CHEZ LES NOUVEAU-NÉS
(l'un petit pois, tous entourés d'un cercle rouge ou rouge noirâtre, résultant d'une infiltration sanguine. Cette altération de la substance du poumon, sur cinq ou six points, occupait trois à quatre lignes de surface et de profondeur, comme les pneumonies lobulaires à l'état d'hépatisation rouge ; tous les points purulens étaient à la surface de l'organe. L'intérieur du cœur ne présentait aucune lésion. La membrane muqueuse de l'estomac était généralement injectée en rouge; celle du jéjunum était pâle et avait peu de consistance. L'iléon et le colon n'offraient rien à noter 5 le foie avait son volume, sa consistance et sa couleur ordinaires, et ne contenait pas de points purulens j la rate était volumineuse , congestionnée , diffluente.
Les deux reins, d'un volume normal, pesaient chacun deux gros; à l'extérieur, le réseau veineux était injecté d'une manière remarquable. La substance corticale, dans la plus grande partie de la surface des reins, n'était pas plus rouge qu'elle ne l'est habituellement. Sur chacune.des faces du rein droit(ATLAS, pl. I, fig. 7 ), on remarquait un grand nombre de petits points blancs, jaunâtres, purulens, qu'on aurait pu couvrir avec l'extrémité d'une grosse épingle. Ces points étaient entourés d'un petit cercle rouge foncé ; l'extrémité inférieure de l'organe était décolorée et parsemée de petites étoiles vasculaires très rouges. En incisant le rein suivant son épaisseur , on reconnut que deux foyers purulens , qui auraient pu contenir chacun un petit pois, étaient logés dans cette portion du rein. Immédiatement autour de ces foyers , la substance corticale était d'un rouge noirâtre.
On ne voyait, à la surface du rein gauche, que cinq à six points purulens entourés d'un cercle rouge. Les mamelons contenaient des stries sablonneuses, jaunes et rouges; les calices, les bassinets, les uretèi'es et la vessie étaient sains. Cette inflammation des reins n'avait point été soupçonnée pendant la vie.
Il est difficile de dire quelle a été la cause de cette affection, et de déterminer jusqu'à quel point elle était liée ou non à l'existence des points purulens observés dans le poumon , et de la fracture du pariétal.
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Obs. XXXVII. — Opbtlialmie, muguet; sôrosité trouble dans la plèvre et le péricarde; points purulens et deux petites excavations dans les poumons; points purulens dans les reins.
Le 26 août i836, M. Désir m'a fait voir un troisième cas de néphrite chez un nouveau-né.
Un enfant , du sexe masculin , très fort , âgé de 10 jours, avait été placé dans les salles de chirurgie de l'hospice des Enfans- Trouvés , parce qu'il avait une ophthalmie. Il avait en même temps le muguet et un ictère très prononcé ; il éprouva quelques vomissemens, et mourut le a5 août, à l'âge de i5 jours.
Eiat extérieur. Point de plaies ou de contusions à l'extérieur du corps. Embonpoint sans œdème , ni endurcissement ; teinte jaune de la peau et des yeux. Tête. Les vaisseaux de la pie-mère contiennent beaucoup de sang; un peu de sérosité dans les ventricules ; la substance cérébrale a sa consistance naturelle.' Poitrine. Les cavités des plèvres contiennent chacune deux onces environ de sérosité un peu sanguinolente , avec flocons albumineux; les plèvres sont très injectées. Dans le péricarde, il y avait une petite quantité de sérosité jaunâtre louche, mêlée de flocons albumineux. Il y avait aussi des flocons albumineux sur le cœur, notamment dans les anfractuosités de la base. La membrane séreuse du péricarde était très injectée ; la surface des poumons marbrée de noir, de rouge et de blanc , présentait un assez grand nombre de petits points blancs, purulens, gros comme la tête d'une fine épingle, entourés d'une infiltration sanguine noirâtre. Vers le milieu de la face externe du lobe supérieur gauche , on voit sous la plèvre de grosses bulles d'air, et le pourtour de la partie emphysémateuse est ecchymosé. En incisant la plèvre, on arrive dans deux petites cavernes qui ne contiennent point de matière liquide. Le fond de ces petites excavations paraît floconneux sous l'eau. On voit que le tissu pulmonaire , dans ce point, a été en partie détruit; les portions de poumon qui forment les parois de ces cavernes sont plus rouges que dans l'état sain, et comme ecchym osées.
Abdomen. Tout le canal intestinal paraît d'un petit diamètre et contracté. La membrane muqueuse de l'estomac et du duo-
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déniim ofTre uno roiigeur poinlillce très vive. Los capsules surrénales, le foie et la rate sont dans l'état sain.
Les deux reins , de volume ordinaire , étaient un peu pâles et présentaient, à leur surface , une douzaine de points purulens, blancs, entourés d'une injection rouge. Ces points étaient assez petits pour que la tête de la plus petite épingle pût les couvrir la vessie et les uretères étaient sains.
5 ôgi. La néphrite simple est une maladie des plus rares chez les enfans , depuis l'âge d'un an jusqu'à la puberté. J'ai vu plusieurs enfans du peuple éprouver tous les accidens d'une cystite passagère, par suite de l'absorption des cantharides appliqiiées trop largement sur des vésicatoires, mais aucun ne s'est plaint de douleurs rénales. Un de mes élèves, M. H. Roger, interne à l'hôpital des enfans malades, m'a assuré que, dans le cours du premier semestre de i838 , il ne s'était pas présenté un seul cas d'mflammation du rein, idiopathique, ou produite par l'impression du froid ou de l'humidité. Je n'ai vu moi même qu'un très petit nombre de cas d'inflammation simple du rein chez les enfans; et un de ceux qui m'ont le plus frappé , fut celui d'un enfant de quatre ans , mort hydropique à la suite d'une péricardite chronique, pendant la durée de laquelle il avait pris une assez grande quantité de poudre de digitale. Les deux reins, augmentés de volume, étaient rouges et parsemés d'un grand nombre de points purulens; les bassinets, les calices , les uretères, la vessie et l'urèthre étaient à l'état sain.
Billard a cru devoir rattacher à la néphrite la maladie que Willan (i) a décrite sous le nom à'ischiiria renalis:
« J'observai, dit Willan, dans le cours de l'année 1784, trois cas de mort subite chez des enfans qui n'avaient point eu antérieurement de maladies violentes ou alarmantes. Ils présentèrent les symptômes suivans: au début , légère chaleur fébrile, agitation, diarrhée, et parfois vomissemens qui durèrent une semaine environ. Pendant ce temps, l'urine était
(i) Cases ofischuria renalis in childrcn, by Robert Willan (Médical facU «nd obscrvatioDs, toI. nu J.ondon. 1792. p. i).
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rendue en petite quantité, et elle finit par cesser complètement de couler. Bientôt après, les malades mouraient d'une manière inattendue , sans se plaindre de douleur ou d'aucun malaise particulier.
Les conseils d'un médecin n'ayant pas été jugés nécessaires dans les premiers jours de la maladie, je n'avais vu les enfans que lorsque la suppression d'urine avait eu lieu. Alors la diarrhée s'était calmée , et le pouls et la peau étaient naturels.
Le symptôme prédominant , Yischurie , était le seul qui demandât une attention immédiate. Comme il n'y avait pas de gonflement ni de tension douloureuse dans la région liypogastrique, ni dans aucune autre partie de l'abdomen, j'espérais que des moyens rafraîchissans, tels que les diurétiques, les lavemens et des fomentations procureraient un prompt soulagement; mais ces moyens et quelques autres ne purent rétablir la sécrétion uiùnaire, et les enfans moururent.
Il me fut extrêmement pénible d'échouer ainsi dans tous ces cas, qui se présentèrent à moi presque en même temps. Je ne trouvai aucun renseignement satisfaisant dans les auteurs, et je ne fus pas plus heureux dans les conversations que j'eus, à ce sujet, avec des praticiens. Je résolus, si un cas analogue se présentait, d'avoir recours immédiatement à un demi-bain ou à un bain chaud, remèdes considérés comme les plus efficaces dans l'ischurie rénale.
Deux années plus tard , il se présenta une occasion d'appliquer ce traitement à un petit garçon joli et intelligent, âgé de 9 ans environ. Cet enfant avait eu, au commencement d'octobre 1786, une scarlatine angineuse dont il s'était rétabli par les bons soins de M. Austin. Il continua de se porter parfaitement bien pendant une semaine environ , sortit tous les jours, et s'amusa comme à l'ordinaire.
A celte époque , on observa qu'il commençait à perdre l'appétit et ses forces; il avait aussi de légères mais fréquentes attaques de vomissemens et de diarrhée. Le 2 3 et le 2 4 octobre, il paraissait beaucoup mieux; le 26, il eut une anurie complète.
M. Austin , auquel j'avais, dans le temps, communiqué mes observations sur la nature insidieuse de ces afl'eclions chez les