CHEZ LES ENFANS
contredit, la suppression de l'urine et les symptômes cèrèhraux, qui la suivent ; double circonstance qu'on observe souvent dans les néphrites graves. C'est sans doute pour cela que Billard s'était cru autorisé à rattacher cette ischurie à la néphrite aiguë; mais dans le seul cas oli l'ouverture du corps a été faite après la mort, Willan dit formellement que les reins étaient sains. Il faudrait donc supposer qu'il s'est complètement trompé sur l'état anatomique de ces organes, ce qui n'est pas probable.
Si l'état anatomique des parties est indiqué d'une manière trop sommaire, etsi je suis peu disposé à admettre, avec Willan, que la maladie était une inflammation du mésentère dont l'ischurie et les symptômes nerveux étaient les phénomènes les plus saillans, j e reconnais cependant que des lésions purement intes7 tinales , accompagnées de vomissemens et de diarrhée, peuvent déterminer une suppression d'urine et des symptômes cérébraux. Abercrombie 'i), cite le fait suivant : Un enfant âgé d'un an, jouissant habituellement d'une bonne santé, mais parfois sujet au dévoiement, avait été sevré à l'âge de neuf mois et n'avait éprouvé aucun inconvénient du sevrage. Cet enfant fut pris, le septembre i85o, d'une diarrhée abondante et de fréquens vomissemens ; les selles étaient liquides et très aqueuses; et il n'urinait pas. Les mêmes symptômes continuèrent le 25 et le 24, et on ne remarqua pas que l'enfant rendît la moindre goutte d'urine, pendant ces trois jours. Le docteur Pitcairn le vit, le 24 au soir, et le trouva dans un état analogue à celui d'un malade atteint d'hydrocéphale parvenue à sa dernière période ; aucun remède ne pouvait être tenté, et l'enfant mourut peu de temps après la visite du médecin. J'examinai le corps avec le docteur Pitcairn: les intestins étaient sains à l'extérieur, si on en excepte quelques portions qui étaient d'une couleur foncée , couleur plus prononcée vers la fin de l'iléon; le mésentère était très injecté, mais pas au point d'être enflammé. La membrane jnuqueuse de l'intestin, vers la fin de l'iléon et dans une grande étendue, olFrait une inllam-
(1) Abercrombie (Jobn). Observations en ischuria renalis (Tbc Ediub. ineJ and surg. jouru. vul. xtii. p. 221).
fyi.l WléPHRITE SIMPLE
mation au premier degré ,- dans d'autres endroits et surtout dans le colon, il y avait des traces d'une inûammation moins prononcée. La vessie était contractée et parfaitement vide ; le rein , le foie etc., étaient sains. II y avait un peu d'épanchement dans le cerveau, et la substance médullaire, injectée, oflTrail un grand nombre de points rouges à la coupe , comme on l'observe dans un grand nombre de cas d'hydrocéphale aiguë.
§ 395. En résumé, si les observations de Willan et d'Abercrombie prouvent contradictoirement à l'opinion de Billard que l'iscburie et les symptômes cérébraux, chez les enfans, peuvent dépendre de lésions abdominales indépendantes d'inflammations rénales, elles établissent aussi, par l'analogie des symptômes , combien le diagnostic de la néphrite , peut offrir de difficultés, à cet âge; et c'est cette considération qui m'a décidé a reproduire ici les faits publiés par ces deux célèbres médecins. Un cas d'une véritable inflammation rénale, recueilli par ivi. Watson, et publié par M. HoM'ship (r), est bien propre à démontrer l'analogie des symptômes cérébraux, dans les deux cas : <c Chez un enfant de quelques mois, M. Watson a trouvé les deux reins plus gros que des œufs de canards , et très enflammés. Ils contenaient chacun plus d'une cuillerée à bouche de pus; la vessie était remplie d'un fluide purulent; et il y avait une demi-tasse à café de sérosité dans chacun des ventricules du cerveau.
M. Watson ajoute que , dans ce cas, la source du mal était dans une inflammation des reins , et il se demande si l'hydrocéphale n'a pas été due à cette cause.
On a vu aussi survenir, chez les enfans, des symptômes cérébraux, dans des cas de pyélite et de pyélo-néphrite produites par des calculs situés dans la vessie, dans les uretères ou dans les bassinets. Harder (2) rapporte qu'il fut appelé auprès d'un enfant de trois mois qui, né de parens calculeux, éprouvait déjà des symptômes de maladie néphrétique. A l'âge de deux ans il maigrit;
(1) Howship. A praclical treatise etc. oj some imporlant complaints that affect tlie sécrétion and the excrétion of the urine, p. 34. in-S". Lond. iSaS.
(2) Harder. Apiarium, obs. 78. p. 3oi.