PAR ARMES A FEU
suite du décubitiis, la blessure du dos était sur le point de se gangrener , le malade ne pouvait étendre les jambes surtout la droite. Sept semaines après, il fut embarqué pour l'Angleterre : par suite des fatigues de ce voyage, fièvre, nouvelle attaque de péritonite et formation d'une tumeur dans le siège de l'ouverture postérieure de la blessure. Quinze jours après, ponction de cette tumeur; sortie de six onces environ de matière purulente ayant une odeur xirineuse. Cette matièi e s'écoule pendant quelque temps , et environ trois semaines après , un autre abcès qui se forme plus bas est ouvert. Il donne issue à une grande quantité de pus de la même nature que celui qui provenait du premier abcès. La quantité du pus varie de temps à autre, l'abcès guérit et s'ouvre de nouveau. En même temps le malade éprouve beaucoup de douleur, maigrit considérablement; l'urine était rare; mais il y avait des envies fréquentes d'uriner, cet état dura jusqu'au huitième mois après la blessure. Aloi'S les accidens augmentèrent, le passage de l'urine devint de plus en plus difficile, et les médecins supposaient qu'ily avait gravelle; la douleur du côté blessé s'étendit au ventre puis aux testicules et enfin au pénis. Le pus qui s'écoulait par la fistule était toujours abondant et avait le goût de l'urine. La peau était pâle , quelquefois jaunâtre , les yeux brillans. La quantité de l'urine excrétée devint tous les j ours plus petite , et à la fin le malade n'en rendait que qvielques gouttes dans la journée , quoique les envies d'uriner fussent très fréquentes. Le malaise devint de plus en plus grand. Un jour, le malade ne peut plus uriner même par gouttes, et cependant les envies étaient irrésistibles, après des efforts désespérés (et inutiles d'abord) et dans une espèce d'angoisse que le malade appelle agonie, il rendit à grand jet une quantité énorme d'urine , teinte de sang , précédée par une matière solide qui frappa les parois du vase. Ce corps long de trois quarts de pouce , de la forme et de la dimension d'une crevette , était formée d'un morceau de drap encroûté d'une matière noirâtre très dure , moins foncée d'un côté que de l'autre. En moins d'une heure, le malade urina une seconde fois et l'urine était moins teinie de sang. Cet officier jouit maintenant d'une bonne santé.
J*LA.IliS DES REINS
Ods.IX. — 7}lc'ssui'e par arme à feu d.ms l'IiypocLondrc gauche, hématurie; fistule urinaire et inlcstiualc; émission de gaz par l'urèthre ; guérisou? (Heuncn. Principles of médical s argery , in-S". Lond. M editioa, 1829, page 43o).
Auguste Labiche, du septième régiment des dragons français, fut blesaé le 18 juin i8i5, par une balle de fusil, qui entra par l'hypochondre gauche immédiatement au - dessous de la douzième côte près de son extrémité antérieure, et sortit au côté gauche de la deuxième vertèbre lombaire, tout près de l'apophyse épineuse. Il sortit un peu de sang par les voies urinaires les premiers jours qui suivirent la blessure. Jusqu'au i3 juillet, l'écoulement du pus parla plaie fut très abondant et mêlé de matières fécales liquides et de pépins de fruits ; la blessure située sous la côte rendait très peu. Le 14 juillet, Labiche sentit pour la première fois , que des gaz sortaient par l'urèthre en produisant une sorte de gargouillement, après l'émission de l'urine. Le 16 du même mois , la plaie du dos était en voie de guérison, et les matières fécales ne passaient plus par cette ouverture. Le 20, le linge des panseraens et le drap du lit avaient une odeur urineuse très prononcée, et l'urine suintait par la plaie postérieure ; le passage de l'air par l'urèthre se faisait en moindre quantité et sans bruit. Le malade ayant plongé le pénis dans de l'eau , un pouce cubique d'air environ sortit de l'urèthre à la fin de l'émission de l'urine. Vers le 8 août ( cinquante-unième jour de la blessure ) , l'écoulement de l'urine par la plaie postérieure et l'émission de l'air par l'urèthre avaient presque entièrement cessé et les plaies antérieure et postérieure étaient considérablement diminuées. Quelques jours après, le malade sentit une douleur aiguë dans la blessure; la douleur s'accrut et la plaie devint fîstuleuse jusqu'au cinquante-septième jour, oii de l'air recommença à passer par la plaie et par l'urèthre et une légère gonorrhée se déclara ; l'état du malade s'améliora.
Le départ des prisonniers pour la France a fait que l'histoire de ce malade est resiée incomplète; mais le docteur Gordon, qui l'a soigné , est persuadé que le cas s'est terminé heureusement. ^
PAR ARMES A FETT.
Obs.X. — Ancienne Mcssufc dans la rigiou lomliaire; rupture de la cicatrice Il diverses reprises, et issue d'une matière purulente et sanguinolente; puis sortie de la môme matière i)ar les voies urinaires, après des accidens graves (Kopetiki. Dissert, de -vomitu et mictti cruento).
Le célèbre Smith, professeur à Prague, a connu un colonel qui avait rendu avec ses urines, pendant plusieurs jours, une grande quantité de matière purulente fétide avec de gros caillots de sang, dont la soui'ce venait d'une plaie qui lui avait été faite, il y avait plus de vingt ans , au côté gauche vers les lombes. Souvent, depuis cette époque, la cicatrice imparfaite s'était rompue, et avait donné un libre cours au dehors à une grande quantité de sang et de pus. Mais , après un si grand laps de temps , la guérison de cette plaie extérieure s'était opérée , et les matières qui en sortaient auparavant prennaient, à-peuprès, aux mêmes époques, leur direction par les i eins et la vessie. Elles causaient une hématurie précédée d'accidens qui, chaque fois, mettaient le malade en danger de mourrir, pendant douze ou quatorze jours , par la violence de la fièvre et quelquefois du délire. Une abondante excrétion de sang et de pus faisait une crise favorable, après laquelle le malade cuirait aussitôt en convalescence et se perlait bien.
Commotion f contusion et déchirure des reins.
§ 33i. On est autorisé à attribuer à la commotion du rein, certaines hématuries, accompagnées de douleurs lombaires, qu'on observe chez des hommes de cheval à la suite des fatigues qu'ils éprouvent dans les manœuvres , en passant successivement d'une allure à l'autre ; plusieurs de ses pissemens de sang accompagnés de douleurs au périnée, et non de douleurs aux lombes, dépendent au contraire d'une lésion de la vessie ou de la prostate.
Les effets de la commotion sont plus sensibles chez les individus qui portent des calculs dans les reins ou les uretères, >