‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 36 sur 81 · AVEC SYMPTÔMES CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

AVEC SYMPTÔMES CÉRÉBRAUX

des lavemens. Le malade fut traité par les cordiaux , les bains chauds, les opiacés, les diurétiques, les vésicatoires , etc. ; son état dépuisement ne permettant pas de remèdes plus actifs. Le ig, pouls à 86 et petit, peau froide, voraisseraens continuels, peu de douleurs , pas d'urine , beaucoup de fèces dures, rendues par les lavemens. Le 20, le vomissement diminue, moins d'abattement, pouls à 90, pas d'urine, beaucoup d'oppression, tendance au coma. Le 21, pouls à 71, l'abattement a disparu , mais le coma augmente ; le ventre est libre, la quantité d'urine retirée par la sonde, en plusieurs fois dans la journée , s'élève à la quantité naturelle. Le 22 , pouls à 84 et d'une bonne force ; le coma augmente, une livre et demie d'urine est extraite par le cathétérisrae, mort dans la nuit après de légères convulsions. — Autopsie du cadavre. Léger épancîiement de sérosité dans le crâne, vaisseaux du cerveau injectés; une portion de l'extrémité inférieure de l'iléon, de six à huit pouces d'étendue, était gangrénée ; les deux reins étaient d'une couleur plus brillante qu'à l'ordinaire et offraient quelques traces d'inflammation. A la surface de l'un et l'autre rein, il y avait plusieurs plaques obscures , et dans la substance du rein gauche il existait une petite quantité de matière purulente. Les autres viscères étaient sains.

Obs. XI. — Douleur dans le côté gauche; urine rare; dipainution, puis suppression de l'urine; coma, mort ( Aiercrombie : The Edinb. vied. and surgical j'oum. p. 216).

En avril 1820, une dame, âgée de 60 ans, fut atteinte de douleur dans le côté gauche, sous le bord des côtes. Le siège de cette douleur était profond, et elle était augmentée par une inspiration prolongée; le pouls était fréquent, les autres fonctions peu dérangées. La malade fut traitée par des saignées répétées, des vésicatoires, etc., et l'affection se prolongea cinq à six jours, en offrant des rémissions et des aggravations, mais rien qui pût exciter des alarmes. Le deuxième jour, la douleur et la fièvre diminuèrent beaucoup. Le troisième et le quatrième , de fréquens vomissemens bilieux eurent lieu. Le cinquième, la douleur revint et nécessita une nouvelle saignée ; le vomis"

sèment reparut de temps à autre quoique avec moins d'intensité. Dès la première période de la maladie, l'urine avait été très rare. Le cinquième jour , cette sécrétion cessa; je vis la malade le septième jour, elle se plaignait alors d'une extrême oppression et d'un sentiment de lassitude; le visage était pâle, les yeux mornes ; mais le pouls plutôt plein que faible donnait environ 84 pulsations. La douleur du côté gauche persistait et elle était augmentée par une grande inspiration j au reste, la respiration était naturelle, pas de toux; le ventre était libre, pas d'urine, et la vessie vide. Huitième jour, pas de changement, point d'urine, pouls naturel , la douleur continue. Neuvième jour, coma, point d'urine. Dixième jour, le coma augmente, point d'urine, mort dans la nuit. On ne put obtenir l'ouverture du corps.

§ 'i^g. Néphrite simple aiguë {symptômes typhoïdes).

Lorsque l'inflammation attaque vivement et profondément les deux reins, il survient presque toujours, dans l'espace d'un ou deux jours, des accès de fièvre irréguliers, marqués à leur début par un frisson très intense et de tout le coi-ps, suivis d'une chaleur sèche et inégale, qui persiste sans sueur et sans détente, sans véritable intermission, et se reproduit par paroxysmes. A la suite du frisson , lorsque la chaleur s'est développée , les malades tombent fréquemment dans l'assoupissement et dans le coma, et reprennent ensuite toute leur connaissance et se trouvent beaucoup moins souffrans ; et c'est pour cela que ces premiers symptômes de la maladie ont été quelquefois pris pour des attaques de fièvre intermittente pernicieuse. Mais bientôt la continuité de la fièvre, l'assoupissement la prostration, l'enduit fuligineux des dents et de la langue, la fréquence et la faiblesse du pouls, l'odeur fétide de l'haleine et de la transpiration , forment un ensemble de symptômes qu'on a comparés à ceux de la fièvre putride et de la fièvre typhoïde. Toutefois, le diagnostic est loin d'oflVir les difficultés qu'il semble présenter au premier abord. Dans la néphrite, les régions rénales sont douloureuses , au moins à la pression ; la sécrétion uriuaire est considérablement diminuée, et les symp-

AVEC STMPTÔMES TYPHOÏDES.

tomes putrides surviennent beaucoup plus vite et sont bien plus prompteraent mortels que dans la lièvre typhoïde. Souvent aussi ils sont précédés de dysurie ou de rétention d'urine, tandis que les symptômes de la première période de la fièvrê typhoïde sont de la diarrhée , du râle sibilant , de légères épistaxis, des taches pétéchiales ou lenticulaires. Du reste, les observations suivantes peuvent donner une idée fort exacte de cette forme ou de cetté apparence de la néphrite grave. Elle survient assez fréquemment à la suite des rétentions d'urine prolongées ; le docteur François Demay (i) en a rapporté un exemple. On l'a vue aussi se déclarer à la suite d'une contusion du r6iri($ 375,Ob3.II).

Obs. XII. — Népbrite aiguë survenue saris cause connue, accompagnée de symptômes généraux ayant l'apparence de ceux qui sont propres aux fièvres intermittentes, pernicieuses; mort rapide; turgescence considérable du rein enflammé avec stippuration et ramollissement de sa SQbstance , atroptiie du rein du côté opposé ÇDance.Arch. gén- de méd„ i. xxix. p.i53),

tJn maçon âgé 35 ans, a élu, fort et bien constitué, fiit reçu à l'Hôtel-Dieu le 6 juin 1827, éprouvant, depuis trois semaines, une douleur fixe dans la région lombaire gauche, entre le rebord des côtes et la crête iliaque du même côté. Celte douleur était survenue spontanément , précédée toutefois, d'après le rapport du malade, d'une endure œdémateuse aux extrémités inférieures , enflure dont il n'existait plus de traces. II était dans l'état suivant : outre la douleur lombaire, qui était des plus vives et augmentait par la pression, il y avait une rénitence et un gonflement particulier dans cette région ; tout autour , les parois de l'abdomen étaient tendus de manière à empêcher l'exploration exacte des parties situées profondément; la face cxpiimait l'anxiété la plus grande, le pouls était fréquent et peu développé, la peau chaude, la langue naturelle {saignée de quatre palettes, qui s'est recouverte d'une couenne èjpaissc). Le lendemain, même état de soufl'rance et d'anxiété; eu outre, rougeur et sécheresse delà langiie, dou-

(i) Dcmny (François). Diss. sur la ponction au-dessus du pubis, Paris. l8ogt

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leur lombaire se propageant jusqu'à l'épigastre, urines rendues fréquemment et en petite quantité. Du reste, point de nausées ou de vomissemens , point de douleur ou de rétraction du testicule gauche, point d'engourdissement dans l'aine du même côté , symptômes dont nous mentionnons l'absence, parce que la maladie fat considérée comme une néphrite. Deux saignées copieuses sont pratiquées dans le cours de la journée, elles fournissent un sang riche en fibrine et recouvert de couenne. Le troisième jour au matin, frissonneraens, horripilations , veines sous-cutanées peu apparentes; le malade cherche à se réchauffer en se roulant dans les couvertures et se ramassant sur lui-même; respiration précipitée, anxieuse, pouls petit, serré, fréquent, urines trovibles et peu abondantes; douleur vive et profonde se faisant toujours sentir dans la région lombaire gauche {quatrième saignée, cataplasmes , tisane de chiendent et de réglisse). Au soir, diminution de la fièvre et de l'anxiété. Le quatrième jour au matin, frisson ethorripilations, anxiété portée au dernier degré, langue sèche et croûteuse. Au soir rémission , calme dans le pouls et autres phénomènes fébriles, mais persistance delà douleur épigastrique et lombaire, résistance insolite perçue dans cette dernière région qui semble augmentée de volume. Le cinquième jour, à trois heures du matin , nouvelle exacerbation fébrile mais sans frissons préliminaires , respiration haletante , parole entrecoupée , pouls fréquent et dur , urines de couleur noirâtre, ressemblant à une décoction de brou de noix , présentant un petit sédiment blanchâtre {cinquième saignée couenneuse comme les précédentes). Le sixième jour, symptômes discordans : tandis que la peau est fraîche au toucher et le pouls petit , mais sans fréquence contre nature , la face est horriblement décomposée, la respiration inégale, anxieuse et soufflante, comme si le malade cïierchait à débarrasser sa poitrine de l'air qu'elle contient, par de fortes expirations. Du reste les mêmes douleurs se font sentir à l'épigastre et dans la région lombaire gauche {hai?i dans lequel le malade se trouve plus mal, sa respiration devenant plus embarrassée). Le septième jour, même anxiété dans la respiration et de plus refroidissement de

AVEC SYMPTÔMES TYPHOÏDES. Obi

toute la surface du corps, porté à un tel point que la main est désagréablement affeclée par son contact avec la peaudu malade; expression profonde de douleur, d'abattement et d'angoisse dans la physionomie, renversement du cou en arrière, jactilation, raideur et parfois mouvemens convulsifs dans les membres, obtusiou et affaissement des facultés intellectuelles, pouls inégal, filiforme , et à 70 pulsations par minute seulement. La marche rapide de cette maladie, ses exacerbations par accès qxiotidiens, précédés de frissons comme dans les fièvres intermittentes, l'inefficacité des antiphlogistiques, ont motivé la prescription suivante : ( lavement avec gr. X sulfaie de quinine ; xv gr. de la même substance à prendre par la bouche; potion avec la décoction de polygala j iv , acétate d'amoniaque ô ss). Une heure après la visite, le pouls était insensible , la respiration ne se faisait qu'à de longs intervalles, un froid cadavérique s'était emparé de la surface du corps : enfin le malade a succombé avant qu'on ait eu le temps de mettre à exécution la prescription précédente.

Ouverture du cadavre le lendemain. Forte rigidité cadavérique, aucune trace d'amaigrissement. Téle. Infiltration sousarachnoïdienne, abondante, d'une lymphe séreuse déposée dans le tissu de la pie-mère ; quelques ponctuations rouges dans la substance cérébrale; trois à quatre cuillerées de sérosité transparente dans les ventricules et à l'entrée du tube rachidien; d'ailleurs, aucune lésion fondamentale. Poitrine. Poumons fortement engoués par une sérosité spumeuse, principalement vers leur bord postérieur, exempts, du reste, de toute altération ; cœur dans l'état naturel. Abdomen. Membrane muqueuse de l'estomac d'une couleur ardoisée, s'enlevant facilement par le grattage, d'une faible consistance et recouverte d'une couche épaisse de mucus tenace; valvules conniventes de l'intestin grêle, saillantes et un peu boursouflées, teintes en jaune par la matière colorante de la bile ; glandes de Peyer distinctes , non par leur saillie, mais par une multitude de points noirs et conQuens, dessinant des espaces ovalaires comme ces glandes; d'ailleurs, aucune ulcération dans toute l'étendue des voies digestives. Système urinairc. Rein gauche quadruplé de volume , formant

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une masse solide dont le poids était en raison do la masse , et la forme analogue à celle de l'organe qu'elle représentait, s'élendant de la concavité du diaphragme jusqu'à la crèle iliaque» Pus liquide et blanchâtre ramassé en un petit foyei' au sommet du rein, entre sa membrane propre qui se décollait avec la plus grande facilité, et la substance corticale dont la couleur était d'un rouge brun livide. En ôUlre, abcès nombreux de la grandeur d'un pois à celle d'une aveline, éparpillés dans tout le parenchyme rénal , mais principalement à la superficie, et contenant un pus blanchâtre, inodore, en partie ramassé en foyer, en partie infiltré autour de ces foyers. Piamollisaement et détritus floconneux dê la substance de l'organe; plus loin, infiltration purulente sans collection, mais avec ramollissement et friabilité, comme il arrive dans un poumon hépatisé au troisième degré; ailleurs enfin, couleur rouge brune nuancée par quelques points blanchâtres de suppuration. Ces traces profondes d'inflammation existaient spécialement dans la substance corticale. Le bassinet avait du reste une ampleur ordinaire ; il ne contenait ni calculs, ni matière purulente ; ses parois étaient saines. L'uretère gauche n'ofi'rait rien autre de pai^ ticulier qu'un peu de ronogeur à sa face interne. Rein droit atrophié, d'un tissu ferme et résistant, égalant à peine le volume d'iin œuf de poule , présentant à sa surface des bosselures et des inégalités qui rappelaient la conformation de cet organe dan» l'âge fœtal. Bassinet et uretère du même côté perméables et sains dans toute leur étendue ; vessie ramassée sur elle-même, formant, à l'intérieur, des colonnes saillantes , à moitié remplie par une urine trouble qui tenait en suspension des flocons muciformes semblables à des écailles de son; injection et coulent noirâtre partielle de Ist membrane muqueuse dë cet organe, sans épaississement ni fàmollissemént ; uf èthre dafls l'état naturel.

Obs. Xill. — Néphrite avec symptômes adynauiiqncs ; augmentation considérable du volume da rein et infiltration purulente de la substance corticale; donlenr» TÎrai dans la région dn rcio gauche; mort (Rollet. sar la néphrite calduleltse , psigo 33, )a'^°. Paris. iSsg).

Marie-Catherine Legendre , âgée ^e éoixanfe ans , joùissartt

de beaucoup d'embonpoint, veuve, née à Rosai , demeurant à Paris, rue Guisarde, n° 9, est entrée à la Gharilé le i3 mars

En i8i4, cette femme fut affectée du tœnia , et en rendit quelques fragmens. Vers l'année 182a, elle éprouva des coliques très violentes dans la région du rein; ses urines étaient rouges, sanguinolentes; elle rendit, peu de temps après, plusieurs pierres d'un volume considérable et une multitude de petits graviers. Des diuiétiques furent administrés à la malade : elle en éprouva du soulagement. Depuis , des douleurs du même genre et l'expulsion de calculs se succédèrent fréquemment. Les douleurs qui survenaient subitement augmentaient par la marcbe ou un exercice quelconque, et produisaient des syncopes. Il y a trois ans qu'ime application de sangsues aux lom*» bes lui fit éprouver du soulagement. Vers le 8 mars dernier, les accidens reparurent avec plus d'intensité, mais la malade ne rendit point de calculs.

Le i4 mars, cette femme présente l'état suivant : pouls naturel, respiration plaintive, interrompue par une douleur très ■yive dans le flanc et la région du rein gauche. La pression est douloureuse ; on sent une tumeur volumineuse , mal circonscrite, qui paraît occuper une grande partie du côté gauche de l'abdomen ; nausées , efforts de vomissement, stupeur du membre inférieur correspondant, urines peu abondantes, mais claires et limpidesj et ne présentant pas de graviers (vingt-cinq sangsues loco dolenti , ventouses , trois demi-lavemens , deux tains de siège , fumigation de cerfeuil et de guimauve , cataplasme èmollient, chiendent, lin). Le i5, le pouls est un peu plus fréquent; les autres symptômes persistent {même prescrijUion , lait). Le 16^ le visage est très coloré (saignée du bras). Le 17, le pouls est tombé à quarante- deux piilsationsj abattement, plaintes ; le flanc gauche est extrêmement sensible au toucher; pas de vomissemeiis , urines plus abondantes, pas de calculs. Le 18, cinquante-deux pulsations (mêmes symptômes, mêmes prescriptions). Le 19 etle 20, même état, mêmes plaintes ; on ajoute aux prescriptions l'eau gazeuse acidulé. Les jours suivans, les symptômes ne font que s'accroitre : l'ady-

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namie survient ; la malade meurt le 34 mars , à sept heures du malin , sans avoir rendu de graviers depuis son entrée à l'hôpital.

Autopsie. Le rein gauche occupe une grande partie de l'hypochondre , refoule la rate en haut , et descend jusque près de la crête iliaque ; il adhère seulement en arrière aux parties voisines, par un tissu cellulaire très lâche. Il a quatre fois son volume normal et conserve sa forme. On trouve de vastes foyers purulens, séparés, épars et comme interposés entre la substance tubuleuse restée saine. On a trouvé aussi des foyers purulens entre la substance corticale , qui avait presque entièrement disparu , et la membrane propre. Un vaste foyer purulent réunissait l'exlrérailé supérieure du rein avec la capsule surrénale 5 le pus était épais et grisâtre , la vessie et l'uretère étaient dans l'état naturel ; le bassinet et les calices présentaient des traces d'une ancienne inflammation : on n'a pas trouvé de calculs.

Le rein droit était atrophié ; il avait tout au plus le volume d'une noix ; sa substance tubuleuse était transformée en graisse.

Comme cette femme n'a pas rendu de calculs à la Charité, et qu'elle disait en avoir une boîte pleine chez elle , je me suis transporté à son domicile, afin de me procurer quelques-iins de ces calculs et de les faire analyser; mais cette femme vivant seule, et ayant emporté la clef de sa chambre, je ne pus rien obtenir. J'ai appris des voisins qu'en effet cette femme avait rendu une grande quantité de calculs; qu'elle avait été autrefois dans une position assez heureuse, mais que , depuis quelques années, elle était dans la misère, avait du chagrin et se nourrissait très mal.

Obs. XIV Quatre attaques de néphrite simple dans l'espace de deux ans

(rein droit) ; quatrième attaque , douleurs vives dans la région rénale droite ; urines pâles ; expression typhoïde de la physionomie ; saignées ; ventouses scarifiées ; guérison de l'attaque ; et probablement persistance d'une inflammation chronique du rein droit.

Cordonnier , non marié , entreà la Charité le ao juillet i836.

Cet homme d'une figure pâle , un peu blond , est d'une taille moyenne et d'une assez bonne constitution. Rien dans sa nourriture , ni dans son habitation , ni dans sa manière de vivre (si ce n'est son travail sédentaire), ne paraît avoir eu d'influence sur la maladie pour laquelle il est venu plusieuis fois à l'hôpilal. Il ne peut dire si son père et sa mère ont eu des maladies des voies urinaires , s'ils ont eu la gravelle ou la goutte. Il ne se rappelle point avoir été malade si ce n'est il y a qviatre ans , époque à laquelle il eut ce qu'il appelle une inflammation de bas-ventre ; les urines coulaient bien alors et n'ont offert, dit-il, rien de remarquable. Il n'a jamais eu d'écoulement ni d'affections vénériennes. Il n'a jamais fait d'excès de femmes, et ne s'est pas livré non plus à la masturbation. Il y a un an, il commença à souffrir du côté droit , dans la région du rein ; il rendait des urines rougeâtres et du sable ; il entra à l'hôpital de la Charité et fut traité par des sangsues, des bains, du bi-carbonate de soude et de la tisane de chiendent; il sortit soulagé au bout d'un mois. Pendant tout l'été qui suivit cette première atteinte , il se mit à un régime presque exclusivement végétal. Au mois de septembre dernier, après avoir travaillé avec excès et s'être fatigué , il fut pris d'une nouvelle attaque. Quelquefois il était obligé de cesser toute occupation à cause de la douleur qui survenait, subite et intense, dans la région rénale, suivait la direction de l'uretère, allait jusqu'au testicule et se faisait sentir dans la fosse iliaque avec engourdissement dans la jambe du même côté. Il ne rendit point alors de graviers, mais ses urines déposaient beaucoup, et il y avait, dit-il , au fond du vase comme du lait. Jamais ses urines ne se sont arrêtées; jamais elles n'ont été sanguinolentes; il n'y avait aucune douleur dans la vessie.

Une troisième attaque , quelque temps après, l'obligea d'entrer de nouveau à la Charité. Pendant ce temps, on constata de la douleur, à la pression, dans le rein droit, douleur se dirigeant suivant la direction de l'uretère vers le testicule : urines rai'es, peu colorées comme une limonade sale, laissant déposer une quantité assez notable dç mucus et très légère-

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ment acide. Des sangsues , des ventouses scarifiées , des bains, guérirent ce troisième accès. Jamais de douleur dans le rein gauche.

Depuis une semaine environ , fatigue générale, fièvre , douleur fixe dans le rein droit , marche pénible, mouvemens , dans le lit, de flexion ou de droite à gauche, douloureux. Cet état dura trois à quatre jours sans changement notable. Mais alors un matin, on trouve au malade un aspect tout particulier : il est couché sur le dos, immobile , l'œil fixe , la figure plutôt apathique que stupide ; l'intelligence et la parole sont extrêmement lentes; enfin l'on pouri-ait croire, d'après le faciès, à l'existence d'une fièvre typhoïde. Mais la langue n'est point collante, les dents et les lèvres ne sont ni sèches ni fuligineuses j il n'y a pas de bronchite avec sifflement , il n'y a point de diarrhée, point de taches sur le ventre, point de gai'gouillement dans la fosse iliaque. On explore tous les organes les uns après les autres, aucun n'est afiecté localement et pour lui-même. Il n'y a ni délire complet, ni céphalalgie intense, ni convulsions, ni paralysie; la sonorité de la poitrine est partout normale , la respiration est pure ; il n'y a ni toux , ni expectoration ; rien de changé au cœur si ce n'est dans le rhythme desbattemens, qui sont plus rapides. La langue est un peu sale , la soif est vive , mais sans nausées ni Tomissemens , sans douleur à l'épigastre , sans colique. Il y a constipation. Enfin, comme symptômes positifs et locaux de néphrite, on trouve : une douleur vive dont nous avons déjà parlé, très intense, au rein droit oti Ifei pression est douloureuse en avant et en arrière. Cette douleur s'étend comme une corde le long de l'uretère, sans rétraction du testicule; elle est continue, avec exacerbation. Du reste on ne sent point de tumeur, et l'on n'aperçoit point de déformation des lombes. Il y a fièvre, pouls très fréquent (12a pulsations), peau chaude, sueur dont l'odeur est aigre et nauséabonde, mais non urineuse; urines transparentes, dont la couleur est beaucoup plus pâle que d'habitude , et alcalines au moment qu'elles viennent d'être reTiàu.es{sa{gnèe,vent07ises scarifiées). Ces accidens durèrent quatre ou cinq jours. Au bout de ce temps, les

symptômes diminuèrent graduellement, la douleur s'affaiblit, la lièvre tomba peu-à-peu ; la face conserva plus long-temps cette physionomie d'apathie , d'indifférence et comme d'extase des premiers jours. Il ne parut du côté des autres fonctions aucun symptôme qui pût faire modifier le diagnostic. Les urines varièrent un peu : presque toujours décolorées elles furent notées alcalines le 29 juillet immédiatement après leur émission , légèrement acides et moins pâles le i*' août, alcalines le 6, légèrement acides le 7 et le 9, alcalines et très pâles le 23, Ou remarqua en outre, vers la fin de la maladie, que l'urine, qui, jusqu'alors n'avait point présenté de mucus en suspension pu en dépôt , en offrait un peu plus que dans l'état normal.

Le dernier jour que l'on examina les urines, le 8 septembre , elles étaient aqueuses et très légèrement acides. Le malade quitta l'hôpital, à cette époque , presque complètement guéri , mais conservant toujours un peu de douleur dans le rein droit. C'était la quatrième fois qu'il entrait à la Charité dans l'espace de deux années.

§ 38o. Lorsque la néphrite se termine par suppuration et par gangrène, c'est encore par des accidens cérébraux, par des symptômes typhoïdes , par une ischurie mortelle et quelquefois par une altération particulière de l'urine (Voyez Néphrite far poisons morbides) , que cette fatale terminaison se déclare pendant la vie. Quant à la terminaison, uniquement par gangrène , de l'inflammation simple du rein, si elle a été observée, elle n'a pas été exactement décrite, soit pour les symptômes , soit pour les caractères anatomiques. Eustachi (i) parle de la gangrène du rein comme d'une terminaison de l'inflammation ; mais il n'en indique point les symptômes. La céphalalgie, la douleur des lombes et l'ischurie sont les trois symptômes dont parle Fabrice de Hilden (2) dans l'histoire de

(1) Eustaclii, De renuni siructurd, cap. Tr.v. p, lae,

(2) « Anno i585, obiit filins mens primogcnitas, qui ad septimnm usqac annnm nulla unquam pustula defoedatu» fuit. Cum septimo œtatis auno per

la maladie de son fils, qui mourut d'une inflammation rénale terminée par gangrène. IloulUer (i) n'indique que la suppression d'urine, dans un cas oii un homme, qui n'avait qu'un seul rein , fut frappé d'une inflammation gangreneuse de cet organe.

Lieutaud (2) cite aussi deux cas dans lesquels on dit vaguement que les reins étaient gangrènes.

Wedel (3) dit avoir observé, dans la gangrène des reins, des pétécliies à la surface du corps, et qu'en même temps l'urine était claire comme de l'euu.

D'autres observateurs se sont bornés à noter la gangrène des reins comme lésion anatomique. M. Pigné (4) a vu des points noirs gangréneux dans un rein qui contenait du pus et un calcul. M. Lelenneur (5) a présenté à la société anatomique un rein enflammé sur lequel on lemarquait une foule de points eu suppuration et des points noirs comme gangréneux : le malade était mort des suites d'une rétention d'urine.

Dans quelques autres observations, ce sont les phénomènes des maladies qui ont précédé la gangrène du rein , et non les symptômes de celte terminaison de l'inflammation qui sont

unum aut altcrum dicin cepbaleâ affectus cssct, successit dolor Inmborum cum febre conjunctus sicut etiam urinx retentio ita ut fere ne gattulam excernere posset, et quamyis omnis adliibita diligentia urina tamea non processit , atque ita septimo morbi die obiit, Cadavere dissecto , ingentem et insignem renum ac partium circumjacentium inâammationem in gaagraeuam jam degeneratam reperimus » (Fabricius Eildanus. De litlwtomiâ rvesicœ, cap. 25).

(x) Quod si renem suppuratum exceperit, et expuratum non habuerit, gra- Tissimam urinae suppressionem minatur. Quod contigit D. Vidamo Carnutensi qui unlcnm babebat à naturâ renem majorcm puguo ; inflanunatns gangrœnam coucepit. Non mcjebat, officium cnim non poterat facere » (Hollerii. Opéra omnia praclica : De iuflammatione renum , p. 404» in-fol. Parisiis. 1664).

(2) Lieutaud. Bist, anat. inedic, tom/i. obs. 1008. — obs. I009.

(3) Wedel. Diss, de injla/nmalione renum, Jena;. 16971

(4) Btdleliii de la soc, anat,, in-S". avril i838.

(5) Utdietwde (a sçc, «««f., in-S". juia j838.

indiqués; ainsi on lit dans Bonet (i) une observation de Gui Patin, relative à une fièvre lcntcR\ec douleur lombaire produite par un calcul rénal; le rein était non-seulement sanieux, corrompu, mais gangrené. Tant (») rapporte aussi que, chez un homme mort d'une cystite calculeuse et d'une fièvre lente, on trouva les reins sphacélés dans toute leur partie inférieure.

D'autres observations , quoique citées comme des exemples de gangrène des reins par leurs auteurs ou par d'autres qui les ont mal interprétées , doivent en être distinguées. Ainsi on a eu tort de ciler comme une terminfiison de la néphrite par gangrène, une observation de M. Cross (3) , relative à une gangrène du tissu cellulaire et adipeux, contigu au bassinet, survenue dans un cas d'urétérite calculeuse ; le rein lui-même n'était pas gangréné. Deux observations de M. Walter (4), citées par lui et par MM. Kœnig, Voigtel, Naumann, etc., comme des exemples de gangrène du rein , sont, en réalité , des cas de distension du bassinet et des calices par du sang ou du pus, et dans lesquels l'existence d'une véritable gangrène me paraît fort douteuse; et, quant aux symptômes observés pendant la vie, ils n'ont aucun rapport avec ceux de la gangrène des reins. L'observation d'Ott (5; , plusieurs fois citée comme une gangrène du l'ein, estim cas depyélile ou de distension d'une partie du rein gauche par du pus.

Chopart (6) cit« un cas de gangrène du rein chez un goutteux (Voyez Néphrite arthritique).

(1) Bonet (Th.). Anal, pract. : De iumborum dolore, lib. iii. scct. 22. p. 562.

(2) Journal de Corvisart, Roux, etc., iu-iî. t. v. p. 298,

(3) Cross (J.-G.). A (réalise on the formadon, elc. oj the urinaiy calculas, p. 24. in-40. Lond. i835.

(4) Walter. Einige Krankheiten der Nieren und Hamblase, etc., in-40. Berlin. t8oo.

(5) Ott (J. Mart.). llislor. renis sinislri maxime lurnidi et corrupli (Hallor* Disp. med. t. iv).

(6) Chopart. Traité des maladies des voies unuaires, in-S". t. l. p. 122. Paris. i83o.

NlJPHRITE SIMPLE CHRONrQtJfi.

§ 381. Nèphrile simx)lc chronique.

Sous le nom de néphrite chronique; tous les palhologistes avaient décrit j usqu a ce j our rinflammation chronique des calices et du bassinet, compliquée ou non de l'inflammation des substances rénales. C'est un fait qui frappera quiconque comparera leurs observations et leurs descriptions avec celles que je donnerai de la pyélite et de la pyélo-néphrite. Quant à lanéphrite chroniqueproprementdite; quant auxlésions anatomiqnesquila constituent; quant aux symptômes et aux altérations de l'urine qui la décèlent pendant la vie ; quant à ses véritables caractères enfin, il est incontestable qu'ils ne les avaient pas connus. M. Prout, dans sa description de la diathèse phosphatique , a bien remarqué que l'altération de la sécrétion urinaire pouvait être favorisée, dans son développement, par des coups, par des chutes, et par d'autres circonstances qui sont, pour les reins, des causes d'irritation plus'ou moins vives ; il a bien signalé quelques symptômes qu'on rencontre dans l'inflammation rénale chronique ; mais ce savant observateur ne paraît pas avoir eu d'idée bien arrêtée sur la condition des reins. L'état de la science exigeait donc que je rapportasse un certain nombre d'histoires particulières , propres à démontrer le rôle que l'inflammation rénale chronique exerce dans la production de l'urine alcaline.

J'ai dû montrer aussi, par des exemples, que les modifications de la sécrétion urinaire n'étaient pas les mêmes dans tous les cas ; que, dans quelques-uns, il y avait seulement diminution de l'acidité de l'urine ; que, dans quelques autres, elle était devenue neutre ou alcaline; que son sédiment pouvait être formé presque exclusivement de phosphate de chaux ou de phosphate ammoniaco-magnésien, et plus souvent de ces deux sels; que, dans des cas de néphrite chronique précédés ou accompagnés d'inflammation de la membx'ane muqueuse des voies urinaires, le dépôt contenait, en outre, des globules muqueux ou purulens, «t quelquefois des globules sanguins et de l'albumine. J'ai établi aussi par des faits que , dans quelques cas , surtout dans les exacerbations de la néphrite chronique, le traitement antiphlogistique et, en particulier, l'application des ventouses sur

NÉPHRITE SIMPLE CnilONIQIIE. 871

les régions lombaires , diminuait et quelquefois faisait ces^ ser l'alcalinité de l'urine. Si je n'eusse pas craint de fatiguer lé lecteur par l'exposé d'un trop grand nombre d'histoires particulières, j'aurais prouvé, en outre, ce que mainte fois j'ai con'* stalé à l'hôpital, savoir : qne l'urine ne devient point alcaline dans la vessie par le fait de son mélange avec du pus, à moins qu'il n'y soit en quantité très considérable, mais qu'elle le devient parle fait d'un vice de sécrétion- Al'hôpital, j'ai souvent opposé l'état de quelques individus dont l'urine, qui ne contenait qu'une très petite quantité de pus, était très alcaline, à celui d'autres individus dont l'urine était acide et très purulente ; et cela, pour faire remarquer que les premiers éprouvaient des douleurs rénales , tandis que les autres n'en accusaient que dans la vessie. En somme , dans les maladies des voies urinaires, l'alcalinité morbide de l'urine n'est pas en proportion de la quantité du pus contenu dans ce liquide , mais en rapport avec l'étendue ou l'intensité de l'inflammation chronique des reins.

L'influence de l'inflammation rénale sur l'urine alcaline est démontrée par d'autres faits bien connus. On sait que les calculs d'acide urique (lorsqu'ils séjournent long-temps dans les voies urinaires) malgré la disposition constitutionnelle, urique, malgré l'affection locale qui a donné lieu à leur formation, se recouvrent presque toujours d'une couche de phosphate de chaux ou de phosphate ammoniaco-magnésien. Un changement si remarquable de la sécrétion urinaire est souvent la conséquence de l'inflammation chronique qu'excite la présence de ces corps étrangers. Si on ne voit pas de calculs à noyaux de phosphate de chaux ou de phosphate ammoniaco-magnésien se recouvrir de couches d'acide urique, c'est que l'altération phosphatique de la sécrétion urinaire est souvent la conséquence d'une inflammation chronique dont les effets persistent, parce qu'elle a ellemême une grande fixité. D'ailleurs , les variations que présente l'alcalinité de l'urine , non-seulement dans l'espace de quelques jours, mais dans un même jour, sont plus en rapport avec l'hypothèse d'une inflammation chronique des reins, dans le cas où. elle est douteuse, ou avec celle d'autres conditions accidentelles, qu'avec ccUe d'une diathèse: Je m'empresse d'ajouter que

NÉPMRlTIt SIMPLK CIUIOJVIQUK,

j'ai vu plusieurs fois des individus chez lesquels on ne pouvait supposer l'existence d'une néphrite chronique , rendre une urine alcaline, le malin, après un certain nombre d'heures d'abstinence , et une urine acide et plus colorée , après le premier ou le second repas du jour. J'ai vu aussi l'urine devenir alcaline après plusieurs jours d'abstinence (i) , sans être très décolorée ou trouble. En résumé, une urine alcaline, décolorée, rendue trouble par le dépôt des phosphates au moment de son émission, est, dans la pluralité des cas, l'indice d'une inflammation chronique des reins ( Voyez Gravelle et calculs phosphatiques), bien que l'alcalinité de l'urine ait été observée passagèrement ou d'une manière continue dans d'autres conditions (§ i68).

Obs.XV. — Douleurs daus les membres inférieurs et dans la région du rein ■ droit; urine trouble et alcaline ; dépôt de pliospliate decbaux, sans globules muqueux; application dâ ventouses scarifiées sur la région rénale; retour de l'urine à l'état acide, normal; disparition des autres accidens.

J. -L. L...., fumiste, âgé de a5 ans , d'une constitution forte, d'un tempérament sanguin, entré à la Charité le a8 août i838, se plaint d'éprouver, depuis trois semaines, dans les articulations tibio-tarsiennes et dans les genoux , des douleurs vives, s'étendant parfois aux jambes et aux cuisses, augmentant par la station et la marche, et devenues beaucoup plus intenses depuis trois jours. Il ressent aussi, dans la région du rein droit, des douleurs beaucoup moins fortes, il est vrai, que les premières, mais exaspérées parla pression, taudis que celles des extrémités ne le sont pas. Du reste, il n'existe autour des arliculations douloureuses aucune trace d'altération locale. La vessie et l'urèthre sont sains. L'urine, examinée au moment de l'émission, est d'un jaune blanchâtre, trouble, sans odeiu-, non albumineuse et alcaline. Parle refroidissement elle laisse déposer

(i) M. Krinier, ayant nourri, pendant une, deux ou trois semaines, des cbiens et des lapins avec plusieurs espèces de farines, a coustaté que leurs urines, sous l'influence de ce régime, perdaient de leur acidité, devenaient neutres ou alcalines, et que la proportion de l'acide urique diminuait {T/ie Edirth. und surg. Jouinal, vol. xxv. p. 333).

WÉPnilITE SIMPLE CnlïONÎQUE.

au fond lîu verre une petite couche d'une poussière blanche, floconneuse et Irès légère, qui, vue au microscope et traitée par les réactifs, présente les caractères d'un dépôt de phosphate de chaux, amorphe, lequel se dissout complètement dans l'acide

nitrique au huitième, sans résidu. L a eu, il y a cinq ans,

pour la première fois, des chancres au gland et des bubons à l'aine, qui ont cédé en quinze jours à un traitement émollienfv Il y a trois ans, il a eu une chaudepisse qui a été traitée et guérie en deux mois. Chacune de ces maladies a été accompagnée de douleurs rénales qui ont disparu avec elles. Depuis deux ans, L... est marié et n'a plus éprouvé, jusque "dans ces derniers temps, de douleurs dans les reins, ni de symptômes vénériens. Il ignore tout-à-fait la cause de la maladie qui l'amène aujoui^» d'hui à l'hôpital.

Jamais il n'a uriné du sang, ni des graviers. Il n'a jamais eu de coliques néphrétiques, ni d'engourdissement dans les testicules et les membres abdominaux droit ou gauche. Il n'a jamais reçu de coups, ni fait de chutes sur les reins, et il assure avoir toujours mené une vie assez sobre et régulière ( tisane de raisin (f oiirs, demi-portion).

Les 29-30 août, jusqu'au 5 septembre, sous l'influence du repos , les douleurs du rein et celles des extrémités inférieures se sont amendées d'une manière notable. Toutefois les urines n'ont pas cessé d'être alcalines; mais tantôt elles ont été troubles et d'un jaune blanchâtre comme le premier jour, tantôt au contraire transparentes et d'un beau jaune caramel {application de dix ventouses scarifiées sur la région rénale droite ; même tisane). Le 6, les urines transparentes et d'une belle cou] eur d'ambre jaune sont acides. Les douleurs du rein droit et celles des extrémités inférieures ont complètement disparu. Le 7, les urines trouvées dans le bocal et rendues quelques instans avant la visite, offrent les mêmes caractères que celles de la veille. Mais celles qui sont rendues en notre présence sont troubles et légèrement alcalines. Le 8, urines légèrement alcalines, mais claires et Iransparentes.Le 9, urines claires etneutres. Le 10, urines claires et acides. Le u, urines naturelles; point de retour des douleurs rénales. Le malade dit rfu'il ne souflrc plurj, et quille l'hôpilal.

NÉPHRITIÎ SIMPLE CHROKIQUE.

Obs. XVI.-- Douleur dans la région rénale gauche; 'gnérison; néphrite à droite , puis inflammation du gros intestin ; gucrison.

Belette, domestique, âgée de 27 ans, d'un tempérament lymphatique, ayant eu dans son enfance plusieurs symptômes de scrofule , mais dont la constitution paraît depuis ce temps s'être améliorée, avait joui, jusqu'à ces deux dernières années^ d'une santé assez bonne, lorsqu'elle ressentit, pour la première fois, quelques douleurs dans les reins : ces douleurs ne furent pas assezfortes, la première année, oùelles se déclarèrent, ni la suivante, pour lui faire cesser ses occupations; mais, en i836, elle consulta un médecin de la ville, qui me l'adressa. ^SiDans un premier séjour qu'elle fit à l'hôpital de la Charité, du I*'' juin au i*"^ septembre, elle éprouvait des douleurs dans la région rénale du côté gauche et dans l'hypogastre ; elle avait la fièvre. Elle rendait, assez abondamment , des urines jaunâtres , foncées eii couleur, qui , par le repos , déposaient une matière que la malade a comparée à de la purée de lentilles : c'étaient du mucus, des sels, unis à une petite quantité de sang; l'urine était légèrement acide. Anlériem-ement cette femme avait rendu, mais une seule fois, un peu de sable rouge.

La douleur rénale fut rebelle, et on employa successivement trois saignées, soixante-quinze sangsues , deux applications de ventouses sur les lombes , des cataplasmes, des iains tièdes, de la tisane de chiendent, de réglisse, de raisin d'ours, de la magnésie enpoudre, puis enfin du copahti, de t huile de ricin. Ces moyens triomphèrent enfin du mal, et la malade quitta l'hôpital, ne doutant pas que le succès ne fut complet et durable.

Cet heureux état ne persista qu'un mois , au bout duquel : récidive des douleurs, retour des autres symptômes, à la vérité, à un plus faible degré ; la malade put rester encore un mois chez elle ; mais, au bout de ce temps, elle rentra à l'hôpital le 28 novembre i836. Cette fois, si la nature des douleurs était la même, le siège en était changé, le rein droit était malade à son tour, et la plus légère pression aux lombes dans la région rénale droite déterminait une douleur aiguc. L'apparence de l'urine avait aussi changé ; ce liquide était rare, pâle, limpide.

WJÎPIJHITE cimowiQUE. 3^5

transparent, neutre, et ne marquait que 1°, a de l'aréoraèlie de Baume. Le traitement fut actif comme la première fois {deux saignées, irais applications de sangsues, haiiis; puis enfin cm-, plâtre stibiè sur la région rénale, tisane de raisin d'ours)'.

Le X" janvier i 887, cette malade était en voie de guériaon; Il n'y avait plus de douleurs, les urines étaient abondan-r tes, neutres, peu colorées, et ne se troujjlaient ni par la char leur, ni par l'acide nitrique.

Les règles avaient paru le 6 décembre, la malade avait perdu peu de sang ; avant cette dernière période , deux époque^ avaient manqué , la malade avait maigri.

:Quelque temps api ès , cette néphrite se compliqua d'une xor flammation aiguë du gros intestin, caractérisée par des gai'derobes fréquentes, glaireuses, dix à douze selles parjour, avec langue blanche, fréquence du pouls , mfilaise généial; çette diarrhée dura encoi'e huit jours, enfin elle diminua et ^vatJ entièrement cessé lorsque la malade demanda sa sortie {lains de siège, cataplasmes, sangsues, laven\ens laiidanisès et aijnilar fiès, diète d'aiord, 'puis soupes au iait).

Les urines examinées le jour de la sorti^ étaient transparentes, peu colorées et légèrement acides. Il n'existait plus d^ douleur aux lombes, et la malade n'offrait plus de symptonies dç maladie des reins.

Ous, XVII. — 4° f °s ; point de maladies antérieures des voies nrinaires ; reia droit un peu plus sensible que le gauche à la pression ; apparence cachectique de la constitution; engourdissement des membres inférieurs, sans paralysie ; urines àlcalines Ét quelquefois troubles au moment de l'émis» sion , dé[i6t phospthtiquo ; amélioratioii de Iti constitution; urines transparentes, mai» encore alcalines.

Ghalelain, ouvrier tailleur, âge de 40 fins, cuire à l'hôpital delà Charité, le 19 mars i838,, dans un état de faiblesse qiii, non-seulement ne lui permet plus de travailler pour gagner sa vie, mais l'oblige même à passer la plus grandp partie de la journée au lit. line présente aucun symptôme d'affection aiguë ou chronique du cerveau ou de la moelle, ni des viscères ihora»ciqucB ou abdominaux. L'exploiation allenlive de louf* h a 01-

3"76 TVÉPHRITE SIMPLE CHRONIQUE.

ganes ne fait découvrir aucun signe morbide. Et bien que les principales fonctions paraissent s'accomplir normalement, cependant la nutrition s'opère mal j car cet bomrae est d'une maigreur squelettique; partout les reliefs osseux dominent, et les saillies musculaires sont effacées. La peau est sèche, ridée et d'une teinte terreuse. La face a une expression de stupeur et d'accablement tout-à-fait en rapport avec l'attitude nonchalante du reste du corps.

Châtelain n'a jamais fait de maladie grave ; deux fois, il a été atteint et guéri de la gale. Il y a cinq ans qu'après avoir perdu sa femme et éprouvé de grands chagrins, il est venu à Paris, oii il a vécu dans la misère, son travail ne lui rapportant guère que vingt à trente sous par jour. Sa nourriture habituelle, pendant ce laps de temps, a consisté en pain et en fromage ; il a presque toujours bu de l'eau. Deux ou trois fois seulement, il lui est arrivé de s'enivrer avec du mauvais vin. Depuis très long-temps, il dort à peine pendant trois à quatre heures. Il n'a jamais fait d'excès suivis en aucun genre. Jamais il n'a eu de blennorrhagie , ni d'hématurie, ni de douleur aiguë dans les reins , ni d'engourdissement ou de douleur dans le testicule et le membre abdominal droit ou gauche. Enfin, c'est depuis un an seulement qu'il a commencé à perdre son embonpoint et ses forces , qui étaient ordinaires.

Son père est mort à la suite d'une chute ; sa mère, qui vit encore, a toujours été bien portante. Il n'a qu'un frère bien portant aussi. Il n'a jamais eu d'enfant.

L'émission de l'urine a lieu huit à dix fois dans les vingtquatre heures; chaque fois; le petit verre, destiné à la recevoir, est rempli. Le liquide, examiné au moment de l'émission, est d'un jaune pâle , parfaitement transparent , sans odeur, non albumineux et alcalin. La pesanteur spécifique est de looS, à l'aréomètre deBaumé.

Les reins, la vessie et le cnnal de l'urèlhre ont été explorés avec le plus grand soin, et cette exploration a été à -peu-près sans résultat. Le rein droit seulement a paru un peu sensible à la pression (Irois quarts d'alimcns, vin, eau de Contrrxcvillc; sous-carhonalc de fer, un scrupule). Depuis lors.

les urines ont été examinées au moment do rémission , une et souvent plusieurs fois par jour; et constamment elles ont été trouvées alcalines jusqu'au 20 mai , oii elles ont paru neutres ou légèrement acides : mais cette tendance à un retour vers l'acidité n'a pas eu de suite. Les jours suivans , l'alcalinité était aussi marquée que précédemment. A cette époque, on a commencé à constaterun phénomène remarquable, savoir : que l'urine, rendue alcaline, devenait acide au bout de douze ou vingt-quatre heures. Plusieurs fois, nous avons répété cette observation. Plusieurs fois aussi nous avons vu l'urine sortir trouble de la vessie. Dans ce cas, il se forme, au fond du verre, par le refroidissement et le repos, vm dépôt blanc, d'apparence crayeuse, qui se présente, au microscope, sous forme de très petits grains noirs épars sur la lame de verre, se dissolvant facilement dans l'eau aiguisée d'un huitième d'acide nitrique, sans donner de cristaux d'acide urique ; ce dépôt amorphe a été reconnu pour du phosphate de chaux. motji Le 2 juin, les urines continuent à être alcalines; on se décide à appliquer une huitaine de ventouses scarifiées sur la région des reins , bien que le malade n'accuse aucune douleur dans cette partie. Le lendemain et les jours suivans, les urines sont toujours alcalines, et leurs autres qualités physiques ou chimiques n'ont point changé Çeontiniiation de l'eau de Conirexeville du sous-carbonate de frr, et trois quart d'alimens). Amélioration progressive de l'état général ; retour des forces. Le 9 septembre, le malade nous dit que, depuis un mois ou deux, il reste presque toute la journée levé; ce qu'il ne pouvait faire auparavant sans beaucoup de fatigue. Ses muscles ont repris à- peu-près leur volume et leur force, en étal de santé. La face est légèrement colorée et a repris une expression naturelle, qui suffirait presque pour témoigner de l'amélioration générale. Cependant, les urines sont encore légèrement alcalines, mais elles sont transparentes au moment de l'émission.

WJÎPnfllTE SIMPLE CimONIQDE.

Pds. XVIII. — Douleur lombaire du côtégauche , depuis l'âge de 9 ans ; urine alcaline déposant un sédiment cristallin de phosphate amoniaco-magnésien neutre ; urines devenant momcntancmeut acides sons l'influence du repos çt de l'application de ventouses , mais ne tardant pas à redevenir alca-

. lines; antérieuremeiit plusieurs hémoptysics ; état maladif ainéUoré après ua séjour 4e àeui. mois à l'hôpital.

Yers la fin du mois de juillet 1837, nous vîmes, à la consul-r tation de l'hôpilal de la Charité, un homme qui se plaignait de souffrir depuis long-temps d'une douleur lombaire , et qui avait remarqué que son urine déposait habituellement un sédiment blanc, qu'il nous montra et qui avait, pour l'aspect, la plus grande analogie avec un dépôt purulent. C'était un homme brun , de 09 ans , exerçant l'état de bonnetier, grêle , à peau pâle, et dont la constitution paraissait altérée par les maladies. A l'âge de 9 ans , il avait éprouvé pour la première fois des douleurs dans la région rénale droite. Depuis lors , ces douleurs ont presque constamment existé, sans qu'il ait jamais rien ressenti de semblable du côté gauche. Ce malade se plaignait aussi de souffi'ir habituellement dans la région de la vessie. Il lui arrivait quelquefois, disait-il, de rendre, à la fin de l'émission de l'urine , un liquide blanc , filant , visquexii , semblable à du blanc d'œufj il avait rendu une semblable matière en allant à la gar dérobe, et il lui avait trouvé plusieurs fois l'odeur du sperme. Cet homme n^avait jamais eu de blennorrhagie , jamais de suppression ni de rétention d'urinej il •ii'offrait pas de symptômes de rétrécissement de l'urèthre; quelquefois il^vait eu de la douleur au bout du gland , et un peu dans la cuisse gauche. Il lui était aussi arrivé d'éprouver le besoin d'uriner, alors que la vessie était vide, et il croyait •avoir rendu un petit calcul de la grosseur d'une lentille. Il afifirmait avoir vu de petits calculs dans son Urine, ;sans avoir jaraais éprouvé de douleurs dans les testicules. Il n'urinait pas plus souvent que de coutume , cinq à six fois dans la journée et une fois dans les longues nuits.

Après une course, de Paris à Vincennes, faite précipitamment, il lui était arrivé une fois de pisser du sang , et, depuis, il a quelquefois remarqué des stries do sang dans son urine.

NÉPHRITE SIMPLE CflRONIQUIî.

Les facultés viriles sont ordinaires; la pression du flanc gauche augmente la douleur rénale. L'état généi al de ce malade est assez bon ; il ne se plaint pas de souffrir à la poitrine , ni dans le bas-ventre. Depuis quelques années, il sent sa mémoire et ses facultés intellectuelles diminuer un peu ; mais les organes du mouvement ne paraissent pas avoir souffert : il conserve de la force dans les jambes. Il mène une vie régulière et très laborieuse; il travaille quatorze heures par jour pour nourrir ses deux enfans.

Ce malade n'étant pas placé convenablement pour être soigné en ville , nous l'engageâmes à venir passer quelque temps à l'hôpital. Il vint, en effet, environ trois semaines aprèsj le a5 août 1837, et fut placé au n" 18 de la salle Saint'Michel.

A cette époque, il nous confirme l'exactitude des détails que nous venons de ddoner sur les antécédens de sa maladie. Depuis l'âge de 9 ans, il éprouvait la douleur rénale ; mais c'était surtout depuis l'âge de 1 8 ans qu'elle avait pris un caractère plus sérieux. A 24 ans, son urine avait coromencé à déposeï'; depuis, elle n'a guère cessé de donner un dépôt. Pendant les raomens oii la douleur était la plu? aiguë, il avait eu des nausées, mais sans vomissemens. Il a eu, il y a six mois, une hémoptysie et des palpitations pour lesquelles il a été traité deux fois au Gros-Caillou , où on lui a fait plusieurs saignées , dont deux aux veines jugulaires. Dans sa jeunesse, il a beaucoup usé ou abusé du coït. Il souffre quelquefois dans l'éjaculation, et cependant ne peut rester long-temps dans un état de continenoe, sans éprouver des douleurs dans les testicules et le cordon spermalique.

Le 2G août. Douleur dans la région rénale gauche, plus vive en arrière qu'en avant; pas de tiimeur appréciable au toucher ou à la percussion dans la région rénale. Actuellement pas de douleur dans la cuisse et le testicule; mais, après une course un peu longue, il souffre dans la région de la vessie. La pression augmente peu la douleur; il rend environ 40 à 45 onces d'urine par jour, 637 onces à-la-fois; environ 738 émissions par jour. Il souffre un peu à la fin de l'émission de l'urine, surtout quand il s'est fatigué; il rend alors des flocons visqueux, filans.

38o NÉPHRITE SIMPLE CHRONIQUE.

qu'il compare à des blancs d'œuf légèrement coagule». L'urine est trouble au moment de l'émission, peu foncée en couleur, fortement alcaline ; bleuit instantanément et fortement le papier-tournesol rougi par un acide ; sa pesanteur spécifique est de iot4; par le repos , elle donne un sédiment blanc ou blanc jaunâtre , moins épais et moins consistant depuis que le malade a pu se reposer. Aujourd'hui, ce sédiment n'avait que quelques lignes d'épaisseur. Si on décante la liqueur qui surmonte le sédiment, il reste une masse blanchâtre, tremblante presque comme la gélatine , ne filant pas comme du mucus ou du pus altéré profondément par l'ammoniaque, ne coulant pas comme du pus , mais ayant la consistance d'un dépôt salin. En passant ce dépôt entre les doigts, on ne sent pas de graviers.

Cet homme est veuf et paraît se nourrir assez mal ; il mange de la viande le dimanche seulemeniff et des légumes mal préparés tous les autres jours de la semaine; il boit habituellement de l'eau rougie , et est très sobre. Les digestions sont ordinairement bonnes; une selle naturelle par jour, pas de coliques, langue naturelle.

Il n'est pas survenu de nouvelle hémoptysie. Le malade ne tousse pas, le son est un peu moins clair et la respiration un peu moins forte en dessous des deux clavicules que dans les autres points de la poitrine ; mais il n'y a pas de râle. Les battemens du cœur sont réguliers, les bruits, naturels; le pouls donne quatre-vingts pulsations par minute ; point de frissons , peau fraîche. L'intelligence est nette, le sommeil bon. Le caractère est tranquille : cet homme ne s'inquiète pas de l'aTenir ni de l'issue de sa maladie. Il n'a jamais eu d'embonpoint; il est sec et maigre, mais n'a pas maigri sensiblement dans ces derniers temps {eau de Contrexcville, hains, la ration d'alimens).

Le 29 août : le dépôt blanchâtre du fond du vase examiné au microscope , nous n'y avons pas trouvé un seul globule ptirulent. Il est entièrement composé de cristaux prismatiques de formes très diverses, suivant que les arêtes des bases ou des parois sont remplacées par des facettes , mais qui peuvent tous être rapportés au prisme rectangulaire droit. Ce dépôt a été analysé par M. Guibourt, qui l'a trouvé entièrement formé

NKPinilTl' SIMPLE CllllONIQUE. 38 1

ilu pliosphale ammouiaco - magnésien neutre de Berzélius.

Pendant les vingt premiers jours qui suivirent son entrée à l'hôpital, ce malade fut mis aux bains , aux délayans , aux eaux gazeuses. L'appétit revint; le faciès du malade était bon; l'état général s'améliorait par le repos. Le dépôt diminuait considérablement, mais sans disparaître, et il ofTrait toujours les mêmes cristaux ; l'urine cessa d'être toujours alcaline.

Le 20 septembre [crpjiHoalion de ventouses scarifiées sur la région lomhairc gauche ; petit lait, infusion de raisin d'ours ^ eau deCûutrexeville, bains, etc.)- Depuis quelque temps, on a remarqué que , lorsque le malade rend son urine en plusieurs parties dans une même émission, le premier bocal est celui qui offre le dépôt le plus abondant, puis le second, et le troisième n'en offre pas; d'ailleurs, l'urine est alcaline dans tous.

Le aS septembre, nous trouvâmes, pour la première fois, l'urine sans dépôt et acide; le malade est mieux que jamais {continuation des mêmes Laissons etbains).

Le 29, au matin, Turine est encore acide, sans dépôt; absence de douleurs, état général satisfaisant.

Le 3o septembre : le malade est sorti ; il est allé en ville et a beaucoup marché, mangé plus que de coutume, et a pris du café. Le soir la douleur a reparu dans le flanc, et s'est fait sentir pendant la nuit. Elle a diminué ce matin; mais l'urine est redevenue fortement alcaline; le sédiment de phosphate ammoniaco-magnésien a reparu et est assez abondant. L'urine a les mêmes caractères physiques que les jours précédens; sa pesanteur spécifique est de 10 1 5. Le 5 octobre , le malade souffrait encore dans le flanc gauche; l'urine déposait beaucoup de phosphate amraoniaco - magnésien. Le malade demanda une nouvelle application de ventouses, dont il a éprouvé un si grand soulagement la première fois {on tire dix onces de sang par desvenlouses appliquées sur les lombes). Le 9 octobre : l'alcalinité de l'urine a diminué chaque jour depuis l'application des ventouses. Le dépôt salin a diminué dans la même proportion. Ce matin, l'urine est de nouveau manifestement acide. La douleur des lombes existe encore; mais elle ^beaucoup diminué: du reste, l'état général est assezibon. Pc-

38a N]ÉPHRITE SIMPLE CHRONIQUE.

sanlcur spécifique de l'urine, 1016 {eau de Conlrexcville, hains). Depuis deux oU trois jours seuleraeut, l'urine reste acide. Elle est redevenue alcaline avecle même dépôt, sans que la la fatigue puisse expliquer cette récidive. Un peu de douleur dans la vessie depuis un ou deux jours.

Le ai octobre, le malade sort de l'hôpital, souffrant moins qu'à son arrivée, dans un mèilleur état de santé , mais devant nécessairement retomber dans son état habituel aussitôt qu'il se fatiguera.

Obs. XIX. — Deux rétrécissemens do l'urèthre; douleurs de reins ; urine légèrement acide, contenant des globules mnqueux ou jinmlens, devenant promptement alcaline, lorsqu'on l'abandonne à elle-même à l'air libre ; dilatation du canal de l'urèthre , et plusieurs applications de yentoUsës sur les régions lombaires; grande amélioration.

Ch...», sellier, âgé de 29 ans, d'une constitution médiocrement forte, d'un tempérament lyraphatico-sanguin, entra à la Charité, le 22 août i838, pour se faire traiter de douleurs de reins, qui sont devenues assez vives depuis hier pour l'obliger de suspendre tout-à-fait ses travaux. Augmentées par la pression et par le mouvement , ces douleurs se font sentir, même dans le repos. L'urine, dont la quantité n'est pas diminuée, ni augmentée , d'une couleur cilrine, et-trouble par la présence d'une petite quantité de mucus, est faiblement acide au moment de l'émission. Celle-ci est accompagnée de picotement à l'extrémité du gland. Le jet est contourné en forme de lirebouchon et quelquefois double à une petite distance du canal. L'acidité disparaît promptement par le refroidissement et fait place à une alcalinité très prononcée ; alors Todeur devient très fétide, et le mucus ou le muco-pus est déposé en assez grande quantité au fond du vase. Par le cathétérisme ( qui ne peut être pratiqué qu'avec une sonde en caoutchouc, u" 4), on constate l'existence de deux rétrécissemens : le premier à un pouce et demi du méaturinaire,le deuxième dans la région prostatique; ce dernier ne peut être franchi. Le malade n'éprouve ni douleur, ni pesanteur dans la région de la prostate, même pendant l'émission des urines. La défécation s'opère aussi sans douleur

NÉPÎiniTK SIMPLE CHftÔîriQUE. 383

et n'est jamais précédée, ni accompagnée de ces lénesmes qui fatiguent ordinairement les malades affectés d'un engorgement de la partie postérieure de la prostate. Toutes les autres fonc tions s'accomplissent normalement, et les or^ànes des trois cavités splanchniques ne sont le siège d'aucune altération appréciable. Il n'y a pas de douleur dans les testicules ni aux extrémités inférieures.

Au mois de juillet i833, Ch.;. a été affecté d'un écoulement uréthral indolent qui a persisté jusqu'au mois de septembre de la même année. A cette époque, il a commencé à éprouver les symptômes d'un rétrécissement de l'urèthre, et est entré à l'hôpital Necker, oii il a été traité pendant trois mois par la dilatation , au moyen des sondes flexibles de différens calibres. Pendant tout ce temps, il n'a jamais ressenti de douleurs dans les reins. Depuis sa sortie de l'hôpital Necker jusqu'en i836, il a continué à se sonder lui-même de temps en temps, pour prévenir le retour de sa maladie; mais il a été obligé de cesser ensuite, parce qu'il ne pouvait plus franchir le rétrécissement de la portion prostatique. Cependant l'émission * des urines a toujours été assez complète pour qu'il n'ait pas été forcé d'avoir recours aux personnes de l'art. Depuis la cessation du cathétérisme , il a éprouvé une fois, à la suite d'une station long-temps prolongée, des douleurs rénales assez vives qui ont cédé au repos. La nouvelle atteinte contre laquelle il vientréclamer nos soins est survenue sans cause connue 'application de douze ventouses scarifiées aux reins ; htdt onces de sang; chiendent nilrè; demi-portion), \

Le 24. Soulagement marqué ; cependant les urines présentent toujours les mêmes caractères physiques et chimiques.

Le 25. On introduit, à trois reprises différentes, dans le canal de l'urèthre, jusqu'au rétrécissement prostatique, lasonde flexible qui y est maintenue chaque fois pendantvingt minutes.

LeaG. Même opération : on arrive dans la vessie. Les urines, très faiblement acides, sont chargées d'une quantité de pus beaucoup plus considérable que la veille. Augmentation des douleurs rénales (^application de dix-huit ventouses j on extrait huit onces de sang).

Le soir, le malade me dit avec satisfaction que, par les ventouses, on lui a enlevé les douleurs comme avec la main. Le 29. Ketour des douleurs rénales. Le malade demande instamment qu'on lui réapplique les ventouses (même prescripiion).

Le 3i. Trois ième application de ventouses, mais sans aucun soulagement ( tisane de raisin d'ours).

Le 4 septembre. Aujourd'hui le malade est resté long-temps debout et s'est fatigué; aussi' les douleurs rénales sont-elles plus vives, et le passage de l'urine dans le canal y détermine-t-il une sensation de brûlure très vive. Dans un effort de défécation, sortie, par l'urèthre, d'une matière blanche et filante comme le blanc d'œuf. Les ui-ines continuent d'être troubles et légèrement acides , etc. Le 7. Quatrième application de ventouses. Soulagement marqué. Les 8,9, 10. Amélioration progressive.

Le II. Le malade sort de l'hôpital, n'éprouvant plus qu'un sentiment de lassitude dans les reins, et son canal a subi, au niveau des rélrécissemens, une dilatation légèi-e que l'on pourrait utilement augmenter et que l'on devrait entretenir pour éviter les rechutes de néphrite.

Obs. XX, — Fatigues occasionées par des marches forcées ; donleurs au c6té gaucbe , simulant la pleurésie ou la pleurodyuie; accès de fièvre tierce, guéri par le sulfate de quinine; persistance du malaise, amaigrissement ; incertitude du diagnostic ; douleur à la pression dans la région rénale gauche; urine alcaline; dépôt amorphe de phosphate de chaux, peu de soulagement par les émissions sanguines , le repos ou les délayaus.

Peroug , cordonnier, âgé de 4^ ans , entra à l'hôpital de la Charité le a; octobre 1837. Cet homme , assez grand, bien constitué, a les cheveux et la barbe bruns, il a peu d'embonpoint, les chairs molles, le teint un peu jaune , en un mot, toutes les apparences d'une constitution fatiguée et d'une vieillesse anticipée. Il s'est bien porté dans son enfance. Il a eu la variole, lorsqu'il était encore à la mamelle; il dit avoir eu plusieurs fois la rougeole et une fièvre intermittente à l'âge de 12 ans.

NÉPHTITTE SIMPLE CHRONIQTIE. 385

Il a U availlé à l'état de cordonnier jusqu'à l'âge de 20 ans ; à celte époque, il est entré au service miiitaii'e, dont il a assez bien supporté les fatigues ; il n'a reçu que de légères blessures ; il n'a jamais eu de maladies vénériennes , ni de maladies des voies urinaires, et au total s'est assez bien porté jusqu'à ces dernieis temps. A aucune époque de sa vie, cet homme n'a éprouvé de privations; il a été élevé chez des parens aisés, et, depuis qu'il a quitté le service, il a toujours facilement gagné sa vie; il assure qvi'il a eu une conduite régulière.

Peu de temps avant qu'il entrât à l'hospice ^ il était employé par un cordonnier de Sèvres , et, après avoir travaillé assidûment, il était obligé de reporter son ouvrage régulièrement plusieurs fois la semaine; les voyages le fatiguaient, et c'est à cet exercice forcé qu'il attribue la maladie qui l'a conduit à l'hôpital.

A son arrivée, il se plaignait d'un point de côté, à gauche, qui, à son air souffrant, fut présumé pleurétique ; mais les autres symptômes et l'auscultation ne confirmèrent pas cette première impression, et on crut devoir placer le siège de la douleur dans les muscles de la poitrine.. Cette douleur n'était pas d'ailleurs liée à une diathèse rhumatismale ou à d'auti'es symptômes de rhumatisme. On pratiqua une saignée , qui le soulagea. Quelques jours après, il se plaignit d'accès de fièvre tierce, et on reconnut, en effet, qu'ils avaient lieu, le soir, à quatre heures. Ils furent guéris par le sulfate de quinine. Le malade se plaignit depuis d'éprouver de la douleur à l'épigastre, avec nausées , inappétence. On appliqua des sangsues à l'épigastre. Peroug continua à se plaindre , mais les symptômes étaient vagues, et nous cherchions en vain à quel organe et même à quelle maladie les rapporter. Cet homme était naturellement lent et un peu mélancolique, et nous ne savions si l'amaigrissement devait être attribué à l'influence de sa mélancolie ou au régime de l'hôpital j oii il semblait prolonger son séjour par indolence.

jNous en étions là, lorsque nous examinâmes avec soin son urine, au moment de l'émission; elle était trouble et bleuissait le papier de tournesol rougi par un acide. Nous répétâmes nos questions pour savoir s'il n'avait pas éprouvé quelque maladie antérieure des voies urinaires, et tout ce que noua pûmes saToir,

c'est qu'il avait vu plusieurs fois, quand il avait beaucoup fatigué (x), ses urines être semblables pour la couleur, à du pelit-lait.

Cet homme n'accusait aucune douleur dans les régions rénales; mais, si on pressait alternativement l'une et l'autre, on faisait naître, du côté gauche, une douleur assez vive pour arracher un cri au malade, quand on pressait un peu fortement ; cette douleur étitit plus forte en arrière qu'en avant et sm- les côtés; rien de semblable n'existait à droite.

Examinée pendant plusieurs j ours de suite, l'urine offrit les mêmes apparences , la même alcalinité ; abandonnée à ellemême, elle s'éclaircissait, et il se faisait au fond du vase un dépôt ordinairement blanchâtre , pulvérulent. L'urine ellemêmeétaitplus pâle que de coutume, mais n'offrait pas d'autres différences physiques avec l'état normal qu'une faible pesanteur spécifique. Le dépôt, examiné tin grand nombre de fois au microscope, offrit toujours une poussière blanchâtre, amorphe, et dans laquelle, soit au moment de l'émission, soit plusieurs heures après, nous ne pûmes jamais distinguer de cristaux de phosphate aramoniaco-magnésien. L'état non cristallisé du sel dans une urine alcaline , et sa dissolution sans résidu dans l'acide nitrique étendu , nous firent présumer que c'était du phosphate de chaux ; ce qui fut rigoureusement constaté par l'analyse chimique que M. Quevenne fit de cette urine.

Le malade ne souffrait, ni dans la région de la vessie, ni dans celle des uretères ; l'urine était rendue sans douleur et en quantité à-peu-près égale à celle des boissons, et sans qu'il y eût de différences notables, dans le nombre des excrétions, ce que l'on reconnut en comparant les observations de plusieurs jours.

La langue est humide , rosée ; la soif peu vive ; la bouche mauvaise, amère; l'appétit presque nul ; l'abdomen est indolent ; la constipation est un état habituel , et qui a été plusieurs fois combattu par de l'eau de Sediitz; pas de coliques après l'ingestion des alimens.

(i) M. Prout a noté l'influence des fatigues, comme favorisant la sécrétion de l'urine phospliatique , non-seulement chez l'homme, mais encore chez les chevaux et les chiens de chasse surmenés {An inqwry info ihe nature and ireaSnent of diabètes, calcuUis, etg, p. i8o},

NiîPnniTE SIMPLE cnnoNiQtir. 887

Le foie et la rate ne sont pas augmentés de volume, ni douloureux; le malade n'a plus d'accès de fièvre, le pouls donne régulièrement soixante-dix pulsations par minute ; les battenaens du cœur sont naturels; jamais de palpitations, ni de dyspnée; la respiration est naturelle, pas de toux; aucun symptôme de lésions de cette fonction , et les résultats fournis par l'auscultation et la percussion sont satisfaisans. De temps en temps, P... a des sueurs pendant la nuit, mais elles ne sont pas précédées de frissons; le sommeil est bon; l'intelligence et les sens sont intacts ; amaigrissement.

L'absence de pus, de mucus ou de sang dans l'urine examinée à l'œil nu ou au microscope, prouvait que le bassinet et la vessie n'étaient pas enflammés. L'alcalinité de l'urine, la douleur vive qu'on développait dans le rein gauche par la pression ne me laissèrent point^de doute sur une inflammation du tissu du rein, et c'est à cet état que nous rapportâmes les symptômes observés. Plusieurs applications de ventouses à la région lombaire gauche diminuèrent la douleur rénale ; l'alcalinité de l'urine devint moindre ; les bains, les mucilagineux, les gommeux furent employés d'une manière soutenue , mais nous n'obtînmes qu'une faible amélioration , et le malade sortit le II décembre.

Oos. XXI. — Quatre blcnnorrbagies ; la dernière suivie d'un pisseincnt de sang; traitement d'onlonrcux par les bougies ; amélioration par un régime et un traitement doux; aggravation, suite d'excès; affaiblissement, surtout des membres inférieurs; émission fréquente et difficile d'une urine, trouble, rongeàtre, très alcaline, offrant au microscope des globules sanguins, des globules pnrnlens et des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien; traitement palliatif.

J , coifiieur, âgé de 33 ans, venu de CoutanCesà Paris,

pour se faire trailer d'une hématurie très ancienne, est entré à l'hôpital de la Charité, le 17 juillet iS38.

Cet homme a eu plusieurs écoulemens blennorrhagiques. Le premier, en 1 822, a duré six mois j le second, en 1 82 4, deux mois ; le troisième, en i83o et le quatrième, en i833, plusieurs mois. Aucun de ces écoulemens n'a été compliqué de chancres, ni de bubons ; tous ont été traités et guéris par des tisanes émol-

lientes et des bains. Au deuxième mois du dernier écoulement, J..,. a commencé à uriner du sang. La blennorrhagie a persisté encore pendant un mois, après le début de l'hématurie. Celleci, d'abord intermittente, est bientôt devenue continue, c'està-dire que chaque émission d'urine était sanguinolente. Les premières douleurs concomitantes de cette sécrétion moi'bide se sont fait sentir au-dessus des crêtes iliaques, à la partie antérieure des flancs. Le coït n'augmentait pas sensiblement l'écoulement sanguin , et n'était pas accompagné ou suivi de douleurs dans la région prostatique. Un an après le début de cette maladie, J.... entra à l'hôpital de Coutances, oii il fut traité pendant trois semaines avec les bougies , et plusieurs fois sondé comme s'il avait eu un rétrécissement du canal de l'urèthre. Il assure que ce traitement détermina des symptômes inflammatoires locaux et généraux, très graves, pendant six semaines , et qu'il faillit en mourir. Chaque introduction de la sonde produisait des douleurs atroces et un écoulement de sang très abondant.

Lorsqu'il a été en état de reprendre ses occupations , il s'est contenté, pour tout remède, déboire des tisanes mucilagineuses, et de prendre quelques bains entiers ou partiels. Sous l'influence de ces moyens simples, si l'hématurie n'a pas beaucoup diminué, au moins elle n'a pas augmenté. Les douleurs rénales ainsi que les douleurs hypogastriques et périnéales, survenues depuis le cathétérisme, ont présenté des alternatives d'accroissement ou de diminution, suivant que le malade s'est plus ou moins abstenu de boissons excitantes et de toute espèce d'excès. Toutes les fois qu'il lui est anivé de s'enivrer (ce qu'il a fait assez souvent), il a uriné, le lendemain, du sang presque pur, et il a éprouvé des douleurs beaucoup plus intenses.

Jamais il n'a vu de graviers dans ses urines; jamais non plus, soit avant, soit après le début de son hématurie, il n'a eu ni d'accès de colique néphrétique proprement dite , ni rétraction des testicules avec engourdissement des membres abdominaux.

Robuste et fort, avant de tomber malade , et capable de faire quinze à dix-huit lieues à pied pendant la journée, il a peu-apeu perdu ses forces et son embonpoint, depuis qu'il pisse du

NÉPHRITE SIMPLli CHIIONIQUE. SSg

sang; aujourd'hui il ne marcherait pas une demi-heure sans èli-e très fatigué. Du leste, il n'a jamais fait d'autre maladie que celle dont je viens de parler. II a toujours pu, par son travail, subvenir à ses besoins et à tous les soins nécessaires à sa santé.

Son pèi-e est mort poitrinaire, et une de ses sœurs a succombé à la même maladie. Sa mère vit encore et est bien portante.

Le jour de sou entrée à l'hôpital, on note : maigreur générale, face pâle, teinte jaunâtre de la peau. Excepté ceux de la sécrétion et de l'excrétion urinaire, tous les autres organes sont sains, et leurs fonctions s'accomplissent régulièrement.

L'émission de l'urine a lieu presque toutes les cinq ou dix minutes ; elle ne se fait que par petite quantité, quelquefois goutte à goutte, et toujours elle nécessite de grands efforts. Le malade, à genoux sur son lit, le tronc penché en avant, fait quelques inspirations profondes qu'il prolonge autant que possible, jusqu'à ce qu'une goutte d'urine ait franchi l'obstacle. Souvent il est obligé de s'aider de la pression avec la main sur la région périnéale. Pendant ces efforts , il éprouve en même temps des douleurs vives dans les reins , à l'hypogastre et au périnée. Bientôt un peu d'urine s'écoule de l'urèthre , puis du sang , et enfin quelquefois de petits corpuscules blancs, grisâtres, d'aspect et de consistance fibrineuse- Il arrive aussi que ces petites concrétions s'échappent brusquement les premières, suivies de la colonne d'urine qui les pousse. C'est toujours dans ces cas que le malade a éprouvé le plus de peine à uriner. Toutefois , il résulte du mélange de ces diverses matières un liquide trouble j rosé , d'une odeur fétide, et d'une très grande alcalinité , se séparant par le repos en trois couches distinctes : la première, formée par l'urine trouble et d'un jaune rosé; la seconde, par une couche d'un rouge vif, quelquefois mêlée de petits caillots plus ou moins foncés; la troisième, par une couche grise légèrement transparente. En examinant au microscope ces différentes couches , on trouve , dans la première, quelques globules de sang et des globules muqueux ou purulens altérés ; dans la deuxième , des globules sanguins , et dans la troisième, cristaux de phosphate ammoniaco-magncsien. Les reins sont très douloureux à la pi'ession; l'hypogastre

3go NÉPHRITE SIMPLE CHRONIQUE.

l'est moins ; mais le toucher de la prostate, par le rectum, détermine des élancemens qui arrachent des plaintes au malade. On sent une tumeur flasque, dépressible, comme le serait la paroi d'une poche de deux à trois lignes d'épaisseui-. En explorant l'urèthre avecla sonde d'argent ordinaire, lorsqu'on arrive au niveau de la prostate, on est obligé de tourner le bec de l'instrument en tous sens et d'attendre long-temps, en poussant légèrement, avant de pouvoir franchir la portion prostatique du canal. Une fois arrivé dans la vessie, quelques gouttes d'urine non sanguinolente sortent par la sonde; mais il est impossible d'abaisser l'extrémité libre de l'instrument, chaque tentative d'abaissement déterminant à-la-fois une doïdeur vive à l'hypogastre et une chaleur cuisante au périnée. J'ai pensé que le bec de l'instrument atteignait le sommet de la vessie contractée, et que la courbure appuyait sur la partie antérieure de la prostate malade. Si on ajoute à tous ces signes quelques symptômes , tels que la contraction spasmodique douloureuse et la cuisson de l'anus pendant l'émission de l'urine, la sensation de chaleur à la racine de la verge, les lénesmes vésicaux et autres symptômes déjà énumérés , on est naturellement porté à admettre l'existence d'une altération profonde de la prostate, de la vessie et des reins ( bains locaux et généraux } lavemens èmolliens ; tisane de chiende7it nitrée). he 19, application de ventouses scarifiées aux reins pour tirer douze onces de sang. Le ao , diminution et le 21 , disparition des douleurs rénales. Le a3 , les douleurs périnéales et hypogastriques seules persistent à un haut degré d'intensité. Le 24 > application d'un cautère sur le bas de l'hypogastre. Pendant tout le temps qu'a duré la période d'élimination de l'eschare , èt pendant les quinze jours qui ont suivi , les douleurs hypogastriques n'ont pas été affaiblies.

Rien de changé dans la sécrétion urinaire, si ce n'est qu'un petit gravier de phosphate ammoniaco-magnésien a été rendu par l'urèthre. L'altération de la prostate est si profonde, qu'il n'y a pour cet homme que peu de chances de guérison; la cure qu'on lui fait faire est purement palliative; des ventouses scarifiées , aux ischions , l'ont beaucoup soulagé.

idPHRITE SIMPLE CHROISÏQXIE. Sgi

Obs.XXIT, — Cas donteuxjurines alcalines, mais transparentes; émissions plus fréquentes qu'en santé; état cachectique de la coustltutlon; point de douleurs rénales; traitement analeptiques persistance de l'altération delà sécrétion arinairc.

Un journalier, nommé Râteau, âgé de 53 ans, entra à l'hôpital de la Charité le 24 mars i838.

Cet homme, né de père et de mère sains, qui sont morts de vieillesse , habite Paris depuis une quarantaine d'années.' Il n'a jamais eu d'écrouelles , ni aucun autre symptôme de maladie scrofuleuse. Sujet, depuis l'âge de 10 à 12 ans, à des étourdissemens et à des vertiges qui quelquefois le faisaient tomber sur le carreau sans connaissance et avec écume à la bouche , il a pu , vu la rareté de ses attaques , faire le métier de maçon jusqu'à l'âge de 4o ans. Mais , à cette époque , les attaques se répétant plusieurs fois dans le mois, il a été obligé d'abandonner son métier fatigant, et ce n'est que depuis sept mois qu'il est tout-à-fait délivré de cette maladie. A l'âge de 18 ans, il a été pris de douleurs rhumatismales qui l'ont obligé de rester cinq mois à l'Hôtel-Dieu. De a5 à 28 ans, il a eu deux chaudepisses accompagnées de bubons, dont il a été traité régulièrement et bien guéri à l'hôpital des Capucins. A 32 ans, il est resté pendant deux mois à l'hôpital de Rouen pour xme affection indéterminée. A 4? ans , il a eu le choléra et en a été guéri par les bains simples et les révulsifs cutanés.

Pendant sa jeunesse, il s'est livré avec excès aux plaisirs vénériens j mais, depuis une douzaine d'années, ces plaisirs sont pour lui sans attrait. Il est marié depuis 6 à 7 anS avec une vieille femme de 12 ans plus âgée que lui. Depuis qu'il a quitté son métier de maçon , et surtout depuis qu'il est marié , il gagne sa vie en cueillant dans les champs différentes plantes qu'il vend aux herboristes. Ce nouveau genre de travail lui rapporte 40 à 5o sous par jour. Ce faible gain, qu'il partage avec sa femme, ne lui permet pas toujours de se bien nourrir; et il est obligé, surtout pendant la mau-vaise saison , de se priver souvent du nécessaire. Jamais > du moins depuis une vingtaine d'années , il n'a fait d'excès eu boissons; jamais il n'a eu de fluxion de poitrine 5 jamais

3g2 NÉPHRITE SIMPLE CHROWlQUK.

il n'a en de plaies ni môme de contusions dans la région vertébrale; jamais dans des chutes imprévues il n'est tombé sur le siège ou sur le dos, de manière à ressentir les effets d'une commotion de la moelle. Depuis quatre mois, il éprouve de vives douleurs à l'omoplate droite , et il est sujet à un catarrhe pulmonaire. Il n'a éprouvé, en aucun temps, des douleurs dans les reins, ni dans la vessie. Les urines ont toujours été, dit-il, claires et limpides, sans mélange de sang ni de graviers.

Le jour de son entrée à l'hôpital, ce qui nous frappa tout d'abord, ce fut son extrême maigreur. Au bassin surtout, ainsi qu'aux extrémités inférieures, les reliefs osseux et musculaires, les veines et les tendons superficiels se dessinent presque avec autant de netteté que sur l'écorché. Du reste, les muscles euxmêmes sont d'une ténuité telle , que l'on comprend difficilement comment ils peuvent permettre à cet homme de faire des marches quelquefois très longues que nécessite son état.

Point de déviation de la colonne vertébrale, aucun signe de maladie de la moelle épinière. La face, quoique très maigre et très ridée, ne dénote pas une vieillesse anticipée; elle a une teinte jaune brunâtre et une expression de bêtise remarquable. Ichthyose congénitale très marquée sur les coudes, sur les genoux et sur le ventre; ongles très larges, recourbés, et d'une pâleur anémique.

La respiration se fait surtout par le diaphragme; les clavicules sont très saillantes, et la poitrine est étroite et très maigre. Le murmure respiratoire est beaucoup plus faible au-dessous de la clavicule gauche qu'au-dessous de la droite : il y a aussi un peu de matité au-dessous de la première. Les battemens du cœur sont réguliers; le pouls bat 76 lois par minute.

Point de tumeur , ni de douleurs dans les diverses régions de l'abdomen , et notamment dans les régions rénales , qui ont été explorées à plusieurs reprises avec beaucoup d'attention.

Le malade a bon appétit; ses fonctions digestives s'exécutent normalement. Il n'est pas constipé; il urine dix à douze fois dans les vingt-quatre heures. Il croit uriner plus qu'il ne boit, ce que nous n'avons pu constater. Ses urines, au moment de l'émission, sont d'un jaune citron très pâle, sans trouble ni

wiPHIirrE SIMPLK INTÊBMITïENTE ?

nuage, et d'une alcalinité très prononcée et presque sans odeur. Leur pesanteur spécifique est de 1014.

La chaleur et l'acide nitrique n'y font découvrir aucune trace d'albumine. Examinées au microscope, elles n'ont point ofl'ert de globules muqueux. Après deux ou trois jours de repos, elles n'ont point laissé déposer de phosphate de chaux; mais, chose remarquable, elles sont devenues acides. Nous avons constaté plusieurs fois cette transformation. Une fois , nous avons i cconnu, au moyen du microscope, dansl'urine ainsi devenue acide après son émission, des cristaux d'acide urique.

L'extrême maigreur de cet homme et la connaissance de ses antécédens firent penser qu'il avait besoin d'être restauré par un bon régime alimentaire, et fortifié par l'usage du vin. Aussi, pour tout traitement , on se contenta de lui donner les trois quarts de portion alimentaire, du vin , et 24 grains de souscarbonale de fer en poudre.

Sous l'influence de ce régime tonique. Râteau a semblé reprendre des forces , mais il n'est pas engraissé , et ses urines sont restées alcalines.

Il est sorti de l'hôpital le 20 avril.

§ 382. Néphrite intermittente?

J'ai dit plus haut que la néphrite simple était souvent annoncée par un frisson , suivi de chaleur et de sueurs; que ces symptômes des trois stades d'un accès de fièvre intermittente, se reproduisaient quelquefois à des époques assez régulières, pendant plusieurs jours, et que ces accès, accompagnés desymptôraes plus oumoins graves, avaient quelquefois été pris pour des accès de fièvre intermittente pernicieuse. On lit dans Morton(i), l'histoire d'une veuve, sujette depuis quelques années à des affections hystériques et à des coliques néphrétiques , et qui avait déjà rendu plusieurs petits calculs rénaux. D'après l'examen du sédiment de l'urine , Morton crut que ces douleurs néphrétiques, qui revenaient régulièrement chez cette femme, et les autres symptômes qui les accompagnaient, dé-

(i) Morlon. Operamedica, «-4° Gcnov». ijSS, t. i, de protciformi fcbris întcrmittcntis genio. Histor. 28.

WïîPHRITE SIMPLE.

pendaient d'un ferment féhrilc{i). ïl fit pratiquer une saignée, et il prescrivit sa potion fébrifuge. Toutefois il ajoute que la guérison de cette femme n'eut lieu que plus tard , après l'expulsion de plusieurs petits calculs. Alibert (2) a reproduit cette observation comme un exemple de fièvre intermittente pernicieuse néphrétique, et M. Mongellaz (3) Fa citée comme un cas de néphrite intermittente quotidienne ; et l'un et l'autre, sans fondement. Aujourd'hui, il est impossible de voir, dans ce fait, autre chose qu'une pyélo-néphrite calculeuse (Voyez Pyélonéphrite).

En outre , M. Mongellaz a indiqué , comme des exemples de néphrite intermittente , nne obsei'vation de Gabrielli (4), relative à une femme de 5o ans , qui , tous les mois, éprouvait, à des jours et à des heures fixes , des douleurs très vives dans les reins avec des mouvemens convulsifs; accidens qui cessèrent après l'expulsion de graviers. L'observation de Gabrielli manque malheureusement de détails et paraît se rapporter plutôt aux coliques néphrétiques qu'à la néphrite simple.

M. Mongellaz cite encore deux autres cas, un de Vitus Redlinus , l'autre de Lemery, et tous deux de peu de valeur.

Enfin, on lit, dans un recueil périodique (5), \m cas de maladie des voies urinaires rapporté également comme un exemple de néphrite intermittente ; mais dans cette observation, il n'y a de bien évident qu'une affection chronique mal définie de l'appareil urinaire avec paroxysmes ou exacerbations à des époques plus ou moins régulières.

(1) K Ubî autem inde tertio observâssem urinam multâ robidine tinctam, contentis saturatam ac in colorem lateritium praecipitataïUi clarè perpexi fermentum fébrile, etc. » (JMortoii).

(2) Alibert. Traité des Jièvres pernicieuses intermittentes , p. 65. in-8°. Paris. iSog.

(3) Mongellaz (P. J.). Essai sur les irritations intermittentes, t. 1. p. 238. ia-8°. Paris. i8ai.

(4) Gabrielli. De doloribus nephriticis periotUcis (Epbcm. nat. cur. ann. 7 et 8. p. 3o8).

(5) Gazais. Histoire d'une néphrite héréditaire, à accès irréguliers, ramenée au type périodique et guérie par l'arsiniale de potasse (Annales de clinique par la soc. de mcd. de Montpellier, juin 1812).

ANOMALIES {ctbsence d'un des reins). SgÔ

En résumé , aucune de ces obsei'vations ne peut être citée comme preuve de l'existence d'une fièvre intermittente pernicieuse, néphrétique, et encore moins comme témoignant de la possibilité d'une néphrite intermittente.

§ 383. De la néphrite simple, dans quclq^iies anomalies des reins.

Les reins offrent dans leur nombre, dans leur situation ^ dans leur conformation et leurs rapports, des anomalies qui ont été notées depuis long-temps par les anatomistes. Plusieurs de ces anomalies se lient à des vices primitifs d'organisation (Voyez Anomalies des reins). Ici, je dois prévenir le médecin, que ces anomalies peuvent rendre le diagnostic des inflammations rénales, obcur , ou augmenter la gravité de ces maladies.

§ 384. On a publié un assez grand nombre d'observations d'individus n'ayant qu'un seitl rein, et dont les principales fonctions n'avaient présenté, pendant la vie, aucun dérangement notable. Presque toujours le rein unique a été trouvé d'un volume exagéré , double de l'état sain. La sécrétion urinaire était opérée par la même quantité de substance glanduleuse que dans une disposition normale des deux reins : de sorte que cette anomalie n'avait en l'éalité aucun inconvénient.

Le nombre des cas dans lesquels un rein unique a été trouvé enflammé ou altéré par un calcul, ou par une inflammation chronique , est encore très peu considérable. Quoique la plupart de ces faits appartiennent plutôt à la pyélite calculeuse qu'à la néphrite simple proprement dite, j'ai cru devoir les réunir provisoirement dans un même paragraphe.

Si, par hasard, un individu qui n'a qu'un rein vient à être atteint d'une inflammation rénale aiguë , on observera tous les symptômes d'une double néphrite quoiqu'il n'existe de douleur que dans une des régions lombaires.

Si quelques observations tenden t à prouver que les principales fonctions peuvent ne pas manifester de dérangement notable dans des cas oU il n'existe qu'un seul rein , même déjà altéré ; plusieurs autres démontrent que des inflammations aiguës de ces reins uniques, ou des obstacles que des calculs engagés dans le

396 NIÎPHRITE SIMPLE.

bassinet ou dans l'uretère opposent au cours de l'urine , deviennent proraptement mortels,

Obs. XXIV. — Absence du rein et de l'uretère du côté gauche; inflammation aiguë du rein droit; division congénitale de la lèvre supérieure et de la voûte palatine cheK uu nouveau-né ; mort.

Un petit garçon, né avec un bec de lièvre du côté gauche et line division complète du voile du palais et de la voûte palatine dont les os offraient un écartement de plus de quatre lignes, mourut le septième jour de sa naissance à l'hospice des Enfanstrouvés, le 18 juillet i836. M. le docteur Désir assista à l'ouverture du corps et m'apporta le rein droit,qui était enûamraé; le rein et l'uretère du côté gauche n'existaient pas (Atlas, pl. III, fig. 3), Le rein droit, plus volïimineux que de coutume, situé dans le flanc droit, avait sa forme ordinaire et pesait 228 grains, le double environ d'un rein de cet âge. 11 offrait, en outre, plusieurs petites taches d'un rouge brun très prononcé. En les examinant, avec soin, à l'œil nu et mieux à la loupe , on voyait qu'elles étaient parsemées de petits points d'un rouge plus vif.

La partie inférieure de la face antérieure du même rein et quelques autres points avaient une teinte rose-pâle, grisâtre , et la substance corticale était là tellement ramollie que, le rein étant placé sous l'eau , sa surface devenait tomenteuse. Le lendemain, le rein étant resté plongé dans l'eau, les parties ramollies s'étaient détachées , et sa surface offrait , dans les points qui avaient été le siège du ramollissement, des enfoncemens à bords aigus, qui intéressaient toute l' épaisseur- de la substance corticale. L'uretère était bien conformé , et la capsixle surrénale, située oii elle l'est ordinaii'ement , ne présentait rien d'anomal.

Dans le flanc gauche , il n'y avait pas de rein ; la capsule surrénale paraissait plvis étalée et située plus bas que celle du côté opposé.

On n'a ti'ouvé le rein gauche , ni dans le bassin , ni sur la colonne vertébrale , ni dans la fosse iliaque ; l'uretèi'e du côté gauche manquait entièrement.

La vessie et l'urèlhre avaient leurs dimensions normales ; mais on remarquait, à un des angles du trigone vésical, l'ab-

ANOMALIES {obsence d'un des reins). 897

sence d'un orifice, celui de l'urelère gauche absent; la vessie contenait un peu d'urine; les leslicules et les autres organes n'ont pas présenté d'anomalies dans leur situation ou dans leur slrucLuie. On n'a pas trouvé de traces de maladies des poumons, de l'appareil digestif ou du cerveau.

L'enfant, qui avait étéapporté la veille à l'hospice , est mort probablement, parce que la division des lèvres et de la voûtepalatineneluiavaitpaspermisd' opérer la succion,et d'une inflammation rénale que l'existence d'un seul rein avait rendue plus grave.

Obs. XXY. — Absence du rein, de l'uretère, de la capsule surrénale et du canal déférent, du c6té gaucbe; inflammation chronique du rein droit; calcul dans le bassinet, chez un homme en .ipparence assez bien portant.

M. le docteur Claudius Tarral m'a fait voir un autre exemple d'absence d'un des reins, qui n'était pas moins remarquable. Le rein unique était très déformé, mamelonné à sa surface (Atlas, pl. IV. fig. 6) , et le bassinet contenait un calcul. Ce rein avait été trouvé sur un voleur de profession en assez bonne santé , en apparence , et qui s'était pendu peu de temps après son arrestation. Avec l'absence du rein , coïncidait celle du testicule , de la capsule surrénale et du canal déférent du même côté.

Everard Home (i) rapporte aussi un cas d'absence du rein gauche avec obstruction complète de l'uretère du côté droit par un calcul.

Obs.XXTI. — Absence du rein et de l'uretère du côté droit; reiu gauche volumineux j surmonté de mamelons durs et blancs; ischurie; mort. (2)

Filia Domini Tertrei, œnopola;, in vico Citharae dicto, quindecim circiter annos nata, correpta fuit ante bimestre ischuria, cui opem neque per refrigerantia neque per aperientia medicamenla adferie licuit; nam paulo subsequuta est dyspnœa, cum c[\iaàam pulsîts inœqualilate , unde mors, die septimo consequuta est.

Cadavere aperto sequenlia fuere observata , 1" parte dextra

(1) Home (Ev.) On the treatment 0/ tke diseases of the prostate , p. 67. (a) Bonet, Sepulcr. anat., lib. nr. scct. aS. pbs. 9. t. 11. p. 666.

398 Nl^PHRITE SIMPLE.

irai ventris nequc rcn, neque vas emulgens, neque pars uUa quœ vices illoriira gereret reperta sunl: renis sinistri inaequalis erat superficies, magnitudinem naluralem duplo excedentis : propria lUius substantia glandulis C07isita erat, albis , duris, avellanis mole œqualibus : pelvts et ureter vilio carehani : vesica autera ne lotii guttara iu se continebat; vix magniludine par globo sphœristerii. Pectoris universa cavitas aqua scatebat; 2>uiS»îO dexter abscessu tentalus , purulentus, sera innwtans , cœteraî partes labis expertes.

Obs. XXVI. — Rein unique contenant plusieurs pierres, (i)

In quodam sexagenario qui diu lahoraverat doloribiis nejihrilicis., ren unicus multis lapillis scatens reperiebatur; voluraine multo majori quani par est, et duobus ureteribus pollebat.

Obs. XXVII. — Abseace du rein droit ; calcul dans le rein gauche. (2)

Quidam consistentis œtatis , ab aliquot annis, querebatur de dolore hypochondrio sinistro, vomitu, et ejectionc nonnullorum lapillorum, cum iirinis. Post nonnullas reniissiones recurrunt dolores nephrilici y cum censu continuo gravitatis in regione lumbi sinistri, non sine aliquo dolore in corporis flexu. Tandem supprimitur m'ina , et die undecim fatis cessit.

Ren dexter et ureter plane deficiebant. In sinistro rené reperiebatur calculus ovi columbini magnitudine cujus apex principio ureteris impactus erat.

Obs. XXYIII. — Absence du rdn droit; inflammation du bassinet et du rein gauche, chez tm homme qui , opéré de la taille dans son enfance, rendait, depuis lors, l'urine par l'anus. (3)

Mercator Brabantinus, post exBectum, in pueritia, calculum, nunquara deinceps lotium per colem , verUm semper per anunx

(1) Portai, cité par Lientaud. Historia. anat.med., t. i. pag. 284. Parisiis. jn-4. 1767.

(2) Sylvaticns. Consîl., cent. 3. Genève. 1786. in-fol. — Lientaud. Opère citatn, t. I. p. 287. Lieutaud cite, eu outre, un cas analogue, observe par Meckcren, ibid,, tom, I. p. 3o5.

(3) Tulpiî, Ohs, medic, p. 336, edit. quinta, Lugd, Batav., in-i9. 1716.

ANOMALIES (ahscnce d'un des reins). 3g9

rcdclidit, relicto ibidem loci, a sectione, hiatu non minus in anum, quainvesicam pervio. Quâinordiuatâ urinœ excretione, cœtera sanus, ad quadragcsimura lotatis ubi pervenisset anuum, incœpere ipsiini aflligere lumboriiin dolor, ui'inre acriraonia, perpetuus dejiciendi conatus, acpereuuis pi'uritus in cole, è quo tamen, vix atque ne vix quidem vel miniraa deinceps pi'odiit guttiila. Quibus incomraodis, prœ verecundia, integrum decennium clam habitis, imploravit tandem opem medicam, et quidem seriô, sedserô. Ecquid enim ageres malo jam penitius insidente, quàm ut posset radicitiis exstirpari? Urinam nunquam reddebat sine insigni doîoris sensu ; et quicquid ejus ab ano efflueret id aut arenulis, aut membranis calculosis semper fuit perraixtura. Brachia continuo erant tremula, et vigiliae indefatîgabiles , cum febre lentâ , anorexiâ ventricvJi , ac tam pertinaci alimentorum fastidio : ut vel sola eorundem mentio sœpenumerô nauseam ipsi moverit. In quorum tamen omnium symptomatum concursu, nihii ipsi suppetias tulit prseter laudanum opiatum; ex cujus duobus duntaxat granis , integrum interdum vixit triduum , sine evidenti molestiâ. Donec prostratis jam viribus, ac corpore famé, doloreque quasi enecto, ab ipsius usu consultum viderelur abstinere, in procinctu jam mortis, quse miserriraae ipsius vitse finera imponeret.

Adaperto autem cadavere , vidimus dextrum latus renis expers. In sinistro verô, eundem pure ac steatomate infectum. At potissima œrumnosi hujus raali causa fuit sordidum ac insequale carcinoma, quod quoquoversum ambiebat meatum illum, qui digiti latitudine descendebat à vesica urinaria in intestinum rectum , per quod annis plus minus decem cum intolerabili doloris cruciatu lotium pi'ofluxerat raiserrimo huic œgro. Cujus fortunam ne deinceps et alii similiter coganlur subire œgroti, obnixè rogatos volumus litholomos], ut, quantum in manu ipsorum fuerit, omnem impendant operam, quo in posterum firmiter glulinentur vulnera ab ipsis prœcisa.

Ods. XXIX. — Absence du rein droit cliez une femme d'un graud embonpoint; développement morbide du rein droit; dilatation do l'uretèro obstrué par des calculs ; vice de conformation des organes de la génération.

En préparant les leçons anatomiques de M. Didier le jeune, de l'Académie de chirurgie, démonstrateur, chez lequel je demeurais en 1 7 Sa , lorsque je fus pour préparer , conjointement avec le sieur Lafont, actuellement chirurgien à Saint- Germain-en-Laye, la leçon des reins et des uretères, etc., nous fûmes fort étonnés de ne trouver ni rein droit, ni uretère, quoique ce soit un des viscères placés dans le bas-ventre , qui se trouve plus sensiblement qu'aucvin autre hors du sac ou de la membrane propre du péritoine ; et comme il est arrivé très souvent à des chirurgiens commençans, ou peu attentifs de ne le pas trouver, ne le cherchant pas avec assez de soin hors du sac, et qu'il arrive très fréquemment qu'il se trouve comme caché et enseveli dans le tissu cellulaire du péritoine , ce qui arrive principalement aux personnes grasses, et le sujet que nous disséquions, étant très chargé d'embonpoint, nous fîmes les perquisitions les plus exactes sans pouvoir rien découvrir, c'est-à-dire , ni rein , ni uretère. Nous tournâmes nos attentions sur le rein gauche, qui nous surprit et par sa longueur et par sa largeur , puisque ce viscère était long de huit travers de doigt , large de six et épais de près de deux pouces , ce qui est du double. L'uretère ne nous frappa pas moins , puisqu'il était aussi dilaté qu'un intestin dans un jeune sujet; et nous aperçûmes dans ce canal deux pierres, l'vme grosse comme une amande, et l'autre delà forme d'un lingot, et longue d'environ un demi-pouce. Comme nous n'avions que ce sujet pour nos leçons, nous ne pûmes faire l'ouverture d'aucun de ces viscères. Le même sujet nous fournit une observation non moins curieuse, puisqu'en préparant les leçons des parties delà génération de la femme, nous sentîmes sous nos doigts, dans l'hypogastre deux corps pyramidaux , adaptés exactement l'un à l'autre ; les ayant mis à découvert , nous vîmes clairement que c'était une double matrice , et M. Didier, charmé de ces rares découvertes, m'engagea à les porter aux écoles de

ANOMALrEs {cihseîicc. d'un dos reins).

Saint-Cûme, à M. Puzos, qui faisait pour lors le cours tl'accouchement pour les sages-femmes, et cet habile chirurgien trouva xine si grande bizarrerie de la nature dans ces deux viscères qu'il garda la pièce et nous priva , par ce moyen , de pousser plus loin nos recherches, c'est-à-dire d'examiner , les parties intérieures de ces viscères, qui sûrement devaient être aussi intéressantes que les extérieures, (i)

Obs. XXX. — Absence du rein et de l'uretère gauches ; inflammation chronique du rein gauche; calcul dans la vessie; coliques néphrétiques pendant la vie. (î)

La personne qui fait le sujet de cette observation était an marchand d'Orléans, qui, depuis douze ans, souffrait, de temps à autre, des douleurs très vives de coliques néphrétiques; ce qui l'obligea de faire un grand nombre de remèdes, et de se mettre, à la fin, entre les mains de charlatans, qui lui firent faire un long usage de remèdes savonneux ; enfin , il mourut d'une rétention d'urine. Quoique je ne fusse pas son chirurgien, sa famille me chargea de faire l'ouverture de son cadavre."

J'ouvris d'abord le bas-venti'e, et je cherchai tout de suite le rein gauche. Mais je ne trouvai ni ce rein, ni son uretère ; mais,' en revanche, je trouvai celui du côté droit un tiers plus gros qu'il n'aurait dû l'être naturellement; son extrémité inférieure couvrait presque entièrement les vertèbres lombaires; sa surface était lisse, polie et entièrement dépourvue de tissu cellulaire r l'ayant ouvert, la substance mamelonnée me parut détruite; il y avait à sa place une grande quantité d'une liqueur grasse et savonneuse, de la nature, sans doute, des i-emèdes que le malade avait pris; le bassinet était très considérable : il aurait tenu un œuf de pigeon. Je passai ensuite à l'uretère, qui était d'un calibre proportionné au bassinet ; il était assez grand pour rece-

(i) Obs. intéressante d'anatomie, par M. Perr'm, chirurgien h Fernon (Jonrn. deméd. de rhir. de pliarm. etc. par Vandermonde, t. xiii. p. 43i).

(a) Observations anatomiques sur un homme qui n'avait qu'un rein et qu'un uretère, par M. Guigneux, mattrc chirurgien à Orléans (Journ, de méd. et «liirurg. par Vandermonde, t. xn. p. 348),

4oii WÉPRITE SIMPLE.

voir une aveline médiocre dans toute sa longueur; la vessie était d'un tiers moins grande qu'elle n'aurail dû Tètre. L'ayant ouverte dans toute son étendue , je la trouvai toute barbouillée d'une matière semblable à celle qui était dans le bassinet, c'està-dire, d'un sédiment savonneux; elle contenait une pierre qui était de la grosseur d'un œuf de pigeon, et qui était enduite de cette matière. Il y en avait une seconde, adhérente dans un repli, de la grosseur d'jme grosse amande, et une troisième, de la grosseur d'un pois , qui bouchait l'entrée de l'urèthre : c'est probablement celle qui a causé la mort dxi malade. Ces trois pierres étaient dures, et, lorsque je les eus lavées, elles étaient inégales et raboteuses.

Obs. XXXI. — Coliques et suppression d'urine chez un homme d'une forte constitution ; absence du rein et de l'uretère du côté gauche; rein droit très . volumineux dont l'uretère était obstrué par nn calcul, (i)

M. J. J..., négociant , d'une constitution athlétique et d'un tfempérament sanguin , après avoir éprouvé des chagrins violens , se rendit en Italie , d'où il revint au bout de trois ans , et après avoir recouvré sa tranquillité ; il était alors âgé de 4^ ans, et jouissait d'une assez bonne santé, sauf quelques coliques qu'il éprouvait de temps en temps et qu'il attribuait aux vins et aux eaux-de-vie qu'il dégustait journellement en raison de son commerce. Un jour, après s'être livré à une colère violente, il fut atteint d'une forte colique et d'une suppression d'urine totale. Quelques bains de corps, le petit-lait nitré, etc., firent cesser en peu de temps ces deux états. Le même accident eut lieu trois mois après, et par une semblable cause; le même traitement fut sviivi du même succès. Enfin, deux mois s'étaient à peine écoulés , lorsqu'à la suite d'une colère violente , il éprouva de fortes coliques et une nouvelle suppression d'urine. Le traitement antiphlogistique, ([ui avait été employé deux fois avec avantage, fut^ cette fois, sans succès; il ne fit que dimi-

(i) Obs, d'une suppression d'urine chez un sujet qui n'avait qu'un rein, et dont l'orifice supérieur de l'uretère se trouva hermétiquement bouché par un calcul, par C. Julia FontencUc (Ajcbivcs générales de nicdecine, t. ii. p. 577).

ANOMALIES (cibsencc cVun des reins). I\o^

nuer la colique sans rappeler l'écoulement cle l'urine. Le docteur Sernin, ayant été appelé, s'empressa de sonder le malade, sans trouver une goutle d'urine dans la vessie. Un bain de corps , le petit-lait , et quelques boissons diurétiques , sont administrés sans succès. Le lendemain , le malade est sondé de nouveau : l'opération n'a aucun résultat; la fièvre se déclare, et les docteurs Pech et Maury sont appelés. Le troisième jour, quinze sangsues sont appliquées sur la poitrine ; le malade paraît soulagé, et rend naturellement environ quatre onces d'une urine claire, incolore et presque point chargée de principes salins. Le quatrième jour, la fièvre augmente , et il survient une hémorrhagie nasale très forte} on pratique une saignée du pied; le malade sécrète environ deux onces d'urine semblable à la précédente; les pilules camphrées, nitrées, et les boissons antiphlogistiques sont mises en iisage. Le sixième jour, cette hémorrhagie devient si forte que, tous les moyens propres à l'arrêter se trouvant insuffisans , il fallut recourir au tamponnement. Une nouvelle saignée, ainsi qu'un lavement émoUient, sont administrés : légère émission d'urine , mais l'état du malade s'aggrave fortement. Le septième jour, il empire encore; les bols camphrés et musqués , un large vésicatoire sur la poitrine, le petit-lait, le sirop d'orgeat, etc., sont employés sans produire aucun amendement; enfin , le huitième jour , le malade meurt. L'autopsie cadavérique, faite parle docteur Sernin, n'offrit rien d'extraordinaire dans aucune cavité, ni dans aucun organe ; mais , en parcourant la région abdominale , nous fiîmes étonnés de ne trouver dans le côté gauche ni rein , ni aucune trace d'uretère. Nous examinâmes de suite le côté droit, et nous vîmes un rein d'un volume cinq fois plus gros que dans l'état ordinaire, dont l'uretère était dis tendu à l'orifice supérieur; le rein était dans la position ordinaire de cet organe et non transversalement. Nous crûmes que ce volume devait être causé par une hydropisie à laquelle nous attribuâmes d'abord cette suppression d'urine; mais nous fûmes bien surpris de le trouver sain, sans aucun calcul, ni sans une seule goutte de cette sécrétion animale. Parvenus à l'uretère, nous aperçûmes un calcul qui en bouchait hermétiquement l'orifice supérieur. Ce

4o/i NÉPRITF. SIMPLE.

calcul, d'une couleur jaune fauve , ayant la forme d'une amande et pesant environ cinq grammes, était engagé aux trois quarts dans l'uretère. J'ai mis de côte un fragment pesant un décigramme (un peu plus d'un grain et demi), qui s'en était détaché en l'enlevant. Je n'eus pas besoin de le soumetlre à de grandes recherches pour en connaître promptement la nature ; il me suffit de le réduire en poudre, de le mettre dans un verre de montre , et d'y verser dessus quelques gouttes d'une solution de soude caustique préparée à l'alcool , pour en opérer la dissolution, en plaçant cette petite capsule sur une lampe à esprit de vin. Dans cette expérience, il n'y eut aucun dégagement sensible d'ammoniaque ; l'acide sulfurique affaibli forma, dans cette dissolution , un précipité blanc d'acide urique. Ce calcul, comme le plus grand nombre de ceux qu'on trouve dans les reins, était donc formé par de l'acide urique.

§ 385. Je termine ce paragraphe par une observation qui m'est propre :

Ods. XXXII. — Influmniiition clironiqnc du rein gniiclic dans le bnssSnet duquel existe na calcul de pliosplinte nmnioniaco-magncsien ; absence du rein et de l'uretère du cote droit.

Le nommé Bonnelle, Ch. Auguste, âgé de 31 ans, peintre, entra à l'hôpital de la Charité le 26 février 1858 , présentant tous les symptômes d'une mort prochaine : râle trachéal , râle muqueux à grosses bulles dans toute la partie antérieure de la poitrine; râle crépitant à la partie postérieure dans les deux tiers inférieurs de chaque poumon. Les râles muqueux et trachéal sont si bruyans , qu'il est impossible de distinguer les bruits du cœur dont l'impulsion est assez forte. Le pouls est petit, régulier et d'une fréquence telle, qu'il est presque impossible de compter le nombre des pulsations. La poitrine est brûlante; et les extrémités sont froides. Respiration abdominale. Le malade paraît comprendre les questions qui lui sont adressées, mais il ne peut y répondre. Mort le 27 février. Les personnes qui ont amené le malade à l'hôpital disent que depuis six semaines il est aljt^ et traité pour une affection calculeuse|

ANOMALIES {cibscticc cVuri cles reins). l\o^

et que depuis trois ou quatre jours seuleineat il éprouvait les symptômes d'une fluxion de poitrine.

Autopsie. Cadavre d'un homme bien conformé , à système musculaire très développé. Abdomen. Le rein droit, la capsule surrénale et l'uretère manquent complètement. Le gauche, situA dans l'hypochondie gauche, cojiiniunique avec la vessie par un seul uretère assez dilaté pour admettre l'extrémité du petit doigt.

Le testicule droit est de deux,tiers moins volumineux que le gauche. L'artèi'e testiculaire droite naît de la partie postérieure de l'aorte abdominale à deux ou trois travers de doigt de sa bifurcation. Le tissu cellulaire environnant le rein et la capsule surrénale est induré et adhérent à la membrane fibreuse du rein. Celle-ci est intimement uuie au parenchyme de l'organe : épaissie dans toute son étendue, elle présente deux ou trois plaques cartilagineuses. La surface du rein est inégale et hérissée de bosselures arrondies dont la grosseur varie depuis celle d'une lentille jusqu'à celle d'une noisette, et dont la couleur blanche ou jaunâtre contraste avec la couleur rouge-brunâtre du parenchyme. Ces bosselures ont l'aspect du tissu lardacé, sans en avoir ni la consistance ni la texture, et se confondent dans quelques points avec la substance corticale. Si l'on fait une coupe verticale du rein , on voit que cette dernière substance , ainsi que la substance tubuleuse, a sou tissu plus ferme et plus serré que dans l'état normal ; que ces deux substances sont pâles et anémiques, que la portion mamelonnée des tulmli est en partie atrophiée , et que la plupart des calices con-espondans sont considérablement dilatés par la présence de l'urine et d'un calcul. On trouve, dans le bassinet médiocrement dilaté , un calcul grisâti'e et grenu à plusieui's ramifications , dont une plus volumineuse est engagée dans l'origine de l'uretère, et dont deux ou trois autres remplissent autant de calices dilatés et ont détruit les mamelons correspondans. Les autres calices sont aussi dilatés, bien qu'ils ne présentent pas de calculs dans leur cavité.

La membrane fibreuse du bassinet et de l'uretère est considérablement épaissie. Leur membrane muqueuse, injectée de

4o6 NÉPHRITE SIMPLE.

sang, ne présente aucune ulcération. La vessie et l'urèthre sont parfaitement sains.

Le canal intestinal, le foie et la rate n'offrent aucune altération.

Poitrine. Adhérences pleurétiques à la partie externe et antérieure du coté gaviche. La surface interne des bronches est injectée et leur cavité reraplie d'écume bronchique.

Le parenchyme des poumons est engoué et ramolli , de sa base au quart supérieur exclusivement dans toute l'étendue de la gouttière costo-vertébrale. Le volume du cœur est comparable à celui des deux poings. Le ventricule gauche est considérablement dilaté ; la cavité du ventricule droit serait à peine capable de contenir une petite noix. Leurs parois ne sont point hypertrophiées. Il existe dans le ventricule droit un caillot fîbrineux, blanc, adhérent, à-la-fois, aux colonnes charnues du ventricule et à la valvule auriculo-venti iculaire , et qui s'étend dans l'artère pulmonaire. Dans le ventricule gauche existe un caillot de même natm'e, mais beaucoup moins volumineux, et qui s'étend jusque dans l'aorte.

Le cerveau, le larynx et les autres organes sont sains.

J'ai examiné le calcul avec M. Guibourt, à l'aide du microscope , et nous avons reconnu qu'il était formé exclusivement de phosphate ammoniaco-magnésien , ce qui est très rare.

§ 386. Les cas de fiision des reins ne sont pas très rares. J'en citerai un grand nombre d'exemples en traitant des vices de situation des reins. Ce vice de conformation doit être connu des médecins praticiens, car il est arrivé que des reins ainsi situés anomalement , sur la colonne vertébrale, ont été pris pour des tumeurs morbides et traités comme telles.

On conçoit qu'il sera toujours difficile de reconnaître de semblables cas. Toutefois , je crois devoir rappeler que Vesale remarque que les individus, sans embonpoint, dont le ventre est proéminent , et dont les lombes sont déprimées , n'ont qu'un seul rein placé transversalement sur les vertèbres.

J'ai fait figurer dans I'Atlas (pl. III, fig. 5) un cas d'inflammation de deux reins placés eu fer à cheval sm' la colonne

ANOMALIES {fusîon dcs relns). 407

vertébrale. H y avait du pus déposé dans la cavité du bassinet et dans la substance corticale. Les régions lombaires n'étaient pas sensibles à la pression, et la malade éprouvait des douleurs assez vives dans la région ombilicale; cette pyélo-néphrite n'avait pas été soupçonnée, quoique l'urine fût purulente.

Pour mon compte, je crois avoir constaté, pendant la vie, l'existence de deux reins enflammés placés transversalement siu- la colonne vertébrale , dont l'un était dilaté par suite de l'accumulation d'un liquide dans le bassinet. Ce cas a été vu dans mon service de l'hôpital de la Charité , par M. Velpeau et plusieurs autres médecins.

Obs. XXXin. — Tumeur donlonrense, située transversalement sur la colonne vertébrale; fusion des reins; dépression des régions lombaires; émission fréquente d'une urine neutre et trouble ; diminution de la douleur et retour de l'urine à l'acidité.

Une femme, âgée de 38 ans, portièi-e, entra le 26 mai i836 à l'hôpital de la Charité. Cette femme , d'une bonne constitution, d'un tempérament sanguin, à peau fraîche et rose, n'avait jamais éprouvé de maladie , si ce n'est la petite- vérole , à l'âge de neuf mois.

Les règles, survenues à l'âge de 17 ans, apparaissent toutes les trois semaines et toujours d'une manière régulière. Cette femme a eu quatre enfans , qui sont morts peu de temps après leur naissance. Les grossesses ont été toujours régulières. Cette femme n'a eu que rarement des flueurs blanches ; elle n'a jamais eu de dartres, ni de rhtimatismes. Elle n'a jamais obsei'vé, dans ses urines, de sang, de glaires, de sables, d'humeurs laiteuses , etc. ; jamais l'écoulement des urines ne s'est suspendu ; elle a remarqué seulement que de temps à autre les urines étaient chargées.

Depuis 738 ans, cette femme éprouve du malaise dans le ventre; à de certains intervalles elle ressent des douleurs à se tordre, un peu au-dessous du colon transverse; il lui semble alors qu'elle est serrée dans \m élau. On remarque sur la peau du ventre un grand nombre de petites cicatrices de piqûres

4o8 NÉPHRITE SIMPLE.

de sangsues. Ces accidens n'ont jamais été accompagnés de vomissemens ni de rétention d'urine , ni d'expulsion de calculs; ils étaient considérés comme nerveux. Depuis l'hiver dernier, elle s'est aperçue que la douleur occupait principalement le côté droit de la colonne vertébrale, et qu'il existait, dans son ventre , une tumeur que nous avons facilement reconnue au toucher et à la percussion. Cette tumeur, placée comme à cheval sur la colonne vertébrale, fort irrégulière, s'étend à di'oite de haut en bas , depuis le rebord des fausses côtes , derrière lesquelles elle semble s'enfoncer sous le foie , jusqu'à une ligne qui partirait de l'épine iliaque antérieure et supérieure, pour aller jusqu'à un pouce au-dessous du nombril ; puis la tumeur se prolonge à gauche jusque sur les limites de la région de l'hypochondre. A droite, cette tumeur n'offre point de bosselures; en la comprimant avec la main, on sent un corps lisse et solide. Si ou circonscrit la timieur par une des mains placée en avant et avec l'autre appliquée en arrière, on peut opérer une sorte de ballottement : on renvoie ainsi la tumeur d'une main à l'autre. De Vautre côté de la colonne vertébrale (du côté gauche), on peut limiter également xine tumeur qui présente la même dureté et le même poli à sa surface, et il semble qu'on^^eut reconnaître en dehors de la tumeur "un bord libre et convexe comme celui d'un rein , et en dedans une échancrure comme celle que présente la scissure de cet organe. La pression, dans tous ces points, détermine de la douleur; il n'y en a pas dans les autres pai'lies du ventre. Si l'on fait metli'e la malade à quatre pattes , on aperçoit, dans les régions lombaires , une dépression notable qui donne à ces régions l'apparence d'une selle de cheval, apparence que ne nous ont pas présentée plusieurs femmes, que nous avons fait mettre dans la même attitude. Enfin , on cherche en vain l'extrémité inférieure des reins, vers le point des lombes oii on la rencontre ordinairement.

On peut circonscrire nettement les principaux organes de l'abdomen , dont un développement morbide poun ait en imposer. On s'assure , au moyen de la percussion , que la tumeur n'est ni le foie , ni la rate, ni l'eslomac. Cette tumeur u'ocça-

ANOMALIES {fiision dcs reins). 4^9

sionue dans la marche ni douleur, ni tiraillement vers le diaphragme; elle ne donne point, sous les doigts appliqués et percutés à sa surface, la sensation de frémissement qu'on observe souvent dans les tumeurs acéphalocysliques ; elle n'a point la foi-me globuleuse des tumeurs enkystées ordinaires ; elle n'est point le siège des douleurs lancinantes qui accompagnent les tumeurs cancéreuses; il n'y a point d'engourdissement notable dans les membres inférieurs. La malade n'a point de fièvre, la circulation est naturelle, et on n'entend aucun bruit morbide dans le cœur et dans l'aorte abdominale ; la respiration est naturelle ; les digestions sont bonnes ; il y a seulement un peu de constipation. L'émission des urines est fréquente; elles sont neutres, troubles au moment ou peu de temps après leur émission, avec une quantité assez notable de mucus. La région de la vessie n'est point douloureuse.

D'après ces circonstances , je présumai que la tumeur était formée par deux reins placés en travers sur la colonne vertébrale et que ces organes étaient atteints d'une inflammation chronique. Je prescrivis des sangsues sur la région ombilicale, des bains , des cataplasmes émoUiens ; et cette femme, après avoir éprouvé des alternatives de mieux-être et d'augmentation de ses souffrances habituelles, sortit, le 26 juin i836, n'éprouvant presque plus aucune douleur ; l'urine avait repris de l'acidité , comme l'urine saine.

Chez une autre femme qui avait succombé à une pneumonie , on trouva les deux reins couchés en travers sur la colonne vertébrale et formant un croissant dont la concavité était en haut; ces reins présentaient, en plusieurs points, à leur surface des taches grises-ardoisées ou d'un brun foncé. On y remarquait en outre plusieurs points purulens.

Obs. XXXIV. — Rétrécissement de l'urètlire, et cystite à la suite de plusieurs blennorrhagies; inflammation des deux reins, placés en fer à cheval sur la colonne yertébrale.

M... cordonnier, âgé de ans, entre à la Charité, le a5 juillet i836. Ce malade aie teint un peu pâle, mais il est d'une forte coastilutiou j il n'a jamais été alité par une rafiladie grave,

4lQ * NÉPHRITE SIMPLE.

Il eut, il y a douze ans , une bleunorrhagie et un buLon, et,à-peuprès vers cette époque, il eut, sans cause connue, une jaunisse. Il y a 7 ans, nouvelle blennorrhagie , nouveau bubon; celle bleunorrhagie était coi-dée, et, suivant le préjugé populaire le malade cassa le filet au bout de deux mois, ce qui occasiona un écoulement de sang. Les accidens primitifs de la syphilis disparurent ; mais, trois mois après, un rétrécissement survint graduellement, et les urines finirent par s'arrêter complètement. Il fut alors sondé, traité long-temps par des bougies et en vint à se sonder lui-même lorsqu'il y avait rétention ; pendant quatre ans, il resta ainsi, urinant par un jet très fin, quelquefois bifurqué, ayant perdu la force d'éjaculer et par conséquent très sobre sur les plaisirs sexuels. Les urines étaient épaisses , glairevises , quelquefois d'un rouge jauualre (de sang). Parfois aussi, il y avait des envies fréquentes d'uriner , l'émission était douloureuse et se faisait dix à douze fois par jour et en très petite quantité, avec accompagnement de douleur dans la vessie et dans la région ombilicale.

Il y a deux ans , ce malade , qui répond avec beaucoup d'intelligence aux questions qu'on lui adresse et qui s'observait avec soin depuis lors , même avec scrupule , s'aperçut de l'existence d'une tumeur dans le bas-ventre. Le 2 5 juillet dernier, les douleurs de ventre et les accidens du côté des voies urinaires revenant, il entra à la Charité , dans un sei^vice de médecine, où l'on reconnut également la tumeur. Après une application de sangsues, des bains, etc., on le fit passer, au bout de trois semaines dans le service de M. Velpeau, où il est aujourd'hui 27 août i836.

Les douleurs ombilicales qui étaient très fortes, siu'tout du côté gauche, ont diminué; elles persistent cependant ot sont exagérées par les mouvemens et la pression ; les urines sont glaireuses et épaisses; il y a en même temps douleur au périnée, là où probablement il se fit une déchirure de l'urèllire lorsqu'il se cassa le filet , là où, depuis ce temps , le malade a toujours souffert. Le rétrécissement a cédé en partie au traitement par les bougies.

ANOMALIES {fusioTi dcs veins), 4i f

Si l'on applique la main sur l'abdomen, à deux pouces en dehors du nombril (côté gauche), on sent une tumeur, dure, lisse, dont on ne peut limiter exactement les contours et qui semble avoir la forme du rein. Une main exercée peut cependant apprécier sa position et sa configuration. Voici cette position (autant que l'on peut voir avec les doigts) : figurez-vous un rein d'une dimension ordinaire , dont la scissure serait située à deux pouces du nombril et sur le même niveau que lui , mais dont l'extrémité inférieure s'inclinerait vers la colonne vertébrale au lieu d'être placée verticalement à son côté. Le rein se trouve ainsi courbé dans son tiers inférieur , et à cheval sur les vertèbres. Dans ce point , la sensation donnée par le toucher est moins sensible; mais cependant, il semble qu'au bout de ce rein soit un prolongement, également dur, un peu moins lisse , qui s'avance sur le côté droit et qui complète le fer à cheval, en unissant le rein droit au rein du côté opposé.

Si on réunit aux signes positifs, matériels, donnés par le toucher , ceux que l'on tire du raisonnement , on sera enclin à conclure que cette tumeur est un cas de fusion des deux reins , placés en fer à cheval sur la colonne vertébrale.

Rappelons-nous, en effet, qu'il y a toujours eu liaison entre le rétrécissement de l'urèthre et les douleurs que le malade ressentait dans la région ombilicale surtout du côté gauche, que ces douleurs augmentaient ou diminuaient avec l'augmentation ou la diminution des accidens produits par le rétrécissement du canal de l'urèthre. Remarquons en outre que leg voies digestives du malade sont parfaitement saines : la langue est naturelle, l'appétit excellent. Le malade n'a point et n'a jamais eu ni nausées, ni vomissemens , ni diarrhée, ni aucun dérangement des organes digestifs. Il n'a point de tubercles dans les poumons, du moins la respiration et la sonoreité de la poitrine sont tout-à-fait normales, et par conséquent on ne peut songer à une tumeur de nature tuberculeuse. La santé générale est parfaite, on ne peut pas plus penser à une tumeur cancéreuse ou squirrheuse, formée dans le pancréas ou les ganglions lymphatiques prélombaires. Enfin, si dans l'étal de vacuité de l'intestin , on explore la région des reins en

avant et en arrière , il est impossible de reconnaître leur extrémité inférieure ; les bouts des doigts de la main gauche, pressant dans le flanc , vont loucher l'extrémité de la main droite qui déprime la région lombaire ; les doigts se touchent et ne sentent aucunement le rein, dont l'extrémité peut ordinairement être rencontrée, lorsque l'exploration est faite de cette manière sur un sujet amaigri.

§ 387. Cas d'inflammation rénale; le rein affecté étant dans le bassin.

On a observé d'autres vices de situation des reins.

Ils peuvent être situés un peu plus haut ou un peu plus bas que dans l'état naturel et être pluspu moins mobiles (Voyez Vices de situation des reins) sans qu'il en résulte aucun embarras pour le diagnostic de la néphrite ; mais il est des cas dans lesquels l'idée d'une inflammation rénale se présente difficilement à l'esprit,lors même que l'urine ofi'i e des caractères particuliers. C'est lorsque les malades accusent une douleur vive dans une région très éloignée du siège habituel des l eins , dans l'excavation du bassin par exemple. Cependant on a vu un des reins situé dans cette cavité , être le siège de vives douleurs pendant la grossesse et surtout au moment de l'accouchement. On a vu aussi cet organe ainsi situé , s'enflammer et contracter des adhérences avec le rectum, et du pus sécrété dans la cavité du bassinet se frayer une route dans l'intestin. Ces cas sont très rares et n'ont pas été soupçonnés pendant la vie. Aujourd'hui , ils ne pourraient l'être qu'autant qu'une absence complète de douleur à la pression dans les régions lombaires coïnciderait avec une altération bien prononcée de la sécrétion urinaire. Peut-êtie pourraiton dans de semblables cas, chez la femme, reconnaîU'e , par le toucher , dans l'excavation du bassin, une tumeur douloureuse ayant à-peu-près la force du rein?

Obs. XXXV. — Rein droit avec dégénération cartilagineuse situé dans l'excavation du bassin (Lieutaud, Hist. nat. t. i. p. 284. Obs. laia).

Virgo septemdecim annortim post suppressioneni catameniorum, per très menses, in largam c gcnilalibus hœmorrhagiam ^

CHEZ LE ^ŒTTÎS. 4l3

cum enormi sanguinis vomttu , incidit. A persistente hoc duplici fluxu intrà brève tempus, supreraum diein claiisit. Aperto cadavere , reperitiir ren dexter extra situm; ossi scilicet sacro inciimbeiis ; atque aortam cum venaî cavse trunco haud parùra comprimens. Substantia hujusce renis erat callosa et quasi cartilaginea. Pendebat prœdiclum yiscus libram unam et semis ; atque recondebat oclo lapides quorum majores ad ova columbina accedebant. Arteriae et venœ emulgentis vix vestigium apparebat ; at magis conspicuus ureter (Drouin).

M. Cruveilhier (i) a vu les deux reins réunis , occupant chez une femme le petit bassin, derrière le rectum, et débordant un peu le détroit supérieur. Ce rein contenait une grande quantité de pus, qui s'était fait jour par le rectum. Pendant la vie, on n'avait noté, chez cette femme, qu'une fièvre hectique dont on avait inutilement cherché la cause.

§ 3m. De la nèphriie suivant les âges.

L'étude compsfralive des inflammations rénales et, en particulier, de la néphrite simple dans les difFérens âges, est un des moyens les plus sûrs d'en apprécier les causes et d'en découvrir les relations pathologiques. Elle montre , en outre , les difficultés du diagnostic dans le premier âge, la fréquence des complications de la néphrite avec les autres maladies des voies urinaires et avec les maladies cérébro-spinales dans un âge avancé ; enfin, elle apprend à mettre, dans l'emploi des moyens thérapeutiques , une mesure qui n'est pas moins nécessaire que leur choix et leur opportunité.

§ 389. Betschler (2) a disséqué un fœtus raort-né , dont la vessie contenait une grande quantité de matière puriforme mêlée à de l'urine 5 la surface interne de la vessie était blanche et lisse; les orifices des uretères étaient libres et béans. Le rein gauche, enflammé, était distendu et dégénéré ; le pus qui en provenait avait passé par l'uretère dans la vessie.

(t) Cinveilbier. Anatomie descriptive, t. ii. p. 694. (2) Betschler. Diss, mm a Jceiu urinn secernaïur et sécréta excematur , Bcrolini. 1820, p, 48,

4l4 NÉPHRITE SIMPLE.

Oehier (i) a vu, chez un fœtus, un cas de néphrite calculeuse, dans lequel le rein était très enflammé.

§ 3go. Billard (2) a confirmé, par ses recherches, une observation faite depuis long-lemps, savoir : que les inflammations des reins et de la vessie sont beaucoup plus rares chez les cnfans à la mamelle que celles des autres organes : il ne cite , d'ailleurs, aucun exemple.

Le docteur Désir m'a fait voir trois cas de néphrite aigué chez des nouveau-nés. Dans un de ces cas , il n'existait qu'un seul rein (§ 384, obs. XXIV).

Obs. XXXVI. — Epancbetnent sanguin sons la peau du crâne ; fracture du pariétal; traces de pleurésie et de péricardite; pëtits points purnlens dans les poumons ; petits dépôts de pus dans les deux reins enflammés.

Marie Tueffet, âgée de 10 jours, avait été placée dans une salle de chirurgie, à l'hôpital des Eufans-Trouvés, parce qu'elle avait sur la tête, un peu au-dessous de la bosse pariétale, du côté gauche , une tumeur qui présentait tous les signes du céphalsematome. Cet enfant mourut le dixième jovir de sa naissance.

L'autopsie fut faite vingt heures après la mort, le 19 août i836. Sur la tête, on voyait une petite tumeur circulaire, fluctuante , d'un pouce de diamètre , formée par un épanchement de sang noir, sous le périoste. Le pariétal était fracturé de façon qu'une petite lamelle osseuse était soulevée et laissait une fissure qui conduisait dans un autre foyer sanguin situé entre la dure-mère et le pariétal. Le cei-veau ne présentait d'autres lésions qu'une dépression dans le point correspondant à l'épanchement. Dans les deux plèvres, on trouva une cuillerée à bouche de sérosité jaunâtre et louche, avec flocons; il y avait épanchement de même nature avec de fausses membranes dans le péricarde. Les deux poumons présentaient des points purulens, depuis le volume d'une tète d'épingle jusqu'à celui

(1) QEiiler. Proleg. in embryonis Itumàni pathologiam, Lipsix. 18 15.

(2) Billard. Traité des maladies des en/ans nouveau-nés, iu-S". Paris. 1828. page 44 1.

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