‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 5 sur 46 · FIÈVRE JAUNE · texte numérisé non relu

FIÈVRE JAUNE

considérée comme élant de nature inflammatoire, et qui sera décrite dans un autre chapitre (voyez: Néphrite ulhumineuse).

Dans la scarlatine et la rougeole hémorrhagiques, l'urine contient quelquefois une certaine quantité d'albumine , avec ou sans globules sanguins, sans qu'il existe de symptômes d'inilammation des reins; après la mort ces organes offrent une hyperémie très notable et quelquefois des pétéchies ou des ecchymoses.

Nophrite dans la fièvre jaune.

§469- Le docteur O'HalIoran (i)a examine les reins dans la fièvre jaune, avec d'autant ])his d'attention, dit-il, que cetexamen se fait généralement d'une manière superficielle, et plusieurs fois il a trouvé du pus dans ces organes, surtout dans les cas oii la suppression d'urine avait été très marquée. Saravésy(a), Devèze(3) etM. Rochoux (4) ont aussi trouvé plusieurs fois les reins malades et enflammés. Quant aux taches gangréneuses des reins et delà vessie dont parle Devèze, il se peut que ce fussent des ecchymoses avec un commencement de putréfaction, d'autant plus que le docteur O'HalIoran assure qu'elle survient très rapidement : aussi recommande-t-il de ne pas attendre plus de cinq à six heures pour procéder à l'ouverture des corps. M. Rochoux affirme qu'il est ordinaire de rencontrer l'inflammation des reins, dans la fièvre jaune des Antilles, et il assure qu'on en trouve des traces dans le quart des sujets qui meurent de cétle fièvre. « On voit, dit-il, en ouvrant les reins comme pour les étudier, des portions plus ou moins étendues de leur substance devenues d'un rouge foncé tirant sur le brun et versant du sang plus ou moins abondamment par la simple section, tandis que le reste du parenchyme conserve son aspect ordinaire ; ou bien l'inflammation est complète, s'étend à la totalité

(i) O'H.nlloran. Remar/is nn ihc jcUow Jever, etc., p. 200. London. in-8. i833. — et Edinh. med. and. surg. Journal, vol. xLx. p. Sgy. (3) Saravésy. Delà fièvre jaune en général, etc. iu-8. IS.ipIc3. 1809.

(3) Dcvèzc. Traité delà fièvre jaune, p, 66. iu-8. l'iiri», jSao.

(4) RocIjoux. Recherches sur la Jièvre jaune, i83. iii-8. P.ii is. 1822.

aa NEPHRITE PAR POISONS MORBIDES.

de l'oi'gane, qui, quaud on le coupe comme il a été dit, verse quel([uefois jusqu'à uue once de sang et présente son lissu d'un rouge brun uniforme : quant à sa consistance, elle ne varie pas d'une manière bien appréciable. » Les observations de M. Levaclicr semblent conformes à celles de M. Rocboux : « Les reins, dit-il (i), offrent des traces morbides plus ou moins caractérisées , telles que l'augmentation de volume , la rougeur foncée des bassinets, l'aspect plus noir de la partie mamelonnée, la mollesse de la substance corticale et la désunion des grains glanduleux qui la composent.»

En résiuné, toutes ces recherches s'accordent pour établir que les reins, dans la fièvre jaune, offrent souvent des hyperémies générales ou partielles. Dans les cas cités par le docteur O'Halloran, la présence du pus ne laisse aucun doute sur le caractère inflammatoire de la lésion; mais ce caractère ne l'essort pas, pour les autres cas, de la seule existence de l'hyperéraie.

Néphrite dans la fièvre typhoïde.

§ 470. Quoiqu'on ait à peine indiqué le développement de la néphrite comme nu des effets de la fièvre typhoïde (a), il n'y a peut-être pas d'aflection générale qui détermine plus fréquemment l'inflammation des reins. Depuis long-temps, à l'hôpital de la Charité, j'ai signalé ce fait à mes élèves.

Presque toutes les fois que j'ai vu survenir la néphrite dans la fièvre typhoïde^ cet accident avait été précédé d'une rétention d'urine ; mais je m'empresse d'ajouter que, dans un certain nombre de cas, le développement de l'inflammation rénale a été

(t) Levaclicr. Le typhus ictérode (Expérience, t. ii. p. 179).

(2) Parmi les cas de fièvre typhoïde rapportés par M. Louis, il en est un seul {Recherches àur là gastro-enteriie, etc. in-8, Paris. 1829. t. i. p. I2X. Obs. XV et p. Sié), rfaîjs lequel le rèin droit fut ttouvé plus volumineux que dans l'étatsain, ramolli, piqueté de points jaunes qui paraissaient être l'effet de l'inflammation ; le tiassinet correspondant contenait Une grande quantité de pus, et présentait intérieurement un grand nombre de taches d'un ronge foncé. Do semblables cas ne paraissent pas s'être présentés à robscrv.ntion de M. Cliomof ; au moins il n'en fait pas mention clans soll traité de la fièvre tjphoïdè.

l'iiiVftE Tïl'HfcJÏUC.

si prompt que le l'ait de la rétention d'urine ne suffit pas seul pour l'expliquer. Toutefois, dans la plupart des cas bù cette aflfection des reins a été observée, les malades étaient tombés, depuis un ou plusieurs jours, dans la stupeur j la vessie, distendue, formait une tumeur dans l'hypogastre, et l'urine était retenue ou sortait par regorgement. L'état des malades ne leuf permettait pas de témoigner spontanément de la douleur dans la région rénale etcelle qu'ils témoignaient quelquefois aux lombes, lorsqu'on pressait ces parties avec la main, n'est qu'un signe de faible valeur, parce qu'une semblable pression sur d'autres régions de l'abdomen est quelquefois accompagnée d'une ex»' pression de douleur non équivoque. La diminution de l'acidité de l'urine ou son passage à un état alcalin ; la présence de glcbules muqueux et quelquefois de globules sangvxins , et celle d'une certaine quantité d'albumine dans ce liquide, sont des caractères de plus de valeur, surtout lorsque l'alcalinité a suivi la rétention, et lorsque les symptômes typhoïdes ou putrides se sont plus fortement prononcés après ce dérangement des fonctions urinaires. Toujours est-il que, si ^ pendant la Vie, l'eïis* tence de semblables néphrites peut être plus souvent soupçonnée que démontrée, le praticien doit être prévenu de la possibilité et de la gravité de cette complication, des dangers qu'ofï're, à cet égard, la rétention de l'urine , et de la uéeèssité de ne pas laisser accumuler ce liquide dans la vessie j c&t fcès néphrites, une fois développées, décident ou hâtent la mort du malade. . Lorsque la néphrite survient dans la fièvre typhoïde, elle est presque toujours double; mais elle est ordinairement plus prononcée dans un rein que dans i'avitre. Les reins sont plus ou moins augmentés de volume et plus rouges que dans l'état sain ; on voit de plus à la surface externe de ces organes , un certain nombre de petits points rouges , entremêlés de points purulens, et entourés d'un cercle rouge ; ces points, légèrement saillans, se réunissent quelquefois de manière à former des plaques peu élevées. Celte altération s'étend rarement jusque dans la substance tubuleuse des reins.

§ 47I- Chez des sujets morts de la fièvre typhoïde, j'ai trouvé les reins volumiueuic et les vaisseaux de la substance corlioalc

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