ET MALA.DIES DE LA PROSTATE
rheuse, mais peu injectée. Il n'y a pas de caillot dans la vessie ; il n'y a pas eu d'hématurie pendant les dix jours que le malade a été soumis à notre observation.
Il existait, à gauche , sur le trajet du muscle psoas , un foyer purulent, qui paraissait avoir son siège en dehors de ce muscle en partie atrophié, et qui environnait son tendon , après sa jonction avec le muscle iliaque, jusqu'à leur insertion au petit trochanter. L'inflammation paraissait s'être propagée derrière la gaine des vaisseaux fémoraux. Ce foyer n'avait pas été soupçonné pendant la vie. Il n'existait point de carie des vertèbres ; l'abcès était probablement consécutif à la fistule de la face antérieure du rein.
On ne put pas examiner les autres organes.
§ 4 12. Rapports de la néphrite avec les maladies de la prostate et des vésicules séminales.
Sous le point de vue thérapeutique, on ne doit jamais oublier qu'une maladie de la prostate , qui ne produit d'abord qu'un léger empêchement dans l'excrétion de l'urine, finit constamment, si elle est abandonnée à elle-même , par occasioner une rétention d'urine qui est suivie de lésions consécutives de la vessie plus ou moins graves et, très souvent, d'une inflammation des reins. Bonet (t), Morgagni (2),Stoll (3), ont rapporté des exemples d'inflammations rénales survenues à la suite de rétentions d'urine déterminées par une maladie de la prostate. Enfin on en a publié, dans ces derniers temps (4), plusieurs autres observations.
Everard Home (5) cite très succinctement quatre cas d'inflammation de l'uretère et du bassinet ou des reins, à la suite
(i) Bonet. Sepulcreium, lib. iii. aect. xxv. ohs. 3. t. ii. p. 644. (u) Morgagni. De sed, et caus. morb. , epist. xlu, art. 2g (cum calculo Vesicae).
(3) Stoll, Ratio medendi : Sectiones cadaveruni, no 4*
(4) Cross. A treatise on the formadon , etc., oj the urinary calculiis, pl. xv.
fig. I et 2. in-40 tond. med. Gazette, vol. l. p.SgB-SgS. — Ibid.YoU v.
p. 524. — Gazette des hôpitaux, in-4». p. 325.
(5) Home (Eward). Praciical observations on the trealement of the diseates
/lyS NÉPHRITE SIMPLE
de rétentioas d'urine provenant d'une maladie de la prostate. Il pense que la mort a lieu le plus souvent par suite de l'obstacle que la rétention de l'urine, dans le rein, apporte à la sécrétion urinaire, qui finit par être complètement suspendue. D'un autre côté, de nombreuses observations m'ont prouvé la fréquence des inflammations rénales à la suite des rétentions d'urine, oceasionées par des maladies de la prostate : de sorte que c'est évidemment à la réunion de ces deux causes, qu'il faut attribuer le plus souvent la mort. J'ai fait figurer un exemple de ces pyélo-néphi\ites mortelles (Atlas, pl. XVI, fig. i. 2. 3).
P.Frank, a cité un cas (1) de double pyélo-néphrite survenue à la suite d'une maladie de la prostate et de la vessie.
M. Lallemand (2) a rapporté l'histoire détaillée d'un homme, regardé long-temps comme hypocondriaque , mort d'une attaque apoplectiforrae, apiès avoir éprouvé plusieurs attaques semblables, et chez lequel on trouva , après la mort, un abcès de la prostate et une suppuration du rein gauche. Un autre (3) malade, atteint d'une rétention d'urine, mourut d'une véritable hémorrhagie cérébrale , et on trouva un abcès et des tubercules dans les reins. Une troisième observation (4) montre encore comment l'inflammation s'étend de la prostate aux reins par la vessie et l'uretère. Chez un malade âgé de soixante-six ans, devenu hydropique à la suite de fièvres intermittentes, on trouva une altération profonde de la prostate, de la vessie , de l'uretère et du rein gauche qui contenait du pus.
Iln'enti'e pas dans mon plan d'exposer ici les règles de ti ai-
of the prostate gland, 2 vol. in-8. London. 1811. Plates. Vol. I, p. 52, 63, 67, vol. II, p. 164.
(1) Casus nobis obvenit in quo , licet ren utique snppuratus fuisset, fuerunt tameu et ipsa vesica et prostata non exiguo ulcère sciri-bisque obsossœ. Atqui, cmn nulla nepbritidis praeirisseut symptomata, de solo vesicœ morbo, de renis vero suppuratione nequaquam cogitavimus (P. Frank. Epitome, lib.iv. p. 294).
(2) Lallemand, Des perles séminales involontaires, ia-^". Paris. i836. p. i3. obs. I.
(3) Ibid., p. 36. obs. 3.
(4) Ibid., p. 60. obs. 8.