‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 44 sur 81 · PAR CANTHARIDES · texte numérisé non relu

PAR CANTHARIDES

M. Maxwell (i) a rapporté l'histoire de trois nègres qui s'étaient empoisonnés en buvant du rhum, contenant des cantharides; chacun d'eux avait pris envii on un drachme de caniharides.Tous éprouvèrent de la strangurie, et l'urine était rendue en petite quantité; mais il n'est pas fait mention de douleurs rénales. Il parait, en effet, que, dans de semblables cas, les reins sont rarement enflammés. Dans trente cas d'empoisonnement , opérés sur les chiens avec la poudre , le principe volatil , l'huile verte , l'extrait aqueux et l'extrait alcoolique de cantharides, M. Orfila (2) n'a pas déterminé une seule fois l'inflammation des reins. Le docteur Chrestien (3), de Montpellier, n'indique point de douleurs rénales au nombre des accidens qu'il éprouva à la suite de frictions avec la poudre de cantharides macérée dans de la salive.

Volpi pense également que les cantharides n'enflamment pas les reins. A l'école vétérinaire de Lyon , on a administré la poudre de cantharides à très hautes doses, sans produire de symptômes de néphrite.

Borrich est allé jusqu'à dire que les cantharides n'étaient pas plus nuisibles à la vessie qu'à tout autre organe ; mais c'est une grave erreur.

En résumé les cantharides agissent d'une manière spéciale sur la vessie et le canal de l'ui-èthre et même sur les reins ; et les observations suivantes prouvent qu'elles peuvent provoquer une inflammation aiguë dans ces organes.

Obs.XLY. — Poudre de cantLarides prise intérieurement; stries de sang par les parties génitales; a vertement; vomissemens; mort. — Inflammation des organes digestifs et des reins (Obs. de M. H. M. Gazette de santé, mai 18 19).

M , âgée de 19 à 20 ans, décidée à se faire avorter, chardo médec., tom. 6g, p. 273. — Cbapotin. Topographie médicale de l'He-dc France, p, Sg, in-4, 1812. — Hastings. Lond. med. Gaz., i833, vol. xxi, p. 43i .

(1) Lancette française, t. xxi. p. 3C8. i838). -

(a) Orfila. Traité des poisons, t. n. p. 4 et suiv. 8". Paris. 1826.

(3) Chrestien. De la méthode iatraleptique, 8°. Paris. 1811. p. 17.

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gea la pointe d'un couteau de poudre de cantharides et l'avala. Des vomissemens eurent bientôt lieu, et la malheureuse n'éprouva que de faibles incommodités. Le lendemain , elle répéta la dose de la veille et de la même manière. Tous les symptômes de l'empoisonnement ne tardèrent pas à se manifester; on employa inutilement les mucilagineux , le laitj l'huile , etc. Le lendemain, la malade ne pouvait plus uriner, mais elle rendait par les parties de la génération quelques stries de sang; enfin , l'avortement eut lieu avec une légère perte ; l'embryon , pris pour un caillot , fut jeté par les assislans. Dès ce moment, l'état devint plus alarmant : vomissemens fréquens , dilatation considérable de la pupille , mouvemens convulsifs , sueurs froides, agonie, mort le quatrième jour après la deuxième prise ; les facultés intellectuelles ne furentpoint troublées un seul instant. Ouverture du cadavre. Le cerveau était le siège d'un engorgement sanguin ; l'épiploon , le péritoine, les intestins, l'estomac, l'œsophage , les uretères, les reins et les parties internes de la généi'ation étaient enflammés ; la bouche et la langue étaient dépouillées de leur membrane muqueuse. On a estimé que celte demoiselle avait pris 24 grains de poudi'e de cantharides.

0ns. XLVI. — Inflamin.Ttioii aiguë de la vessie et du rein droit, attribuée à l'action des cantharides , appliquées sur un vésicatoire , chez une femme atteinte dephtbisie pulmonaire ;guérison rapide de l'inflammation des voies urinaires, parle traitement antiplilogistiqne.

Guillot, âgée de 26 ans, journalière, entrée à l'hôpilal de la Charité le 2 juin i835, n'a jamais eu d'hémoptysie; mais elle s'enrhume souvent et pour le plus léger refroidissement. Il y a un an elle a éprouvé une douleur vers la région du cœur j et, depuis , elle n'a jamais été beaucoup de jours sans tousser. Depuis deux mois seulement, les règles se sont supprimées complèleinent. Les ballcmens du cœur sont réguliers, et on n'entend pas de bruits anomaux : 70 pulsations par minute. Sous la clavicule gauche, il y a un peu de matité : de même le son est sourd sous la clavicule droite; déplus, au stéthoscope, réçouuançe de la voix, râle nmqueux el souvent ron-

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flement dans l'expiration. Crachats opaques, d'un jaune verdâtre, aiTondis. Dans la partie poslérieure de la poitrine , la résonnance à la percussion est assez forte; mais à droite, on entend un peu de râle rauqueux avec du ronflement en bas. La malade n'est pas tourmentée par des sueurs. Elle consei've de l'appétit et n'a pas de diarrhée.

Elle porte au bras gauche un vésicatoire qui lui a été appliqué à cause de l'état de sa poitrine. On porte le diagnostic suivant : Aménorrhée ; tubercules pulmonaires , bronchite chronique [Gomme èdulcorèe; j)oiion gommcitse ; j'ulep ^ pèdiluve ; lait).

Pendant plusieurs jours, la malade n'éprouva aucun changement notable ; elle se dit mieux à cause du repos. Le 14 juin, elle attend ses règles, au moins, c'est l'époque du mois à laquelle elles paraissaient. Pour les provoquer, on applique à la partie supérieure et interne des cuisses i5 sangsues,- pédiluve sinapisé. Le i5, les règles n'ont pas paru (8 sangsues). Le 16 et le 17 , on continue les pédiluves.

Le 30, la malade raconte que, depuis quatre à cinq jours, ses urines ont diminué de quantité sans qu'elle puisse dire de combien. Elle a éprouvé des envies d'uriner très fréquentes (7 à 8 fois toutes les heures) ; elle ne rend que quelques gouttes d'urine chaque fois ; l'urine ne contient pas de sang ni de graviers ; il n'y a pas de signes d'obstacle à son cours; à l'hypogaslre , il n'y a pas de tumeur formée par la vessie distendue. La malade éprouve en marchant des douleurs dans la vessie. Quand elle est couchée, on rappelle ces douleurs par une pression sur l'hypogaslre. Depuis hier, elle éprouve, en outre, dans la région du rein droit, une douleur qui n'augmente ni par la marche ni par l'inspiration, mais on la rend plus vive, en appuyant sur le muscle carré des lombes. Rien de semblable ne s'observe du côté gauche ; il n'y a pas de douleurs propagées à la cuisse du côté droit. Hier la malade a vomi dans la soirée. L'urine était neutre et donnait un sédiment muqueux assez abondant.

Ces accidens avaient été préo^és de vomissemens que la malade ne savait à qiioi rapportei". C'est la pfemière (pis

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qu'une maladie de l'appareil urinaire s'est montrée chez celte malade; il y a manifestement néphrite droite et cystite. On ne sait à quoi attribuer cette maladie , sinon aux cantharides employées pour exciter la surface du vésicatoire {n-sanysues à Vhypogastre, lavement de pariétaire ; hain de siège ; èmulsion; cataplasme j panser le vésicatoire avec du cérat).

La douleur du rein n'a pas diminué ; celle de la vessie est la même ; il n'y a pas de fièvre et l'état des poumons n'est pas plus mauvais (20 sangsues à Vhypogastre ; cataplasme; hain de siège } iouilloti ; so^ipé).

Le 21 , le bain de siège a procuré un soulagement marqué ; trois fois la malade a uriné , en quantité notable (les sangsues, pat erreur , ont été mises aux cuisses).

Le a, la douleur de la vessie a diminué notablement ; l'urine est citrine, peu acide; et légèrement muqueuse. Le rein droit est très douloureux. La vessie n'est plus douloureuse qu'eu urinant, au moment de rendre les dernières gouttes {èmulsionj cataplasme ; hain de siège ; houillojif soupe).

Le a3 , la douleur du rein persiste ; elle semble s'étendj'e un peu plus haut ; elle augmente par la pression, par la marche , il n'y a plus de doixleurs dans la région de la vessie (i5 sangsues sur le rein droit; cataplasme ; etc.).

Le 24, soulagement marqué. Le 26 , la malade ne souffre plus ni debout ni couchée, même parla pression à l'hypogastre ou à la région du rein droit ; l'excrétion de l'urine n'est plus accompagnée de doxileurs, depuis trois jours. Les envies d'uriner sont moins fréquentes. Les 26 et 26 , état satisfaisant ; la malade mange la demi-portion {hai7i de siège).

Le 27, vomissemens ; la langue est sale, la bouche mauvaise : la douleur du rein droit et de la vessie n'ont pas reparu. L'urine contient beaucoup moinsdemucus. La malade n'a pas eu de selles depuis quatre jours ; unlavement fait cesser la constipation.

Le 8 juillet, depuis quelques jours, la toux a un pe\i diminué, l'expectoration surtout est moins abondante; il y a toujoui-s sonorité très faible , résonnance de la voix et râle muqueux dans les points affectés. Le i5 , la malade se trouvant moins fatiguée demande sa sortie.

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