DES MALADIES DES RÉINS EN GENERAL
§ 76. Le toucher fait reconnaître la situation et le degré de sensibilité morbide des reius, l'étendue, la direction, la consistance , dure, molle ou fluctuante des intumescences qui peuvent se rencontrer dans les régions lombaires , et fournit des données plus positives que la simple inspection.
§ 77. Dans l'état sain, une pression, même un peu forte; exercée avec la main sur les régions lombaires , notamment audessous de la dernière fausse côle dans un point oii l'extrémité inférieure du rein n'est séparée de la peau que par le muscle carré des lombes, ne produit aucune douleur. Une semblable pression est toujours, au contraire, plus ou moins douloureuse, non-seulement dans les inflammations aiguës des reins, mais encore dans plusieurs autres maladies, dans les pyélites chroniques , dans les afliections cancéreuse et tuberculeuse de ces organes. A celte occasion, je ferai remarquer qu'il suffit que la pression provoque une très légère douleur pour que ce signe ait une valeur réelle, surtout si une semblable pression exercée sur la région rénale du côté opposé n'est point accompagnée de la même sensation.
Il faut d'autant moins négliger ce mode d'exploration que plusieurs fois j'ai vu une douleur rénale assez vive, provoquée par la pression, chez des malades qui ne l'avaient jamais ressentie spontanément, et ce phénomène appeler l'attention du médecin sur un état pathologique des reins que d'autres circonstances d'ailleurs n'avaient pas fait soupçonner.
§ 78. Si les tumeurs du foie, de la rate et des capsules surrénales; si toutes celles qui se développent dans les portions lombaires du colon peuvent simuler les déformations produites par des tumeurs rénales; de même aussi, les doulems que produisent ces diverses espèces de tumeurs pourraient être regardées comme ayant leur source dans les reins, si on ne tenait compte des symptômes qui les ont précédées ou qui les accompagnent. Toutefois, soit que la douleur rénale existe pendant l'immobilité du tronc ou qu'elle soit déterminée par les mouvemens d'assis et lever, de rotation du tronc de droite à gauche ou de gauche à droite," ou qu'elle se fasse sentir seulement lorsqu'on la provoque , à l'aide d'une pression plus pu
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moinâ considéi'ïible ; cette douIeUf est ordinairement plus prononcée en arrière j tandis que les douleurs des portions correspondantes du péritoine, du gros intestin , du foie et de la rate, sont, en général, plus fortement perçues srous la main qui comprime ou qui percute la partie antérieure et latérale des Qancs,
Généralement aussi les douleurs rénales, lorsqu'elles ont un certain degré d'acuité, se propagent dans la direction de l'urfetère ou du cordon testiculaire et quelquefois dans la cuisse du même côté. Il faut reconnaître cependant que cet engourdissement de la cuisse , occasioné par une tumeur rénale , peut aussi être dû à la présence d'autres tumeurs de diverse nature, dans leS' régions lombaires.
§ 79. Les tumeurs rénales Sont solides ou fluctuantes.
Les premières, ordinairement produites par des dégénérations cancéreuse et tuberculeuse , seraient difficilement distinguées des tumeurs solides du foie et de la rate si on ne tenait compte des résultats fournis par l'examen de l'urine. Les secondes, formées par des poches remplies d'un liquide Tirineux, séreux , sanguin ou purulent, offrent une fluctuation manifeste qui ne permet pas de les confondre avec des tumeurs solides, dues à un développement morbide du- foie ou de la rate (Voyez Pyélite , Hydronèphrosf). Mais il n'est pas aussi facile de les distinguer des tumeurs enkystées, contenant ou non des acépbalocystes , situées à la face inférieure du gi'aud lobe du foie ou dans la rate.
Je comparerai plus tard les différens caractères que donnent au toucher et à la percussion les tumeurs rénales, hépatiques, spléniques, intestinales , stercorales , ovariques, etc. Ce que je veux établir ici, c'est la nécessité de bien appi-écier, par le palper et par la percussion , le volume , la forme , la direction, la consistance, l'adhérence ou la mobilité de ces tumeurs , afin que toutes les données fournies par ces modes d'exploration viennent concourir à l'établissement du diagnostic.
S 80. Le toucher peut encore aider, à reconnaître des déplacemens, des vices de situation des reins à constater leuc -absence dans les régions qu'ils occupent ordinaire-
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nfent, et leur situation anomale dans vme autre partie de l'abdomen. Lorsque les reins n'existent pas dans les régions lombaires y elles offrent ordinairement une dépression sensible à l'œil. Et si , après avoir fait mettre le malade sur le dos, et appliqué une des mains sur la partie antérieure du. flanc et l'autre sur sa face postérieure, les cuisses étant fléchies sur le bassin, la bouche étant enlr'ouverte , on comprime Igs parties situées entre les mains , comme pour les rapprocher l'une de l'autre , les doigts ne rencontrent pas l'extrémité inférieure du rein.
Plusieurs fois j'ai pu reconnaître, par le toucher, des. reins qui se li'ouvaient placés dans la fosse iliaque ou sur la colonne vertébrale.
§ Si. La perenssion fournit des signes qui, rapprochés de ceux que donnent l'inspection et le loucher, contribuent puissamment au diagnostic des tumeurs rénales. Cependant ces signes ont encore besoin d'être fortifiés par d'autres. Si, du côté droit , le son mat rendu par la percussion dans la région rénale ne se prolonge pas jusque près de la crête de l'os des îles; si le lobe épigastrique du foie dépasse manifestement la base de la poitrine; le son mat peut être dû aussi bien à une augmentation de volume du grand lobe du foie , qu'à une altération des reins. Dans les cas même oii une augmentation c.ensidérable du volume des reins donne lieu à une matité complète de la partie latérale du flanc, il faut encore invoquer d'autres signes pour distinguer cette matilé de celle qui est produite par une prolongation morbide du foie, par une tumeur stercorale , par un abcès par congestion, etc. Les tumeurs mates à la percussion qu'on observe du côté gauche , dans la région lombaire , chez des individus qui n'ont pas eu antérieurement de fièvre intermittente ou d'autres maladies entraînant une augmentation du volume de la rate , peuvent plus sûrement être regardées comme étant le résultat d'une maladie du rein- Lorsque la rate a éprouvé un gonflement assez, considérable pour s'étendre inférieurement dans la région lombaire, son développement morbide est également sensible dans la région splénique supérieure au-dessous des côtes et même en-deçà
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de leur bord libre. Enfin, dans les intumescences de la raie," lorsque les malades ont peu d'embonpoint, ou bien lorsque les parois du bas-ventre oflVent une certaine laxité, la main, refoulant la peau et la paroi abdominale au-dessous des côtes asternales, rencontre une tumeur dtire et solide , tandis que les tumevirs rénales solides se prolongent rarement ainsi sur la partie antérieure du grand cul-de-sac de l'eslomac
§ 82. A-t-on découvert, dans les régions rénales, ou dans une d'elles, une tumeur plus ou moins considérable, il faut examiner l'urine au moment de l'émission, et quelque temps après sa sortie j il faut rechercher si elle ne contient point de sang, d'albumine , de mucus, de pus, etc. ; enfin si elle n'offre pas un des caractères morbides, distinctifs de certaines tumeurs rénales (Voyez Pyèlite , Cajicer, etc.).
§ 83. En traitant de chaque maladie des reins, en particulier, j'aurai souvent l'occasion de rappeler combien est grande la valeur des signes fournis par l'urine.
Je me suis attaché à exposer clairement les procédés à l'aide desquels on constate les altérations de l'urine, et à poser ou au moins à laisser entrevoir la limite des inductions pratiques qu'on peut tirer de cette étude, pour le diagnostic et le pronostic des maladies des voies urinaires.
Toutes les maladies aiguës et un grand nombre de maladies chroniques modifiant plus ou moins, pendant leur durée, la sécrétion urinairej pour distinguer les altérations de l'urine propres à certaines affections rénales , de celles qui sont communes à plusieurs autres maladies , ou qui dépendent du régime ou de l'action de certains médicamens, etc. , j'ai dû examiner ces faits comparativement et sous tous les points de vue.
Ç 84, L'examen des uretères, de la vessie, de la prostate et de l'urètre, est le complément nécessaire de l'exploration des régions rénales.
J'exposerai , d'une manière plus complète qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour , l'influence des inflammations de l'urètre et de la -vessie sur celles du bassinet; celles de la Fetention d'urine dans la vessie sur la production des bydronéphroses , de