraciques.
MM. Christison et Gregory, dans leurs premiers travaux, n'avaient pas non plus rapporté de'cas d'hydropisie avec urine albumineuse , à la suite de la scarlatine; mais le premier en a donné deux exemples dans l'ouvrage qu'il vient de publier (3). La première observation est un cas remarqi\able d'aflection rénale devenue chronique, et dans lequel le rein, à l'autopsie, ofi'rit.tous les caractères anatomiques de la néphrite albumineuse; l'autre est un exemple d'hydropisie survenue à la suite de la scarlatine chez un enfant scrofuleux, et qui s'est terminée heureusement.
Plus récemment, M. Bright a rapporté un cas d'hydro-
(1) Fischer (A. F.), lieu cité.
(2) Hamillon. lieu cité, p. iSa et suiv. i833.
(3) Cliristisou. On ffranular clegeneralion o/' the kidnics, de, iu-8. Ediuijiirgh. i8j9(c;ibcs x .lud xxvi).
442 NÉPHRITE ALBUMtNEUSE
disie avec urine albumineuse survenue à la suite fie la scarlatine (i). La maladie, ayant affecté une jnarche chronique, on a trouve à l'autopsie les deux reins granulés.
MM. Wood (2) et Stark (3) ont poursuivi les recherches de M. Hamilton sur l'hydropisie avec urine coagulable consécutive à la scarlatine et sur les accidens qu'elle peut présenter pendant son cours.
MM. Bavideloque (4) et Guersent (5) et leurs élèves , et particulièrement Constant (6) ont publié plusieurs autres observations d'hydropisie avec urine albumineuse et lésions rénales, survenue à la suite de la scarlatine. D'autres cas ont été observés par MM. Graves (y), Maleer (8) et Seymour (9); et MM. Alison et Addisson ont aussi fait des remai'ques intéressantes sur l'état albumineux de l'urine dans ces hydropisies.
§ 607. Lorsque la néphrite albumineuse se déclare dans la convalescence do cette fièvre éruplive, c'est le plus souvent vej's le quatrième septenaii'e (10), rarement plus tôt (i i) ou plus
(1) Briglit (RicLnrd). Cases and observations illustrative of rénal disease (case II). (Guy's hospital reports, in-8. LonJon. April i83G.)
(2) Wood (WilliDm). An accotmt ofscarlel J'ever, etc. ditring tlic épidémie oJ'i%i5 — 36 (Edinb. mcd. and surg. Journ. Tol. XLVii. p. log).
(3) Stark, Edinb. tncd. and surg. Journal vol. xlvi. page 372. Baudcloque. Gazelto médicale, i834. p. io5. Gazelle des /ivfitaiu;
(5) Gazette médicale, ï834. p. 553.
(6) Gaz, tnéd. i834. p. io5.
(7) lond. med. Gaz. vol. xx. p. 746.
(8) Edinb. med. and surg. Journ vol. XLvii. p. 71.
(9) Londonmed. Gazelle, vol.xix. p. 347.
(10) Die décima qnarta aut décima quinta aliqnando ctiam tardius a dissipata scarlatina (Plenciz. Traetatus de scarlalina. § vit. p. i5). Modo
irca diera vigesimam primam quaudoque etiam scrius (Borsicri. Instil. medicinœ practicœ. t. il. § 88. p. 71). Wells (William-Charles), le vingtdeuxième ou le vingt-troisième jour après le conimencemcut de la fièvre {Transactions of a soeiely for the improvement of médical and chirurgical knowledge. vol. m. p. 167. London. 1812).
(i 0 Wells a vu un cas où l'hydropisie s'est montrée le seizième jour. M. G. Hnmilton l'a vue survenir presque immcdiatcmcnt après le dùcliu de l'crup-
Utard(i).Le malade, qui était bien les jours préccclens, se trouve nscuffrant, fatigué; les enfans sont de mauvaise humeur : en «même temps, pâleur du visage , insomnie, anorexie, quelquelifois nausées et vomissemens. Quelques jours après, on remar- ,que une bouffissure (hydropisie) qui, ordinairement, se montre àd'abord aux paupières, plus tard, s'étend à tout le visage et au reçu , envahit les mains , les pieds, les jambes, et chez les pelilits garçons, le scrotum, qui prend quelquefois un volume èénorme (-2); enfin , cette anasarque se montre quelquefois presqque toul-à-coup , sur toute l'habitude extérieure du corps.
Quelquefois les symptômes précurseurs de l'hydropisie manjquent complètement (3) , et le plus souvent alors , la maladie cidébute avec une grande acuité.
Une observaliondo M. Hamilton (5), et une qui m'est propre,
tion,qTii n'avait duré que quatre ou cinq jours (JSdinh. med. and surg.Joum. vol, XXXIX. p. 160).
(1) M. G. Hamilton l'a vue se déclarer cinq semaines après la fièvre primaire {ibidem), et le docteur Darwali, six mois après cette fièvre {Cjclojuvdia oj practical medicine, ayt. DROrsï).
(2) Plenciz. loc. cit. § cvr. AEgrotus 17. p. 216, etc.
(3) Borsieri. loc. cit. p. 71.
(4) Vicusscux (G.). Journal de Sédillot (Recueil périodique de la Société le médecine de Paris), t. vt. an vu. p. 379.
(5) Mar}' Guun, ilgée de 5 ans , avait eu une attaque de scarlatine bé- :!igne, quinze jours environ avant le 20 novembre, époque à laquelle je la vis pour la première fois. Alors elle se plaignait un peu, mais n'offrait pas A moindre enflure; l'urine était fortement coagulable et sa pesanteur spéifiquc était de 1028, Le 24 novembre, une anasarque considérable s'était Itclarée; l'uriac , rendue en quantité modérée, avait une faible densité ioi3), et elle était fortement coagulable [scille, digitale, crème de tartre et
ourgatij's). Le 25 novembre, l'enfant avait eu de la fièvre et avait été mal à >on aise toute la journée; urine fortement colorée, donnant ioi3 pour nesantcnr spécifique, et fortement coagulable. Le 26 novembre, la fièvre ontinue; beaucoup de malaise; urine comme hier. Le 27 novembre, l'cn- .\ni s'est levée et se trouve beaucoup mieux; moins d'enflure; urine encore ')rtement colorée, mais moins coagulable, pcsauteur spécifique ion; urée n quantité aussi considérable que dans l'urine saine. Le 29 novembre , di-
444 NIÉPHRITK ALBUMINEUSE
prouvent que, dans la néphrite albumineuse, survenue à 1 suite de la scarlatine, comme dans les cas où elle se dpclar seulement après l'impression du froid et de l'humidité, l'urin est quelquefois albumineuse avant l'apparition de l'anasarque. Au reste, dans tous les cas, dès l'invasion de l'hydropisie , la sécrétion urinaire offre un dérangement très remarquable.
mlDation notable de l'anasarque; pesanteur spéciCque, loii; urine beau* coup moins albumineuse et moins fortement colorée.
M. Hamiltou a examiné trois échantillons de l'urine du 3o novcuibrc : dans le premier, l'urine était aussi jaune que l'urine naturelle , pas très coagulable; pesanteur spécifique, ioi3 ; l'urine du second échantillon avait l'apparence d'un mélange d'une petite quantité de sang avec une quantité considérable d'eau; sa densité était ioi2,5, et elle était un peu plus coagulable que celle du premier échantillon. L'urine du troisième échantillon était presque aussi coagulable que celle du premier; cette urioe avait nue couleur carmin foncée. La quantité entière de l'urine rendue dans les vingtquatre heures était environ deux pintes; pesanteur spécifique moyenne, 1014,17.
Le i"-'' décembre, l'anasarque avait presque disparu; bon appétit. Trois échantillons de l'urine de ce jour furent examinés. La première, de couleur rosée, d'une pesanteur spécifique faible (10 12). La seconde, qui n'était presque pas rose, donnait pour pesanteur spécifique 1012. La troisième, d'une couleur rouge brun foncée, donnait 1018. La malade n'a pris ces deux derniers jours, pour tout médicament, que la crème de tartre délayée dans de l'eau. Terme moyen de la jiesanteur spécifique de l'urine de ce jour, 1014,17.
Le 2 décembre, l'enfant continue de se trouver bien. De trois émissions d'urine examinées, la première était jaunâtre, légèrement coagulable, et donnait pour pesanteur spécifique 10 1 8^ après avoir déposé un sédimeut brun foncé. La seconde, un peu plus coagulable que la première, avait une teinte rosée et une densité de 1018. La troisième avait une couleur carmin plus foncée; pesanteur spécifique, 1009. Densité moyenne de l'urine de ce jour, ioi5.
Le 3 décembre, convalescence. La malade n'a pris aucun médicament hier. Examen de trois émissions d'urine : la première était d'une couleur rouge brune; coagulable; pesanteur spécifique, 1020. La seconde était d'un brun très foncé; densité 1024, et fortement ccigulablc. La troisième était clîiirc, d'une couleur carmin foncée; pesanteur spécifique, lOoS. Densité moyenne de l'urine de la journée, ioi7,33. L'urine avait été rendue, dans les diverses émissions, en quantité à-peu-près naturelle {Lieu cité, p. i55).
Presque toujours elle est notablement diminuée , et quelquefois même, pendant un certain nombre de jours, elle est com- )lètenîent supprimée (i); mais cela n'arrive que dans des cas Très graves.
Ordinairement l'urine , d'un rouge brun, et trouble, est mélangée d'une quantité plus ou moins grande de sang. On l'a ïue même avoir l'apparence du sang presque pur. Le plus sou- Ë-ent, le sang, et surtout ses globules , éprouvent xine altéradon notable dans l'urine; la couleur du sang devient chocolat im elle offre d'autres nuances de brun plus ou moins foncé.
Un caractère remarquable de ces urines , et qui a frappé «lême les premiers observateurs , c'est la présence d'une maèière blanchâtre floconneuse en suspension dans l'urine. Celles Kui sont peu colorées lessemblent assez bien à du petit lait non ilarifié; celles qui sont mélangées d'une certaine quantité de ang ont été comparées à de l'eau dans laquelle on aurait lavé l ela chair {lotura carnis). Cette apparence de l'urine est abiolument la même que celle que j'ai observée dans d'autres jéphrites albumineuses, indépendantes de la scarlatine. 1 La pesanteur spécifique de l'urine est très notablement morlifiée; car, même dans les cas oti l'urine paraît épaisse, trouble t chargée de sang , elle devient, en général, moins pesante nue dans l'état sain. M. G. Hamillon (2) a constaté, qu'au lieu lie 1018, terme moyen de la pesanteur spécifique de l'urine ialne, elle tombe à ioi5 ou ion, et que celte faible densité É>ntinue même assez long-temps après que les symptômes de hydropisie ont disparu, et qu'il n'existe plus de traces d'albuline dans l'urine. M. Wood(i) a confirmé, par de nouvelles îcherches, l'exactitude de ces résultats qu.i , du reste, sont arfaitement en rapport avec ce qu'on observe en examinant lu-ine de malades atteints de^ néphrites albumineuses non onsécutives à la scarlatine et produites par l'impression du •oid et de l'humidité , ou par l'abus des liqueurs spiritueuses.
(i) Vieusseux. lieu cité. Borsieri. foc. cit. etc. (î) HamiltoD. lieu cité. p. i58.
(3) Edinb. meii. aiul surg. j'ourn, vol. xi.vii. p, 109.
446 TVlîPHRITE ALBUMINKDSr:
ToulefoiSj la composition chimique des urines albumincuses, à la suite de la scarlatine , n'a pas encore été examinée avec tout le soin désirable; seulement on peut inférer, des recherches faites sur la pesanteur spécifique de ce liquide, que les parties solides de l'urine existent généralemcnent en moindre proportion que dans l'urine saine.
L'albumine, en quantité très notable dans l'urine, dans les premiers temps de l'affiection , surtout dans les cas aigus , diminue ordinairement d'une manière graduelle avec les autres accidens, et disparaît lorsque la gucrison est complètement opérée. Dans les cas de recrudescence des symptômes, ce principe se montre de nouveau et quelquefois en proportion considérable.
Quelquefois, l'urine ne contient pas de cruor, et elle est cependant fortement albumineuse; dans d'autres cas, oii le cruor passe en petite quantité, l'urine, traitée par l'acide nitrique, donne un précipité plus considérable que celui que fournirait une urine normale aussi fortement colorée par un mélange de sang en nature ; de sorte qu'on ne peut juger de la proportion de l'albumine par la couleur plus ou moins foncée de l'urine.
Dans la plupart des cas , l'albumine disparaît avec l'hydropisie; cependant on a noté des cas oii elle a persisté longtemps après que l'hydropisie avait disparu et lorsque toutes les fonctions semblaient s'exécuter d'une manière régulière.
§ 608. Blackall(i) cite deux exemples d'hydropisie générale, survenue immédiatement à la suite de la scarlatine , et dans lesquels l'urine, examinée plusieurs fois avec soin, n'offrit pas de traces d'albumine. J'ai eu connaissance de plusieurs faits
(i) M. T., âgée de 12 ans, était sur le point d'entrer en convalescence d'une scarlatine dans laquelle l'inflammation de la peau avait été très intense, et qui avait été accompagnée de diarrhée. Elle avait quitté le lit depuis quelques jours seulement, et le soir qui précéda ma visite, les chevilles et les genoux avaient commencé à enfler.
Elle était dans un état de langueur avec perte d'appétit , le pouls était fréquent et faible; il y avait douleur au cûté gauche, diarrhée et gonflement de presque toutes les articulations, sui-tout de celle du genou gauche?
SUITE DE SOÀRLATrNE. 447
semblables, mais comme ils ne se sont pas terminés par la mort, il m'est resté des incertitudes sur la cause elle mode de production de l'h^rdropisie.
§ 609. A la suite de la scarlatine , la néphrite albumineuse peut allecter une mArclie azgiië oxi chronique ; souvent aussi, après avoir débuté d'une m mière aiguë , la maladie prend les caractères d'une afiection clironique; cependant, elle dure rarement plus de deux ou trois mois.
§ 610. A l'état aigu, le mal débute souvent à l'insu des parens et du médecin, et peut devenir mortel en quarante-huit heures. (1)
dans la bourse muqueuse située au-dessus de cette articulation , il y avait une fluctuation manifeste.
L'urine était un peu rare, pâle et sans sédiment; elle n'était coagulaMc ni par la cbaleur, ni par l'acide nitrique, et, à un très faible degré, par le sublime corrosif. Un léger préciiàté fut obtenu par l'iafusion de noix de galle, et un précipité floconneux abondant par l'acétate de xilomb.
Les symptômes d'une véritable bydropisie se déclarèrent rapidement. En y moins de quinze jours, la malade fut atteinte d'une anasarque générale , I avec fluctuation dans l'abdomen, ortbopnée et songes effrayaus. A la fin, I elle fut obligée de passer plusieurs nuits de suite assise dans une cbaise, ne I pouvant se mettre borizontalement. L'existence d'un bydrotborax était évi- ( dente. Pendant tout ce temps, l'urine, examinée tous les jours, ne donnait I aucune apparence de coagulum. A l'époque où la malade avait le plus i d'oppression, l'urine était remarquablement aqueuse et tout-à-fait incolores La teinture de digitale, donnée jusqu'à ce qu'elle ralentît le pouls et occasionàt une grande douleur de tête , ne procura pas le moindre soulagement. Au contraire, les .symptômes parurent s'aggraver. Il survint une forte constipation, contre laquelle on administra le jalap et la scammonée. Tous les mauvais symptômes disparurent par ces remèdes, et la malade se rcta1)lit complètement par l'usage du quinquina (Blackall. owr. cité pag* 19)-
L'autre cas est beaucoup moins concluant ; car on voit des cas de néphrite albumineuse danj lesquels l'albumine, après avoir existe dans l'urine pendant la première période de la maladie, disparaît avant que les sjmp-. tomes de l'Iiydropisie aient complètement cessé.
(i) <« En 1772 , je vis un enfant âgé de 4 ans, atteint de scarlatine; la fièvre était forte et l'éruption si abondante et si générale, qu'il était complètement rouge. Celte rougeur dura huit jours entiers, ce qui est fort rare.
448 NKPnniTE AÏ,BUMINETJSR
La peau est chaude, et transmet à la main une sensation désagréable. L'œdèmeestferme, élastique, etnereçoilpoint ou ne reçoit qu'imparfaitement l'impression du doigt; le pouls ordinairement est vif et fréquent , et le cœur bat d'une manière tumultueuse ; la respiration est accélérée , même dans les cas oîi rien ne démontre une lésion matérielle des organes respiratoixes ou circulatoires. L'urine , rendue en petite quantité , brune, trouble et épaisse, est fortement albumineuse. L'abdomen, surtout vers l'épigastre, les hypocliondres et les flancs, est douloureux au moins à la pression. Il est rare que la douleur soit -bornée à une ou deux régions rénales (i); le plus souvent , il y a dysurie et de fréquentes envies d'uriner.
Les symptômes et les accidens prèdomi7inns peuvent se montrer à la iête , à la j>oilrine ou à Vahdomen.
Dans le premier cas, les malades on^uelquefois des douleurs de têle très vives , et qui provoquent (jiez les enfaus des cris aigus. Cette céphalalgie peut s'accorapa^er d'une cécité complète, mais passagère, avec dilalatioia dcs pupilles (2) ou avec dilatation et resserrement alternaliSs -dk/é ÎPiris^S); les vomissemcns sont très opiniâtres. On r^îp^ofle de? tas de convulsions devenues quelquefois rapidjemeftt morlelltes. Blackall a vu un
La guérison parut .icbevée à cette cBOqué ; ïl réSfa cependant enfermé pendant Luit autres jours, et alors, contre mes ^éfftises expresses, on lui permit de sortir : vers la troisième semaine, le temps étant devenu froid , il resta long-temps, un soii', à s'îimuser au bord du lac par une forte bise; de retour au logis, il se plaiguil^e ne pouvoir nHner , et sentit bientôt du malaise et de l'opprcssiA. Ces accidoiis augmentèrent pendant la nuit; je fus appelé le matin, j^-lVtr'ouvai enflé ^)artout le corps et sans aucune espérance; il mourut ïâ 'nuit suivante» (Vieusseux. lieu cité. p. 4o4)- I-e docteur James UamWVbn' {Observations on tlie utility, eic. of purgative médecines, p. 194) a vu égalcmojitjjpeudant l'épidémiede scarlatine de 1804, dans l'hopital de Heriot, à EdSnibourg , mourir trois enfans, en moins de trente-six heures , d'accidens analogues.
(1) Plcnciz. loc.cit. pfi.e. — Mateer. On llie coagulability of urine, M. Edinb. med. and surg. Journ.'-vol. XT.vii. p. 71 and n3.)
(2) Wells, lieu cité, ^
(3) Wood. lieu cité.
SUITE UK SCARLATINE. 449
côté <la corps être paralysé , taudis que l'autre était frappé de convulsions. U'aulrns fois (et ces accideus peuvent terminer la .scène dans les autres formes de cette aflection) , c'est un élatcomateux ou une stupeur profonde , à laquelle il est presque iin possible de soustraii-e le malade , même pour quelques momens.
Ces symptômes ont souvent fait soupçonner l'cvistence d'un épancliement séreux dans les ventricules du cerveau; et, eu quelques cas, l'autopsie , après la mort, a confirmé cette opinion. Dans celte forme, le pouls est plus rare et plus lent (i) que dans les autres variétés , et les mouvemens du cœur sont souvent irréguliers.
§ 6ii. Dans presque toutes les formes de la néphrite albumineuse aiguë, à la suite de la scarlatine, ou remarque des symptômes pulmonaires. Ce sont quelquefois ces symptômes qui éveillent l'attention des malades ou celle de leurs parens, quoique ordinairement l'ottième des membres existe un ou deux jours avant que l'opÇ)ression se soit déclarée. Les accideus thoraciques sont de deux'sortes : dans la première, il y a inflammation des bronclxeK*/des poumons ou de la plèvre; dans la seconde, épancliemeti,t ■téreux dans la cavité des plèvres ou dans le péricarde, ou bien, oedème pnJmonaire. La première a été bien signalée, dans ces^eiuiers temps, par M. G. Hamilton, et elle avait été nellej^H^^ inc^quée par les médecins florentins, dès 17 17 (2) .'La, fljTspné^ qu'occasionnent ces alfections a été confondue par^d'autres o'bservateurs avec celle qui résulte des épanchemens séreux , très fré(jueiis dans cette hydropisie.
AL G. Hamilton afifa'rae que les affections inflammatoires des poumons et de la plèvre sdj^^plus convnunes que les épanchemens pui'ement séreux. U ra^orlé ^^ieurs cas oii la dissection a révélé ces lésions inflammatoires de 1* manière la plus positive. Dans un cas, la plèvre costale f^voi^^ présentait une
(1) Blackafl , &ett cité ,\). 109 ; Wood. lieu ciltt'
(2) Mcdici liinc solcrtiores mortuorum Cadavera sccueruiit, iuTenerunt- ({ue pulmones , /(/eHram , intercostale.-, umsctîlos , diupliragina , renés et intesliua plus rainasque ioflaramatione corropta (Borsieri. loc. cit. p. 74).
/^So IVlIlPHRTTE ALBtlMrNEUST:
inflammation intense (i) avec défausses membranes réticulées, semblables aune ruche d'abeilles; trois pintes d'un liquide séro-purulent existaient dans la plèvre du même côté. Le poumon était comprimé et réduit au volume de la moitié du poing. L'anasarque s'était déclarée plusieurs semaines avant la mort.
§ 612. M. G. Hamilton a observé la pneumonie dans un plus grand nombre de cas que la pleurésie , et il a noté qu'elle parcourait ses périodes avec une rapidité extraordinaire. Chez un malade , il a vu les deux tiers des deux poumons passer à l'état d'hépatisation rouge, dans l'espace de deux jours et demi à trois jours. Chez un autre malade, il a trouvé une partie du lobe supérieur d'un des poumons à l'état d'hépatisation grise, et d'autres parties des deux poumons envahies par une hépatisation plus récente.
La pneumonie et même la pleurésie ne paraissent pas se montrer sous une allure aussi franchement inflammatoire que lorsqu'elles sont produites par l'impression du froid et de l'humidité.
M. Wood (2) cite un cas de pneumonie survenue dans les derniers temps de la maladie ou à l'époque de la convalescence, et dont la marche paraît avoir été plus franche.
Au début de la pneumonie , le râle crépitant n'étant pas toujours facilement saisi , on est souvent obligé de se régler, pour le traitement , plutôt d'après la toux, la dureté, la force et la fréquence du pouls, que d'après les phénomènes stéthoscopiques; circonstance déjà présentée par des pneumonies survenues dans d'autres afiections générales.
§ 6i3. Les épanchemens purement séreux dans les plèvres se montrent dans cette hydiopisie avec leurs symptômes ordinaires. Lorsqu'ils sont considérables, dyspnée presque subite, avec angoisse ; teinte livide des lèvres , orthopnée et songes efFrayans ; matité dans les parties déclives de la poitrine ou dans
(i) Hamilton. lieu cité. — Blackall avait déjà rapporté uu cas de pleurésie aiguë survenue à la suite de la scarlatine, dans un cas d'anasarqnc avec urine albumineuse (/teu cité, p. g4]>
(a) Wood. lieu cité.
uno plus grande étendue , sans douleur de côté , sans raie crépitant, avec ai)sencc de la respiration , excepté vers la racine des poumons oii elle est bronchique, etc.
Des épanchemens séreux ont été trouvés dans le péricarde, et ils paraissent avoir puissamment contribué (par la dyspnée et le trouble de la circulation qu'ils déterminent) à hâter la mort. M. Grahaui (i) a fait voir à M. G. Haniillon un de ces cas oii il y avait une quantité considérable de sérosité dans le péricarde. Les poumons, surtout dans leurs parties inférieures, étaient un peu œdémateux et comme carnifiés dans une étendue considérable.
§ fij/j. Les accidens ahdominaux sont moins graves que les précédens. Très souvent l'abdomen est dur, gonflé et douloureux, surtout à sa partie supérieure j et quelquefois avec coliques ou diarrhée. Parfois on ne sent aucune fluctuation ; d'autres fois elle est manifeste ; dans quelques cas , l'ascile acquiert des dimensions considérables.
Dans la néphrite albumineuse aiguë, à la suite de la scarlatine , on observe souvent des vomissemens. Ils se montrent quelquefois avec une grande violence , avec ou sans diarrhée. Wells (2) rapporte le cas d'un garçon de 7 ans , atteint d'anasarque générale et légère, à la suite de la scarlatine, et chez lequel la fièvre primaire avait débuté par des vomissemens et de la diarrhée 5 l'enflure fut précédée des mêmes symptômes. Cet enfant fut pris ensuite de vives douleurs dans le ventre, suivies d'une troisième attaque de vomissemens et de diarrhée; les selles étaient peu abondantes et glaireuses; il mourut dans la nuit.
La cause des vomissemens et de la diarrhée est quelquefois obscure. Dans un cas de scarlatine sans hydropisie , dans lequel il y avait eu des vomissemens pendant la vie , après la mort on trouva, dans l'estomac, une plaque rouge d'apparence inflammatoire (3); dans un autre cas, oii il y avait eu diarrhée
(r) H.imilton. lieu cité. p. 161.
(2) Wells, lieu cité.
(3) Hmnillon. lieu cité, p. ifia.
452 NI^PHRITE ALBOMTNntTSK
abondante, le canal intestinal était en apparence tout-à-fait sain, (i)
La diarrhée, assez commune dans cette hydropisie, s'accompagne quelquefois de symptômes de dysenterie. (2)
La péritonite est beaucoup plus rare. M. G. Hamillon rapporte un exemple de celte complication ; on trouva , après la mort, dans la cavité du bas-ventre, une quantité notable de matière purulente.
§6i5. Ou peut aussi observer des complications qui tiennent au caractère même de la scarlatine , à la suite de laquelle l'anasarque s'est développée. Dans un cas rapporté par M. G. Haniilton(3), une large ulcération existait à la (/orjic, quand les symptômes de l'anasarque apparurent. Toute la partie antérieaie du cou se gonfla énormément, et, malgré un traitement actif, il s'y forma d'énormes collections de pus qui nécessitèrent trois incisions (une de chaque côté du cou et l'autre sous le menton). La peau, décollée, tomba en gangrène; et il y eut une hémorrhagie inquiétante. M. Hamillon attribue la malignité de cette inflammation au développement de l'anasarque et au mouvement fébrile qui l'accompagnait. La malade mourut dans l'espace de cinq ou six semaines, à la suite d'une attaque de péritonite.
M. Wood (4) rapporte un cas d'anasarque, suite de scarlatine angincuse, dans lequel il survint des douleurs articulaires ; symptôme que les anciens avaient déjà observe dans plusieùi s épidémies de scarlatine.
M. Baudeloque (5) cite un cas où la mort fut déterminée, le huitième jour, par vm goJiflement œdémateux de la. glotte et des parties environnantes , et par une œdème du poumon.
Enfin , il n'est pas rare de rencontrer un engorgement plus ou moins considérable des glandes cervicales.
(1) B.nudcloquc. Gazette des hôpitaux. l834. p. 102.
(2) Hamillon, lieu cité.
(3) Ibidem.
(4) Wooil. lieu cité. p. 112.
(5) Gazelle des J/o/'ilaii.v, i83/i, p. 102.
^>6i6. A la suite de la scarlatine, la ncpliiilc aîbumiucuse cl l'hydropisifi qui en est un des principaux symplômcs, peuvent se montrer sous la forme ajyyrèliqnc , et sous deux aspects difFérens.
Tantôt, au début, on ne voit qu'un œdème, peu étendu ; la peau, peu chaude ou froide, blanche et anémique , reçoit facilement l'impression du doigt; il n'y a pas de fièvre; le sujet se trouve plutôt dans un état de langueur que dans un état de souffrance véritable; l'urine est coagulable par l'acide nitrique et la chaleur. Cet état apyrétique , qu'on observe assez souvent dans les premiers jours des affections rénales qui deviennent aiguës plus lard, constitue quelquefois toute la maladie, et, après quelques jours d'indisposition, le malade se rétablit ordinairement en moins de temps que dans les formes aiguës graves.
Plus souvent (7tepAri<e albicmùieiise j devejuie chronique), après une attaque fébrile subaiguë, l'hydropisie qui existait déjà sous forme de bouffissure, augmente considérablement; des accidens graves , analogues à ceux qui se montrent dans la forme franchement aiguë (surtout ceux qui dépendent d'uu épanchement de sérosité dans la cavité du thorax) , se déclarent; le mouvement fébrile cesse ; mais l'hydropisie, au lieu de disparaître, prend un plus grand accroissement: c'est dans ces . cas, surtout, que l'on voit des gonflemens énormes du scrotum I et de véritables ascites, avec urine albumineuse. Celte hydropi- 1 sie générale, après avoir persisté pendant deux ou trois mois, I disparaît, ou de nouveaux accidens, analogues à ceux qu'on I observe dans la forme aiguë, déterminent la mort. Dans quel- ( ques cas rares, la maladie ne disparaît pas ; l'urine reste plus ( ou moins albumineuse, quoique l'hydropisie ait beaucoup di- I minué ou même cessé complètement, et, après un temps plus t ou moins long, la néphrite albumineuse chronique, accompagnée de sessyinptômes secondaires les plus ordinaires, emporte les malades. Alors on trouve les reins remplis de granulations et ayant loul-à-fait l'aspect de reins des sujets qui ont succombé à la néphrite albumineuse chronique, développée sous l'influence du froid et de l'humidité. M. Bright et
M. Christison en ont rapporté récemment chacun un exemple.
§ 617. Les reins des sujets qui succombent à la néphrite albumineuse et à l'hydropisie, après la scarlatine, peuvent offrir tous les aspects déjà décrits (§ Soa). Le premier degré de la néphrite albumineuse, caractérisé par une rougeur et par un gonflement de ces organes, dont la surface extérieure est marbrée et arborisée^ a été observé par M. Baudeloque (i), à l'hôpital des enfans malades, à Paris, et par M. Maleer, à l'hôpital de Belfast (2). A la section du rein, le sang coule abondamment; on n'aperçoit, à l'extérieur ou à l'intérieur, aucune trace d'anémie jaunâtre; peu ou point de granulations de Bnght.
D'autres états de la néphrite albumineuse ( deuxième et troisième formes ) , dans lesquels la substance corticale offre un aspect marbré ou une décoloration jaunâtre, ont été également observés. Dans un cas rapporté par M. Guersent(3), les reins, gonflés, étaient presque douhlés de volume; la substance corticale avait, à l'extérieur, l'aspect du foie lorsqu'il a subi la dégénérescence graisseuse. A la coupe, celte même substance, complètementdécolorée, contrastait fortementavecla substance tubuleuse, qui était d'un rouge vif. M. Hamilton, qui a observé, le premier, cet état du rein dans l'hydropisie suite de scarlatine, et qui l'a désigné sous le nom de coloration crémeuse des reins, le considère comme absolument semblable à la première forme
(1) Un des malades observes par ce médecin est mort le huitième jour de l'apparition de l'œdème ; l'autre est mort trois semaines ou nn mois après son entrée à. l'hôpital , dans un état d'hyJropisie générale. La substance cortic.ile des reins de ce sujet offrait quelques petites granulations, et le tissu rénal avait perdu sa consistance ordinaire ( Gazette des hôpitaux. i834. p. 102. et Gazette médicale de Paris. 1834. p. io5).
(2) Dans un cas publié par le docteur Mateer, les vaisseaux rénaux étaient gorgés de sang; la substance rénale, d'une teinte livide, plus molle que dans l'état sain, .avait l'.ipparence d'un pouuion bépalisé. A la coupe, on exprimait facilement de la surface du l'incision uu sang grumeleux. Les bassinets contenaient une petite quantité d'un liquide rougeàtre {Edtié. med. and siir^;. Journ. vol. XLVir. p. 71).
(3) Gazette médicale de Paris. i834. p. 553.
SUITE DE SCAllLATINE. 4^5
de la maladie des reins , décrite par M. Bright. Les docteurs Chrislison , Gregory, Alison el Craigie, auxquels M. Hamilton montra des reins qui ollVaient celte altération, furent de la même opinion.
Enfin, dans deux cas où l'anasarque, suite de scarlatine, avait eu une longue durée, on a trouvé (i) la substance corticale des reins décoloréee, parsemée d'un grand nombre de granulations tout-à-fait semblables à celles qu'on obsei ve dans les reins des sujets morts de la néphrite albumineuse chronique, non consécutive à la scarlatine.
§ 6i8. Un assez grand nombre d'observateurs pensent que l'anasarque avec urine coagulable se montre plus souvent après une éruption légère (2) ou incomplète (3); d'autres, après une éruption très forte (4), ou après des scarlatines malignes (5); d'autres enfin , qu'elle se montre indistinctement après toutes les formes de cette fièvre éruptive (6); après la scarlatine simple (7),
(1) Briglit. Guy's hospital reports. n° n. April i836. p. 345. case 11. — Christison. On granular degeneralion of the hidnies, etc. p, 208. case x.
(2) Wells, lieu cité. — Joseph Frank. Praxeos medicincE univers, prtecept, vol. II. pars I. p. 255. — Hamilton (G.), lieu cité. p. i52. — Wood. Edinh. med. and surg. Journ. vol. xlyii. p. i33. Graves, Lond. med. Gaz. t. ix.
(3) «Autnon perfectam crisim babuerint » (Borsieri. loc. cit. p. 71).
Jolinston (Henry). Edinh. med. and surg. journ. vol. xlvii. \>. i33. Darwall , rétrocession of the éruption, Cjclopœdia of p radical médecine Art. Anasarca. l. r, p. 73, 74.
(4) Willan. lieu cité. p. 271. BlacknW, lieu cité, jt.
(5) '< Primo, qnod iste leucoplilegmaticus status superveuiat potissimum illis qui copiosis aut malignis exanthematibus afficiuntur. Vidi tameiî benignissimœ scarlatina: ingcntem totius corporis tumorem advenisse » (Plenciz. loc. c,it. p. 16). — « Fatal dropsies are far more liable to supervene on the congéstive thaa the other varieties of this distempcr » (Armstrong. Practical illustrations of the scarlet fever, etc., p. 22).
(6) « Le danger est souvent le même si la maladie est fort légère , avec presque point de Cèvre, d'éruption et de desquamation, ou si elle est très violente, avec une éruption copieuse et une entière desquamation : car dans les deux cas l'application de l'air a été également fatale » (Vicusseux. lieu cité. p. 4o5).
(7) Plenciz. loc. cil. p. 145 et i5o.— Vieusseux. lieu ciléi p. 402.
456 NKPFmiTJÎ ALUmilNEUSE
la scarlatine angineuse (i), la scarlatine maligne(2)ou congestive(5),la scarlatine sans éruption (4) ou à éruption si légère , que les traces de la desquamation ne peuvent être aperçues qu'avec la plus grande difficulté. (5)
Des praticiens très recommandables (6) affirment que cette espèce d'hydropisie a des rapports intimes avec le caractère de l'épidémie régnante.
Dans l'épidémie qui a régné à Edinbourg , en i835 et i836 , sur 89 cas de scarlatine mentionnés par M. Wood, on compte onze cas d'anasarque, c'est-à-dire à-peu-près i cas sur 8.
Les enfans sont plus sujets à cette maladie, après la scarlatine, que l(!s iidultes (7). En outre, Wells a cru remarquer que les enfans de certaines familles contractaient plus facilement que d'autres, cette espèce d'hydropisie. (8)
Presque tous les observateurs s'accordent pour attribuer à l'inilueucedu froid, et surloutà celle de l'air frais, le développement
(1) iMcnci?.. loc. cit. p. iliS — Wiï\an. On ciilaneous diseases. p. aji. in-4. Luudou.
(a) Plcuciz. loc. cil. p. 16 et 216.
(H) Armstrong. Piactical illustrations ofthe scurlet fever, mcasles, etc. p. 22.
(4) Ilamiltou (G.). Edinb. nied. and surg. Journal , vol. xxxix. p. i52.
(5) Vieusseiix. lien cité. p. 406.
(6) u Le danger varie encore beaucoup suivant la constitution de l'aaaée; nous avons eu ici des épidémies telles, que presque tous les malades qui s'exposaient trop l('it à l'air payaient clicrcmeut leur imprudence, et mouraient, la plupart, dans peu de jours, tandis que, dans les années suivantes, l'épidémie reprenait un caractère si doux , que les malades qui n'avaient pris aucune précaution ne souffraient que peu ou point, et qu'un bien petit nombre mouraient ou éprouvaient des symptômes dangereux, etc.» (Vieusseux. lieu cité. p. 379). — «Tontes les éj)idémies de scarlatine ne s'aeconipagncnt pas de la nièrae disposition à l'hydropisie ; dans certaines époques, un très petit nombre de convalescens sont affectés d'anasarque ; dans d'autres, presque personne n'est exempt de cette maladie consécutive" (P. l''rank.. Traité de médecine pratique, trad. franc, t. ir. p. 2()2).
(7) " Quod infantes facilius et magis tiimcant quam illi qui suntiu ailalc •irovectiorcs ■> (Plenciz. Icc. cit. p. i6).
(8) Wells, lieu cité.
pie celle afleclîon (i). On en observe un plus grand nombre de eas en hiver que dans les autres saisons de l'année. J'ai déjà *it que celte même influence était des plus frappantes dans /autres circonstances , chez des individus qui n'avaient point prouvé la scarlatine (§ 5i7).
I Quelques auteurs pensent que cette hydropisie peut èlre dénrminée par des erreurs de régime (2) ou par les privations «'entraîne la pauvreté (i). Dans d'autres cas , malgré toutes les trécautions de l'hygiène, l'anasarque, dépendante d'une malade des reins, s'est déclai-ée sans cause déterminante appréciaele.(4)
ij § 619. Lorsque la néphrite albumineuse , développée à la mite de la scarlatine, existe à l'état latent, sans oedème à «xtérieur du corps, le diagnostic offre de grandes dif&cultés. lans de semblables cas, la maladie, le plus souvent, n'a été connue qu'après la mort. M. Hamilton rapporte que, chez a sujet mort dans la période de la fièvre primaire de la scartine, et par conséquent avant le développement d'aucun ptôme d'hydropisie , on trouva les reins tels qu'on les voit ez les sujets qui meurent dans une période plus avancée, et rès être devenus hydropiques. Dans des cas analogues, lo ssage du cruor, ou de l'albumine du sang dans l'urine, pourit, sans doute, faire soupçonner une lésion des reins; mais, ns certaines scarlatines , et en particulier dans les scarlaes hémorrhagiqucs , ce passage peut avoir lieu sans qu'il sle une véritable inflammation rénale.
Dans cet état, c'est-à-dire avant le développement de l'hyopisie, il me paraît aussi bien difficile de distinguer la né-
(i) « Quod rcgri magis tumcant in hieme quam in oestate; item illi magis 1 tcmporius libcro se exponunt aeri , quam qui in débita Iranspirationo ■unt » (Plcnciz. loc. cil, p. iQ), — Vieusseux. lieu cité (Air du soir sur le (le Genève). — AlolsioNcrio in Borsieri. loc. cit. p. 72, etc. ' >!) Hcim. Archiv.Jiir med. Erjuknmi^. i8ii. — Borsieri. loc, cit. — Joseph iiik. loc, cit. p. 2J5.
i) Le docteur Sims, cite par Willuu, lieu cite. p. 271. '() Wood. lieu cité, p. no.
458 NÉPHRITE ALBUMfNEUSli
plii ilcalbuiniiicuse (les uéplirites simples qui oatélcquelqucloi» observées (i) à ccLle période de la maladie.
Mais, lorsque, dans la convalescence de la scarlatine, il se déclare une léger œdème des paupières qui s'élend Lienlôl au visage et à d'autres parties du corps, et qui est accompagné d'un mouvement fébrile; loi'squ'en même temps l'urine est rare, albumineuse et sanguinolente et d'une faible pesanteur spécifique, le diagnostic de la néphrite albumineuse n'offre alors aucune incertitude.
Cette réunion de symptômes est nécessaire; car l'hydropisie générale, à la suite de la scarlatine , n'est pas toujours l'indice d'une affection des reins. Outre que cette hydropisie pourrait dépendre d'une affection concomitante du cœur ou des gros vaisseaux , on a vu survenir, à la suite de la scarlatine, des hjdropisies générales dans lesquelles l'urine n'était pas coagulable par la chaleur ni par l'acide nitrique , et que rien n'autorise, aujourd'hui, à rattacher à une lésion des reins.
Je crois inutile de revenir ici sur les caractères distinctifs
(i) Le docteur Stiebcl a observé, à la suite de la scarlatine, une maladie qui a été considérée par le docteur IVaumanu , et probablcmeut par l'auteur lui-inéme , comme uue affection inflammatoire des reins et du péritoine, mais qui me paraît avoir plus do rapports avec l'ischurie inflammatoire, décrite par Willan et Abercrombie (§ Sgi). Les cnfans atteints de cette maladie paraissaient souffrans, tristes et pâles, quoique le niisage ne Jïu point enflé i perte d'appétit; suppression complète de la sécrétion urinaire (un des malades ne rendit point, pendant quatre jours, une seule goutte d'uriuc, malgré l'emploi des diurétiques); le pouls n'était pas très fréquent; les malades avaient toute leur connaissance, et n'accusaient aucune douleur; la peau était sècbe, celle du ventre plos chaude que celle des autres parties du corps. La pression sur le ventre était douloureuse; le pouls devenait très fréquent. Après l'application des sangsucs sur le ventre et l'usage du campbre à rintcricur , à la dose de denï grains, il survenait bientôt de la sueur ; l'urine devenait claire et plus abondante , et les cnfans ne tardaient pas à se rétablir (Stiebel. Beitrag zur nœheren Kenntniss cinigcr Fvrmcn des Scliar/ac/is, Rust's Magazin fur die gesammte Hcilkuude. Bd. xxiv. S. i6i. Berlin, 182;).
i^des accidens cérèhraux, Ihoracz'qnes et abdominaux qui sur- ' vienuent quelquefois daus la néphrite alburaineuse et dans l'a- ?nasarque, suite de scarlatine; m^is je crois devoir rappe- 1 1er qu'il se manifeste parfois et tout-à-coup , dans la convales- . cence delà scarlatine et sans hydropisie,des accidens cérébraux qqui, par leur expression, leur marche et leur gravité , ont la jplus grande analogie avec ceux qu'on observe quelquefois dans Ide cours de la néphrite albumineuse avec hydropisie.
Enfin, dans un cas d'anasarque avec urine albumineuse, le ddiagnoslic peut offrir de l'incertitude, relativement à Fipfluence (ide la scarlatine, sur le développement de Thydropisie; la simple ddéclaration du malade ne suffit pas toujours pour établir l'exis- I tence antérieure de celle fièvre éruptive, et, dans d'autres cas, i cette fièvre a pu être si légère, qu'elle ait été méconnue.
§ 6a o. Plenciz, et une foule d'autres observateurs, considèrent ecette hydropisie comme des plus graves, comme plus dangereuse (jque la fièvre éruptive elle-même. CuUen, Willan et d'autres p pensent , au contraire , qu'eu portant un prognostic si fâcheux «sur celte hydropisie , on s'est complètement trompé ; et ils at- Itribuent les fâcheuses terminaisons de la maladie à un traibtement mal approprié, et surtout à l'emploi intempestif et ppeu réservé des anliphlogistiques. D'autres, et ceux-là sont âdans le vrai , pensent, avec Yieusseux et Pierre Frank, que la j; gravité des accidens et la mortalité, dans cette affection, varient suivant le caractère de l'épidémie régnante, suivant la forme inflammatoire ou apyrétique de l'hydropisie , son degré d'ancienneté, le nombre et la gravité de ses complications.
A Paris , la néphrite albumineuse simple , aiguë , suite de la scarlatine, et avec hydropisie, est ordinairement bénigne, à son I début. J'en ai observé un assez grand nombre de cas, et aucun ne s'est terminé par la mort, lorsque les enfans étaient bien constitués et exempts de maladies antérieures. Et assurément I ; n'attribuerai pas cette bénignité ou ce succès entièrement au traitement, qui, presque toujours, a consisté dans l'emploi de la saignée, des bains lièdes et des boissons adoucissantes. 1 ai noté comme des cas rares ceux dans lesquels des acci- 'lens ihoraciques et cérébraux sont survenus; ces cas sont gra-
46o NÉPHRITE ALBUMINEUSK
vcs et souvent mortels. Les convulsions et le coma, siirlout, se terminent ordinairement par la mort. Cependant, un grand assoupissement, des convulsions et d'autres symptômes cérébraux cèdent quelquefois comme par enchantement à la saignée. Cette circonstance autorise à penser que les symptômes cérébraux et le coma en particulier, ne sont point liés nécessairement à des épanchemens séreux dans les méninges ou dans les ventricules.
Les accideus tlioraciques , surtout la pneumonie, dont la marche est exli'èmement rapide , sont aussi très graves.
Les accidens abdominaux sont beaucoup moins dangereux. Cependant, on cite des cas de mort survenue à la suite d'une péritonite, de vomissemens répétés, et d'évacuations alvines très abondantes.
La forme apyrélique de la maladie , traitée convenablement dès le début, surtout par l'emploi de bains tièdes, est de toutes la plus bénigne.
La néphrite albumineuse ancienne, avec ou sans paroxysmes, est, au contraire, le plus souvent incurable, h la suite de la scarlatine , comme lorsqu'elle se développe sous d'autres iu- Uuences. Heureusement , cette forme chronique est très rare , la maladie étant ordinairement combattue dès son invasion.
§ 621. Après la scarlatine, les enfans doivent être tenus bien couverts et surtout à l'abri du froid et de l'humidité.
Dès l'instant oii ils éprouvent le plus léger malaise, il faut examiner avec soin les principales fonctions; et, si l'urine est sanguinolente ou chargée d'albumine, on pratiquera immédiatement une émission sanguine , soit en ouvrant la veine, soit en appliquant des sangsues ou des ventouses aux lombes.
Lorsque la fièvre est intense, la dyspnée considérable, l'œdème chaud et tendu , il est quelquefois nécessaire de répéter la saignée générale. J'ai toujours remarqué, après l'application des sangsues ou des ventouses sur les régions rénales, une amélioration très sensible dans l'état de la sécrétion urinaire. Les bains tièdes aussi sont généralement favorables. Toutefois, avant d'administrer les bains tièdes, il faut s'assurer, par une exploration attentive de la poitrine, qu'il n'existe point d'in-
SUITE DE SC\nLATI]>rE. {
Mflàmmation aiguë des bronches, de la plèvre ou des poumons. iCes affections doivent être traitées par les émissions sanguines tet par les vésicatoires volans. Les vésicatoires doivent être lld'une grande dimension, dans les cas d'épanchemens pleuréti- Lques. Les inflammations pleuro-pulmonaires, suite de scarla- Ltine, marchant avec une grande rapidité, doivent être combalntues très activement à leur début.
r Dans les cas d'épanchemens séreux, thoraciques, on emploie «quelquefois, avec succès, de légers cathartiques ; il faut s'abstepoir des diurétiques énergiques , dont les médecins florentins lont déjà signalé, dès 17 17, les mauvais effets dans la forme Irranchement inflammatoire de cette affection : « et omni modo luirinarum suppressione ad interilum feslinaJjant diurcticis B-jactati. »' Cette proscription ne doit pas s'étendi'e aux diurépigues doux.
I Des accidens cérébraux très graves, tels que le coma et les leonvulsions, ont été traités avec succès par la saignée générale. I Dans la forme légère et apyrétique de la maladie, on obtient ■e'ïétablissement, le plus ordinairement, en provoquantla transktiration, enxetenant l'enfant hydropique au lit, en lui faisant liorendre des boissons délayantes et quelques bains tièdes ou des loaius de vapeur.
I Si la maladie se prolonge , en conservant son caractère apy- Htétique , et si l'hydropisie fait des progrès , non-seulement ' l faut alors s'abstenir d'émissions sanguines, mais , dans quelues cas même, il faut recourir aux toniques, au vin pur ou tendu d'eau, et aux boissons spiritueuses. Ces moyens sont ^:\lement indiqués, lorsque l'hydropisie, survenue rapidelent, est accompagnée d'une grande dépression des forces, (i)
( :) « Je fus appelé en toute bâte , un soir , Xrhs tard , auprès d'une petite lie de 4 on 5 ans , très dangereusement malade d'une lijdropisie suite de
nrlatine; les extrémités étaient froides, le visage pâle, les lèvres livides . la respiration très oppressée ; enfin, cette fille était dans un état tel que r ne croyais pas qu'elle pùt passer la nuit. Je conseillai de faire prendre
l'enfant autant de punch préparé avec le genièvre ou l'eau-de-vie de grains ii'clle on voudrait l)oire, et d'appliquer un vésicatoiro sur la poitrine. Le
iidcmain, l'enfant avait pris un dciui-scticr d'can-de-vic dç grains dans An
Blaclcall a'plusinnrs fois employé, avec succès, les purgatifs au début, el le quinquina vers la fin de la maladie.
On a aussi retiré des avantages réels de vésicaloires appliqués sur les reins.
Dans la néphrite albumineusc chronique et très ancienne, suite de scarlatine, on a habituellement recours, et presque toujours sans succès, aux moyens indiqués plus haut contre cette même maladie, survenue dans d'autres conditions (§ 623).
Ç 622. Je terminerai ce paragraphe par trois observations d'hydropisie avec urine coagulable , survenues à la suite de la scarlatine. Dans l'une (Obs. lxx), la maladie se montra dans un grand état de simplicité , et la guérison fut prompte; dans une autre, indépendamment de l'anasarque, il existait un épanchement dans la plèvre droite, et la guérison a été obtenue par les saignées locales elles laxatifs. Dans la troisième (Ojîs.lxxii), la diminution du passage de l'albumine dans l'urine, pendant la durée d'une varicelle , est un phénomène qui paraît purement accidentel, et qu'il importera de vérifier dans des cas analogues.
Oos. LXX. — Ncplirite albumineusc aiguë (légère anasarque, nrincs nlbumincoscs et sanguiaolentcs); ventouses aux lombes ; bains tièdcs. l'rumple guérisuD.
Le 16 septembre i835, je fus appelé auprès d'un jeune enfant de 9 ans, très gai, vif et enjoué , qui s'était plaint la veille d'éprouver un peu de malaise.. Son corps était couvert d'une éruption de scarlatine; fièvre assez violente, mais sans caractère grave. Les nuits des troisième , quatrième et cinquième jours de l'éruption furent très agitées; l'enfant eut de violens maux de tête, et, de temps en temps, un peu de délire. Le cinquième jour, on mit six sangsues à la gorge : l'enfant fut soulagé; bien que la fièvre ne le quittât pas, il devint beaucoup plus calme. La fièvre dura jusqu'au neuvième jour, en s'affaiblissant graduellement. L'enfant, chaque jour,
punch, et il s'était opérée une grande amélioration dans son élat; 1 unne devint plus abondante, et l'enfant se rétablit presque sans aoUe inedicatien " (Hnmilton. lieu cité, p, i63J.
SUITE DE SCARL\Tmr.. 463
plaignait d'avoir le nez et la respiration embarrassée; cependant il reprit sa gaîté , son appétit , et alla de mieux en mieux , isqu'au dix-septième jour. Ce jour-là , étant sorti de sa Kunbre pour aller jouer dans le corridor, il y prit un coupil air, à travers une porte et une fenêtre mal fermées. Dans la nuit, il se plaignit d'un violent mal aux dents, et, le lendemain, ou lui trouva la figure enflée : on crut que c'était une fluxion. Je \ iscet enfant le surlendemain, et, en l'examinant attentivement, |o reconnus que toute la figure était enflée , et que les jambes i tiiieut œdémateuses. Les urines étaient rougeâtres et très albumineuses; l'appétit se perdit; il survint du dévoiement (huit ou dix selles par jour); on posa des ventouses aux reins, et l'enfant prit un bain tiède. Le vingt-deuxième jour, je le mis à la (Uète, la diarrhée continuant. Le vingt-troisième jour, un nouveau bain fut donné, et le dévoiement cessa; mais l'enflure avait augmenté; elle s'était portée sur les mains et les bras; l'enlaut ne se plaignait pas, mais il avait de l'oppression. Depuis le vingt-deuxième jour , il ne quitta pas le lit; il fut nourri de potages et de laitage; les bains tièdes furent continués; l'hydropisie ne tarda pas à disparaître, et, le vingt-troisième jour, à compter de son apparition , il ne restait plus de traces d'albumine dans l'virine : la guérison était complète. Depuis lors j'ai vu souvent l'enfant , qui n'a point eu de nouvelle attaque d'hydropisie.
( )bs. LXXI. — Néphrite albumincusc aiguë, suite de .scarlatine (anas,irque ; urine sanguinolente; ép.inchcnient dans la plèvre droite); guérison par les saiguces locales et les laxatifs.
Lconice (Marie), âgée de 9 ans et demi, assez faible et d'une constitution scrofuleuse, entra à l'hôpital de la Charité, le i6 août 1 835. Dans les derniers jours du mois de juillet, elle avait eu une scarlatine peu grave, dont elle avait été'proraptement guérie. Depuis, elle n'a pas été exposée au froid, ni à l'humidité, et cependant, depuis plusieurs jours, il s'est déclaré une anasarque ; les membres inférieurs sont œdematiésj la face est bouffie , la bouffissure est surtout très marquée autour des yeux et sur les pommettes; la lèvre supérieure, très grosse naturelle-
ment, comme chez les scrofuleux, est bouffie par l'œdème. Les mains sont également œdémateuses. Le ventre n'est pas très gros; le palper uc donne point la sensation d'une fluctuation dans le péritoine, et la percussion du bas-ventre ne donne point de son mat dans riiypogastre ou les flancs. La poitrine résonne naturellement dans tout le côté gauche ; à droite, au-dessus du foie, il y a, dans la plèvre , un léger épanchement caractérisé par le son mat que rend la percussion , et par une modification de la voix, très voisine de l'aegophonie. Cet épanchement s'est fait peu-à-peu et sans douleur. La malade n'a pas ressenti de point de côtéj elle ne souffre pas en faisant une profonde inspiration; elle éprouve seulement un peu de gêne et d'oppression. Cette enfant n'a pas soufi'ert dans le ventre ni dans les reius; elle n'a pas eu de vomissemens ni de douleurs dans les cuisses; il y a très peu de fièvre; l'urine, au moment de l'émission, trouble, rougeâtre, offrant de petits flocons fibrineux, précipite fortement par l'acide nitrique, et se coagule par la chaleur ; elle rougit le papier de tournesol. Cette enfant urine peu à-la-fois , et seulement quatre fois en vingt-quatie heures {Huit sangsues à la région des reins; imc demi-Louteille (tenu de Sedlilz; décoction de chiendent avec un gros de 7iilrate de potasse) ; plusieurs selles provoquées par l'eau purgative.
Le 18 août, même enflure de la face; les yeux sont presque fermés par le gonflement des paupières. L'urine est toujours rougeâtre et sanguinolente,- elle s'éclaircit par le repos ; les petits flocons se déposent au fond du vase.
Le 19, il y a encore de Tsegophonie dans le côté droit de la poitrine; cependant, l'enfant se sent mieux; un peu moins d'œdème à la face ; l'enflure des extrémités inférieures est la même {^Dix sangsues à la région des reins; tisane de chiendent avec un gros de nitre).
Le 20 , l'urine ressemble à delà lavure de chair. Elle est d'un rouge noir, chargée de flocons. L'enfant n'a pas de fièvre; l'œdème a diminué aux extrémités inférieures.
Le a 1 , l'urine , après trois heures de repos , a donné u a dépôt de flocons gris-noirâtres qui occupent le tiers inférieur de la colonne du liquide. La portion du liquide, située au-
dessus du dépôt, est jaunâtre et rougit le papier de tournesol ; elle précipite abondamment par la chaleur, par ralcool et par l'acide nitrique (B«u de Sedlitz , tisane de chiendent avec nitre).
Le 33, au lieu de laisser déposer l'urine, on la filtre : elle a une couleur d'un jaune clair et elle est limpide. Sur le filtre, il est resté des flocons d'un gris noirâtre.
Le a3, l'urine a changé d'apparence, elle est jaunâti-e , en- I core un peu trouble (par la présence de flocons extrêmement I petits). L'œdème a diminué autour des yeux. Les membres inférieurs, œdémateux, ont encore diminué de volume. La niatilé du côté droit de la poitrine et l'Begophonie ont complètement disparu. La respiration s'entend dans cette partie de la poitrine, comme dans les autres. La malade peut marcher assez vite sans 1 être fatiguée, sans être essoufflée, comme elle l'était lors de son t entrée à l'hôpital. Il n'y a pas de toux , ni de gêne de la respirraliou, l'appétit est bon {Une demi-bouleiilc d^eau de Sedlitz ; l tisane de chiendent niirèc ; bain ; potage).
Lea4, l'urine est louche , jaunâtre , sans flocons très apparensj mais, en plaçant le liquide enti-e l'œil et la lumière , on y voit de Irès légers flocons en suspension. Trois selles; l'œdème a diminué aux jambes ( Tisa7ie de chiendent nitrée ; un demirain de scille et d'opium).
Le 25, ce matin, l'urine est plus claire que hier; pas de fièvre ni de douleurs. L'urine est acide , et se coagule légèrement par la chaleur et par l'acide nitrique.
Le 27 , il n'y a plus de traces d'œdème ; l'urine est encore un peu alburaineuse.
Les jours suivans , elle le devint de moins en moins , et le 10 septembre on n'en trouva plus de traces. L'urine était abondante; l'enfant sortit le i5 septembre, sans avoir éprouvé de nouveaux accidens.
§ 623, Toutes les hydropisies qui surviennent dan.« le cours -)\x à la suite de la scarlatine ne dépendent pas de cette fièvre ruptive. Le développement de l'hydropie peut être lié à d'aures causes, à d'autres influences antérieures ou concomianles. Dana le ca.s suivant, il m'a semblé qu'il était plus nan. 3o
/|66 NÉPHRITE ALTITTMINETTSE
turel (l'attribuer l'iiydropisie à l'influence du froid et de l'humidité, et peut-être, en partie, à la grossesse, qu'à la scarlatine.
Obs, LXXH. — Scarlatine dans le cours do laquelle on observa une liydropisie avec urine coagulablc. Gucrison prompte de l'iiydropisie , l'urine restant albumineuse ; varicelle ; diminution de la proportion de l'albumine dans l'urine. Retour de l'albumine en plus grande proportion, dans la convalescence.
Françoise, âgée de 27 ans, couturière, mariée, entra à l'hôpital de la Charité, le 27 juillet i836.
Cette femme , grande et forte , est douée d'une bonne constitution : elle ne se rappelle point avoir fait de maladie grave; elle est à Paris depuis deux ans , et mariée depuis seize mois. Après quatre mois de mai'iage, elle est devenue enceinte. Elle prétend avoir eu, pendant sa grossesse, une singulière manie, celle de se promener, les pieds nus, dans l'eau. Elle s'amusait à jeter des seaux d'eau dans sa chambre et à barboter dans l'eau , des heures entières. Vei's le cinquième mois de sa grossesse, elle assure avoir eu des douleurs dans les lombes, et avoir été enflée du ventre , des membres et de la figure. Cette hydropisie dura environ un mois. Les urines ne furent point examinées. Vers la fin de la maladie, l'émission des urines fut, pendant plusieurs jours, beaucoup plus fréquente; jamais cette femme n'a rendu de sang, de glaires ni de pus avec l'urine. Elle accoucha heureusement,- elle perdit peu de sang. La fièvre de lait fut légère : les lochies coulèrent peu. Yoici quarante jours passés qu'elle est accouchée. La menstruation ne s'est pas rétablie. Il y a trois jours, sans cause connue, elle a été prise de malaise et de courbature, avec mal à la gorge assez intense. La peau est devenue d'un rouge vif. Aujourd'hui le mal de gorge persiste. Rougeur des lèvres, de la langue et de l'arrière-bouche ; point de rougeur à la face ni au bras, mais au tronc , aux aines , au ventre et aux jambes , rougeur foncée et chaleur générale ; un peu de fièvre; battemens du cœur réguliers ; bruit du premier temps un peu prolongé (cette femme a eu autrefois des palpitations); respiration naturelle; langue
aale au milieu et rouge à la pointe ; soif; inappétence j point de nausées ni de vomissemens ; un peu de douleur au bas-venti'e ; diarrhée depuis deux jours (celte femme assure que, depuis cinq mois, elle a souveut de la diarrhée avec des alternatives de constipation). Léger épanchement dans le ventre; un peu I de bouffissure de la face, et œdème des membres ; urines acides , . ayant la couleur et l'aspect d'une limonade , et contenant une quantité notable d'albumine; aucune douleur dans les reins.
Celte hydropisie ne me parut pas s'être développée par suite ( de la scarlatine. D'abord la malade assurait qu'elle avait été hy- * dropique une première fois vers le troisième mois de la grossesse, t et l'hydropisie existait déjà que la scarlatine n'était encore qu'à s son déclin. Quoi qu'il en soit, cette hydropisie disparut dans I l'espace de quinze jours, après une saignée, deux applications t de sangsues et par l'usage du lait pour toute nourriture.
Le i5 août, il n'existait plus de traces de l'anasarque et de lia légère ascite qui l'accompagnait ; la malade reprenait les appparences de la santé ; cependant les urines contenaient toujours Wine quantité assez notable d'albumine. Cette guérison appa- Inrente ne se démentit pas, pendant les dix premiers jours de keptembre. Cette femme eut des sueurs extrêmement abon- Hklantes (à changer trois ou quatre fois de chemise en vingt-quanlre heures), mais, loin de la fatiguer, elles semblaient augmen- Hiler son bien-être; cependant l'urine continuait d'être alburai- ^leuse; plus tard, le sommet du poumon droit parut donner, 1 la percussion, moins de son que dans l'état sain. C'est dans ;et état que la malade sortit de l'hôpital , complètement guérie le son hydropisie , et , en apparence , bien portante , les urines ■estant albumineuses.
Au bout de quinze jours, cette femme se présenta à la con-> iultation; l'urine contenait la même quantité d'albumine, et a santé continuait d'être. bonne. Un mois après, elle rentra 1 l'hôpital pour s'y faire traiter d'une varicelle; les urines, xaminées plusieurs fois pendant cette maladie , furent trouées constamment moins albumineuses qu'avant cette fièvre ruplivc. A peine étaient-elles légèrement troublées par l'acide litrique et par la chaleur. La varicelle guérie, l'urine présenta
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de nouveau à-peu-près la même quantité d'albumine qu'ayant l'éruption.
Cette femme quitta l'hôpital, pour la seconde fois, le n octobre i836.
$ 6a 4. Rapports de la néphrite albumineuse avec les fièvres continues et intermitienics.
J'ai déjà dit 469 et 470) que , dans la fièvre typhoïde et dans la fièvre jaune, l'urine était quelquefois chargée d'une certaine quantité d'albumine avec ou sans globules sanguins. Ce phénomène , qui peut se présenter à diverses périodes de ces maladies , n'est point alors l'indice d'une néphrite albumineuse. L'urine n'a point les autres caractères qu'elle offre dans cette affection des reins. On ne voit pas, non plus, ordinairement survenir d'hydropisie générale , avec urine plus ou moins albumineuse, à la suite de ces fièvres continues.
Dans les fièvres intermittentes, si différentes des fièvres con" tinues par leurs causes , leur nature et leur traitement, il n'est pas rare , au contraire , d'observer des hydropisies. On sait , en effet, que , à la suite des fièvres intermittentes prolongées , ij se développe assez fréquemment des hydropisies du tissu cellulaire et de l'abdomen. Or, ne tenant compte que de leur origine, on a généralement considéré ces hydropisies comme étant de même nature ; cependant à la suite des fièvres intermittentes, il peut se développer des hydropisies qu'il importe d'autant plus de distinguer les unes des autres que le même traitement ne leur est point applicable. Ainsi on voit souvent, à la suite de ces fièvres, des oedèmes des jambes, avec bouffissure de la face, qui disparaissent avec une promptitude remarquable par l'usage du sulfate de quinine ou par d'autres préparations de quinquina combinées avec les préparations ferrugineuses. Cet oedème, ces bouffissures coïncident le plus souvent avec un développement morbide de la rate. Mais, après les fièvres intermittentes, il se déclare aussi quelquefois des hydropisies avec urine coagulable et qui dépendent de lésions rénales développées sous l'iafluence soit de ces fièvres, soit des