‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 15 sur 81 · ALTÉRATIONS CADAVÉRIQUES · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS CADAVÉRIQUES

parlient plus spucialemeut à l'histoire de chacune d'elles.

§ Sa. Dans l'élude des alléi'alions cadavéï'iques des reins il faut noter surtout : i" les changeniens de couleur, soitqu'ils résultent de Faction de l'air, de l'irabibitiou du sangqui transsude à travers les pores des vaisseaux , de l'humeur de la vésicule du fiel ou de quelque autre liquide épanché au pourtour des reins; 2° le décollement de la membrane fibreuse; 5° \a pro~ ducii'on d'un gaz dans le tissu celkilaire sous-fibreux, dans les vaisseaux ou dans la substance àn ve.\n{ emphysème) ; 4° le ramollissement des deux substances et quelques autres efiels de l'action de l'air (dessèchement) ou de l'eau {macération ).

§ 53. Lorsque les cadavres sont placés sur le dos immédiatement après la mort , on trouve les vaisseaux de la face postérieure des reins, plus constamment injectés que ceux de la face antérieure; c'est, en petit, un phénomène analogue à l'engouement cadavérique des poumons. Cette disposition du réseau vasculaire polygonal de la surface des reins est tellement constante que, toutes les fois qu'on i-encontre la face antérieure des reins plus injectée que la postérieure^ ilj ^ lieu de supposer un état morbide.

§ 54. Le sang contenu dans les vaisseaux et surtout dans les grosses veines transsude à travers leurs parois , s'infiltre dans les parties environnantes , et donne lieu à plusieurs phénomènes rf'/wiZ/iZiîïzon. Ainsi, le tissu cellulaire, plus ou moins chargé de graisse qui entoure le rein, est quelquefois infiltré de sang. Cette infiltration est ordinairement plus marquée à la scissure du rein , dans le voisinage de la veine rénale ou dans celui de ses ramifications.

§ 55. Si on divise en deux moitiés , de leur circonférence vers leur scissure, des i-eins qui ont éprouvé un commencement de putréfaction avec transsudation cadavérique du sang, leurs deux substances offrent une teinte violacée. Cette teinte est remarquable surtout sur les arcs vasculaires qui séparent la base des cônes de la substance tubuleuse d'avec la substance corticale. Celte imbibition cadavérique est quelquefois tellement considérable que les reins paraissent comme s'ils avaient été fortement ccchymosés.

3o PaOLÉGOMKïTES.

§ 56. Lorsque , soit par l'influence de la chaleur de l'atmosphère et de l'humidité , soit par l'action plus lente du temps, le tissu cellulaire et adipeux, extérieur au bassinet, imprégné de sang violacé , éprouve un commencement de putréfaction , il contient ordinairement une certaine quantité de bulles do gaz.

§ 07. Lorsqu'il existe des vaisseaux, en étoiles, à la surface des reins , on remarque quelquefois , à l'œil nu , de petites lignes noirâtres en dehors de ces petits vaisseaux. Dans tous les cas , ces petites lignes sont très apparentes à la leupe : leur disposition en ombres linéaires, suivant la direction des vaisseaux, indique leur origine cadavérique.

§58. Dans les cas d'injection partielle et morbide du rein, soit dans une simple hypérémie , soit dans la néphrite, si l'autopsie du cadavre a été retardée , ou s'il s'est déjà opéré un commencement de putréfaction , presque toujours (par l'effet de l'imbibition du sang), la coloration morbide s'étend au-delà de son siège réel et pi'imitif. Des imbibitions cadavériques du sangs'opèrent quelquefois, mais plus rarement, dans le bassinet.

Ç) 5g. Lorsque dans des reins très injectés de sang l'imbibition cadavérique a été profonde et qu'elle a pénétré à-la-fois les deux substances, elles ont souvent une même teinte, rose ou violacée; on distingue difficilement Jes stries corticales, et la séparation des duux substances n'est plus indiquée que par des vaisseaux blanchâtres , assez gros, que l'on remarque à la base des cônes.

§ 60. J'ai aussi plusieurs fois observé ces imbibitions du sang, et les colorations accidentelles qui en résultent, sur des reins de nouveau-nés. Sur leur face postérieure ou sur leur grande courbure, ces teintes étaient quelquefois disposées en bandes plus ou moins régulières ou sous la forme de lignes. Les irrégularités dans la forme et l'étendue de ces colorations cadavériques sont quelquefois expliquées par une inégale répartition du sang à la surface des i-eins , analogue à celle qu'on observe dans d'autres organes aux approches de la mort.

§ 61. Pendant les chaleurs de l'été , ou dans des cas de péritonite avec putréfaction abdominale rapide, par l'eflet del'im-

ALTJÎRA.TI01VS C A.DAVÉR1QUES. 3l

bibilion ou de la piilri^faclion , la couclic ccllulcuse qui réunit la membrane fibreuse des reins à la substance corticale se ramollit, et la membrane fibreuse du rein peut être détachée avec la plus grande facilite, à moins d'adhérences morbides. Ce dccollement se fait à-peu-près comme celui de la membrane péritonéale de l'intestin dans des cas de péritonite aiguë. Toutefois ce décollement cadavèriqite de la membrane fibreuse du rein est beaucoup moins marqué, et même ne s'opère pas spontanément sur les reins atteints de néphrite chronique et dont le tissu cellulaire sous-fibreux est épaissi et uni d'une manière morbide à la membrane fibreuse.

§ 6'2. La liroduclion d^imgaz dans le tissu cellulaire et dans les vaisseaux rénaux, et son dégagement sous la forme de bulles d'air au-dessous de l'eau, est un phénomène cadavérique indiqué, à toit, comme pathologique par plusieurs observateurs.

§63. Lorsque les vaisseaux sanguins des reins contiennent des bulles d'air, on en remarque presque toujours dans le tissu cellulaire ambiant , siirtout lorsque la mort a été consécutive à une entérite ou à une péritonite chronique. Ce dégagement de gaz n'a pas lieu sensiblement dans tous les cas de putréfaction. Il est rare lorsque les vaisseaux contiennent peu de sang, et on ne l'observe pas lorsqu'ils en contiennent à peine. Peut-être encore d'autres conditions infiuent-elles sur sa production. Plusieurs reins ne m'ont point présenté d'emphysème, quoiqu'ils fussent pourris , quoiqu'ils ilégageasseut une odeur de putréfaction très marquée , qu'ils fussent verdâtres à l'extérieur et que les deux substances fussent violacées et imbibées de sang.

§ fi4. L'emphysème des reins se présente sous un aspect particuher, lorsque le développement du gaz a lieu dans le tissu cellulaire sous-fibreux. On remarque alors à la surface des rems un très grand nombre de petits points blancs, transparens, disposés en groupes, et qui, vus au microscope, apparaissent comme de petits globules dont le milieu est beaucoup plus clair que le fond.

§65. La consistance des reins est toujours diminuée, et

quelquefois même leur tissu est très sensiblement ramolli par la putréfaction. J'ai observé plusieurs fois ce ramollissement cadavérique des reins, en même temps que d'autres phénomènes de décomposition. Il coïncide souvent avec une coloration verdâlre d'une étendue plus ou moins considérable de la face antérieure du rein droit, qui est en rapport avec l'intestin colon ou avec la vésicule du fiel. Ces circonstances le distinguent des ramollissemens morbides.

Le ramollissement cadavérique peut avoir lieu lors même que le rein contient peu de sang. Cette altération, dont la production peut être inQuencée par les qualités particulières de ce liquide , est quelquefois si considérable , que les doigts pénètrent dans l'épaisseur du rein et le déchirent, en le saisissant ou en exerçant une légère pressipn.

Dans les reins qui ont éprouvé un ramollissement morbide, le ramollissement cadavérique fait de rapides progrès; et lorsque l'ouverture du corps est pratiquée pendant les chalexirs de l'été ou à une époque déjà éloignée de la mort, il n'est pas toujours facile de faire la part des deux altérations.' J'ai pu me convaincre de ce fait en examinant , plusieurs heures après les avoir étudiés et décrits , des reins enflammés et qui présentaient (indépendamment des peints purulens ou des dépôts de lymphe plastique) un ramollissement morbide, autour duquel un ramollissement cadavérique s'était opéré comme autour d'un foyer de décomposition.

Après l'imbibition, le ramollissement est un des états cadavériques les plus ordinaires des reins.

66. La putréfaction des reins est accompagnée d'une odeur fade^ particulière, mais distincte de celle delà gangrène.

Indépendamment de la chaleur de l'atmosphère, qui favorise d'autant plus la putréfaction qu'elle est plus élevée, d'autres circonstances hâtent on ralentissent les progrès de cette décoraposition : d'abord l'humidité de l'atmosphère ; puis les imbibitions de sang, d'urine, de pus , etc. Un rein plus injecté de sang qxte son congénère se putréfiera plus rapidement que lui.

§ 67. La couleur des reins s'altère par le contact des parties voisines et par l'action des humeurs ou des gaz qui s'en éckap-

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