‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 51 sur 81 · BT MALADIES DE LA PROSTATE · texte numérisé non relu

BT MALADIES DE LA PROSTATE

partie supérieure. La vessie est divisée égalemeiat par aa partie moyenne en deux portions.

L'urètlire n'est point altéré dans les portions membraneuse et bulbeuse.

La prostate, dure, crie sous le scalpel; son tissu est blanc bleuâtre comme du squirrhe. Il est difficile de reconnaître son organisation première; on voit seulement quelques follicules, séparés par du tissu cellulaire induré, hypertrophié, blanchâtre. La prostate a de quatorze à quinze lignes de hauteur; la portion prostatique du canal de l'urèthre fait, avec la ligne horizontale, un angle presque droit.

Les parois de la vessie sont considérablement épaissies j sa membrane muqueuse est grisâtre.

Obs. LV. — Rétention d'urine par suite d'un engorgement de la prostate ; cscbare produite dans le canal de l'urèthre par une sonde à demeure ; prostate très volumineuse; vessie rouge intérieurement; pus dans le bassinet et dans les reins ; traces de péritonite hypogastriqae.

Un homme, d'une cinquantaine d'années, fut apporté à l'hôpital de la Charité, souffrant d'une rétention d'urine qu'il attribuait à un excès de boisson , assurant qu'il n'avait, jusqu'à cette époque , éprouvé aucun embarras du côté des voies urinaires. Il resta pendant quelque temps dans le service de M. Fouquier, mais bientôt la nécessité de le sonder deux fois par jour, le fit transporter dans une salle de chirurgie. On le sonda d'abord, puis on lui laissa une sonde en gomme élastique à demeure. Bientôt la plupart des symptômes d'une inflammation grave et profonde des voies uriuaires se déclarèrent, et le malade ne tarda pas à succomber. J'assistai à l'ouverture du cadavre. Lorsqu'on eut fendu le canal de l'urèthre par sa partie supérieure et dans toute sa longueur, on découvrit une ulcération oblongue , à bords noirâtres, qui occupait la face inférieure du canal de l'urèlhre, commençait en arrière vers l'origine de sa portion bulbeuse , et se prolongeait en devant, dans l'étendue environ de deux pouces. Sur presque tout cet espace, la paroi inférieure de l'urèthre avait été détruite dans toute son épaisseur, et cette gangrène de l'urèthre

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coiTespondait , ainsi que l'a observé Boyer dans des cas analogues, au point vers lequel la compression de la sonde était la plus forte. Les bords de l'ulcération étaient noirâtres, le fond en était jaunâtre.

La glande prostate était trois fois plus volumineuse que dans l'état naturel; son tissu élait jaune et résistant sous le scalpel. Au col de la vessie et dans sa cavité, il existait une sorte de crête , du volume d'une noisette, qui se prolongeait dans le canal de l'urèthre par une ligne saillante en forme de raphé; de sorte que la rétention d'urine était due au moins autant à cette crête ou mamelon qu'au gonflement de la prostate. Une personne qui avait sondé ce malade avait reconnu cet obstacle, et elle avait remarqué que la sonde pénétrait plus facilement dans la cavité de la vessie lorsqu'elle était dirigée sur un des côtés de son col.

La membrane muqueuse de la vessie était d'un rouge foncé, sans fausses membranes ; la membrane musculaire était rougeâlre et hypertrophiée ; le péritoine du bassin était enflammé. Les deux uretères étaient dilatés. La membrane muqueuse des bassinets contenait une matière purulente, et la substance du rein contiguë était noirâtre , mais sans odeur de gangrène; cette teinte était probablement due à un commencement de putréfaction. On remarquait un giand nombre de petits points purulens dans la substance corticale des deux reins.

Obs.LVI. — Plusieurs blennoiTli.Tgics; trente ans après, besoins fréqnens d'uriner ; oedème des membres inférieurs ; douleurs dans les lombes ; frisson intense et prolongé ; douleur dans la région du rein droit; urine moins acide, donnant un dépût purulent, et offrant des grumeaux albumineux par l'acide nitrique; enfin, urine rare et alcaline aux approches de la mort; engorgement de la prostate (moyeu lobe); double pjélo-néphrite; hypertrophie concentrique du ventricule gauche du cœur (Atlas, pl.XVL fig. 1.2. 3.)

Etienne Coulomb, âgé de cinqiiante huit ans, cuisinier, entra à l'hôpital de la Charité, le aa août i835.

Cet homme, d'une bonne constitution , d'un tempérament sanguin, s'est toujours bien porté; il ne se plaint que de la difficulté qxi'il éprouve à rendre ses urines. Il y a une trentaine

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