‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 7 sur 46 · NÉPHRITE PAU POISOWS MORBIDES · texte numérisé non relu

NÉPHRITE PAU POISOWS MORBIDES

les croûtes sont tombées; huit ou dix taches seulement semblaient sur le point de s'ulcérer.

Les deux reins présentaient, surchacune de leurs faces , cinq à six points purulens, semblables à ceux quej'aidécrils(Obs.IIj: espèce de boulons d'un bleu rougeâtre, environnés d'un cercle rouge, et de la grosseur d'une tête d'épingle. Les reins, un peu gorgés de sang, étaient foncés en couleur; la membrane interne des deux bassinets présentait beaucoup de taches péléchiales, irrégulières, sans trace d'inflammation. La vessie offrait intérieurement des points ecchymotiques rougeâlres, et une arborisation assez prononcée, à son bas-fond.

Ous. IV. — Fièvre typhoïde terminée par la ruort vers le qualorzicmc jour de la maladie ; dévcluppciuent morbide et ulucratiou des foliiculus de l'intestin iléon; double népbrilo ; urines alcalines.

Bouvet, âgée de ao ans, fut apportée à l'hôpital de la Charité, le la mai iSSy. L'état de la malade ne lui permit pas de nous donner aucun renseignement. L'infirmière apprit des personnes qui l'accompagnaient, qu'elle était à Paris depuis onze mois, et alitée depuis dix jours.

C'était une femme brune, d'un embonpoint médiocre, et qui offrait tous les signes extérieurs d'une constitution robuste. Elle était dans un état d'abattement extrême. Cependant elle répondait assez juste aux questions qu'on lui adressait, mais par monosyllabes et après avoir fait répéter plusieurs fois la même question; puis elle retombait dans l'état de somnolence dont on était parvenu à la tirer pour un moment. Le pouls était très fréquent, sans bruit anomal au cœur; la langue était sale; deux selles depuis hier. Le ventre avait son volume naturel; aucune éruption n'existait à la peau. Le faciès, l'état de l'intelligence , la nature des selles, la date de la maladie , etc., ne laissèrent pas de doute sur l'existence delà fièvre typhoïde.

Le lendemain i 5 mai, onzième jour présumé delà maladie, la somnolence était plus grande. Il y avait eu un peu de délire dans la soirée d'hier; l'intelligence était comme la veille; la langue était pâle; la diarrhée continuait; cent trente pulsations. La vessie n'était pas distendue parl'uiine; la peau n'était le

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sièsçfi d'aucune éruption; il y avait eu, dans la soiréo, un peu de délire [Saignée de dix onces f limonade gommée,- diète). Le «4 (douzième de Ja maladie), stupeur plus prononcée que la veille, réponses un peu embarrassées, tendance à la loquacité, insomnie, cent trente pulsations ; peau chaude, langue poisseuse , pas de selles dans la journée; urines alcalines; affaissement plus marqué qu'hier. Le i5, lapremière partie de la journée n'offre d'auti-e changement qu'un peu plus d'affaissement ; mais, dans la soirée, retour du délire, déjections involontaires ( urines et matières fécales). Le 16, augmentation de la prostration, persistance et aggravation des symptômes précédens ; mort à six heures du soir, le cinquième jour de l'entrée, le quatorzième de la maladie.

Autopsie du cadavre, le samedi 18, trente heures après la mort. État extérieur. Embonpoint remarquable ; cadavre bien conservé.

Abdomen, Toutes les plaques de Peyer , et la plupart des follicules isolés de la moitié inférieure de l'intestin grêle, font un relief considérable au-dessus du niveau de la membrane muqueuse ; leur surface est grisâtre avec un pointillé jaunâtre , disposition qui devient plus apparente quand on les a débarrassés d'une couche de mucus blanchâtre, très adhérente sur la plupartde cps plaques. Lamembrane muqueuse, sur un certain nombre d'entr' elles, est manifestement détruile et remplacée par des ulcérations à bords frangés. Dans les intervalles de r éruption, cette membrane est généralement pâle; elle est rosée dans quelques points. Quelques-unes des plaques, incisées dans leur épaisseur, offrent un tissu dense, blanchâtre, d'une consistance remarquable, ecchymose en plusieurs endroits. Eu remontant vers la partie supérieure de l'intestin iléon, ces» plaques sont plus rares et moins gonllées; aucune n'est vilcérée. Dans la cavité de cet intestin on ne tiouve que peu de mucus. La valvule iléo-cœcale offre une éruption confluente du côté de l'iléon, et deux ou trois petites ulcérations du côté du cœcum. Le gros intestin était vide, et ne contenait qu'une petite quantité de matières liquides.

I,'<'sl()i«fic l'itait dilaté p{ oflVait, rlnns les points déclives, une

3o ; NiîpnniTE par poisoivs morbfdks,

injection violacée. Les ganglions mésentériques étaient gonflés, grisâtres, mais non ramollis. Deux points de la surface du foie étaient injectés, friables, plus noirs que le reste de l'organe. La rate était volumineuse, noirâtre et ramollie.

Le volume des reins était peu augmenté; leur enveloppe extérieure se détachait avec facilité. Leur surface , généralement pâle, 'offrait plusieurs points violacés, quelques arborisations très fines, et un certain nombre de petits points purulens, d'un blanc mat, de la grosseur d'une tête d'épingle. Ces points purulens, assez également répandus sur les deux faces des reins, sont entourés d'une petite auréole d'un rouge assez vif. J'en ai compté huit à dix sur chaque face. Ces petits dépôts de pus sont solides, et pénètrent, dans l'épaisseur du rein, sous forme de stries. Autour de ces petits dépôts , le tissu du rein ne pai-aît pas plus injecté que dans le reste de son étendue. En incisant le rein par tranches , suivant son petit diamètre , on trouve un grand nombre de petits dépôts semblables, mais un peu plus gros, tant dans la substance corticale que dans la substance tubnleuse. Sur ces tranches de la substance rénale, on rencontre encore de petites ecchymoses plus larges que celles qu'on remarque à l'extérieur, et au centre de plusieurs il existe de petits points blancs. Ces derniers , à une petite différence près de couleur, rappelaient assez bien le premier état des abcès, dits métastatiques du foie. Du reste, quant au tissu du rein luimême , il avait sa consistance normale ; les deux substances étaient bien distinctes et ne contenaient pas sensiblement plus de sang que de coutume. Les bassinets n'étaient pas dilatés; leur face interne était pâle. La vessie était large et pâle intérieurement, à l'exception du col, qui offrait une légère injection.

Poitrine. Les bronches étaient d'un rouge livide. Les poumons étaient denses et un peu gorgés de sang.

Le cœur était sain.

Tête, Le cerveau sans altération.

Obs. V. — Grossesse ; diarrhée ; accouchement prématuré , à huit mois ;

rcleyailles et purgations aux époques ordinaires. Double néphrite ; pyé-

litc du rein gauche. Lésions et symptômes typhoïdes; mort.

Sénée, Élise, âgée de aG ans, domestique, entra à l'hôpital

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de la Charité, le lo mai i836. Cette femme, d'une constitution assez forte , ne se rappelant point avoir fait de longues maladies , n'ayant point eu de dartres, ni présenté aucun symptôme d'alFection des reins, est accouchée d'un enfant vivant, à huit mois de grossesse. Elle dit qu'à la fin du troisième mois de cette grossesse , elle fut prise d'une diarrhée opiniâtre avec vomissement, et qu'elle devint enflée du ventre, de la poitrine et des extrémités inférieures , sans œdème de la face et des bras. Cette hydropisie disparut, dit-elle, huit jours avant l'accouchement; la diarrhée continua, avec delà fièvre. L'accouchement se fit bien, et, malgré la persistance du dévoiement, la malade se trouva, à l'époque ordinaire des couches, assez bien portante pour vaquer à ses affaires. Elle ne nourrit point, et fut purgée six fois après sa délivrance. Trois semaines après l'accouchement, elle fut prise de frisson, et elle eut, tous les jours, des vomissemens verdâtres ; elle s'alila. Elle n'avait point de vive douleur dans le ventre ; on ne lui fit point de saignées, on ne Uii appliqixa pas de sangsues.

Le 1 1 mai, décubitus dorsal; mouvemens, dansle lit, difficiles et douloureux. Face grippée, abdominale ; lèvres et dents fuligineuses, physionomie exprimant plutôt la souffrance d'une péritonite que la stupeur d'une fièvre typhoïde; langue très sèche, beaucoup de soif, inappétence, vomissemens de matières verdâtres ; ventre douloureux ; cette douleur, vive A la vessie et très prononcée à la région des reins, surtout au rein droit, est peu sensible partout ailleurs. Point de taches sur les parois abdominales; beaucoup de gaz intestinaux; diarrhée (7 à 8 selles par jour).

Point de bruit anomal au cœur; pouls petit et extrêmement rapide (i56 pulsations), chaleur sèche delà peau. Un peu de matité et de râle muqueux à la partie inférieure et postérieure du poumon droit; dansle reste de son étendue, respiration complète, mais un peu sifflante. Urines peu abondantes; leur émission est fréquente, douloureuse, avec sensation d'ardeur à la fin ( on fit garder les urines, et le lendemain on trouva dans le fond du vase une couche de pus de deux lignes de hauteur); engourdissement dans les deux jambes; Intelligence

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presque parfaite; la malade répond un peu lentement, mais avec beaucoup de justesse; insomnie depuis plusieurs jours.

La malade accusant une très vive douleur dans la région du rein droit, et celte douleur étant plus aiguë à la pression en arrière qu'en avant du flanc, je pensai qu'il y avait pyélo-né~ phrile (l'examen de l'urine le lendemain me fit arrêter à celle idée), et peut-être fièvre typhoïde, bien qu'il n'y eût pas eu d'épistaxis, qu'on n'aperçut point de taches sur l'abdomen, et que la diarrhée pût être rapportée à une autre lésion, puisqu'elle durait depuis long-temps.

Quoique la figure de la malade eût l'expression de la péritonite , quoiqu'il y eût des vomissemens verdâlres, quoique le ventre fût douloureux, quoiqu'il y eût la circonstance de l'accouchement un mois auparavant, quoique enfin les symptômes typhoïdes pussent s'expliquer par une phlébite puerpérale, j'éloignai cette idée à cause de la bronchite et du délire, avec exaccrbalion le soir, et de l'époque, déjà éloignée, de l'accouchement : ces circonstances me décidèrent enfin à admettre la coïncidence d'une fièvre typhoïde, tout en reconnaissant que ce diagnostic n'était point dégagé d'incertitudes {Saignée d'une livre, hain de sicye.j catnjilasmes stir le venlre). A la visite du soir, l'étal général était meilleur et le pouls un peu relevé {Nouvelle saii/ncc de li-ois prilcllcs).

Lie la mai, un peu de soulagement : ventre moins douloureux; urines alcalines; sels el couche purulente dans le sédiment; voix presque éteinte. Hier soir, délire ; ce matin, l'intelligence est revenue, comme dans la matinée d'hier ; diarrhée (huit garde-robes), point de vomissemens, ni d'envies de vomir, ni de hoquet {Lavement laudanisè {douze gouttes) , bain).

Le i3, cessation complète des douleurs abdominales; un peu de sensibilité seulement dans la région du rein droit (quatre selles); urines purulentes ; point de vomissement, mais nausées ; cent vingt pulsations. La bronchite se prononce davantage; le sifflement est plus marqué et on l'entend dans les deux poumons. Délire toute la nuit ; le matin , l'intelligence est entière, quoique leule {Limonade, eau de gomme).

Ln if\ , afTaissenicnt plus considciabie, bowclie fuligineuse;

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langue d'une extrême sécheresse; les symptômes adynaraiques dominent ; absence complète de douleur dans le ventre ; i\rines purulentes.

Le i5', la malade ne peut uriner seule ; on est obligé de la sonder. Elle est si faible qu'elle ne peut ni remuer dans son lit, ni parler; le pouls a augmenté de fréquence. Les articulations sont examinées avec soin; aucune n'est gonflée, ni douloureuse; on n'observe ni taches, ni sudamina.

Le 16, les urines sont troubles, acides, toujours avec un dépôt de pus au fond du vase ; prostration , semi-délire , aspect typhoïde. Les vomissemens verts sont revenus; la diarrhée n'a point cessé; la malade ne peut garder ni les urines, ni les matières fécales; bronchite générale.

Le 17 mai, même état; les urines sont purulentes et alcalines {Julcp et Aéré} eau vineuse).

Le 18, prostration complète et perte de connaissance. Mort le 19.

Autopsie du cadavre. Y olnme et poids normaux du rein gauche. Lorsqu'on a enlevé ses membranes (qui ne sont ni plus, ni moins adhérentes que d'habitude) , on aperçoit, au milieu de sa face postérieure, une surface anémique assez étendue, qui contraste avecl'injection l'ouge des parties environnantes. De plus, cinq ou six plaques arrondies ou irrégulièrement allongées, blanchâtres, les unes dures et faisant saillie, les autres, au contraire, comme déprimées et un peu ramollies, la plupart du volume d'une lentille, semblent extérieurement formées de granulations blanchâtres , dontle nombre varie depuis trois ou quatre jusqu'à douze. Lorsqu'on les incise , on voit qu'elles ne sont constituées ni par des tubercules, ni par du pus liquide, mais par de la lymphe plastique ; autour de la plupart de ces plaques, le tissu du rein était injecté et un pexi ramolli.

La face antérieure du rein présente environ une douzaine de plaques généralement déprimées; en général aussi, elles sont plus rouges que celles qui sont placées postérieurement. La totalité de cette face du rein , excepté vers la scissure, qui est anémique, est injectée. Celle injection est plutôt réticulée qu'arborisée. Ces plaques, ipcisées, présentent les mêmes caractères

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