ET CANCER DE LA VESSIE
irrégulières, auxquelles viennent aboutir des lignes ou rides semblables à celles qui avoisiuent les cicatrices des brûlures de la peau ; le fond de ces dépressions est injecté, rouge ou violacé. La couleur générale du rein est pâle, d'un blanc grisâtre, anémique. Sur ce fond décoloré se voient un grand nombre de petites saillies, la plupart du volume d'une grosse tête d'épingle ; quelques-unes forment de petite» éminences jaunâtres, distinctes des granulations dites de Bright, par leur forme, leur situation superficielle, et leur plus grand volume. Ces inégalités sont plus nombreuses aux deux extrémités du rein que partout ailleurs. C'est là aussi que les dépressions dont j'ai parlé sont plus nombreuses et plus profondes. Enfin sur la surface extérieure du rein, on voit de petits vaisseaux, injectés, former des arborisations ou des étoiles. Quelquesunes des plus grosses granulations, incisées, ofi^rent à la coupe la même apparence qu'à l'extérieur. Le tissu de ces granulations, plus consistant que la matière tuberculeuse, l'est moins que le tissu squirrheux. Elles ressemblent , plus qu'à toute autre chose, aux points purulens que l'on rencontre souvent dans les néphrites qui surviennent après les résorptions purulentes , la fièvre typhoïde , etc. Après avoir fait une section suivant la longueur et l'épaisseur de l'organe , on voit que la substance corticale, plus épaisse que de coutume , est intérieurement blanche, grisâtre comme à l'extérieur, avec des granulations moins saillantes , qui ne pourraient guère être distinguées de celles de la néphrite albumineuse. On aperçoit aussi quelques ecchymoses dans cette substance. Les cônes de la substance tubuleuse, un peu affaissés, semblent comprimés par le développement de la substance corticale ; on ne voit pas , dans leur épaisseur, comme dans cette dernière, de stries jaunâli'es. Le bassinet est beaucoup plus large que de coutume. Sa face interne est généralement d'un blanc mat et laiteux, avec de légères arborisations j les membranes de ce réservoir sont épaissies et ont augmenté de densité. Les calices ont aussi une plus grande dimension ; leurs membranes sont épaissies; leur face interne est injectée. Le rein gauche est atrophié. Sa forme est un peu plus allon-
gée que celle d'un rein sain. La membrane celluleuse est très épaisse et pénétrée de dépôts plastiques. On parvient assez facilement à dépouiller le rein de la membrane fibreuse. Sa surface généralement pâle , rosée dans quelques points , est lisse , et n'offre pas les inégalités et les granulations que nous avions observées sur le rein droit. Sur la face antérieure du rein , on trouve une ouverture fistuleuse assez étroite qui établit une communication entre la cavité intérieui'e du rein, et un foyer situé à l'extérieur de cet organe. Autour de cette ouverture fistuleuse, les membranes sont plus adhérentes et plus épaisses que partout ailleurs. Les parois de ce conduit fisluleux sont jaunâtres ; et tapissées par une substance qui a l'apparence du pus concret.
Une section longitudinale du rein fait voir que le tissu de cet organe est réduit à une épaisseur de quelques lignes. Il offre la même apparence qu'à l'extérieur, excepté dans les parties qui avoisinent les cônes ; là on retrouve la même substance jaune et concrète qu'autour de la fistule. C'est au centre de l'un des cônes que la perforation a eu lieu. Le bassinet, d'une très petite dimension , est rempli de pus ; la face interne a une couleur verdâtre nuancée çà et là d'arborisations très fines ; épaisissement considérable de ses membranes.
Les uretères sont très dilatés; leurs parois, généralement un peu amincies. La moitié inférieure de l'uretère du côté gauche offre un rétrécissement avec épaississement de la membrane muqueuse.
La vessie , très petite , globuleuse , se présente comme une masse charnue solide. En l'incisant, on reçonnaît que ses membranes ont une épaisseur de près d'un pouce ; la membrane musculeuse, singulièrement hypertrophiée , en forme la plus grande épaisseur. Sa cavité est entièrement remplie par trois ou quatre végétations cancéreuses, globuleuses, ulcérées à leur surface , très inégales ; même dégénérescence de la membrane muqueuse dans leur intervalle , excepté au sommet de la vessie oii elle est injectée. En incisant ces végétations, on voit qu'elles sont formées par du tissu encéphaloïde ramolli intérieurement, et par une substance lardacée , squir-