‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 49 sur 81 · ET MALADIES DE LA PROSTATE · texte numérisé non relu

ET MALADIES DE LA PROSTATE

teraent des maladies de la prostate qui donnent lieu à des rétentions d'urine, et par suite à des maladies de la vessie et des reins. On sait d'ailleurs que, dans la pi'ostate aiguë, des applications de sangsues à l'anus, de ventouses scarifiées aux ischions, des bains de siège, des injections éraollientes dans le rectum , des scarifications légères et superficielles dans la région prostatique de l'urèihre , sont les moyens auxquels on a recours le plus ordinairement et avec le plus de succès. L'observation a démontré qu'on pouvait obtenir la résolution de certains engorgemens de la prostate , consécutifs à des blennorrhagies syphilitiques, par l'emploi des pi'éparations mercurielles. On a aussi conseillé de comprimer à l'aide d'instrumens particuliers les engorgemens squirrheux et indolens de la prostate chez les vieillards. J'ajouterai une remarque toute médicale. Après avoir constaté l'existence d'im engorgement de la prostate avec rétention plus ou moins complète de l'urine, le chirurgien en remédiant à cette rétention, n'oubliera pas que les sondes, et les explorations trop souvent l'épétées , ont quelquefois le grave inconvénient de provoquer le développement d'une inflammation aiguë de la vessie, et, par suite, celui d'une néphrite plus grave encore. Ceci n'est pas une vaine observation. Il est arrivé que des malades atteints de rétrécissement de l'urèthre avec engorgement de la prostate sont morts, en peu de jours , au moment oii le cours de l'urine était rétabli , et lorsque leur état, chirurgicalement parlant, paraissait s'être amélioré. Sans doute ces funestes accidens sont rares, et ne doivent pas faire négliger do chercher à rendre libre l'émission de l'urine , condition sans laquelle il n'y a point de guérison possible; mais il ne faut pas^ je le répète, oublier les inconvéuiens qu'entraînent le cathétérisme trop souvent pratiqué , et l'emploi des sondes et des bougies à demeure dans le traitement des affections de la prostate. Le praticien examinera donc souvent l'état de l'urine , celui des reins et de la vessie dont l'inflammation aiguë ou sourde doit être combattue dès son début par des moyens appropriés.

§ 413. Les vésicules séminales participent quelquefois à l'in-

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flammation de la prostate, du canal de l'urèthre et des reins. StoU (i) a rapporté l'observation d'un homme de trente-deux ans qui, après plusieurs blennorrhagies, eut un rétrécissement de l'urèthre, et une rétention d'urine, suivie de délire, et chez lequel on trouva , après la mort , un rétrécissement de l'urèthre, la vessie d'un rouge foncé par places, les reins plus rouges que de coutume , et du pus dans la prostate, dans la vésicule séminale gauche et dans le testicule gauche. Il me semble plus naturel d'attribuer les symptômes cérébraux, observés pendant la vie , à ces lésions graves des voies urinaires, que d'en chercher l'explication, avec M. ûalmas (a), dans une inflammation des vésicules séminales.

J'ai vu survenir des symptômes très graves et rapidement mortels, à la suite de l'inflammation des veinulesdu bas-fondde la vess ie, survenue elle-même dans des abcès de la prostate, avec gonflement et injection des reins, et avec de petits abcès dans les poumons.

Dans ces cas complexes, la mort résulte d'un concours de causes et de lésions, dont il est impossible de faire la part individuelle.

Obs. LIV. — Blennorrhagie; incontinence d'urine; urines purulentes; rein droit abaissé simulant une tumeur; diarrhée; langue sèche; induration de la prostate; hypertrophie de la membrane musculeuse de la vessie; teinte ardoisée de la membrane muqueuse vésicale; dilatatioa des uretères; pus dans les bassinets et les reins.

Michel G..., tailleur, âgé de cinquante-et-un ans, entra le 3 1 janvier i835 à l'hôpital de la Charité. Il a eu, y a vingt ans, une blennorrhagie ; depuis j il n'a été malade qu'une seule fois. Il y a un an, il éprouva de la difficulté pour uriner. Jamais il n'a eu d'autre blennorrhagie ; il n'a jamais pissé de sang. Il estresté, à l'hôpital, dans le service de chirurgie, environ deux mois; il n'avait pas de rétrécissement, car on put, dès le pi-emier jour, lui introduire une sonde assez grosse. On le sondait deux fois par jour pour vider la vessie; depuis quelque temps, il urine

(1) StoU, Ratio medendi, pars prima, sect. xv.

(2) Daimas. Maladies de la prostate et des -vésicules séminales avec ajjection cérébrale (Jourij* bebdom. de méd. t. m, p. 256).

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