‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 52 sur 81 · ET MALADIES DE LA PROSTATE · texte numérisé non relu

ET MALADIES DE LA PROSTATE

d'années , il a eu quatre blennorrhagies dans l'espace de six ans. Depuis dix ans environ , il a commencé à s'apercevoir que ses urines coulaient moins facilement. D'abord il a uriné plus fréquemment, puis par un jet plus fin. Il y a deux ans, il était déjà obligé d'uriner plus de huit à dix fois par jour, et quatre à cinq fois la nuit; maintenant, du matin au soir, il urine pliis de douze fois, et dans la nuit il est obligé de se lever plusieurs fois. Depuis deux mois , il est plus malade ; il a éprouvé des douleurs dans le ventre et dans les reins, et il a dù garder le lit. Il n'a jamais pissé de sang et n'a jamais remarqué de sable ou de gravelle dans ses urines; souvent elles lui ont paru troubles. Depuis quelques jours , il a les membres inférieurs légèrement œdémaliés. Il mange fort peu et n'a pas de diarrhée; la respiration est naturelle.

Le pouls est régulier (soixante pulsations par minute) , l'impulsion du cœur est naturelle ,■ les bruits sont faibles à la région précordiale; dans les autres points de la poitrine on n'entend pas de bruits morbides. En palpant et en percutant le ventre, on reconnaît que la vessie distendue fait saillie, et qu'elle dépasse de trois travers de doigt le niveau du pubis , et cependant le malade assure qu'il a uriné plusieurs fois depuis la veille. Il n'a jamais éprouvé de symptômes de la piei're, tels que suppression brusque du jet de l'urine , douleur à l'orifice de l'urètlire. Pour s'assurer si la rétention incomplète d'urine dont il est afiecté est due à un rétrécissement de l'urèlhre, on introduit une sonde en argent, n° 8 : elle pénètre très facilement jusqu'à la portion prostatique ; mais, pour arriver dans la vessie, on sent qu'il faut relever fortement le bec de la sonde. Les premières portions de l'urine qui s'écoulent sont claires, limpides; mais, en tournant la sonde de manière à plonger le bec dans le bas-fond de la vessie , on fait sortir une urine blanche , trouble, bourbeuse. Le jet est lancé assez loin, ce qui prouve que la vessie n'a pas perdu sa contractilité ; et, comme le malade rend une certaine quantité d'urine à-la-fois et non pas goutte à goutte, on arrive ainsi à penser que la rétention incomplète est due à un engorgement de la prostate. A plusieurs reprises lo malade a éprouvé des douleui^s dans les reins

et dans les flancs; il lui semble quelquefois qu'elles contournent les lombes et viennent se rendre au fond du bassin [calhèlérisme , tisane de chiendent.)

La vessie vidée par la sonde, le malade éprouve un très grand soulagement; il ne s'est jamais trouvé dans un si grand bien-être depuis plusieurs années.

Le i»5, l'urine extraite par la sonde est transparente, et ne contient pas de traces de la matière purulente qui la rendait trouble les jours précédens. Elle rougit le papier bleu de tournesol ; la chaleur et l'acide nitrique ne la troublent pas. Quelques jours après, celle qui avait été traitée par l'acide nitrique, était légèrement rosée , et contenait un dépôt de grains rouges d'acide urique.

Le 27 , la rétention a diminué ; on ne sonde plus le malade.

Le 6 septembre , l'urine est alcaline, trouble , blanche, purulente ; par la chaleur et l'acide nitrique elle ne donne pas de coagulura notable.

Le 7 septembre : la veille, le malade a éprouvé un frisson qui a duré vingt minutes , avec tremblement tellement violent, qu'il en sautait , dit-il , dans son lit. Douleur dans la région du rein droit et dans le flanc droit, suivant le trajet de l'uretère, dont C... indique exactement la direction avec le doigt. La pression du rein est douloureuse ; pas de nausées, ni de vomissemens, mais de temps en temps hoquet. A cette occasion, le malade se rappelle qu'il a eu fréquemment le hoquet, depuis deux ans et demi. Cet accident est sans doute produit par la rétention habituelle de l'urine. Celle qui a été rendue dans la nuit est légèrement trouble, comme du petit-lait non clarifié. La vessie distendue dépasse le pubis de trois travers de doigt. La région hypogastrique n'est pas plus douloureuse que d'ordinaire. J'introduis une sonde, et, lorsqu'elle est engagée dans la portion prostatique de l'urèthre, je la sens se dévier à gauche avant d'arriver dans la vessie. Lorsque la vessie fut vidée, la sonde se mouvait difficilement dans sa cavité ; chaleur , soif ; inappétence ; l'urine bouillie donne de petits grumeaux d'albumine coagulée {vingt-cinq sangsues sur la région du rein droit). Le 8 septembre, le malade n'a plus eu de frissons ; soulagement

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