‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 45 sur 81 · PAR CANTHARIDES · texte numérisé non relu

PAR CANTHARIDES

Obs. XLVII. — Prise do cinq huitièmes de grain de cantbarldine ; acoidens divers d'empoisonnement; douleurs de reins se propageant suiTant la direction des uretères et dans la vessie; ischurie; engourdissement et pesanteur dans les cuisses (Giaeomini. Faits relatifs li la 'vertu thérapeutique de la cantharicline : Lancette françiiiso, i838, t. xii. p. 374).

Canton Bartolomeo, âgé de aS ans, deïerrosa, province de Vérone, étudiant en chirurgie de quatrième année, de tempérament robuste, s'était déjà soumis à deux expériences pi'écéJentes (première expérience , trois pilules d'un grain de cantharides chaque, en tout trois grains de poudre de cantharides dissoute dans de l'huile d'amande douce ; deuxième jour , quatre grains en trois pilules ), et avait éprouvé divers acoidens. Il voulut se soumettre à l'expérience de la cantharidine. A peine avait-il fini de prendre les cinq huitièmes de grain de cette substance, que son pouls, qui, avant l'expérience , marquait soixante-trois pulsations par minute , est descendu à cinquante-sept ; l'urine était devenue déjà abondante, et il la rendait librement d'abord, puis il a senti une douleur au rein droit et une légère chaleur à l'urèthre. Il accuse bientôt un malaise général, son intelligence devient lourde, puis il a l'air un peu hébété, et se sent très faible. Des vertiges se déclarent j il croit que les objets tournent, il se lève et éprouve des vacillations. A midi, l'abattement est encore plus grand; on lui fait prendre quelques alimens ; les urines se suppriment tout-à-fait j le malade accuse line douleur intense aux reins dans le trajet des viretères et à la vessie. A une heure, prostration alarmante; le systèmp musculaire se trouve dans une sorte d'anéantissement complet; le visage est pâle, comme s'il était de plâtre; les yeux ont perdu leur expression; traits de la figvire décomposés; exti'émités froides et couvertes de sueurs, lipothymies de temps en temps ; vomissemens des alimens qu'il venait de prendre ; pouls a 45. M. Giaeomini lui fait prendre sur-le-champ deux petits verres do vin de Malaga qui le soulagent un peu; la physionomie s'anime légèrement, et la faiblesse paraît moins considérable. Une heure et demie après, cependant, le malade

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retombe dans le même état d'anéantissement j il offre la pâleur de la mort , ses membres sont immobiles , sueurs froides ; pouls petit , intermittent, trente pulsations par minute , palpitations de cœur ; le malade vomit le vin qu'il venait de prendre. M. Giacomini prescrit l'usage du rhum par petites doses répétées ; le malade en a pris, petit à petit, jusqu'à neuf onces , c'est-à-dire un plein verre de table, et il l'a parfaitement supporté. A mesure que le rhum arrivait dans l'estomac, le malade se sentait revivre , une douce chaleur se répandait dans tout son corps et l'énergie vitale reparaissait à vue d'œil ; les symptômes d'empoisonnement se sont dissipés comme par enchantement; la physionomie, la chaleur, la force musculaire et l'intelligence sont revenues à l'état normal et les urines ont commencé à couler.

La nuit suivante a été bonne , le malade a dormi tranquillement, et le lendemain, il ne lui restait de l'orage qu'il venait d'essuyer, qu'une sorte d'engourdissement et de pesanteur dans les cuisses ; l'appétit est revenu, et le troisième jour, le malade est tout-à-fait bien portant.

§ 398. Parmi les causes qu'on a assignées à la néphrite, figure l'huile essentielle de térébenthine, administrée à l'intérieur, à haute dose. J'ai souvent employé ce remède contre la sciatique et contre le ver solitaire, à la dose d'un gros à un gros et demi, et je ne me rappelle pas avoir vu survenir d'inflammation des reins ni même d'autrespartles des voies urinaires. Cependant une observation, publiée par Stahl (i), prouve que des doses faibles de ce médicament peuvent produire cette maladie , chez des individus disposés sans doute à la néphrite :

« Juvenis a8 annorum , habitus corporis sanguinei ad melancholiam tendentis, vitse otiosa;, disetse lauta;, vini potu saepiuscule indulgens, plelhoricus, vere et autumno modo in scapulis et brachiis gravationem quandam per aliquot dies continantem percepit : modo in lumbari regione eandem et nunc quidem à duobus circiter annis magis exquisite per-

(1) Gcorg. Ernest. StpLlii. Collegium casuale : casns Lxv. p. 3aa. 10-4".

- ^ PAR IltriLE t)E TÉRÉBENTHINE. 44^

sentiscit. Suaso tonsoris utitur oleo terebinlhinœ ad gutlas quindecim per très dies; quarto die exardescit repente intus in lumbis profunde dolor lancinans et œstuans gravissimus mane circa horam tertiam. Urget aliquoties fervida , pauca tamen urina. Alvus jara à secundo die non respondet. »

Depuis cette époque, de nouvelles observations (i) ont prouvé qive l'huile de térébenthine, administrée depuis deux gros jusqu'à une once, déterminait non-seulement des nausées, des voraissemens, des coliques, du ténesme, du dévoiement, mais encore une irritation plus ou moins vive des reins, de la vessie, de l'urèthre, avec urine sanguinolente, ischurie et même strangurie.

§ 3g9. Le nitrate de potasse , administré à des doses très élevées, ou pris à des doses toxiques, peut aussi déterminer l'inflammation des reins. M. Huzard a constaté expérimentalement ce fait, sur le cheval (2); quelques observations faites sur l'homme tendent à le confirmer.

(1) F. Home. Médical Jacls and experiments, cxp. 3. London. 1758. in-S,,. Chopart. Traité des maladies des 'voies urinaires , tom. II, pag. i8.

— Martinet (L.). Mémoire sur l'emploi de fhuile de térébenthine dans la scialique et quelques autres névralgies des membres, p. 187. in-80. Paris. i8a3. — Steedman cite aussi deux exemples remarquables d'inflammations des voies urinaires, produites par l'huile essentielle de térébenthine {^Edinh, medic. and surg, joum. vol. 11. p. 42 ). On a cité le cas du docteur Desprès qui, pour avoir pris, en trop grande quantité, de l'essence de térébenthine pendant quinze jours , mourut d'une inflammation des voies urinaires.

(2) a Je fis avaler, à dix heures du matin, le i"^ février 1773, à un cheval morveux, à jeun, une livre de nitre, dissoute dans une livre d'eau commune; il déjeuna à neuf heures comme à son ordinaire ; mais il ne voulut pas boire. Quelques heures après, les urines commencèrent à couler; elles étaient moins chargées et plus abondantes que de coutume; à onze heures, le pouls, qui, dans l'état naturel, battait environ trente fois par minute, s'accéléra; le cheval fut attaque do tranchées; il refusa de manger, et le flanc devint très agité : tous ces symptômes acquirent de l'intensité jusqu'au lendemain. Le 2, an matin, les urines étaient plus blanches et plus cbar> gécs; les tranchées, qui avaient été violentes et continuelles pendant la nuit, avaient diminué ; mais le pouls était toujours très accéléré, et les pulsations forent portées jusqu'à soijanle-dix pur minute : ou euteijdait des

§ 400. Wepfer, dit que les diurétiques acres, que même les diurétiques administrés intempestivement peuvent détermi-

borborygmes continuels dans le ventre , et le cheval avait des rapports en forme de rots ; il ne restait jamais dans la même situation, frappait le sol des pieds de devant, ou se débattait fortement quand il était couché; les muscles du bas-ventre se contractaient de temps en temps avec force; les flancs étaient creux , retroussés, tendus, les poils hérissés, la bouche enflammée, reïnplie d'une grande quantité de bave visqueuse et écumense ; il refusait constamment les alimcns solides ou liquides. Vers^le soir, les urines devinrent épaisses , gluantes , beaucoup plus colorées et enflammées. 11 avait de la peine à uriner; la langue était engorgée , et la bouche, très chaude, regorgeait de cette bave dont j'ai parlé; le cheval était très faible, et le flux morveux était beaucoup augmenté par le naseau gauche. Le 3, la chaleur de la bouche et l'abondance de la bave diminuèrent; les excrémens qui, le deuxième jour , étaient dans l'état naturel , furent rares , secs et rendus avec efforts et douleurs ; le cheval ne but que quelques pintes d'eau dans la journée, et n'urina point, quoiqu'il se présentât souvent, et qu'il fit des efforts à cet effet; la tête était basse, les oreilles froides, et il resta long-temps couché. Le 4. les urines continuèrent d'être colorées, rouges, sédimenteuses, et paraissaient occàsioner de vives douleurs en sortant; la bave visqueuse qui s'écoulait par la bouche avait une odeur fétide très désagréable ; le flux morveux était plus abondant. Le 5, les épreintes.la difficulté de fienter et la sécheresse des excrémens subsistaient toujours; l'animal mâchonnait continuellement; il avait l'haleine fétide; l'air expiré ne passait que difficilement par les naseanx remplis d'un mucus épais et abondant : le refus des alimens et de la boisson fut toujours le même. Le 6, le cheval mangea et but quelque peu; les urines, toujours enflammées, laiteuses et très chargées, furent abondantes relativement au peu de boisson qu'il avait pris ; la bave disparut , et tons les acéidens diminuèrent. Le 7» il but davantage ; les urines coulèrent plus facilement et sans douleur ; les glandes de dessous la ganache et la parotide du côté gauche étaient très engorgées , et le canal excréteur de cette dernière avait un volume triple de son état naturel : du reste, le mieux se soutint, et l'appétit et les forces reparurent. Le 8, l'engorgement des glandes était beaucoup diminué , et il n'y restait plus que de la sensibilité. L'animal avait repris de la gaîté et de la vivacité. Je lui donnai, le 9, de la même manière, une pareille dose de nitre. Il est inutUe de répéter le journal des accidens : ils furent les mêmes que la première fois , niais à un degré moins fort ; l'animal paraissait plus insensilile à r.iction du remède; les urines, san^ être abondantes , furent toujours chargées et enflammées. Le i5, après une saignée, je lui en administrai une nouvelle dose. Cette fois, les symptômes

PAR DIURETIQUES. 4'^5

ner la néphrite ; mais l'exemple qu'il cite est peu concluant (i).

§4oi. J. Gaspard Griram, dit que le ûls d'un pharmacien , âgé de onze ans , ayant dérobé et pris une certaine quantité de morsuli ad coitum de Mynsicht (2), fut pris

parurent très promptement et avec beaucoup do violence; ils furent portés au point que l'animal fut continuellement et vivement agité. Les urines qu'il rendait 'étaient sanguinolentes et purulentes ; les tranchées violentes et continuelles ; U se plaignait douloureusement , regardait souvent son ventre, qui était tendu et très sensible ; il faisait des efforts violens et inutiles pour fienter et uriner. Il mourut enfin le 17, après midi, troisième jour de l'administration de la dernière dose , dans des convulsions atroces , et couvert d'une sueur fétide. A l'ouverture , le bas-ventre était rempli d'une liqueur brune très fétide; le péritoine et les gros intestins , extrêmement distendus et enflammés , étaient de couleur violette dans presque toute leur étendue; les exorémens étaient noirs et secs dans les replis du colon, et humectés de cette liqueur brune dans le cœcum; les intestins grêles n'offraient rien de particulier, le mésentère et ses vaisseaux étaient aussi enflammés et très engorgés ; ses deux lames étaient séparées en plusieurs endroits , et formaient des poches emphysémateuses plus ou moins grosses; l'estomac contenait peu d'alimens; sa membrane épidermoïde était marbrée et semée détaches violettes dans tonte sa partie aponévrotique, qui s'enlevait facilement et paraissait entièrement désorganisée; sa partie veloutée avâit jusqu'à deux lignes d'épaisseur dans quelques-uns de ses points; elle était noire, déchirée et séparée de la membrane charnue en plusieurs endroits; les lambeaux, recoquillés et repliés sur eux-mêmes, formaient des champignons de toute espèce; la rate; extrêmement flasqnc , était remplie d'un sang noir et très fluide; l'épiploon était dans le plus haut degré d'inflammation , et ses vaisseaux distendus et variqueux ; le foie , plus volumineux que dans l'état natureU était d'une couleur livide et sans consistance.

Le rein gauche était enlièrcmcnt décomposé et méconnaissable par l'état inflammatoire qu'il avait éprouvé; le droit, moins affecté, était rempli d'une matière purulente; la vessie, très épaisse et enflammée, contenait peu d'urine semblable à celle rendue la veille de la mort.

L'auteur décrit ensuite des lésions produites par la morve dans les poumons et les fosses nasales {Expériences et observations sur les effets du nitre dans le cheval, par Hnzard. Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc. Janvier 1788. t. ixx. p. 248).

\i) Wepfer. Ohservationes medico-praticœ, p. 897. in-Zi.''. Scaphusii. 1727.

(2) Ephem, nat. ciir. cent. IX. obs. gS. L'auteur afCxmc que cette prépara-

d'une hématurie, mais il n'indique pas des douleurs de reins.

Math, de Gradi (i), dit qu'un enfant ayant mangé beaucoup d'azV, urina du sang et avec ardeur d'urine, et qu'il éprouva ensuite les accidens de l'apostème des reins.

Une observation de Joseph Lanzoni (a), appartient aux hématuries et non à la néphrite.

§ 4o^* On a signalé, en Angleterre, Yahus des liqueurs spi" ritueuses , comme une cause fréquente de la maladie que j'ai cru devoir désigner sous le nom de néphrite alhumineuse (Diseased Kidney with dropsy. Bright). A Paris, cette cause d'inflammation des reins m'a paru très rare, comparativement à l'influence du froid et de l'humidité. Toutefois, on a cité plusieurs cas de néphrite simple, qu'on a atti'ibués à cette cause. Telles sont une observation de HouUier (5), deux de Fred. Hoffmann (4), une de Chopart(5), une de Godillon (6), une de M. AIlan(7), etc. Mais dans tous ces cas, des marches forcées ou d'autres excès paraissent avoir agi de concert avec cette cause. Deux observations de Jesse Foot (8) quoique très sommaires, paraissent plus concluantes. Il s'agit de deux hommes exposés à l'action continuelle de vapeurs alcooliques dans une distillerie , et qui furent pris d'une inflammation rénale; l'un se rétablit proraptement ; chez l'autre on trouva la substance rénale désorganisée.'

tion contient des cantharides; la recette que j'ai Terifiée n'en contient pas;

(i) Math, de Gradi. Comment, ad. cap. i8. part. s. lib. g. Rasis ad Almanzorem. — Schenck. Observ. medic. rar. Lib. iii : De sanguinis mictu.

{pL)Sanguims mictus ex nimio asparagorum usu (Acta nat. cur.vol. i. obs. gt).

(3) Hollerii. Oinrùa oj^era praclica. De morbis internis Lib. l. p. 3gi. — ( Hist. domini d'Incarvillc ).

(4) Hoffmann (Fred.) Opéra omnia t. r. in-folio. Genevie, 1771. — Defebre nepbretica, sect. 11. cbap. 8. p. i5o. Obs. i.et 2.

(5) Cbopart. Traité des] maladies des voies urinaires, t. II. p. 20. ( Excès vénériens et de boissons spiritueuses).

(6) Godillon (Charles). Diss. sur la néphrite. n° l35. p. 25. in-4. Paris,

(7) Allan (Robert). The Lond. med. Gaz. vol. xix. p. 888.

(8) Foot (J.). Cases 0/ success/ul pracUce of the /vesicas lolura , etc. ia-9, Londres, i8o3.

RAPPORTS AVEC d' AUTRES MALADIES. 4^7

5 4o5. Rapports de la néphrite simple avec les autres maladies.

On n'aurait delà néphrite qu'une idée fort incomplète si on se bornait à l'étudier dans ses lésions anatomiques et dans ses symptômes, comme un être pathologique isolé; car nulle maladie n'a des rapports plus complexes et plus multipliés. Son origine est souvent dans d'autres affections préexistantes des voies urinaires ou des autres appareils , et elle entraîne , dans l'exercice des autres fonctions , des troubles graves. Le traitement qu'elle réclame est souvent subordonné à celui des lésions qui l'ont précédée , qui l'accompagnent ou qui la suivent. En vérité, l'élude de ces rapports est, aujourd'hui, lapartielaplus importante de son histoire.

Ç 4o4' Rapports de la néphrite simple avec les autres maladies

des reins.

Si un grand nombre de lésions chroniques des reins, indé-> pendantes de diathèses , paraissent être la suite de l'inflammation , il est des cas au contraire dans lesquels le travail inflammatoire est véritablement consécutif, et vient se joindre à des lésions rénales d'une autre nature, plus ou moins anciennes (1). J'ai fait représenter(ATLAs,pl.XYIII,fig. 3.)uncas d'inflammation aiguë développée dans un rein qui contenait plusieurs kystes volumineux. L'inflammation s'était propagée à plusieurs de ces kystes qui étaient remplis d'unematière purulente et dont les parois étaient fortement injectées. Je rapporterai autre part (Voyez Kystes) un cas plus remarquable encore de dégénération enkystée du rein qui, peu de temps avant la mort du malade, se compliqua d'une néphrite aiguë et qui fut suivie d'une pneumonie lobuleuse et des principaux accidens des résorptions purulentes. Dans un autre cas (Atlas, pl. XLII, fig. i.)>la néphrite étaitsurvenue dans un rein tuberculeux. En traitant du cancer des reins, je raconterai plusieurs cas d'inflammations rénales iillimes ou arrivées à une période avancée de cette dégénéres- ' (i) Bouillaud {Journ. complém, des se, méd. t. xxxi. p. i5 : néphrite et kystes). — Desault, cité par Chopart {Traité des mal, des voies urin.t. 1. P- 158: néphrite et hydatides).

448 WléPHRITE SIMPLE.

cence qu'elles ont rendue prompteraent mortelle. Mais, de toutes les complications de la néphrite avec d'autres lésions rénales, la plus fréquente, sans contredit, est celle des inflammations aiguës ou chroniques du bassinet et des calculs rénaux.

Indépendamment de ces combinaisons de l'inflammation et de lésions diverses, dans un même rein, il n'est pas rare de voir, après une maladie ancienne d'un des reins , celui du côté opposé, (qui jusque-là était resté sain et avait à lui seul rempli les fonctions urinaires d'une manière assez complète), être atteint d'une inflammation aiguë promptement moi'telle. C'est ainsi que j'ai vu mourir, en quelques jours, à la suite d'une pyélo-néphrite du rein gauche, un homme qui, depuis un grand nombre d'années , avait conservé toute l'apparence de la santé , quoiqu'il portât dans le flanc droit une énorme tumeur produite par la distension du rein droit. (Voyez Hydro-nèphrose). Il n'est pas rare non plus de voir la mort survenir presque tout-àcoup chez un individu atteint de néphrite chronique , lorsque l'uretère du côté opposé vient à être accidentellement obstrué, ou lorsque le rein est frappé d'une inflammation aiguë. En de tels cas le pronostic est toujours des plus graves, et ce n'est qu'en prescrivant un traitement des plus énei'giques qu'on peut conserver l'espérance d'éloigner l'époqvie de la terminaison fatale de la maladie (Voyez Pyélile calculeuse],

Obs. XLVIII. — Inflammation aiguë dans les deux reins atrophiés, survenue à la suite de l'impression du froid et de l'humidité ; symptômes cérébraux ; mort le cinquième jour. (Observation de M. G. Hayward. The American Journal of ihe médical sciences, novembre 1829. — Archives générales Je Médecine, tom. XXIII, p. 565).

Le 16 juillet 1829, une dame âgée de cinquante ans,- mère de plusieurs enfans, fut prise de violentes nausées , de diarrhée et d'une légère douleur à l'épigasti'e et dans l'abdomen. Elle attribuait son état de malaise à un refroidissement subit qu'elle avait éprouvé deux ou trois jours axiparavant. Depuis huit ou dix ans elle avait joui d'une santé assez bonne , mais avant cette époque elle avait beaucoup souffert de plusieiu'S fausses couches successives. La langue était couverte d un en-

RAPPORTS wp.c d'autupis ]\r A ladies. ktc. 449

duit li ôsApais; lo pouls ofiVnil do 70 à 75 pulsations par itiiluitc , cl la peau était plus froide que dans l'état de santé. On administra une dose d'ipécacuanlia et , plus tard , de l'huile de ricin. Le leudeniain , l'émélique avait agi doucement et avait fait vomir des alimens non digérés qui avaient été pris trois jours auparavant. Les évacuations alvines avaient été très abondantes et très fréquentes, au point qu'on fit prendre à la malade trois grains d'opium , à doses fractionnées , pour les arrêter. La langue était alors dans le même état; il y avait encore des nausées, mais sans douleur aucune ; le pouls était plus lent que la veille, et la peau plus froide ; en outre , la malade était ti ès accablée , ce qu'on attribuait à l'action de l'opium. Elle fit alors observer qu'elle n'avait pas uriné depuis hait jours entiers, qu'elle n'en ressentait nullement le besoin, et que cela ne lui causait aucune douleur ni aucune incommodité. En palpant avec soin la région hypogastrique , on s'assura que la vessie n'était nullement distendue ; on ordonna un mélange de trois parties d'acétate d'ammoniaque liquide et d'une partie d'acide nitrique alcoolisé à prendre toutes les trois heures. Le soir, comme il n'y avait eu aucune évacuation, on introduisit une sonde dans la vessie, et on obtint environ une demi-once d'urine parfaitement saine. Trouvant la malade plus assoupie • et plus abattue que précédemment, et convaincu que cet état dépendait uniquement de la suppression de la sécrétion ui'inaire, M. Hayward n'hésita pas à porter un pronostic grave, au grand étonnement des parens qui ne croyaient rien de bien fâcheux dans l'état delà malade, car elle n'éprouvait aucune douleur et causait librement lorsqu'on la tirait de son assoupissement {large vèsicatoire sur la région des reins ; fomentations chaudes sur le puMs; sinapisme aux pieds ; frictions slimnlantes sur toute l'halntndc du corps et continuation de la. mixture dittrètique). Le troisième jour, aggravation de tous les symptômes ; point d'urine ; coma plus profond (poudre composée de calomel, un grain; nitrate de potasse, cin^ grains ; crème de tartre , vingt grains , à prendre toutes les deux heures ; continuation des autres moyens). Le quatrième jour, l'état delà malade est encore empiré :1a sonde donne issue à

45o NÉPHRITE SIMPLE

une once à-peu-près d'urine saine ( teinture de caniharides et de capsicum j dix gouttes à prendre to7ites les deux heures ). A trois heures, le coma est tel qu'on ne peut réveiller la malade ; le pouls est misérable; on augmente la dose de la teinture de caniharides jusqu'à un gros, et on fait faii'e des frictions avec la même liqueur tout le long de l'épine dorsale. Le cinquième jour, au malin, mort après une assez longue agonie.

Autopsie. Le cadavre ne présente rien de lemarquable, le cerveau et ses enveloppes , examinés avec la plus scrupuleuse allention, sont dans un état d'intégrité parfaite; il en est de même de l'estomac, des intestins, du foie, de la rate et de l'utérus. Le rein droit n'avait guère que la moitié du volume habituel, un tiers environ de sa substance était d'une couleur rouge foncée et présentait les traces d'une vive inOammalion récente; fendu en deux, il exhalait une forte odeur d'urine. Le gauche était réduit au volume d'une petite noix, son tissu paraissait sain et n'avait aucune odeur d'urine. Les deux uretères étaient un peu enflammés, la vessie ne contenait pas une goutte d'urine ; sa membrane muqueuse était presque noire et paraissait êti'e le siège d'une violente inflammation.

Je cite ce cas pour montrer combien la néphrite peut être grave lorsqu'elle survient dans un cas très marqué d'atrophie des reins. Le caractère inflammatoire de la maladie paraît avoir été méconnu pendant la vie.

§ 4^5. Les capsules surrénales , contiguês aux reins, s'enflamment quelquefois à la suite des néphrites compliquées de fistules rénales et d'abcès extra-rénaux. Pendant la vie , l'affection des capsules n'est indiquée par aucun phénomène propre à en faire soupçonner l'existence.

S 406. Rapports de la néphrite avec lapèrinéphrite.

Le tissu cellulaire et le tissu adipeux , qui entourent les reins, s'enflamment fréquemment à la suite des plaies, des contusions et des fistules rénales dans les régions lombaires. Ces tissus sont quelquefois même frappés primitivement d'inflammation simple ou gangiéneuse sans cause appréciable; dans ce cas, l'inflammation peut s'étendre de la couche cellulouse ex-

ET PÉRINÉPHRITE. 4^1

tra-rénale au rein lui-même. On observe alors une diroinur tion, quelquefois une suspension de la sécrétion urinaire, et d'autres symptômes de néphrite aiguë-

Je me borne à rapporter ici une observation d'Abercrombie, pour indiquer les rapports de la périnéphrite et de la né-r phrite ; rapports que d'autres faits viendront confirmer (Voyez Pyélile , pcrinéphrile). Au reste, on voit plus fréquemment l'inflammation du bassinet, des calices et des substances rénales, surtout lorsqu'elle a été suivie de distension et de perforation du rein et d'infiltration urineuse , se compliquer d'une périnéphrite plus ou moins grave.

Obs.XLIX. — Douleurs dans le dos; vomissemens ; air abattu; diminution et suppression de l'urine; tendance an coma qui se prononce de plus en plus, mort; reins un peu plus ronges que dans l'état sain; inflammation plus prononcée de la membrane adipeuse, surtout à la face postérienre du rein (Abercrombie. On ischuria renalis, — The Edinb. med. and surg. Joum. t. XVII. p. 2i4).

Un homme, âgé de Sg ans , fut pris dans la nuit du i4 février i8i7,de vomissemens, et de douleurs dans le dos, qui s'étendaient autour de l'abdomen. Il urinait souvent, mais sans douleur. Le i5, douleurs et vomissemens j mais le malade ne reste pas au lit et ne voit pas de médecin ; il urine fréquemment. Le 16, il voit un chirurgien qui lui trouve le regard abatr tu, le pouls faible et au-dessous du type naturel 5 vomissemens fréquens, constipation, pas d'urine. Le 17 et le 18 , l'air moins abattu, pouls naturel ; le ventre devient libre par les purgatifs ; pas d'urine, vomissemens et nausées, douleurs moindres. Le 18, ilparaîtun peu de jaunisse. Le 19 (je le voispour la première fois), vomissemens et hoquets fréquens; pouls à 7a, et d'une bonne force ; le ventre est libre, il y a une tendance évidente au coma j pas d'urine : la sonde passe facilement et amène au-dehors environ une once d'urine. On fait une saignée abondante, qu'il supporte bien; le sang est couenneux. Le malade est traité par les purgatifs , les vésicatoires et les diurétiques ; la térébenthine est administrée par la bouche et en lavement, etc. Le 20, pas de vomissemens depuis la saignée ; hoquet continuel, pouls natu-

/,5a NKPHniTE SIMPLK

rel, pas d'urine, aspect moins grave ; le soir, on l'elire par la sonde une petite quantité d'urine. Le ai, pas de vomissement, moins de hoquet, pouls naturel, le coma augmente ; le ventre est libre; environ six onces d'urine par le calhétérisine. Le 22, pouls à 84, hoquet et coma augmentés ; six onces d'urine par le cathétérisrae, la jaunisse continue, il meurt dans la nuit.

Aiilopsie du cadavre. La partie supérieure et externe du lobe supérieur du foie était très molle et se rompait facilement. La partie inférieure du poumon droit était d'une couleur foncée et molle et adhérait au diaphragme ; les reins étaient un peu plus rouges qu'à l'ordinaire. Les uretères et la vessie étaient sains. Le siège principal delà maladie paraissait être la substance adipeuse , située derrière le rein gauche. Il y avait là des marques étendues d'inflammation et une partie entièrement noire.

§ 407. Rapports de la nèphriic avec la pyèlile.

Les rapports de la néphrite simple avec les maladies du bassinet et des calices sont si fréquens et si intimes que la plupart des pathologistes les ont confondus dans une même descriptioli. Pour le moment, je me bornerai à rapporter un exemple remarquable de pyélo-néphrite calculeuse. Il m'a paru qu'il était d'autant plus naturel de renvoyer à l'histoire de la pyélite la description de sa complication avec la néphrite que l'inflammation dubassinet précède presque toujours celle des substances rénales. D'ailleurs les phénomènes propres à l'inflammation simple des reins et ceux qui appartiennent exclusivement à l'inflammation de leurs conduits excréteurs une fois connus, un exposé des cas, dans lesquels ces deux séries de phénomènes se trouvent réunis, sera plus facile et mieux compris. Toutefois je crois devoir noter, ici , que l'inflammation du rein et du bassinet amène souvent des désordres graves, l'infiltration de l'urine dans le tissu du rein, la gangrène de cet organe et des abcès extra-rénaux (Voyez Pyélite).

ET PYBLITIÎ CALCULEUSE.

Obs. L. — Douleurs dans les régions lombaires; suppression de l'urine depuis quatre jours; trois jours après, émission de quatre onces environ d'urine pâle, peu acide, puis alcaline; socberessc de la langue; aspect typhoïde; délire; légère épistaxis ; bouffissure de la face; aucun indice d'excrétion urineuse par la peau, les voies respiratoires, etc.; double obstacle au cours de l'urine par un calcul engagé dans le bns.siuct du rein gauche, et par un calcul engagé dans l'uretère droit; inllaminalion des deux reins qui contiennent un grand nombre de kystes; collections séreuses dans les plèvres; on ne trouve point d'urée dans le sang; périnéphrite.

Ressler, âgé de 24 ans , tourneur en bois, de taille moyenne, et bien développé , ayant les cheveux blonds, la barbe rare, lès chairs molles, entra à l'hôpital de la Charité, le la octobre 1837, au soir; je l'examinai le i3, à la visite du matin. Cet homme comprenait peu le français, il ne répondait que difficilement à nos questions, et nous ne pûmes avoir que des renseiguémens incomplets sur les antécédens de sa maladie.

Il se plaignait de souffrir dans le ventre et les régions lombaires, et de n'avoir pas uriné depuis quatre jours. Le vase, destiné à recevoir son urine, n'en contenait pas. L'infirmier de la salle, malade en ce moment-là, et couché dans un lit voisin du sien, ne l'avait pas vu se lever depuis la veille. Une soude pénétra facilement dans la vessie et n'en retira pas une goutte d'urine. Les régions lombaires étaient très douloureuses à la pression , la douleur se faisait sentir tantôt plus à droite , tantôt plus à gauche. Le pouls ne battait pas plus de soixante fois par minute; la peau n'était pas chaude. Constipation , langue un peu brune, tendant à se sécher, inappétence complète ; il ne s'exhalait d'odeur urineuse , ni de la respiration , ni de la peau , ni d'aucune autre partie du corps.

Le 14 et le i5, nous ne trouvâmes pas de chaugemcnt. Le malade se plaignait toujours du ventre et des lombes. Tous ses mouvemens furent surveillés par l'infirmier, le malade se lova deux ou trois fois par jour pour aller à la garderobe , ne rendit que très peu ou pas de matièi-es fécales ; il avait la précaution d'emporter avec lui un petit bocal dans lequel on l'avait engagé à recevoir l'urine, s'il en rendait; mais il le rapportait vide. Nous ue trouvâmes dans le bocal que quelques

gouttes d'urine aqueuse, très légèrement acide , transparente.

Dans la nuit du i5 au i6, il rendit environ quatre onces d'urine très pâle, ressemblant à de l'eau , légèrement acide, tenant en suspension quelques grumeaux blancs , d'aspect rauqueux. Toujours à-peu-près le même état général; une selle; même tendance de la langue à se sécher. D'ailleurs absence de fièvre, pas d'autre symptôme grave que la suppression presque complète de l'excrétion de l'urine.

Le 17, il avait rendu depuis la veille à-peu-près la même quantité d'ui'ine, toujours pâle, toujours aqueuse avec un peu de mucus; mais cette fois, elle ramenait très légèrement au bleu le papier rougi de tournesol. La langue est sale, recouverte d'un enduit blanc jaunâtre assez épais. Le malade a mangé un peu de soupe sans répugnance. Il s'est levé souvent pour aller ai^ bassin, mais il ne rend pas de matières. Toujours des coliques et des douleurs lombaires , augmentant par la plus légère pression ; ses douleurs l'ont privé de sommeil cette nuit. D'ailleurs pas de fièvre à aucune heure de la journée. Respiration libre; l'oreille appliquée sur tous les points de la poitrine entend le murmure vésiculaire pur; les battemens du cœm- sont nsturels.

r8 et les jours suivans 19, 20 et 21, l'ischurie se change en anurie complète; pas une seule goutte d'urine n'est excrétée, et la vessie est toujours vide. Le malade, il est vrai, se lève souvent pour-^Uer à la garderobe, mais il ne manque jamais d'emporter ayec lui le petit bocal , et n'est pas plus heureux dans ses efforts pour uriner que pour aller à la selle , car à peine s'il rend quelques fèces demi liquides. Il est toujours tourmenté parles coliques et les douleurs lombaires, dont l'intensité paraît augmenter et auxquelles il attribue la privation de sommeil ; la langue est toujours brune et un peu sèche; le pouls, toujours régulier, ne s'est pas élevé à plus de 72 pulsations; la respiration est restée libre, mais le faciès s'est profondément altéré , les forces se sont singulièrement déprimées ; il y a quelque chose de hagard, d'anxieux dans sa physionomie; on croirait par ces derniers symptômes yoii' un malade atteint de fièvre typhoïde. Dans l'après-midi du ai, le malade com-

ET py ÉLITE CALCULEUSE. 455

mence à délirer ; dans la nuit , il quitte plusieurs fois son lit , on est obligé de lui mettre la camisole.

Le aa, délire continuel ; le malade veut se lever , se donae beaucoup de mal pour dénouor les cordons de la camisole , agite fortement ses jambes; à celte agitation succède par moraens un grand abattement. La face est bouffie, les paupières fatiguées , le ventre ballonné, pas de selles, pas d'urine ; le cathétérisme fait encore reconnaître aujourd'hui que la vessie est vide; un peu de sang a été rendu cette nuit par la narine droite; respiration libre; pouls à 78 pulsations 5 la pression des régions lombaires provoque des mouvemens presque convulsifs. Les symptômes cérébraux continuent à s'aggraver dans la journée du 22 ; le aS, à la visite, il est dans un état voisin de l'agonie, les muscles de la respiration commencent à se paralyser, les mucosités s'accumvilent dans les bronches, la déglutition est difficile. L'intelligence paraît un peu revenue, mais l'abattement est à son comble. La pression des régions lombaires est toujours douloureuse. Il ne s'exhale d'odeur urineuse d'aucune partie du corps.

Le malade ne succombe que le soir, à 8 heures.Agonie longue.

Autopsie. Le 25 octobre, trente-huit heures après la mort.

Etat extérieur. Cadavre d'adulte bien conservé , peau blanche , embonpoint , face bouffie.

Abdomen. Le volume des reins est considérablement augmenté, leur forme bien conservée, mais leur surface est inégale , bosselée; ces bosselures sont formées par des kystes séreux de différentes grosseurs.

Détachés des parties environnantes et retirés de l'abdomen avec leur enveloppe celluleuse , extérieure , ces reins furent pesés : le gauche, le plus volumineux, pesait a3 onces; le droit 18 onces.

Une incision faite suivant leur bord convexe dans toute la longueur, et pénétrant jusqu'au bassinet, ouvre une partie des kystes nombreux qui existent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, ceux-ci ont leur siège dans les deux substances qu'ils atrophient en grande partie : par suite de cette altération , dans quelques points j il ne reste pas de traces de la substance ma-

456 IVÉPIIUITE SIMPLE

melonnée ; dans quelques autres , elle est refoulée jusqu'à l'extérieur de l'organe, occupant la place de la substance coriicale. La membrane de ces kystes est assez épaisse et se détache facilement. La sérosité qu'ils contiennent est jaune et limpide, dans aucun d'eux on ne trouve de pus.

Les deux substances rénales , quoique atrophiées , sont parfaitement reconnaissables ; toutefois elles sont beaucoup plus distinctes dans le rein droit que dans le gauche. Toutes deux sont très pâles, la corticale principalement. Cette dernière offre une teinte jaunâtre qui rappelle l'anémie des néphrites alburaineuses dans un état assez avancé ; elle est de plus criblée de petits noyaux d'une couleur un peu plus jaune, de la grosseur d'une tête d'épingle , solides , assez denses, formés par du pus concret ou de la lymphe plastique. Ces petits dépôts sontconfluens sur plusieurs points. La substance tubuleuse a environ quatre lignes d'épaisseur. Elle a été moins envahie par les kystes et les dépôts que la corticale. Elle offre bien quelques noyaux semblables à ceux de cette dernière , mais ils sont infiniment moins nombreux. Au sujet de ces petits dépôts, j'ajouterai que, dans plusieurs cônes, ils sont disposés linéairement dans le sens des tubuli dont quelques-uns me paraissent complètement envahis ou enveloppés par cette matière. Le rein gauche, quoique plus vokunineux , offre moins de dépôts que le droit. Son volume est dû principalement au plus grand nombre de kystes et à une distension plus considérable du bassinet et de plusieurs calices.

Les reins furent dépouillés de leur membrane fibreuse, sans diiiiculté. Le droit offre, à l'extérieur, la même teinte anémique jaunâtre qu'à l'iulérieur. Apparence des deux l'eius, légèrement lobulée; sillons assez n)arqués, quelques étoiles vasculaires avec injection très fine; dépôts plastiques nombreux. Dans le rein gauche, une teinte rouge livide qui domine ; l'anémie jaune ne s'y montre que sur deux ou trois points. On y voit bien peu de dépôts : surface lisse; gonflée, sans sillons. Injection générale, assez uniforme, pas d'étoiles vasculairns, très peu de kystes à la sui face, ils sont [uesque tous à l'intérieur.

Le bassinet du côté droit est libie, peu dilaté ; celui du côté

ET PYÉLITE C\LCULEUSE. 4^7

gauche contient deux calculs du volume et de la forme d'une petite aveline, dont l'un engagé, suivant son grand diamètre, dans l'orifice de l'uretère, le bouche complètement, et l'autre est placée à l'entrée d'un calice qui, ne communiquantplus avec le bassinet, a subi une dilatation considérable, est devenu plus large que le bassinet, et offre un rudiment de kyste urinaire. Beaucoup de petit sable dans l'un et l'autre bassinet ; aucune trace d'injection dans l'un ni dans l'autre.

L'uretère du côté gauche est libre. Dans celui du côté droit, on trouve, à moins d'un pouce du point oii est son origine dans le bassinet, deux petits calculs et une assez grande quantité de sable. Ses parois sont singulièrement épaissies dans ce point, et au-dessus, oii son calibre est un peu augmenté; rougeur pointillée très vive de la membrane interne ; rien de semblable dans l'uretère gauche. Pas d'obstacle ou d'altération dans les autres points de ces conduits. La vessie petite, revenue sur elle-même conique, pâle à l'intérieur, contient une certaine quantité d'urine qui a été recueillie avec soin, pour l'analyse chimique.

Le tissu cellulaire qui entoure les reins est très adhérent , d'une densité remarquable , et leur forme une espèce de couche celluleuse, à feuillets multiples , unis entre eux dans quelques points par des lames de lymphe plastique, dans d'autres par une couche de pus demi concret, mais bien reconnaissable. Les reins se sont développés , surtout vers la partie supérieure de l'abdomen, refoulant le foie et la rate, et ne s'étendant pas du côté du bassin, circonstance qui explique pourquoi , pendant la vie ils ont échappé au toucher. Les intestins , le foie et la rate conservent avec eux les rapports naturels, devenus plus intimes.

L'estomac , dilaté , contient une petite quantité de sang qui parait avoir été avalé et venir des fosses nasales, et une assez grande quantité de mucus visqueux et filant. L'intestin grêle et le gros intestin offrent à l'examen un peu d'injection et beaucoup de lividités cadavériques. Ce dernier aspect empêche de bien apprécier la valeur du premier phénomène. D'ailleurs la membrane muqueuse est assez fenne; les follicules sont peu apparens. i .

Le foie, la rate et le pancréas sont exempts d'altérations.

Collection séreuse, jaunâtre limpide dans chacune des plèvres. Aucune adhérence entre les deux feuillets, pas de fausses membranes, pas d'injection , rien qui annonce une lésion inflammatoire ; les poumons eux-mêmes sont pâles, exsangues à leur partie antérieure , gorgés de sang à la postérieure , mais ils crépitent parfaitement bien, contiennent beaucoup d'air et de sérosité; leur tissu est très dense, même dans les parties les plus gorgées de sang.

Cœur sain ; un peu de sérosité dans le péricarde.

Cerveau et méninges sans altération.

Une certaine quantité de sang fut recueillie dans les grosses veines. Je la remisa M. Quevenne, en le priant de rechercher s'il contenait ou non de l'urée.

La quantité de sang recueillie était de 4^ grammes. On ajouta de l'alcool et l'on chauffa pour faciliter la précipitation de l'albumine et de la fibrine. Il se forma un précipité abondant, ayant l'apparence d'un magma épais, noirâtre. On le sépara par filtration. Le liquide écoulé fut évaporé à l'étuve, et le produit qui en résulta fut repris par l'alcool, qui laissa encore des matières extractives indissoutes; cette solution alcoolique fut de nouveau évaporée à l'étuve, et le résidu par l'eau fournit une solution que l'on éclaircit par le filtre et que l'on évapora jusqu'à ce qu'elle fût réduite à environ un gramme ; elle présentait dans cet état la fluidité de l'eau. On ajouta à cette liqueur deux volumes d'acide nitrique et l'on plongea dans un mélange réfrigérant. Le liquide resta limpide ; il se dégagea seulement de petites bulles de gaz, comme il arrive dans la même circonstance avec l'extrait d'urine. Après une demi-heure de séjour dans le mélange réfrigérant, il n'y avait aucune apparence de cristallisation, et M. Quevenne en a conclu que, dans le sang examiné, il n'y avait point d'urée. Toutefois ce résultat présenterait un plus haut degré de certitude, sien avait pu opérer sur une plus grande quantité de liquide.

§ 4o8. Rapports de la néphrite avec les maladies des uretères. Je rapporterai dans une autre partie de cet ouvrage (Voyez

ET flIALADIES DES UKETJkRES. 4^9

Maladies des -uretères) et j'ai fait figurer dans 1' Atlas, plusieurs exemples de néphrite et de pyélo-néphrite survcmies à la suite de rétentions d'urine dans le Vein , occasionées par le rétrécis* sèment, l'obstruction ou l'obliléralion , par des calculs ou des tumeurs, de l'uretère correspondant. La pyélile , la pyélo'néphrite et l'iiydro -néplirose sont, au reste, Aes suites plus ordinaires de cette rétention , que la néphrite proprement dite; le bassinet et les calices sont plus ou moins dilatés et, presque toujours aussi, remplis d'un liquide purulent.

Polisius (i), Ruysch(2), Morgagni (3), Littre (4) , Dionis (5), Chambon de Mentaux (5), Clark (6), le docteur Lemoine (7) M. Baron fils (8) , etc., ont rapporté des exemples de cette altération des uretères suivie de lésions rénales (Voyez PyéhtCj pyélo-néphrite, fistules rénales, etc.).

Quant aux néphrites qui surviennent à la suite de ces altérations des uretères, elles offrent cela de particulier qu'elles ont presque toujours été précédées de douleurs dans un ou plusieurs points du trajet de l'uretère affecté, avant l'époque à laquelle les malades se sont plaints de douleurs dans la région lombaire. Au contraire , dans les néphrites idiopathiques , produites par l'impression du froid ou survenues sans cause appréciable, la douleur dans le trajet de l'uretère ne précède pas la douleur rénale , elle' la suit.

Dans une foule de cas , l'obstruction de l'uretère et la rétention d'urine qu'elle entraîne , sont au-dessus des ressources

(1) Mise, nat. car,, dcc. ï. ann. 9 et 10. obs. 104. p. 264.

(2) Bu;sch. Opéra omnia, 1. 1, p. 87. obs. 94.

(3) Morgagni. De sedibus et causis morbor. Epist, il. g 18.

(4) Dionis. Cours d'opérations, t. i. p. 186. in-8. Chambon de Mentaux. Paris. 177J.

(5) flist. de l'acad, des sciences, anniv. 170a. p. 22.

(6) Clarli. Med. comment, vi.

(7) Lemoine. Diss, sur la néphrite aiguë, Paris. i833. (Cas de pyélo-népbrite avec altération des mamelons, inséré dans les Arch. génér, de méd. U ixxvi. p. 487).

(8) £uUelm. de la toc. anal., n" xv. p. 278.

46o NIÉPHRITE SIMPLE

de l'art; mais ce n'est pas à dire qu'il soit complètement impuissant contre l'inflammation rénale consécutive. Maintes fois l'observation m'a démontré que la douleur du rein, la fièvre, les voraissemens, etc. , pouvaient cédera la saignée, aux ventouses scarifiées, aux bains tièdes, etc.; que la maladie dans cet état d'acuité pouvait être réduite à un état chronique, moins grave , quoiqu'il entraînât l'atrophie ou la distension du rein.

Ç 409 • Rapports de la nèphnle avec les maladies de la vessie.

Une foule d'observations démontrent l'influence des maladies de la vessie sur le développement des inflammations rénales.

Indépendamment du danger qu'elles oflfrent par ellesmêmes, les plaies j les ruptures , \es perforations de la vessie peuvent être encore aggravées par le développement accidentel de la néphrite. Mais cette complication ne survient habituellement qu'après l'apparition des symptômes d'une inflammation aiguë ou chronique de la vessie. Les traités ex professa sur les maladies des voies urinaires et les recueils périodiques de médecine et de chirurgie, contiennent un grand nombre d'exemples de néphrites survenues à la suite de cystites (i) et surtout de cystites calculeuses (2), des opérations de la taille (3) et de

(1) Bonet. Sepulcr. anat., t. ii. p. 647. — Morgagni. De sedibus et causis morb,, epist. XL. art. 24 (Nepbritis chronica). — Bourrienne. Journ. de méd., in-i2. t. xxxviii. p. 77 (Vessie bilobée). — Cbopart. Traité des mal, des voies urinaires, t. i. p. 461. — ^ovrship, A practical treatise, etc., p. 23-25. — Mercier. Mém. sur les perforations spontanées de la vessie, p. 23. (£xtr. Gazette médicale).

(2) Bonet. Sepulcr. anat., t. r. p. 667. 663. 665. — Debaen. Ratio medendi, p. 78. — Morgagni. De sed. et caus. morbor., epist. xlii. art. 20. — art. 25 (cum gangrœnâ vesicœ). — Sernin et Double. Histoire de la maladie de P. S. de Barthez (Bibl. médic. t.xv. p. 84). — Tardiveau. Diss. sur la néphrite, i83o. Paris, p. 14. — Erratt. (Th.). Case of diseased kidnejrs and stone in the bladder (Mem. of the medic. soc. of London. toI. v. 1779- p. 53. — Eggcrt (Rust. Magazin, t. xxvii. cali. 3. p. 427. — Tjrrcll. Lond. med. Gazette, t. iii. p. 29. — Bouvier. Bulletin de l'Académie royale de médecine, i838. p. 8i5. — Velpeau. Gazette des hôpitaux, ï836. p. 483. — Ségalas. Caje/te des hôpitaux, 1735. p. 495. — Arch. gén. de méd,, 2" série, t. viii. p. 25l.

(3) Deiiault. Journ, de chirurgie, t. ii. p. l3l. — Flechtcr. The Edinb.med,

ET CYSTITK CA.LCTLÏÏUSE.

la Itthotritie (i). Enfin la néphrite vient quelquefois compliquer les fistules vésicales (2) et les extrophies (3) de la vessie.

^Gsfotujus cancére^lx{^)^\. des tumeurs d'autre nature qui apportent obstacle aupassage de l'urine des uretères dans la vessie Ou à son excrétion; la paralysie de la vessie et les rétentions dturine (5) donnent souvent lieu à des inflammations rénales dont la gravité est généralement en rapport avec celle de la lésion qui les a produites. Je me bornerai à rapporter ici un petit nombre d'exemples d'affections de la vessie compliquées d'inflammations du rein ; le lecteur pourra en consulter un grand nombre d'autres que j'ai eu soin d'indiquer. Mais il est une remarque pratique que je crois devoir consigner ici: c'est qu'une alcalinité constante de l'urine est un des principaux phénomènes de l'inflammation secondaire des reins, l'urine restant habituellement acide dans les aflFections de la vessie non compliquées d'aO'ections rénales.

§ 410, Rapports de la néphrile avec la cystite calculeuse.

On n'a pas encore donné toute l'attention désirable à l'étude des rapports très intimes de la néphrite et surtout de la né-

and surg. Joum., vol. xxxvi. p. 433. — Cooper, Lond. ined. Gazette, t. iv. p. 254. — Green. Lond. med. Gazette, t. iii. p. 493. — Lond. med. Gazette, t. IV. p. 3i8. — Lond. med. Gazette, t. xviii. p. ï36. — Brulatour. Gazette des hôpitaux, i83i. p. aSj. — Gendrin. Hist. anat. des inflammations, i8a6, t. n. p. 254. — Cazeneuve. Gazette médicale, iSSj. p. 407. — CSviale. Gazelle médicale, t. I. u° 16. — Souberbielle. ^rc/z .génér. de médec, t. xix. p. i43.

(1) Roux. Joum. des connaissances médico-chimrg, , t. iii. p. 194. — Leroy-d'Etioles. Gazette des hôpitaux, i834. p. 441. — Arrowsmitb. Lond. med. Gaz , tom. xv, p. 399.

(2) Howsbip. A practical treatise, etc., p. 42 (cas de pyélo-népbrite et de fistule vésico-rectale).

(3) Lesage ciVé^ar Chopart : Traité des mal. des ojoies urinaires. t. r. p. 334.

(4) Cancer de la vessie; fistule vésico-rectale; suppuration d'un des reins ( Tulpii. Observ. med., Mb. iv. cap. 38). Th. Bonet cite ce cas et un antre {Sepulcretum, t. ii. p. 579. § 3).

(5) Chopart, Traité des maladies des voies urinaires, t. i. p. 358.—. /iW, pige 2G1.

462 WÉPHRITE SIMPLE

phrite chronique avec la cystite calcul euse. Lorsqu'on consulte dans les ouvrages de chirurgie ou dans les recueils périodiques, la plupart des observations relatives à cette dernière maladie , on voit que souvent l'état des reins pendant la vie, avant ou après l'invasion des symptômes de l'aflection calculeuse, n'a pas été étudié ou décrit avec assez de soin. Dans les ouvertures de corps, après une description succincte de désordres plus pu moins graves de la prostate, de la vessie , de l'urèthre, souvent on ne fait pas mention de l'état des reins , ou au moins on se borne à dire , d'une manière vague , qu'ils étaient sains ou altérés. Or, il est d'autant plus nécessaire d'examiner, avec le plus grand soin, l'état des reins chez les individus atteints de cystite calculeuse, que la coexistence d'un état inflammatoire, même léger, aigu ou chronique, de ces organes est une complication grave , qui doit être activement combattue par les applications de ventouses scarifiées sur les régions lombaires, avant de soumettre les malades à l'opération de la taille ou de la lilhotritie. Un traitement antiphlogislique de quelques jours est souvent nécessaire pour calmer des inflammations rénales préexistantes. En outre le médecin ou le chirurgien ne doit jamais oublier que la néphrite qui survient quelquefois d'une manière subite, après l'opération, est souvent annoncée par des accès de fièvre irréguliers ou par des symptômes cérébraux, et que ces accidens doivent être combattus par les émissions sanguines et les purgatifs avec autant d'énergie et de promptitude que s'il s'agissait d'une hémorrhagie cérébrale ou d'une inflammation des méninges. Enfin, dans quelques cas , les lésion» rénales ou vésicales peuvent être anciennes et tellement profondes qu elles ôtent toute chance favorable à l'opérateur.

Obs. LI.— Douleurs en urinaut, depuis trente ans ; nourriture végétale. Il y a Luit mois, douleurs plus vives , s'étendant dans les lombes. On constate l'existence d'un calcul dans la vessie, le 4 septembre l836; le 6 septembre, fièvre; vomissemens; sécberesse de la boucbe; assoupissement; mort le 8 septembre i836, trois ou quatre jours après ces nouveaux accidens: cystite calculeuse et pyélo-népbrite.

P. A. Bourbon, âgé de 5i ans , terrassier , venu de province

ET CYSTITE CA.LCULEUSE. 4^3

pour se faire soigner à Paris, entra à l'hôpital de la Charité, le 2 septembre i836. Taille moyenne, bonne constilulion ne I paraissant nullement détériorée ; figure présentant tous les attributs du tempérament sanguin ; embonpoint ordinaire} système musculaire bien développé; membres inférieurs non amaigris ; appétit ordinaire. Cet homme n'a jamais fait de maladie sérieuse autre que celle qui le conduit à l'hôpital. Depuis plus de trente ans, il éprouve de la difficulté à uriner, avec un peu de douleur j il n'a consulté personne et n'a jamais été sondé avant son arrivée à Paris. Vivant à la campagne , il sa nourrissait principalement de légumes; il n'a jamais interrompu son travail jusqu'à son entrée à l'hôpital.

II y a huit mois, difficulté plus grande d'uriner; douleur plus vive à l'extrémité de la verge; souvent coliques, tirailleraens douloureux et profonds dans les flancs. Il ne peut rendre compte , d'une manière satisfaisante, de l'époque où ses urines ont commencé à se troubler et à présenter un dépôt purulent. Jamais il n'a rendu de graviers.

Le 4 septembre , il passe d'un service de médecine sous les soins de M. Velpeau. Il est sondé ce jour-là deux fois : on constate , avec facilité, un calcul unique et considérable. Ces recherches ne lui font éprouver que peu de douleur. Le cathétérisme est répété une troisième fois le lendemain. Les urines sont troubles, épaisses et déposent un sédiment d'apparence purulente. A la pression des régions rénales et hypogastriques , le malade ne donne aucun signe de douleur; ce jour-là, à part le volume du calcul, le malade paraissait se trouver dans des conditions assez favorables à l'opération de la taille. Cependant, dès la veille, 4 septembre, le pouls présentait déjà un peu de fréquence.

Le 6 septembre, la chaleur générale a augmenté; le pouls est plein , fréquent ; soif vive , perle d'appétit , langue blanche , douleur vive dans toute la partie inférieure du ventre , tension , dureté générale de l'abdomen; plus de difficulté pour uriner; vessie saillante au-dessus du pubis. Le malade est sondé à la Visite (jazjne'c générale, bain, limonade, eic.^ le soir , o.5 sangsues à l'èpigaslre). Le 7 septembre, l'assoupissement, la sé-

4G4 NÉPHRITE SIMPLK

cheresse de la bouche viennent s'ajouter aux symptômes déjà signalés. Le sang de la saignée est couenneux; la partie séreuse est très abondante ; le ventre est très douloureux ; un peu distendu par des gaz; les muscles larges du bas-ventre sont contractés et durs (4o sangsues, lavemens èmolliens, cataplasmes). Le 8 septembre, plusieurs vomissemens bilieux, quelques selles liquides ; l'assoupissement est moins marqué. Quoique l'état soit de plus en plus grave, le malade urine sans qu'on emploie la sonde,mais avec difficulté {frictio7is avec l'onguent mer curiel). Petitesse et fréquence excessive du pouls. Mort le 9 à six heures du matin. — Autopsie. Le péritoine, dans presque toute son étendue , est le siège d'une exsudation plastique qui unit faiblement les circonvolutions intestinales. On n'observe pas de liquide épanché, même dans les parties les plus déclives. Un calcul unique, régulier, lisse, présentant une légère couche brune à sa surface, blanchâtre intérieurement, ayant, dans son grand diamètre, deux pouces deux lignes, et dans les autres un pouce et demi environ , remplit en partie la vessie , qui contient, en outre, beaucoup de pus. Sa membrane interne , grisâtre, est ulcérée, dans presque toute son étendue; la membrane musculeuse, hypertrophiée, est à nu au fond de quelques ulcérations ; le tissu cellulaire sous-jacent est hypertrophié.

La prostate semble se piolonger en avant sur la partie membraneuse de l'urèthre. Un examen plus attentif fait reconnaître ce prolongement pour des fibres musculaires tout-àfait indépendantes de la prostate. Urèthre sain, sans déchirure;

Les deux uretères étaient dilatés au point de recevoir le petit doigt; celui du côté droit contenait du pus et présentait, dans toute son étendue, des traces d'une inflammation chronique. Le gauche n'était pas enflammé. Le rein droit, bosselé, inégal à l'extérieur, d'ime couleur blanchâtre, avait le double de son volume ordinaire. En plongeant un bistouri dans son épaisseur, il s'en écoula un demi-verre de pus. Les calices, le bassinet étaient pleins de pus; le tissu du rein était rouge, friable ; la membrane muqueuse du bassinet , des calices était rouge , épaissie!

Le rein gauche , d'un volume ordinaire , était flasque ; le

APRKS LITHOTRITIE. 4^5

bassinet et les calices étaient dilatés comme les uretères; la substance du rein était affaissée, comprimée, un peu décolorée, sans présenter, d'une manière sensible, d'autres altérations. Les autres viscères étaient sains.

Ous. LU. — Cliaucre et végctations à 55 ans; depuis quarante ans, hernie inguinale «lu cûté droit. Il y a trois aus , graviers dans l'urine ; le malade en rend de nouveau depuis quelques jours; calcul dans la vessie; urines purulentes; du l"^"" avril au 20 mai, quatre séances de litliotritic ; émission de fragmens de calculs, dysurie ; engorgement du testiculQ droit; mort; pus dans le bassinet, les calices et le tissu des reins; pus et cent trente morceaux de calculs dans la vessie, qui offre un grand nombre de loges ; polype à son col.

Cals (Jean-Henri- Auguste) , âgé de 60 ans , journalier , né à Paris , marié , fut admis à l'hôpital de la Gharilé le 24 mai i836 pour y être traité de la pierre. Depuis quarante ans, il a une hei'nie inguinale du côté droit, survenue à la suite d'an saut. Il porle un double bandage; mais, avant de le mettre, G., a eu plusieurs fois des symptômes d'étranglement. En 1814, il fit une longiie maladie de poitrine, dont il se rétablit. Cet homme, actif, intelligent, d'une constitution forte, ancien militaire , a eu un chancre et des végétations syphilitiques , il y a i) ans ; il en a été guéri par des cautérisations, sans traitement spécifique. Il n'a jamais eu de rétrécisseniensj de l'urèthre.

Il y a trois ans , ce malade s'aperçut de quelque chose de non naturel dans ses urines , et de temps en temps il rendait de petits graviers. Il urinait alors sans difficulté et pas plus souvent que d'habitude. Au bout de six mois, il avait de la difficulté à uriner. Les urines étaient devenues épaisses , rouges, bourbeuses. En les rendant, il sentait une cuisson dans toute l'étendue du canal de l'urèthre, et spécialement au gland et au périnée. Il avait des envies continuelles d'urinet^ et l'urine ne coulait que goutte à goutte. Plus tard, le jet se bifurqua en sortant, et il s'arrêtait quelquefois lout-à-coup. Depuis six mois, les urines sont redevenues à-peu-près naturelles, mais le malade est tourmenté par des envies fréquerjles de les rendre; le jet

est de nouveau bifurqué , l'urine passe avec difficulté dans le canal et s'arrête souvent tout-à-coup. Le malade sent des douleurs au périnée, au gland et quelquefois dans toute la longueur du canal de l'urèlhre.

Depuis quelques jours , C. rend de la gravelle eu iirinant, ce qu'il n'avait pas fait depuis le commencement de sa maladie, il y a trois ans. On a sondé le malade, le jour de soQ entrée; d'abord sans rien trouver dans la vessie ; mais, en cherchant un peu , on a rencontré un calcul, reconnais- Sable au choc et par le bruit de la sonde. Le 26 , on sonde de nouveau cet. homme, et on rencontre aussitôt le calcul. Le 2g , interrogé sur le traitement qu'il préférait , il choisitla lithoU'itie {bain, tisane de li?i).

Le 3o, hier le malade a rendu un calcul , du volxmie d'im petit pois , facile à écraser entre les doigts.

Le 3i, il dit avoir senti, la veille au soir, des doulevus violentes dans la vessie , qui ont persisté toute la nuit. On sonde encore le malade. Le i*'^ avril, il urine avec moins de difficulté et moins de cuisson.

Les organes contenus dans la poitrine et l'abdomen paraissent sains; le malade ne tousse pas; il a quelquefois des palpitations; il digère bien; il n'a jamais souffert du côté des reins. Les urines déposent en abondance une matière blanchâtre et purulente. L'introduction de la sonde cause de la douleur. L'ui'èthre est libre , la prostate n'est pas volumineuse, il n'y a pas d'écoulement, ni d'auti'es signes de maladies des voies urinaires.

Première séance de lithotritie. Après avoir placé le malade convenablement, on fait une injection d'eau tiède; on introduit l'instrument de Jacobson , sans causer beaucoup do souffrance, et on saisit immédiatement un calcul, de trois lignes de diamètre; on le fait éclater et on en saisit un autre du même volume; «n saisit encore trois autres petits calculs et on les écrase.

Le malade n'a pas montré on n'a pas voulu montrer qu'il souffrît pendant l'opération, qui a duré dix minutes; il s'en va à pied à son l\\ (J)ain).

Le 2 avril, après l'opéraliou, C... li'a pas soufTerl très longtemps; il a passé la joui-née tranquillement, sans Hèvre, sans tremblement, sans soiilFrir du ventre; les premières urines qu'il a rendues étaient sanguinolentes, sans graviers; mais, vers les neuf heures du soir, il a senti passer cinq à six fragmens avec les iirines, qui contiennent toujours beaucoup de mucosités épaisses. ,

Le 3 , le ventre n'est pas douloureux à la pression, point de fièvre; le malade a rendu plusieurs fragmens avec les urines (bain).

Le 4 , le sommeil du malade est interrompu par des envies fréquentes d'uriner ; il a rendu, depuis hier matin, quatre fragmens de calcul ^ gros comme des lentilles et plusieurs plus petits.

Deuxième séance de lithotrilic. On introduit l'instrument de Jacobson, et on rencontre plusieurs calculs. On en saisit d'abord un de trois lignes et demie , puis un autre de six lignes , puis plusieurs plus petits qu'on écrase ; on en prend un autre de six lignes et ensuite un de trois , et on retire l'instrument au bout de buit minutes et demie; il sort un peu de sang {bain).

Le 5 , le malade dit avoir beaucoup plus souffert que pendant la première séance ; il a eu un peu de fièvre, elj celte nuit, il n'a pas dormi à cause des envies fréquentes d'uriner ; les souffrances ont leur siège dans le canal de l'urèthre et surtout vers le méaturinaire ; les urines sont toujours catarrhales et contiennent un grand nombre de petits fragmens. Le sang a continué à couler hier dans le lit, et le bain que le malade a pris, après l'opération, en était teint lorsqu'il en est sorti. Il n'a pas de fièvre ce matin et demande à manger {un quart d^alimcns , hain).

Le 6, dans le bain, le malade a senti de grandes envies d'uriner, et après quelques efforts les urines sont parties et ont entraîné une grande quantité de mucosités, mêlées de frag mens; elles sont sorties avec une telle explosion, selon le langage figuré du malade, qu'elles ont fait bouillonner l'eau. Il s'est trouvé très soulagé après cette explosion et a uriné plus

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librement. Son état s'est amélioré; il n'est pas obligé de rendre les urines aussi souvent, mais elles sortent toujours avec dilIicuUc.

Le 7 , il urine toujours avec difficulté, et les urines, qui sortent par un petit filet, déposent toujours beaucoup de mucosités, mêlées de fi'agmens. On sonde le malade, et, quoique l'instrument passe facilement, C... éprouve de vives douleurs. On sent les fragraens de calculs dans la vessie par le frottement de la sonde.

Le 8 , envies d'uriner fréquentes , bain ; le ventre n'est douloureux dans aucune région, pas de fièvre; le malade a rendu des fragmens , parmi lesquels il s'en trouve un plus dur que ceux qu'ila expulsés jusqu'à présent et qui paraît formé d'acide urique. Les autres , notamment ceux qu'il a rendus le jour de son entrée, étaient faciles à écraser sous le doigt et composés de phosphates.

Troisième séance. En introduisant la sonde, on croit sentir un calcul engagé dans la région prostatique. On en saisit deux^ le premier de six lignes , le second de trois ; le malade souflre beaucoup , la vessie étant devenue plus irritable^ et on termine l'opération , qui n'a duré que sept minutes.

Le y , le malade a beaucoup moins souffert qu'après la dernière séance ; il sent quelque douleur au gland, la partie du canal qui l'avoisine , ayant été un peu écorchée hier en retirant l'instrument de Jacobson qui n'avait pas pu se débarrasser en entier des fragmens retenus entre les mors.

En faisant des efforts pour aller à la selle à huit heures du soir, C... a eu une seconde émission d'urine et de fragmens, beaucoup plus complète que la première, puisque le nombre des fragmens est plus considérable : il y en a dix gros comme des pois; tous ces fragmens réunis ont le volume d'un œuf de pigeon.

Le 10, le malade a rendu encore quelques fragmens en urinant; il souffre moins, mais il urine fréquemment.

Le II, il a expulsé encore un grand nombre de fragmens; plusieurs à facettes ; un d'eux présente une facette concave , comme s'il avait eu uu noyau sphérique dans son intérieur;

APRÈS LITIIOTRITIE. 4^9

tous sont formés d'acide in ique. Le testicule droit est engorgé et douloureux, il y a un peu d'écoulement par le canal (com- 2>resses imbibées de guimauve , suspensoire).

Le 12, le testicule est encore plus gros , et plus douloureux qu'hier {compresses imbibées d' acétate de plomb).

Le i3 , le malade a été très agilé cette nuit par les souffrances que causent l'orchite et les envies fréquentes de rendre les urines; il s'ennuie , n'a pas d'appétit, ne sent plus de douleurs au gland.

Le i4 , le malade a rendu quatre gros fragmens. On continue l'application des compresses, trempées dans l'extrait de Saturne , sur les bourses ; le testicule ne change ni de volume , ni d'état.

Le i5, on sonde le malade; le bec de l'instrument rencontre un obstacle, mais, en forçant un peu, on le surmonte et on sent un frottement contre un calcul engagé probablement dans la région prostatique. Le malade est très irritable , les urines sortent goutte à goutte par la sonde ; le cathétérisme est suivi d'un écoulement de sang assez abondant.

Le malade a éprouvé des souffrances extrêmes la nuit passée , il a eu des envies d'uriner sans pouvoir les satisfaire; il a eu, toute la nuit, et a encore beaucoup de fièvre; le testicule est toujours gros et douloureux {bain, saig7iée de trois palettes).

Le i6, il urine plus facilement et moins souvent que hier, éprouvant toujours les mêmes accidens, mais très adoucis; il a donni un peu et a rendu un fragment ^cataplasme arrosé d'extrait de satiimc).

Le 17 , les envies fréquentes d'uriner ne cessent pas , le malade est très agité chaque fois qu'il a besoin d'uriner.

Le 9, le malade éproxive toujours les mêmes accidens; il a rendu quelques petits fragmens {hains).

Le i5 , toujours de la difficulté à uriner; le malade a rendu, hier et celte nuit, dix-huit fragmens de deux à trois lignes de diamètre ; il se trouve mieux lorsqu'il est debout ou couché sur le ventre.

Quatrième séance de lHhoiriiie, On saisit quatre calculs de

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trois à six ligues de diatn être ei quelques autres plus petits, et ou les broie avec l'instrurnerrt de Jacobsôn modifié; le malade paraît beaucoup souffrir, surtout à l'entrée et à la sortie de la sonde. L'opération dure douze minutes (plus long-temps qu'on n'aurait voulu); mais, chaque fois qu'on fermait l'instrument pour le retirer, il tombait un calcul entre les mors. Le i4 , depuis l'opération , le malade n'a pas beaucoup souffert, mais il n'a pas dormi; il a rendu plusieurs petits fragmens et du sable ; pas de fièvre {iisane de saponaire). Le i5 , au matin, le malade a l'air gai, content; il a peu souffert, a bien dormi, a rendu trois fragmens ; les urines sont moins chargées et sortent plus facilement. Le i6, il s'est opéré un grand changement depuis hier , le malade est triste , il a beaucoup souffert de la vessie, les urines sont redevenues catarrhales et mêlées de sang; il a rendu trois petits fragmens. Le 17 , son état s'aggrave ; il a beaucoup de fièvre et éprouve de grandes souffrances au col de la vessie {bain de siège, saignée de detiic palettes). Le 18, M. Yelpeau sonde le malade et trouve beaucoup de fragmens; le trigone paraît former un relief dans la vessie, qui se laisse distendre par l'urine. Le ig, le ventre est un peu tendu et ballonné^ mais non douloureux à la pression [hairi). Le 20, le ventre est un peu douloureux dans la région hypogastrique ; le malade souffre beaucoup surtout en urinant; il se raidit, tremble et semble presque en convulsion, mais, aussitôt que les urines sortent, il est soulagé. Il va à la selle à l'aide de lavemens ; les urines sont purulentes {iain). Lear , pas d'accidens depuis trois jours; le testicule a diminué un peu de volume et est moins douloureux ; il est sorti un fragment avec les urines. Le malade est moins tourmenté par les envies d'uriner et ne souffre pas excepté en urinant ; les douleurs paraissent avoir leur siège au col de la vessie {bain). Le 32, le malade s'est levé, hier, s'est promené au jardin, a mangé la demi-porlion ; les urines sortent presque sans difficulté, mais elles sont toujours catarrhales et s'arrêtent quelquefois tout-à-coup; la sonde trouve toujours des calculs dans ia vessie, et fait saigner les parties lorsqu'on l'introduit et lorsqu'on la relire. Le a5, le malade a lendu uu gros frag-

APRÈS LITHOTIUTIE. A?!

ment celte nuit; il urine très facilement, mais de temps en temps il sent (dit- il) que des calculs s'engagent dans le canal et en bouchent l'ouverlure. Le 27 , huit gros fragraens ont été rendus cette nuit ; les urines sont abondantes et moins catarrrhales. Le 28, l'orchite s'est dissipée entièrement, le malade a rendu un gros fragment à noyau central et plusieurs petits. La sonde semble rencontrer des brides à la base du trigone qui empêchent les fragmens de sortir {bain). Le 29 , le malade a rendu huit fragmens, dont un a appartenu à un calcul de six lignes de diamètre. Le 2 mai , on sonde le malade et on éprouve plus de difficulté qu'à l'ordinaire à pénétrer dans la vessie. On adapte à l'extrémité de la sonde une plaque en ivoire, et en appliquant l'oreille on entend distinctement le frottement de l'instrument contre les calc\ils. Les urines sont teintes de sang et contiennent des mucosités épaisses ; la fièvre continue, insomnie {bain, injection dans la vessie avec de Veau de guimauve tiède, potion calmante). Le 21 , le malade est moins souffrant j il a rendu avec l'injection une grande quantité de mucosités concrètes, pas de calculs {même prescription). Le 22, le malade est pâle et souffre continuellement de la vessie; il y a toujours beaucoup de fièvre. Le ventre est gros, mais peu douloureux à la pression. On sonde le malade pour donner issue à l'urine, qui sort mêlée de beaucoup de mucosités purulentes ; on injecte de l'eau tiède , on débouche l'ouverture extérieure de la sonde et l'eau ne sort pas; on retire la sonde, et on la trouve bouchée par des mucosités membraniformes. Trois fois ce même accident est arrivéj et enfin on a été obligé d'aspirer par la sonde pour retirer l'eau qu'on avait injectée {injection, friction mercurielle sur le ventre, cataplasme sur la région hypogaslirique après les frictions). Le 23, le malade ne veut pas faire de frictions mercurielles; il est toujours souffrant , la langue est sèche, il a toujours de la fièvre et ne va pas à la selle (Z>atn, cataplasmes, lavemetis). Le 24, le ventre est moins gros, moins tendu, mais toujours douloureux dans la région de la vessie, on a posé hier soir des sinapismes aux pieds {limonade nitrique, sinapism,es aux mollets). Le 2 5, le malade est pâle, assoupi, très amaigri; la langue est sèche ,

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couverte d'une couche épaisse jaunâtre {appliquer des sinapt'smcs ce soir si l'assoupissement continue). Le 26 , le malade dort toujours , souffre peu, la langue est sèche {sinapisme aux genoux, bain). Le 27, le malade est toujours assoupi ; respiration difficile, accélérée; ventre douloureux, moins hallonné, langue très sèche', blanche, fièvre continue, urines noirâtres et fétides ; mort à six heures et demie du soir.

Autopsie , trente-six heures après la mort. On ne trouve aucune lésion dans la poitrine, ni dans la tête.

Les reins sont volumineux ; le droit a presque doublé de volume. Tous deux sont ramollis, d'un rouge brun foncé et, en quelques points, noirâtres comme s'ils étaient gangrénés; ils sont criblés de points blancs qui sont autant de petits dépôts purulens ; dans le rein droit on trouve un abcès assez volumineux. Après avoir fendu les reins, on peut exprimer du pus de leur tissu i-amolli 5 on n'y trouve point de calculs. Les uretères, suilout le droit, sont très dilatés, et, comme les bassinets, sont pleins de pus; on peut introduire le doigt auriculaire dans la cavité des uretères; leurs parois sont épaissies.

La vessie est distendue par l'urine ; ses parois sont épaissies, ramollies en quelques points et indurées en quelques autres. Elle est en pleine suppuration dans toute son étendue ; l'uline fst d'une couleur foncée , fétide, et mêlée de flocons purulens. M. Velpeau introduit la main dans la vessie , et la retire pleine de calculs et de fragmens de calculs : en effet il y avait cent trente calculs dans cette poche ; cinquanle-et-un entiers de trois à six lignes de diamètre, et quatre-vingt-cinq moi'ceaux, d'une à trois lignes, et quelques-uns plus petits encore. Tous les calculs sont de forme cubique, à facettes lisses, et quelques-uns à noyau central ; ces calculs sont, les uns libres dans la vessie , les autres loges dans de petites poches que cet organe présente dans sou intérieur. Pas de Jjlessure de la vessie; le col est occupé par une tumeur polypeuse du volume d'une noisette, mobile , pédiculéc , ramollie, en suppuration. La prostate est volumineuse et ramollie. L'urèlhre ne présente pas de blessure, pas de fausse route, pas de calculs.

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