‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 38 sur 81 · CHEZ LJ-S ENFANS. /\IÇ · texte numérisé non relu

CHEZ LJ-S ENFANS. /\IÇ

eiifans, me pria de venir voir ce malade de grand malin , le 26 octobre. Je le trouvai bien : tète parfaitement libre, peau fraîche, pouls à 90, sans signe de fièvre, hors un léger enduit jaune brunâtre sur la partie postérieure de la langue. Il y avait une teinte rouge morbide et une légère bouffissure des joues, mais sans douleur de tête ou d'estomac. Le ventre ne présentait nulle part de gonflement, ni de tension , et il n'était pas douloureux à la pression. Après avoir prescrit un léger laxatif, je recommandai un bain chaud comme le moyen sur lequel on pouvait le plus compter. L'enfant fut tenu dans le bain pendant vingt minutes, et en sortaut, dès qu'il fut debout sur le plancher, il rendit un petit verre d'urine limpide, de couleur naturelle qui n'indiquait aucune affection interne.

Le soir, il était vif et dispos, et ses joues ne paraissaient pas aussi bouffies. Je prescrivis un autre bain, dans l'espérance que l'effet en serait aussi marqué , ou même plus , que celui du premier. Le lendemain matin, l'enfant était à-peu-près dans le même état; mais il n'avait pu rendre que quelques gouttes d'urine en sortant du bain. Je manifestai le désir qu'il y fût remis pendant trois quarts d'heure, et qu'il essayât d'uriner dans le bain, ou lorsqu'il en sortirait, étant debout et les pieds sur le plancher froid. On m'apprit, le soir, qu'on s'était conformé à mes recommandations, et qu'elles avaient eu peu de succès ; que l'enfant avait été pris dans la journée d'une sorte d'attaque dans laquelle, après un frisson subit, il était devenu très froid et insensible; que ses yeux étaient restés immobiles pendant quelques minutes , et qu'il était cependant bientôt revenu àluij quand je le vis, il se trouvait bien et content, comme le jour précédent.

Cet enfant était évidemment dans une situation très fâcheuse, quoique les symptômes ne fussent pas aggravés depuis ma première visite. Tant de liquide excrémentitiel ne pouvait être retenu dans le sang , par suite de la suppression de la sécrétion urinaire, sans avoir les plus graves conséquences , en s'épanchant dans le cerveau ; ce qui arrive si fréquemment dans des cas analogues.

On proposa une consultation, que j'acceptai très volon-

tiers; elle fut cependant remise au lendemain, à cause de l'heure avancée de la soirée. En attendant, je desirai qu'on essayât pour la quatrième fois un bain chaud.

Le petit malade eut assez de force pour entrer dans le bain, qu'il prit à onze heures dusoir, et en sortir sans aide; il se coucha ensuite et causa gaîment jusqu'à minuit avec les personnes qui l'entouraient. Alors, il se plaignit subitement qu'il ne voyait plus, et il expira bientôt après dans une attaque semblable à celle qu'il avait éprouvée dans le courant de la journée.

On ne permit pas l'autopsie du corps, et je ne pus, dans ce cas, confirmer ni rectifier les idées que je m'étais faites relativement à cette aflection.

J'ai vu un autre cas du même genre, le 20 mars 1787 , chez un enfant de 2 ans. La mère me dit qu'il avait été pris , six jours auparavant, de dévoieraent et de vomissemens. Ces accidens s'étaient calmés un ou deux jours après ; mais un peu de fièvre et de toux avaient persisté; l'excrétion de l'urine avait cessé depuis plus de vingt-quatre heures. Lorsqu'on m'appoi la l'enfant, il était très agité; sa respiration était gênée, son pouls petit et fréquent, et son visage était bouffi, d'une couleur foncée et presque livide. Il n'y avait pas de dureté ni de gonflement du ventre. Comme l'enfant était évidemment à l'agonie, je crus qu'il n'était pas nécessaire de prescrire de remèdes, et bientôt après on m'apprit que l'enfant, rapporté chez lui, était mort en moins d'une heure.

On me permit d'examiner les viscères de cet enfant , et je pus m'assurer enfin de l'état des parties affectées dans cette dangereuse maladie. Tout le mésentère paraissait avoir été enflammé ; de là , l'inflammation s'était étendue à une portion considérable de l'iléon , sur lequel il y avait deux taches gangréneuses, dont chacune environ de la grandeur d'une pièce de douze sous.

Il n'y avait pas d'urine dans la vessie ; l'estomac , le foie et les reins étaient dans un état naturel, la vésicule du fiel était très gonflée et les ganglions du mésentère très augmentés de volume ».

§ 593. Ce qu'il y a de plus frappant dans ces cas ce sont, sans

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