ALTÉRATIONS CADAVÉRIQUES
pent. Après leur extraction du corps, elle s'altère par l'oxygénation cadavérique du sang qui est contenu dans leurs vaisseaux ou qui a transsudé à travers leurs parois ; elle change enfin par la décoinposilion putride de leurs élémens.
§ 68, En ouvrant le corps d'individus qui avaient succombé à des entérites ou à des péritonites chroniques, j'ai souvent remarqué que la face antérieure des reins ou au moins leur tiers inférieur présentait une teinte ardoisée légèrement jaunâtre, dans les points qui étaient en contact avec le colon j et une teinte jaunâtre ou verdâtre, dans ceux qui correspondaient à la vésicule du fiel. Ces teintes cadavériques pénétraient quelqviefois à une oit deux lignes de profondeur dans l'épaisseur de la substance corticale. En général elles étaient d'autant moins prononcées qu'on s'éloignait plus de la partie inférieure du rein.
Ces teintes cadavériques sont peu ou point partagées par la membrane fibreuse extérieure des reins ; car, après l'avoir enlevée, on les trouve, tout entières, dans la substance corticale.
Elles pénètrent quelquefois , sous la forme de stries , dans l'épaisseur de la substance corticale et jusque dans la substance tubuleuse.
§ 69. Les reins, exposés à l'air, éprouvent divers changeraens dans leur couleur, dans leur poids, leur consistance, etc., etc. Aussi ne doivent - ils être extraits et dépouillés de leurs membranes par les élèves qui font les autopsies des cadavres , qu'au moment oii le médecin les examine. En effet, lorsque les reins ne sont point anémiques, et qu'ils sont exposés à l'air, ils acquièrent promptement une xougeur beau.coup plus prononcée que celle qu'ils avaient réellement. Ce changement de couleur se fait quelquefois si rapidement que j'ai vu, dans l'amphithéâtre, des reins notés comme étant d un rouge pâle , lorsqu'on les dépouillait de leur membrane, être d'un beau rouge à la fin de l'autopsie. J'ai vu aussi un analomiste , dessinant des reins d'après nature, éprouver un véritable embarras pour reproduire la teinte des reins, changeant avec une rapidité qui dérangeait tous les tons-
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C'est pourquoi , dans la peinture des cas pathologiques da ces organes, la première nécessité est de fixer .rapidement la teinte qu'ils présentaient avant leur exposition prolongée à l'air.
Lorsque les reins contiennent peu de sang, ou lorsqu'ils sont anémiques, leur surface exposée à l'air jaiinit en se desséchant ; mais ce changement de couleur est beaucoup moins remarquable que lorsque l'air .agit sur le sang contenu dans leurs vaisseaux.
Lorsqu'une des surfaces des reins est seule exposée à l'air pendant long-temps, elle brunit, se dessèche; les lignes des petits polygones sont moins dis.tinctes, la suiface des reins se couvre de rides qui deviennent plus marquées lorsqu'on rapproche l'une de l'autre les deux extrémités de ces organes; la membrane fibi'euse est raide, et cette raideur a quelque analogie avec celle d'un linge trop empesé.
Lorsqu'il y a de la graisse à la scissure, elle prend souvent quelque temps après la mort une teinte verddtre ; et cette teinte se prolonge un peu dans les sillons qui séparent les lobules des reins.
Desséchés par une longue exposition à l'air , les reins acquièrent une couleur brun noirâtre, \ qu'ils doivent uniquement au sang qui les pénètre, car lorsqu'on les en a privés ils deviennent grisâtres.
§ 70. Exposés à l'air, les reins diminuent assez rapidement de poids et de -yo/î^wîe ; plongés dans l'eau, ils reprennent leur volume primitif^ se ramollissent et tendent à une prompte putréfaction.
Lorsqu'à cette action de l'air se joint celle de l'humidité sur uneétendue plus ou moins considérable de la surface des reins, celle-ci se couvre d'un enduit sale, un peu poisseux, noirâtre , au-dessous duquel la surface du rein ( lorsqu'on le nettoie , avec un instrument , ou mieux en le plaçant sous l'eau ) paraît hérissée de papilles, de filameus, et légèrement inégale. Ce j-amollissement partiel de la substance corticale et son aspect tomenleux sous l'eau , tiennent évidemment à ce que toutes les parties de la surface des reins ne sont pas également ramollies. Dans ce cas, l'aspect de la substance corticale , vue sous l'eau,