‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 43 sur 81 · PAR FROIP ET HUMIDITÉ · texte numérisé non relu

PAR FROIP ET HUMIDITÉ

blanc, copieux [petit lait nilrè). Le septième , abaence 4e tous les symptômes, retour de l'appétit ; le malade a eu une convarlescence courte.

Obs. XLIII. — Exposition au froid, lorsque le cor^is était presque en sueur; douleur vive et profonde aux relus; sentiment de stupeur aux cuisses; excrétion d'une très petite quantité d'urine d'un rouge foncé; augmentatation delà douleur dans les régions rénales; suppression complète de l'excrétion de l'urine; le sixième jour, douleurs atroces , délire; diminution des accidens et convalescence, le neuvième jour (Boullet. Diss, sur l<t néphrite, 20 frimaire an xit. in-4''- P- 2).

Pendant mou séjour à Tarante, en l'an x, je fus appelé pour donner mes soins à mademoiselle Angela R.,.. , âgée de 17 ans, d'un tempérament sanguin, d'une constitution assez robuste, née de parens très sains, qui n'avaient jamais essuyé d'attaque de goutte, ni manifesté aucuns signes d'affection calculeuse. Elle aimait la danse avec passion ; après s'être fortement échauffée par cet exercice, elle s'était exposée à un froid vif pendant qu'elle était encore dans un état de moiteur très voisin de la sueur; dès-lors, elle se plaignit de frissons entre les épaules et surtout dans la région des reins ; elle éprouva une lassitude générale et principalement un sentiment douloureux dans les lombes ; elle ne soupa point, et passa la nuit dans des anxiétés inexpi'imables. Elle était au troisième jour de l'invasion de sa maladie quand je lavis; elle se présenta alors avec les symptômes suivans : la peau était légèrement colorée et halitueuse, la chaleur fort vive , le pouls grand , dur et fzéquent ; la bouche n'était point amère, mais la malade avait qvielques nausées; sa respiration semblait gênée, parce qu'elle craignait, disait-elle, d'augmenter une douleur vive , profonde et fixée autour des reins ; elle éprouvait un sentiment de stupeur aux deux cuisses^ il y avait constipation et excrétion d'une très petite quantité d'urine d'un rouge foncé {saignée du bras , lavement èmollient, hoissons émulsionnèes et iiitrèes). Le quatrième jour^ douleur des lombes encore plus vive, avec élancemens et sentiment de tension dans la partie , entière suppi-ession d'urine {même prescn'ption); bains dans une décoction de plantes émollienles. Le cinquième jour, à-peu-près même état : la nuit avait été très

agitée, et la malade avait rendu un peu d'urine aqueuse, très limpide {èmulsto?i camphrée et nitrèe , fomentations èmol~ lîentes sur la région lombaire). Le sixième jour , douleurs atroces, fréquentes nausées, vomissemens; il y a eu un peu de délire pendant la nuit {deux hains , très large cataplasme èmollient sur la région des reins, et boissons cmollientes). Le septième jour, douleurs considérablement diminuées, pouls mou et fréquent, urines abondantes, épaisses, blanches, et déposant un sédiment blanc et copieux. La malade jouissait de toute sa raison et ne se plaignait plus que d'un peu de gêne en se remuant dans son lit {décoction d'orge miellée'). La nuit du sept au huit fut très bonne , la malade dormit; le matin, les urines continuèrent d'être épaisses ; mademoiselle Angela eut de l'appétit et entra en pleine convalescence.

Ob.h. XLIV. — Exposition du corps .iu froid et à l'humidité; frisson; douleur dans l'bypocliondre droit; envies de vomir; gêne de la respir.ition ; engourdissement de la cuisse; urines rares; sangsues; bains, etc.; guérison (Ducliemin (J. François). Olis.sur îanéphrile, p. 17. in-4°. Paris, 18 18).

Madame L..., native de Château-Cliinon, habitant actuellement à Moulius-Engilbert , d'un tempérament lymphatique, cependant d'une constitution assez forte; née de parens sains, n'ayant jamais donné aucun signe d'affection goutteuse ni calculeuse , soumise et même habituée à un travail pénible , qui l'expose à passer souvent d'une atmosphère échauffée à une plus froide et humide, fut saisie, dans le courant de mai i8i5j d'un frisson violent entre les épaules , qui devint bientôtgénéral, accompagné d'une douleur dans l'hypocondre droit, d'un état de lassitude , de céphalalgie, de la perte de l'appétit , et même de quelques envies de vomir. Mad. L... me fit appeler le deuxième jour de sa maladie,* les signes commémoralifs ne me donnèrent rien de satisfaisant pour me rendre raison de sa position; j'agis alors d'après les symptômes dominans : je ne soupçonnai point encore la phlegmasie des reins. Je fis donner douze pastilles d'ipécacuanha, qui produisirent immédiatement des vomissemens d'une grande quantité de matière glaireuse et de bile verdâtre ; pour boisson, la limonade. Le lendemain,

PAU FROID ET HUMiniTÉ.

troisième jour, point de soulagement, augmentation des symptômes, peau un peu sèche, brûlante ; sentiment de gonflement plus manifeste à la partie inférieure de la région lombaire droite; respiration très gênée, d'autant plus qu'elle n'osait,' disait-elle, respirer, dans la crainte d'augmenter ses douleurs j fièvre, pouls très fréquent , dur, engourdissement à la cuisse, sentiment de pesanteur dans le bassin , diminution dans la se-", crétion des urines, rendues en petite quantité et avec douleur, déposant un sédiment très épais , blanchâtre. Un peu embarrassé sur le véritable siège de la maladie , j'examinai plus attentivement le foie; quelques raisons m'écartèrent de cette idée ; son mari , placé à côté de moi, me dit qu'elle venait d'avoir ses règles et qu'elle était allée à la rivière ayant très chaud, qu'elle en était même revenue indisposée ( lavemens èmolliens, laissons èmulsionnèes , eau de verni, de poulet, quiTize sangsues à la vulve, fomentation sur la région doulourettse , mais à peine supportée). Le quatrième et le cinquième jour, mêmes symptômes , tension encoi-e plus grande au toucher, urine toujours en petite quantité {mêmes hoissons, lains da7is line décoction de plantes émollie?ites , sinapismes à la partie interne des cuisses , dix sangsues sur la régioji malade, pilules, camphrées , nitrées, sirop violât pour édulcorer les hoissonsj potion calmante). Le septième jour, légère rémission dans les symptômes, urine plus abondante {mêmes moyens). Le huitième jour, soulagement plus manifeste, mais conservant toujours un état d'empâtement dans la région lombaire droite , et à la cuisse du même côté {boissons rendues excitantes , sirop de quinquina pour édulcorer; potion amère légèrement purgative): Les jours suivans , la malade alla de mieux en mieux; bonne convalescence vers le quinzième jour, qui n'en dura que sept à huit. Le neuvième jour de la convalescence, elle ressentit une douleur à la cuisse , avec grande difficulté de la mouvoir. Elle devint œdémateuse, doubla de volume. Requis de nouveau, je fis faire des embrocalions sur tout le membre ; j'administrai une portion purgative; je dirigeai, sur la partie, des bains de vapeurs secs et humides , en général avec des substances aromatiques. L'affection fut encore longue, mais tout finit

par rentrer dans l'ordre naturel; ellejoait d'une très bonne sanlé.

^ 3g 7. De quelques substances excitantes qui peuvent produire la néphrite.

«On pense généralement, dit M. Chorael ( i), que l'usage intérieur de certaines substances acres, telles que les cantharides, la térébenthine, donne lieu à rinflainmation des reins; mais ces substances n'ont pas sur les voies urinaires, et spécialement sur les reins, une action aussi directe qu'on le croit communément, et je ne sais pas s'il existe d'exemple bien authentique de néphrite due à cette cause, »

Je pense, avec cet habile observateur, que les exemples de néphrites produites par ces causes sont fort rares, et que, parmi ceux qu'on a cités , il en est dont le caractère est douteux; mais, d'un autre côté, dans un certain nombre d'observations, l'existence d'une véritable néphrite, produite par de semblables causes , est incontestable.

On a vu des hématuries (2) et des cystites (3) produites par l'application extérieure et plus souvent par l'administration intérieure, à haute dose, des cantharides. Il est aussi fait mention de douleurs rénales ou lombaires (4), ou d'autres symptômes de néphrite, dans plusieurs cas d'empoisonnement par les cantharides. Vitet admet une espèce de néphrite produite par les cantharides.

(1) Chomel. Recherches sur la néphrite (Arcliiv. génér. de méd. série, t. I. 183;. p. 8.)

(2) Pauli. {Histor. morboi; Fratislavice,, p. 58. 1749). — Forestus. Ohserv^ med., lib. xxiv. Obs. 7. (De mictusangninis ex cantharidibus snmptis orto ).

(3) Prévost. Cystite produite par des frictions de cantharides ( Journ. }icbd., t. VI. p. 409). — Bonet. Med. Septentrion. Lib. 3. (De cantbaridibus nuchaî •ipplicatis vcsica: noxiis). t. i. p. 748. — Paré(Ambr.). OEuvres, lir. xxi, des venins, 12® édit. p. 5oo. — Orfila. Toxicologie, t. li. p. 28. Obs. vr.

(4) Rouquairol. E mpoisonnement par les cantharides (Journ. des progrès. iSjo. t. r. p. 246). — Giacomini. Faits relatifs d la cantharidine (Lancette frauç. t. XXII. p. 374). — Ramcl. Ohs. sur l'usage des v/ésicatoires (Journ.

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