ET CANCER DE LA VESSIE
§ 4ii. Rapports de la néphrite avec le cancer de la vessie.
Lorsque le cancer de la vessie ne détermine pas d'hématuries assez abondantes pour jeter la constitution dans une cachexie qui conduit lentement, mais sûrement à la mort, le plus souvent les malades meurent d'une inflammation uUime des reins. L'Obs. LUI est un exemple de cette terminaison ; j'en rapporterai plus loin (Art. Pèrinèphrilé) un second cas qui a été figuré dans mon ATLAs'fpl. XYII, fig. I).
M. Horn a vu un cancer de la vessie , communiquant avec le rectum, et suivi d'une pyélite calculeuse. M. Giviale (i) a cité le cas d'un malade qui avait un cancer et un calcul dans la vessie , des calculs et de petits abcès dans les reins.
J'ai fait figurer un troisième exemple de cancer {Cancer mèlané de la vessie), (Atlas, pl. XLI, fig. 4)- La tumeur située autour de l'extrémité vésicale de l'uretère du côté gauche, en bo uchait l'orifice; le rein gauche éprouva une désorganisation inflammatoire des plus profondes qui fut annoncée , pendant la vie, par des douleurs dans la région lombaire correspondante. J'ai vu , avec mes honorables confrères , MM, Ségalas , Marjolinet Giviale, un vieillard d'un teint pâle et jaunâtre, sujet à une hématurie habituelle et parfois à des rétentions d'urine , chez lequel ces habiles chirurgiens reconnurent , par le cathétérisme , une tumeur située vers l'orifice de l'uretère gauche j ce vieillard éprouvait habituellement des douleurs dans la région rénale du même côté, que nous attribuâmes à ce que cette tumeur apportait probablement un obstacle au passage de l'urine de l'uretère dans la vessie.
Obs. Lui. — Opération de la taille; retour d'accidens analogues à ceux qu'avait produits la pierre; corps mou rencontré par la sonde dans la vessie; symptômes de cystite et de néphrite chroniques; urine alcaline et muqueuse; émissions fréquentes, douloureuses; douleurs aux lombes; symptômes adynamiques; mort. — Cancer fongueux de la vessie; dilatation des uretères; double néphrite ultime; abcès extra-rénal le long dn psoas du côté gauche.
Contrenty, Pierre, compositeur, âgé de quarante-deux ans, (i) Civialc. Traité de V affection, calculeuse, p. Sag. ia-8». Paris. i838.
fut transféré , le g novembre 183^ , des salles de chirurgie dans mon service. Cet homme était arrivé au dernier degré d'épuisement. Il avait été opéré de la taille plusieurs années auparavant; et, bien que les suites de l'opération eussent été heureuses , il avait été bientôt repris de nouveaux accidens, analogues aux premiers , et qui lui firent croire à une récidive de la maladie. Il avait successivement consulté plusieurs chirurgiens, et dans ces derniers temps il avait réclamé les soins de M. Velpeau.
II éprouvait en effet des symptômes de cystite calculeuse; mais la sonde ne reconnut pas de calcul. Cependant, lorsqu'elle était introduite dans la vessie , on sentait une résistance que l'on ne savait à quoi attribuer d'une manière positive ; on touchait un corps mou sur la nature duquel on balançait à se prononcer d'une manière absolue. Lorsque cet homme fut placé dans mon service, il offrait tous les symptômes d'une néphrite double et d'une cystite chroniques. L'urine étaitpâie, complètement décolorée, fortement alcaline , rendue en petite quantité, dans des émissions fréquentes, pressantes et douloureuses, Abandonnée à elle-même, l'urine déposait un sédiment blanc, qui, au microscope, paraissait entièrement formé par un mélange de globules purulens et de cristaux parfaitement réguliers de phosphate ammoniaco-magnésien. Il y avait de la douleur dans les réglons lombaires et dans l'hypogastre, et elle était augmentée par une très légère pression. La langue était bi'une et sèche , la soif vive , la diarrhée abondante , le pouls petit, serré et fréquent, la faiblesse des plus considérables, l'adynamie imminente. Une application de ventouses aux lombes , affaiblit le malade sans le soulager sensiblement ; les bains de siège ne purent être continués long-temps à Cause de la faiblesse. Il fallut se borner aux délayans et aux opiacés; le malade, après avoir eu le délire , succomba lo jours après son arrivée, le 29 décembre i&S-j.—Aufopsieleoi décembre. Le reindroita conservé son volume et sa foi-me ordinaire; sa membrane extérieure se détache difficilement, et, quelques précautions que l'on prenne, il en reste des débris à la surface de l'organe. L'extérieur du rein, très inégal, préseule plusieurs dépressions