PAR FROID ET HUMIDITÉ
boissons froides et acidulées. Quoique la langue soit nette , il se manifeste de légères nausées, la peau est halitueuse, et le visage plus coloré que dans l'état naturel, les autres fonctions ne sont pas altérées.
Troisième jour. La douleur de côté est plus vive et prend un caractère tensilif 5 celte douleur ne se borne pas au rein , elle s'étend jusqu'à la vessie et à Faine , et est accompagnée d'un sentiment de stupeur à la cuisse , l'urine coule moins abondamment et a perdu sa couleur rouge , le pouls est peu dur et grand, donne 110 pulsations. La malade craint, en respirant, d'augmenter la douleur du rein la langue est rouge et humide , il y a des nausées fréquentes, suivies de vomissemens de matières légèrement jaiinâtres. La constipation existe depuis le commencement de la maladie {huit sangsues à la vulve, lavement èmollïent, orge nitrèe ).
Quatrième jour. La douleur des lombes est encore plus vive," il y a des élancemens dans le rein , l'urine, qui coulait goutte à goutte le matin , se supprime entièrement le soir , le pouls est plus dur et plus fréquent, la chaleur et la soif ont aussi augmenté d'intensité, les vomissemens sont très fréquens et la constipation toujours opiniâtre. La malade éprouve un léger délire ( saignée du bras, lavement èmollïent, lain tiède).
Cinquième jour. A-peu-près le même état que la veille, cependant vers le soir la malade rend quelques gouttes d'une urine aqueuse et limpide {émulsion camphrée, ioissons nitrées, fomentations émollientes siir larégion lombaire, lavement).
Sixième jour. La douleur des lombes est moins vive, la stupeur de la cuisse diminue , l'urine coule plus abondamment et présente un léger énéorème, le pouls est moins dur, mais il a conservé sa fréquence ; les nausées ne se montrent que rarement et ne sont pas suivies de vomissemens. La chcdeur générale est moins ardente, quelques matières fécales sont rendues par le moyen des lavemens, les menstrues , que la malade attendait, paraissent vers le soir {orge nitrée).
Septième jour. La douleur du rein est presque nulle, la stupeur de la cuisse a presque entièrement disparu, les urines coulent abondamment, elles sont épaisses et déposent un sé-
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dimenl copieux et légèrement roussâtre, le pouls est mou et peu fréquent, il y a deux selles de malières jaunâtres et de consistance de purée. La nuit est très bonne , et le sommeil a réparé les forces de la malade. Le lendemain le mieux continue, 6t la malade entre en pleine convalescence.
Obs. XLL — Exposition au froid, le corps étant en transpiration; douleur profonde à la région lombaire droite s'étendant jusqu'à la ressie et à l'aine; nausées; vomissemens; urines rares; guérison le sixième jour (Sellier. Diss. sur la néphrite, p. 12. in-4°. Paris. i832).
Madame Bruère , âgée de cinquante-quatre ans , d'un tempérament bilioso-sanguin , et d'une constitution assez forte, née de parens très sains, changea de domicile au mois de janvier dernier, elle fît pour ainsi dire elle seule son déménagement, Ce travail la faligiia beaucoup ; néanmoins, dans la soirée , ayant été obligée de sortir pour affaires , elle s'échauffa fortement, et , de retour chez elle , elle eut l'imprudence de s'exposer à un air froid en ouvrant la fenêtre de sa chambre. Elle se coucha, mais, peu de temps après, elle éprouva un sentiment de froid partout le corps, avec des frissons qui partaient des lombes et du dos, et une douleur profonde à la région lombaire droite : elle se plaignait d'une lassitude extraordinaire. Une chaleur généi-ale se développa ensuite, elle fût accompagnée d'ime soif très vive. Le lendemain, deuxième jour, elle ressentit une douleur atroce et profonde dans la région rénale droite, qui se propageait du côté gauche. M. C... médecin , fut appelé, il prescrivit : l'applicalioti de huit sangsues sur la région lombaire droite , un cataplasme de farine de graine de lin, et pour boisson de l'eau d'orge miellée. Malgré l'exécution de cette ordonnance , les symptômes allaient toujours en croissant. M. C... fut de nouveau mandé dans la soirée. La malade fatiguée de l'attendre en vain, exigea qu'on fît venir un autre médecin. Elle me présenta l'état suivant lorsque j'arrivai auprès d'elle (minuit).
Elle avait l'habitude du corps brûlante , des nausées , suivies quelquefois de vomissemens , la pression la plus légère
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et l'acte de la respiration augmentaient la douleur , elle éj)rouvait de fi'équentes envies d'uriner , et la petite quantité d'urine qu'elle rendait était d'un rouge très foncé et causait de la douleiu- en sortant. Elle ne déposait aucun gravier. La douleur s'étendait jusqu'à la vessie et à l'aine; elle était accompagnée d'un sentiment de stupeur à Ja cuisse, la langue était rouge et humide, il y avait constipation, le pouls était développé et donnait quatre-vingt-quinze pulsations. Ainsi que je l'avais vu pratiquer à M. le docteur Gondret dans un cas presque semblable, j'appliquai, sur la région lombaire droite, une ventouse scarifiée à l'aide de laquelle j'obtins environ deux onces et demie de satig; la malade éprouva à l'instant même un soulageraentbien sensible. Maislorsque, j'eus appliqué la ventouse sur la région iliaque droite et à la partie interne des deux cuisses et que j'eus retiré la même quantité de sang, la malade me dit ne plus ressentir de douleur, mais seulement beaucoup de pesanteur dans la région lombaire droite. Elle prit un lavement qui fit disparaître ce symptôme, et lui fît rendre quelques matières fécales. On appliqua ensuite un cataplasme émollient. Je prescrivis de l'eau d'orge nitrée pour boisson et une potion calmante.
La malade passa assez bien le reste de la nuit, elle dormit même pendant une heure, et rendit à son réveil une petite quantité d'urine aqueuse limpide. Troisième jour. Douleur passagère k la région rénale droite et dans l'aine ; céphalalgie susorbitaire, chaleur générale , mais bien moins ardente que la veille ( application d'une ventouse scarifiée à la région lom- Ijfiire droite, et de douze sangsues à Vamis , cataplasme de farine de graine de lin, lavement émollient, hain tiède, émnlsion nitrée et camphrée , boissons nitrèes). Quatrième jour. Absence de douleur , urines abondatiles, épaisses et déposant un sédiment blanc et copieux , évacuation facile de matières fécales jaunâtres, pouls mou et peu fréquent (mewic catajjlasme, même lavement, mêmes hoisso7is).
Cinquième jour, la miit avait été très bonne , la malade recouvra un peu ses forces , son appétit revint , des alimens légers lui furent donnés (mcme prcscriplion) ; le lendemain,
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continuation de cet état satisfaisant, et quelques jours la malade put se livrer à ses occupations ordinaires.
Obs. XLII. — Coucher dans un lieu froid et humide, le corps en sueur; frisson ; douleur à la région lombaire droite; nausées; vomissemens ; guérison le septième jour (Bressand (Albert). Diss. sur la néphrite, p. i5. in-4°. Paris. i8 14).
Un jeune homme âgé de 25 ans, cordonnier, d'un tempérament sanguin et d'une constitution robuste , né de parens très sains, venant de faire une route de soixante lieues, étant à quelque distance de Paris, très échauffé par la marche et la chaleur vive du j our , but de la bière très fraîche , et se coucha dans un lieu froid et humide. Deux heures après , il éprouva un sentiment de froid partout le corps, avec des frissons qui partaient des lombes et du dos, et une douleur profonde à la région lombaire droite. Il se remit en route , quoique avec peine , et arriva à Paris. La douleur des reins augmentait toujours ; il avait des lassitudes et point d'appétit. Le lendemain, il ressentit une chaleur brûlante et une douleur vive et profonde dans la région du rein droit, qui se propageait du côté gauche {il fut saigné et prit pour hoisson de l'eau d'orge miellée). Le troisième jour, les symptômes allaient toujours en augmentant [il fut saigné de 7iouveau). Le soir, il se fit transporter à l'Hôtel-Dieu.
Le quatrième jour de l'invasion de la maladie, et deuxième de l'entrée du malade à l'hospice, il avait l'habitude du corps brûlante, des nausées suivies quelquefois de vomissemens, difficulté de respirer, par crainte d'augmenter la douleur des reins, qui était très vive, principalement du côté droit; suppression d'urine, engourdissement aux cuisses; le pouls était grand, dur et fréquent {dix sangsues à l'anus, lavemens émolliens , cataplasmes appliqués sur les régions lomhairesf èmiilsion avecnitre et camphre). Cinquième jour, symptômes plus intenses , anxiétés {mêmes jjrescriptioîis, bains). Le soir, paroxysme très fort {potioti calmante pour la nuit). Sixième jour, rémission de tous les symptômes et pouls mou, fréquent, urines abondantes, épaisses, blanches, déposant un sédiment