CHEZ LES VIEILLARDS
il urina peu , avec douleur , et mourut dans les convulsions. Outre du petit sable qui embarrassait Je tissu du rein, Harder trouva, à l'entrée de l'uretère, un calcul oblong. Baumes (i) a vu aussi deux enfans à la mamelle , l'un de deux jours , l'autre de huit, qui périrent dans des attaques de convulsions, en rendant de petits calculs. Le cadavre de l'un en fit voir plusieurs dans les reins, et celui de l'autre en avait dans l'uretère droit,
§ 394. Avec râgejfadulte et l'âge mûr arrivent un certain nombre d'inflammations des voies urinaires, qui deviennent des causes influentes de néphrite, et qui rendent la proportion des cas de cette maladie beaucoup plus considérable que dans l'enfance; de ces causes, les plus fréquentes sont, sans contredit, chez l'homme, les inflammations virulentes de l'urèthre, et les rétrécissemens de ce canal; chez la femme, les inflammations de la vulve, du vagin et de l'utérus, les dérangemens de la menstruation, les grossesses répétées, les avortemens, les inflammations de la matrice et des veines utérines après les couches, les maladies de l'utérus et de ses annexes,
§395. Mais c'est surtout dans la vieillesse que la proportion des inflammations rénales , et surtout de la néphrite chronique, devient considérable , par suite des maladies de la prostate, de la vessie (2), des ovaires et de l'utérus; par suite des rétentions d'urine, des paralysies complètes ou incomplètes, etc. En i83i, j'ai examiné, avec M. James Young, presque tous les reins des vieillards des deux sexes , morts dans le cours de cette année , à l'hospice de Bicêtre et à celui de la Salpêtrière , et je déclare que presque tous ces reins oflTraient des lésions matérielles, et que la plupart de ces lésions étaient la Suite d'inflammations rénales antérieures.
(1) Baumes. Traité des convulsions des enfans, in-S». Paris. i8o5.
(2) Si, en décrivant les maladies de l'urèthre et de la vessie, chez les vieillards, Sœmmcring garde le silence sur la fréquence des lésions des reins, c'est qu'évidemment ses recherches ne se sont point étendues jusqu'à ces organes (Sommcring. Traité des maladies de la aiessie et de l'urèthre, considérées particulièrement chez les vieillards, trad. par Hollard. in-S», Paris 1824).
4a4 wÉpnniTiî simple
J'ai déjà eu l'occasion de remarquer que ce qui constiluait surtout, chez le vieillard, la gra-vi lé de la néphrite, c'était le plus souvent l'incurahilité des conditions qui donnaient lieu à son développement; c'était l'iucurabililé des maladies de la vessie , de l'urèlhre ou de la prostate, de l'ulérus, du cerveau ou de la moelle épinière ; conditions fâcheuses , que des lésions antérieures des reins viennent souvent encore compliquer et aggraver. Aussi l'anatoinie pathologique n'a-l-elle que trop confirmé celte sentence d'Hippocrale : « Renum et vesicœ vitia in senibus îegrè curantur» [Ajihorism., sect. vi, 6),
§ 396. De Vinfljicnce du froid et de L'htimidilè sur le développement de la nèjihrite.
Depuis que mon attenlion s'est dirigée d'une manière spéciale vers l'élude des maladies des reins , j'ai eu souvent l'occasion de voir combien élait grande l'influence du froid et de l'humidité sur le développement d'une espèce particulière d'inflammation rénale, que j'ai désignée sous le nom de 7ièphrite albiiminettse. Bien souvent aussi dans le cours de ma pratique, j'ai été à portée de constater qu'il suffisait d'une légère impression du froid et de l'humidité pour donner lieu à tous les accidens de la néphrite simple, chez des individus atteints de maladies de la vessie ou de rélrécissemens de l'urèlhre.
Le grand nombre de maladies chroniques qui se trouvent habituellement réunies dans mon service à l'hôpital de la Charité, explique comment il ne s'y est présenté^ depuis quelqïies années, qu'uft , très petit nombre de cas de nép]n-ite simple, aiguë, idiopalhique , évidemment produite par cette cauiie. Du reste, l'influence du froid et de l'huraidilé (i) sur le développement des inflammations et des doulcui's rénales a déjà été -notée et signalée par plusifurs médecins qui ont traité cx-professo des rélrécissemens de l'urèthre et des maladies de là vessie. Si celte influence a été contestée, dans res
(i) LatlomnuJ eu rapporte un excjnple remarquable {D<is perles itmiiiiles invuhntaiius, p. y4, Paris. i8!)G).
PAU Jbiioiu jêt humidité.
derniers temps, relativement à la néplirite simple, idiopalhique , cela tient évidemment à la rareté de celte maladie et au très petit nombre de cas oii cette cause s'est produite d'une manière très évidente. Lorsqu'elle aura été étudiée d'une manière plus particulière, son degré d'influence sera plus généralement et mieux apprécié. Les observations XXXVIII et XXXIX denéphrite simple, et une observation de M. Blaud (i), et quelques cas de néphrite alburaineuse consécutive à la scarlatine , montrent que l'action presque instantanée ou passagère du froid et de l'humidité donne lieu le pkxs souvent à des inflammations rénales, aiguës; tandis qu'un grand nombre de faits prouvent, d'un autre côté, que l'action, continue pendant un ou plusieurs mois, d'un certain degré de froid et d'humidité, est la cause la plus fréquente de la néphrite albumineuse chronique. Au reste, s'il est un fait bien établi en physiologie pathologique, ce sont les rapports de la peau avec les reins et ceux des fonctions cutanées avec la sécrétion urinaire.
Obs« XXXVIII. — Impression du froid et de l'iiiiniiditc ; douleurs dans les lombes; frisson ; douleur vive dans la région du rein droit; rétraction du testicule; coliques, diarrhée; urine peu abondautc; saignées, sangsues, ventouses, etc.; guérison rapide. (Nayel (Cliarles). De la néphrite , p. 22. Paris. i835.)
Le nommé Kerdu, matelot, âgé de 20 ans, à formes grêles, d'un tempérament nerveux, ayant eu souvent des indispositions , fut mouillé par l'eau de mer , et conserva ses vètemens humides toute la nuit, du 4 au 5 janvier i83i : nous étions à peu de distance des côtes de Bretagne. Le 5 au matin , à la visite , il se plaignit d'une douleur assez vive dans toute la région des lombes, mais principalement du côté droit. Elle n'augmentait pas à la pression ; elle devenait un peu plus sensible par les mouvemens d'extension ou de flexion du tronc; langue humide et blanchâtre, point de soif, appétit faible , légère chaleur de la peau , un peu de fréquence dans le pouls , nulle apparence de lésion dans les fonctions des voies urinaires. Je crus ayojr
(i) Cas de n<?/»/jr«« (Biblioth. mcdic. t. 69. p. 80).
4a6 NÉPHRITE SIMPLE
affaire à un simple lumbago : un cataplasme sinapisé sur la partie souffrante, une infusion chaude de fleurs de violette, un bouillon et le repos lui furent prescrits. La douleur ne fit point de pi-ogrès dans la journée; mais, le soir, à six heures, le malade me fit appeler ; il venait d'éprouver un frisson violent qui n'avait duré que quelques minutes; les extrémités étaiept restées froides ; la chaleur s'était concentrée dans la région du rein droit; la douleui' devenait plus vive, lancinaiîte* elle s'irradiait du côté de Puretèi-e et de l'aine de la partie droite ; la peau devenait plus chaude, sans âcreté ; le pouls était petit, fréquent, irrégulier j excrétion difficile d'une urine limpide. Peu-à-peu, les symptômes augmenteo-t d'intensité; le testicule devient sensible et se rétracte; des convulsions se déclarent dans la cuisse du côté affecté et se propagent bientôt à tout le corps ; du hoquet , des nausées suivies de vomissemens muqijeux tourmentent le malade, qui accuse une constriction pénible à l'épigastre ; ballonnement du ventre , coliques , diarrhée j la douleur devient intolérable et arrache des cris au patient. Une saignée de seize onces ne me parut pas suivie d'amendement ; j'appliquai trente sangsues à Vamis, dont je fis immédiatement suivre la chute ^un lain de siège ['potion laudanisèe , demi-lavement avec un grain et extrait gommcux d'opium, cataplasme , tisane èmollientc, diète).
Le 6, dans la nuit, vers dix heures, les accidens nerveux ont cessé presque subitement ; le matin , il n'existe plus qu'une douleur supportable dans la région du rein , se faisant ressentir à l'uretère et à l'aine ; elle n'augmente pas à la pression. Le testicule n'est plus retracté ni sensible; l'urine, toujours peu abondante , incolore , n'est expulsée qu'après quelques efforts , et donne un sentiment d'ardeur en passant le long du canal de l'urèthre. Du reste, la température de la peau, le pouls, sont peu élevés, la langue est humide , pas do soif. L'appétit n'est pas tout-à-fait éteint; diarrhée sans coliques (grî/a/re ventouses scarifiées sur la région lomljairc; lain de siège, etc.).
Le 7, rien de remarquable dans la nuit et la matinée, même état que la veille ; mais, à deux heures après midi , les accidens du 5 au soir reparaissent, précédés encore d'au frisson de