‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 53 sur 81 · ET MALADIES 1)E LA PROSTATE · texte numérisé non relu

ET MALADIES 1)E LA PROSTATE

dans la douleur du reiu droit j les urines, rendues naturellement le malin, sont troubles et blanchâtres.

Le 9 , la fièvre a diminué ; peu de changement jusqu'au la.

Le i3 , coliques avec diarrhée; les jambes s'œdématient considérablement; bruits du cœur naturels ; urine blanchâtre et un peu trouble, rougissant très faiblement le papier de tournesol; au fond du vase, il y a Un dépôt purulent, blanc. Le i4, la diarrhée a cessé après un jour de diète absolue. Le i5, le malade urine très souvent, et peu à-la-fois comparativement avec les jours précédens ; légère douleur au moment de l'émission de l'urine et qui cesse aussitôt après ; douleur vers l'aine di'oite, point de douleur dans les reins.

Jusqu'au 20, même état ; le malade urine souvent, et peu à-lafois. Le 22 , retour de la diarrhée avec coliques ; douleurs dans le ventre. Le 23, le malade a euj hier, une faiblesse; aujourd'hui il est affaissé. Depuis hier beaucoup de râle muqueux dans toute la poitrine, surtout en arrière ; partie postérieure et inférieure du poumon droit matte à la percussion, résonnance plus marquée de la voix , langue sèche. Ce malin , on relire par la sonde une urine trouble, blanche , en tout semblable au pus liquide que j'ai eu souvent occasion de voir dans des bassinets dilatés et enflammés. La quantité de matière purulente tst telle que toute la masse de l'urine contenue dans la vessie en est troublée. On se rappelle qu'antéi'ieurement la première partie qui s'écoulait par la sonde était limpide , et que la dernière partie seule était trouble {limonade gazeuse, potion tonique, èdiilcorèe). Le 24, même état; beaucoup de râle et de gêne de la respiration, pouls rapide, diarrhée. Le 25, le malade a le râle ultime ; depuis quarante-huit heures il s'est fait un changement remarquable dans l'urine , elle contient à peine de matière purulente ; celte suspension de la sécrétion purulente paraît liée au développement de la phlegmasie pulmonaire et intestinale. Mort le 26, au malin.

L'urine du 24, examinée après l'émission, bleuissait le papier rougi de tournesol; elle était légèrement louche, se troublait un peu plus par la chaleur, et s'éclaircissait par l'acide nitrique.

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Autopsie du cadavre, 28 heures après la mort, llalilitde extérieure: grande taille, membres vigoureux ; le tissu cellulaire sous-cutané contient peu de graissej infiltration très notable au scrotum, bouffissure des extrémités inférieures et delà face.

Têie : le cerveau n'a offert aucune altération.

Poitrine : les plèvres contiennent chacune une once de sérosité citrine. Le poumon droit offre d'anciennes adhérences ; engouement à la partie postérieure des deux poumons, dont les lobes inférieurs, surtout ceux du poumon droit, sont en partie splénisés à leur centre. Les bronches sont rouges et contiennent beaucoup de sérosité spumeuse.

Le péricarde contient un pevi de sérosité citrine , et n'offre pas d'altération ; le cœur est plus volumineux qu'à l'état ordi- Tiaire^ pesant et très ferme; les parois du ventricule gauche sont épaisses, sa cavité est petite. Les orifices et les valvules n'offrent aucune altération ; les parois des oreillettes sont comme dans l'état ordinaire ; les parois du ventricule gauche ont plus d'un pouce d'épaisseur ; la cloison interventi-iculaire est également très épaisse. Le ventricule gauche est à lui seul aussi volumineux qu'un cœur ordinaire ; sa cavité se trouve rétrécie par suite de l'épaississement des parois (hypertrophie concentrique du ventricule gauche , sans dilatation des autres cavités et sans changement dans l'épaisseur de leurs parois). Aorte et gros vaisseaux à l'état normal.

Ahdomen. Rougeur assez intense de la membrane muqueuse de l'estomac. Les plaques dePeyerne sont pas plus développées que dans l'état sain , mais elles sont couvertes de petits points noirs. Le cœcum est rouge et ai'borisé ; la moitié supérieure de la membrane muqueuse des gros intestins offre de l'injection sur un fond ardoisé. On y voit en outre plusieurs taches blanches, assez unies, déprimées, qui ont l'aspect de cicatrices; sur la partie inférieure du colon, la couleur et l'injection arborisée sont plus vives.

La rate a presque le double de son volume ordinaire; elle est dure, contient peu de sang, et paraît très ferme à la section; intérieurement elle présente une couleur noire de suie, uniforme.

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Le foie, de volume , de forme et de consistance ordinaires, ne présente rien de notable à l'extérieur. Mais , en le divisant par tranches , d'avant en arrière , on observe que la moitié antérieure est d'un rouge presque uniforme j l'autre est marbrée de noir : en faisant plus d'attention, on voit comme des étoiles ou pinceaux de vaisseaux, disposés en cercle autour des conduits biliaires. A la partie la plus postérieure du foie, cette disposition est extrêmement marquée. L'aspect des coupes du foie peut encore être comparé à celui du povimon dans l'hépatisation lobulaire ; les petites étoiles noirâtres rappellent l'injection noire qu'on voit autour des tubercules disséminés etnou encore suppurés, dans les poumons enflammés des phlhisiques.

La vésicule biliaire contient une vingtaine de calculs du volume d'un pois environ , de couleur verdâtre, assez légers; pas d'oblitération des conduits biliaires. Ên suivant, dans le foie, un conduit biliaire principal, toute la substance contiguë, dans une ligne à-peu-près d'épaisseur, a paru noirâtre. On ne remarque pas la même chose le long des vaisseaux sanguinsj du reste , le foie n'offre pas de traces de putréfaction ou d'imbibition.

Les reins sont entourés d'une graisse assez compacte, jaunâtre, orangée, comme celle de certains épiploons. La surface des reins, d'un rouge brunâtre, ofFi-e un grand nombre de points jaunes qui correspondent à du pus infillré ; entre les points purulens l'in j ection est plus considérable. Les deux reins avaient peu de consistance, et se sont putréfiés rapidement.

Le rein droit est plus volumineux que le gauche. Sa couche celluleuse se détache très facilement; on remarque dans cette couche un petit dépôt de pus en dehors du rein. A l'extrémité supérieure du rein, existe une espèce de kyste contenant du sang.

La substance corticale est infiltrée de pus à sa surface et dans son épaisseur. On remarque aussi deux petits kystes; la substance tubuleuse présente des traînées blanchâtres parallèles aux tubes; ce sont ou des traînées de pus entre les tubes de Bellini ou des tubes remplis de cette matière.

Le bassinet et les calices sont très dilatés ; quelques mamelons

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sont aflaissés, d'autres à l'étatuaturel ; aucun d'eux n'est ulcéré. La membrane muqueuse du bassinet présente une injection très fine, bleuâtre et rougpâtre, très serrée, qui- rappelle la couleur bigarrée de certains œufs de petits oiseaux.

L'uretère a le volume du doigt médius; il ne contient pas do calculs; si on verse de l'eau dans le bassinet, elle s'écoule dans la vessie.

Les membranes du rein gauche sont dans le même état que celles du rein droit ; le bassinet et les calices sont distenduSi Le rein gauche , dépouillé de sa membrane, présentait un grand nombre de points jaunâtres très rapprochés, comme des pustules, du volume de la tête d'une grosse épingle ; injection très rouge dans les intervalles des points jaunâtres; sur la face postérieure, un kyste contenant du sang coagulé; ce kyste, enlevé avec la membrane, laisse la substance rénale comme ulcérée dans trne petite étendue, avec une légère dépression. On voit sur la même face trois autres petits kystes.

Avant qu'on enlevât le rein , le bassinet formait une tumeur grosse comme un œuf. L'uretèrej distendu, du volume du pouce d'un adulte, ne présente pas de calculs, ni d'autres obstacles au cours de l'urine. Les mamelons sont plus affaissés que dans l'autre rein ; la membrane muqueuse n'est pas altérée , il n'y a eu que distension. On trouve aussi , dans la substance du rein , quelques petits kystes et des points purulens.

La vessie contenait environ dix onces d'une urine, claire à sa partie supérieure , et mélangée de pus blanchâtre à son basfond. Point d'injection, point de teinte ardoisée, point de développement morbide des follicules, point d'exsudation à la surface interne, ni de petits flocons membraneux. En deux endroits la membrane muqueuse fait hernie à travers les fibres de la membrane musculaire. Au sommet delà vessie, quand elle était pleine, il y avait une petite poche comme surajoutée, de la grosseur d'un œuf de pigeon, à parois minces (membrane muqueuse et membrane périlonéale, avec quelques fibres musculaires très rares). L'ouverture de communication de cette poche, avec la cavité principale de la vessie, a un pouce de diamètre à-peu-près. Sur le côté gauche de la vessie , plus

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près de la face postérieure que de l'antérieure , on Voit une autre poche de même grandeur, à parois très minces, communiquant avec la cavité de la vessie par un orifice qui admettrait à peine le petit doigt. Cette hernie de la membrane muqvieuse, à travers les fibres de la membrane musculaire, était recouverte par le péritoine.

Les parois de la vessie ont près de trois ligues d'épaisseur, quoiqu'elle ait été très distendue; la membrane musculaire est hypertrophiée. Le tissu cellulaire extra-péritonéal correspondant , est épaissi , un peu infiltré et très friable.

La vessie et l'urèthre ayant été détachés du pubis et isolés du rectum et des parties voisines, la prostate fut disséquée. Elle avait le volume d'un œuf de poule; plus large à sa partie postérieure qu'à sa partie antérieure, elle paraissait embrasser circulairement le col de la vessie.

L'urèthre ayant été incisé dans toute sa longueur, par sa partie supérieure , jusqu'à la vessie, on put voir très distinctement les dispositions suivantes :

La portion prostatique de l'urèthre n'est pas rétrécie; la membrane muqueuse est très mince ; le veru raontanum n'est pas plus développé que de coutume; le raphé antérieur, au point oii viennent s'ouvrir les conduits éjaculateurs, est sain. Les deux lobes latéraux de la prostate sont extrêmement développés; chacun d'eux ressemble à un œuf de pigeon assez gros. A leur face interne ils sont un peu mamelonnés, et, quand, pour rétablir le canal, on les rapproche, ils rappellent la disposition des couches optiques, et leurs intervalles, celle du ventricule moyen du cerveau.

Au-delà de la partie saillante du veru montanuni, c'est-à-dire à la partie la plus antérieure du trigone vésical, entre les lignes divergentes qui se rendent du veru montanura à la base du trigone , on voit deux tumeurs séparées l'une de l'autre par un sillon médian, peu profond. Chacune de ces tumeurs est séparée de la partie postérieure tles lobes latéraux de la prostate, par un sillon. Du côté gauche, ce sillon permet à une grosse sonde d'arriver dans la vessie. Cette disposition avait été reconnue pendant là vie; en sondant le malade, j'avais senti la

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sonde, lorsqu'elle était parvenue au col de la vessie, se dévier à gauche , et pénétrer sans peine dans la vessie. Le sillon qui sépare le lobe latéral droit de la prostate de l'autre tumeur, est moins profond j cependant la sonde, fortement dirigée à droite, aurait pu également pénétrer dans la vessie. Ces deux tumeurs sont ovalaires; celle du côté gauche est d'un tiers plus grosse que celle du côté opposé. Elles ont à-peu-près le volume d'une amande; elles font corps avec la vessie ; leur grosse extrémité, la postérieure, fait une saillie de plus de six lignes dans la cavité de cet organe. Leur grosse extrémité est dirigée en arrière , et leur petite en avant. Ces tumeurs sont recouvertes par la membrane muqueuse de la vessie qui est extrêmement mince et très lisse ; elles présentent à leui" surface plusieuis petits mamelons arrondis. Afin de constater si ces tumeurs étaient une dépendance de la prostate , on fit une section qui comprenait de chaque côté le lobe latéral de la prostate et la tumeur la plus voisine. On vit alors que les deux tumeurs étaient évidemment formées de la même substance que les lobes latéraux de la prostate , avec lesquels elles se continuaient. Le tissu de la prostate était jaunâtre, dur à couper comme du tissu dit squirrheux. Les cavités des follicules n'étaient pas apparentes. A peine , par la pression faisait-on sortir un peu de la matière jaunâtre , liquide, qu'on trouve ordinairement en faisant une section à la prostate.

L'urèthre , long de neuf pouces , n'ofirait pas de rétrécissement; ses follicules étaient peu développés, excepté vers la portion membraneuse; aucun de leurs orifices n'était assez dilaté pour admettre le bout d'une sonde n" 4-

§ 4t4. Rapports de la néphrite avec les maladies de Vurcthre.

Il est rare que l'inflammation aiguë de l'urèthre se propage aux reins ; j'ai cependant vu plusieurs cas d'extension de la hlennorrhagie , à la vessie, aux uretères , aux bassinets et aux reins ; mais les phénomènes observés se rapportaient plus spécialementà la pyélo-néphrite qu'à la néphrite proprement dite. L'urine était constamment chargée de mucus

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provenant en partie de l'urèthre (ce dont on pouvait s'assurer en examinant comparativement le premier jet et les suivans), et en partie de la face interne de la vessie et du bassinet; le rein était plus ou moins douloureux à la pression.

Celte extension de la blennorhagie à la vessie et aux reins (r) a été observée le plus souvent dans des cas de blennorrhagies cordées ou syphilitiques. Quelquefois aussi elle a été déterminée par l'emploi intempestif de remèdes intérieurs, excitans (a), ou par des injections résolutives ou répercussives.

§ 4*^- individus affectés de blennorrhagies chroniques , sont facilement atteints de néphrite par suite du froid et de l'humidité (3); ils ressentent alors des douleurs des reins et urinent très fréquemment; l'urine est peu colorée et chargée de mucus. Les douleurs, ouïes tiraillemens des reins, se manifestent ordinairement après des symptômes d'une irritation vive de la vessie, quelquefois seulement à la suite d'une station prolongée. Alors émission d'urine, fréquente, accompagnée de douleurs, de spasmes, surtout après l'expulsion des

(r) Lœlius a Fonte, cité par Lieutnud {^ffist, nat. med. t. x. p. 262), Bonet (5epu/crei. Lib.iii. sect. 22.obs 3), et Morgagni {De sedibus et causis morbor,, epist. XLir. § 2), ont cité plusieurs exemples de pyélo-néphrites chez des individus qui avaient eu antérieurement des blennorrhagies. F. Hoffmann a aussi remarqué que la gonorrliée pouvait occasioner l'inflammation de la vessie et de celle des reins {Opéra : de gonorrhœa benigna. obs. 5. — Consult. cent. 2. et 3. sect. 3. obs. 100. de gonorrhasa cnm exnlceratione renis dextri colli vesicse et prostatarum). — M. le docteur Pigeaux a rapporté l'observation curieuse d'une femme , venue à l'Hôtel-Dieu pour se faire traiter d nne douleur vive dans la région rénale gauche, et qui finit par avouer que cette doulear coïncidait avec un commencement de grossesse et un écoulement par les parties génitales {Journ, hebdomad. n.^ sér. t. v. p.4i2).

(2) Chopart rapporte l'observation d'un jeune homme qui, pour se guérir d'une blcnnorrhagie , ayant pris trois onces d'huile essentielle de térébenthine, en douze heures, éprouva tous les accideus d'une cystite et d'une néphrite algue {Traité des maladies des 'voies urinaires, t. ir. p. 18).

(3) Lallemand. Des pertes séminales involontaires, obs. x, p. 9a; obs. iii p» 102; obs. XV. p. i43; ol)8, xxy. p. 14Ç.

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dernières gouttes , avec chaleur el pesanteur au périnée , et quelquefois suivie de pollutions nocturnes et diurnes.

Obs. LVII. — Elcnnorrhagie suivie d'une inflammation de la membrane muqueuse delà vessie, du bassinet et des reins; douleurs dans la région de la vessie et dans celle du rein droit; urine chargée de mucus, trouble et légèrement acide au moment de son émission, insuccès du copabu.

Adolphe, âgé de 20 ans, tailleur, eutr«i le 8 mai i836 àl'hôrpital de la Charité, îJé dans le midi, cet individu a le teint brun fortement prononcé; sa santé est bonne, bien qu'il soit sec et maigre. Il ne se rappelle point avoir jamais été sérieusement malade. Dans son enfance il a eu la teigne.

Il y a quatre mois, il a contracté, pour la pren^ière fois, une blennorrhagie très intense, qui a duré trois mois et demi: elle était cordée et fut suivie d'une douleur dans le rein et la ciiisse droite. Au bout de ce temps , il prit la potion de Chopart, qui, sans couper la chaudepisse, exagéra la douleur du rein, et lui causa une hématurie pendant cinq à six jours. A cette époque il urinait , toutes les cinq minutes , avec douleur avant, pendant et après l'excrétion.

Aujourd'hui il éprouve dans le rein droit une vive douleur, qui se propage quelquefois dans la cuisse droite ; exagérée par la pression et les mouvemens latéraux du tronc , cette douleur suit également le trajet de l'uretère et va aboutir à la région de la vessie, qui est sensible. Du côté gauche, le malade dit éprou-:ver les mêmes douleurs , mais à un très faible degré, Huit ou dix émissions de l'urine en 24 heures. Les urines sontti-oubles, très légèrement acides et contiennent une quantité notable dp mucus.

La chaudepisse, passée à l'état chronique, persiste. Point de vomissemens; l'abdomen est indolent , excepté dans les points que nous avons indiqués. Les autres appareils ne donnent absolument aucun symptôme {saignée, ï>ain, tisane de raisin d'ours, lait). Jusqu'au 20 raai,rélat de ce malade s'améliora un peu, surtout pour les douleurs vésicales el rénales; mais les urines restent toujours chargées de mucus et troubles ( application de sangsues sur le rein droit. )

APRicS BLENNORRHA-GIE.

L'écoulement bleuiiorrhagique continuant, le copatu fut administré, pendant trois jours , à la dose de deux gros dans nue potion. L'écoulement s'arrêta le troisième jour ; mais, s'il faut en croire le malade, pendant tout le temps de l'administration de ce médicament , les douleurs dans la j égion de la vessie et la douleur des reins avaient été très fortes. Ou suspend la potion; elle lendemain l'écoulement repaïut plus abondant ; les douleurs du rein sont plus fortes ; émission , douloureuse et plus fréquente, d'urine (5 fois dans ^4 J^^mes). Point d'altération des voies digestiyes. Le 3o mai , le malade sort non guéri.

Ods. LVIII. — Fistule recto-vaginale; blennorrbagies; douleurs dans la région de la vessie et dans le rein droit ; col de l'utérus rouge et gonflé ; traitement par les saignées , les ventouses scarifiées , le baume de copaLu et ia térébenthine, soulagement. ^•

P âgée de 4o ans, domestique, entrée le 4 juillet i836,

à l'hôpital de la Charité. Cette femme, petite, grêle, brune, d'une constituUon sèche, mais assez forte, prétend n'avoir jamais été alitée, si ce n'est il y a cinq ans; à celte époque, elle eut une blennorrhagie dont elle fut guérie à l'Hôtel-Dieu, après six semaines de traitement- En même temps, elle souffrait dans la région rénale droite , et rendait des urines fort épaisses , glaireuses , mais sans douleur dans la vessie ; elle avait la diartrhée sans autre trouble des fonctions digestives. Cette blennorrhagie passa à l'état chronique. Pendant dix-sept mois, l'écoulement persista , et la diarrhée, pendant onze mois , sauf quelques interruptions. Cette femme remarqua aussi, qu'à certains intervalles, et cela pendant trois ans , les urines étaient extrêmement épaisses, filantes, mais les douleurs dans le côlé droit étaient rares. Du reste, elle ne rendit jamais avec l'urine, ai sang , ni gravier , et n'eut point de rétention. Celte femme, qui prétend n'avoir jamais eu d'enfans, nous avoua, après un mois de sf'jour à l'hôpital , qu'elle était affectée depuis cinq ans d'une fislule recto-vaginale; elle ne savaitpoint, disait-elle, comment cette infirmité lui était venue. L'air menteur de la malade nous fit ajouter une médiocre confiance à ce renseignement.

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Depuis trois semaines, nouvelle blennorrhagie, et de plus, depuis cinq jours, cuissons , émissions d'urine très fréquentes et douloureuses (lo en une heure), urine rendue goutte à goutte ; région de la vessie très douloureuse à la pression. Cette douleur remonte le longdu trajet de l'uretère pour se fixer, intense, dans le flanc , à la place du rein , dont on peut circonscrire avec le doigt la moitié inférieure; dans ce point, la plus légère pression est très pénible, le rein est également sensible en arrière ; il ne paraît pas d'ailleurs augmenté de volume. Les urines sont troubles, d'un jaune pâle, contenant beaucoup de mucus et laissent déposer une couche de matière purulente , verdâtre, de deux à trois lignes d'épaisseur. Rien d'anomal dans les bruits du cœur, soixante-dix pulsations par minute- Langue et appétit naturels; point de douleur vive dans le ventre , bien qu'il y ait de la diarrhée et des selles glaireuses. Les lèvres du col de l'utérus, examinées au spéculum, sont grosses , rouges ; un mucus épais , blanc , jaunâtre, sort à travers l'orifice du col. Les règles viennent à leur époque ordinaire. Point de traces de syphilis, aux parties sexuelles , à la peau , dans les os ; bonne sonorité de la poitrine, respiration naturelle. Deux saignées (qui furent couenneuses), des bains, des bains de siège, une application de sangsues et des pilules de Sédillot données , pendant huit jours, calmèrentpeules accidens; l'émission de l'urine était presque continuelle , et la quantité de pus dans l'urine ne diminuait pas; la couche de cette matière purulente, verdâtre avait quelquefois cinq lignes de hauteur.

Le 26 juillet, on passa un séton au-dessus du pubis.

Le a8, les urines étaient alcalines; on mit la malade à l'usage du copahu, un demi-gros matin et soir.

Le 6 août, le copahu fut porté à deux gros, et déjà il n'y avait plus de pus dans les urines, qui contenaient seulement du mucus ; les douleurs du rein avaient disparu, et la région de la vessie était à peine sensible. Les ui'ines étaient rendues aisément, et seulement un peu plus fréquemment qu'à l'état normal. Le 7, la répugnance de la malade pour le copahu nous fil prescrire 24 grains de térébenthine cuite; le mieux se soutmt, les urinçs étaient muqueuses , mais il n'y avait douleur nulle

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part. Le 19 août, nouvel accès de douleurs; elles sont vives dans la région du rein , très vives dans la vessie ; l'émission des urines est fréquente (huit fois pendant la nuit) ; les urines sont troxibles , alcalines, avec beaucoup de mucus et une couche d'une ligne de pus, blanche et compacte comme de la cire. Nouvelle saignée, qui est couenneuse; 8 onces de sang par des ventouses sur la région lombaire.

Le ^o, ou recommence le copahu , et le surlendemain il n'y a plus de pus dans l'urine, mais seulement une couche de mucus de cinq lignes de hauteur. Le 26 , on donne un gros de cubèbejles urines jusqu'à la fin du mois ne sont que muqueuses. La malade sort très soulagée, le 5 septembre i836.

§ 416. Les rétrécis semcns de l'urèlhre (i) sont une cause plus fréquente de l'inflammation des reins que la blennorrhagie ; l'émission de l'urine se fait le plus souvent, alors, d'une manière incomplète, et une cystite chronique est le premier effet de cette rétention partielle; une pyéliteou une pyélo-néphrite est, plus tard, souvent la conséquence de la rétention et de la cystite, et quelquefois de l'inflammation de la prostate qui accompagne ces rétrécissemens.

La guérison de la néphrite est subordonnée à celle du rétrécissement de l'urèthre.

Obs. LIX. — Kcphrite chronique (mamelons blancs), chez un individu atteint d'nne blennorrhagie et d'une ulcération de l'œsophage.

Le 23 août i83i,j'ai examiné deux reins provenant du cadavre d'un homme mort d'une ulcération de l'œsophage, et qui était

(i) Voyez : Chopart. Traité des maladies des nioies urinaires, tom. Il, p. aSg. — Prost (^Médecine éclairée par l'ouverture des corps, t. 2. p. Si) a TU une néphrite.! la suite d'une contusion et d'une fistule de l'urèthre. — C. Hawkins. Slnicture and disease oj the kidney {honi. med. Gazette, vol. xir. p. 618). — Baron. Bulletin de la société analomique, iS36, p. 278. — Cambournir.,Obs. de rétention Surine, suivie de mort [Joxxrn. hebdom. deuxième série. 1. 1. p. 16). — Le docteur Bermond a rapporté un c.is de néphrite après une oblitér.ition presque complète de l'urètlire survenue à la suite d'une inflamniation avec gangrène do la verge ( Gazelle médicale de Paris, i838, p. i58 ). — M. Cross , a indiqué un cas de pyélo-néphritc et figuré le rétrécissement de l'urèthre avec fistule urét.hrale ( Pl. xvr. figure i ).

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atteint d'une blennorrhagie. Le canal de l'urèthre n'offrait pas de rétrécissement notable. De petits mamelons blancs donnaient aux reins un aspect marbré. Les plus gros de ces mamelons, de dimensions fort inégales, ne dépassaient pas le volume d'une grosse lentille ; quelques-uns avaient h peine celui d'une grosse tête d'épingle. Ces deux reins étaient plus durs, plus résistans que des reins sains. Vue à la loupe, toute leur surface paraissait comme chagrinée. Ces mamelons blancs n'étaient pas dus à une matière déposée dans le tissu des reins, dont elle aurait écarté les fibres, comme l'eût fait la matière tuberculeuse ou la matière cérébriforme; ils étaient réellement formés des fibres de la substance corticale , qui , sur les points affectés , étaient décolorées et indurées. L'intérieur des bassinets était notablement arborisé; les substances corticale et tubuleuse étaient dures, et moins distinctes l'une de l'autre quedansl'étatsain.La membrane fibreuse des reins élaitintacte; la vessie et les uretères n'offraient pas d'altération notable.

Obs. LX. — Blennorrhagies ; plusieurs années après , à la suite d'excès et de fatigues, rétention d'urine; repos , càthétérisme, gnérison; nouvelle rétention, traitée parla dilatation de l'urèthre; troisième attaque avec douleur dans la région lombaire du côté gauche ; urine alcaline ; soulagement très marqué par les ventouses scarifiées et par la dilatation de l'urèthre ; retour de l'urine à l'acidité.

Un employé du Port-aux-Vins , âgé de 65 ans, dans son jeune âge était entré au service. D'un tempérament sanguin , d'une bonne constitution , pendant quinze ans il avait supporté toutes les fatigues de la guerre , sans accident , mais il avait contracté, en garnison , plusieurs gonorrhées.

11 y a vingt-cinq ans , à la suite d'une course et d'une débauche dans laquelle il but largement du vin , il eut une rétention d'urine ; il ne pouvait rendre l'urine que goutte à goutte : il fut sondé, et, après quelques jours de diète et de repos, il se rétablit. Cinq ans après, à la suite de travaux forcés, il eut de nouveaux accidens, avec besoins fréquens d'uriner, accidens qui ne l'empêchaient cependant pas de travailler une partie du jour. En 1825, rétention complète d'urine. M. Roux introduisît une sonde dans la vessie; le malade rendit beaucoup

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d'urine, avec des graviers; au bout d'une semaine, il put uriner sans la sonde , mais le jet était petit. On introduisit ensuite une sonde plus volumineuse qui lui occasiona de vives douleurs. Pendant six semaines, il fil usage des sondes, et sortit parfaitement guéri de sou rétrécissement. La douleur lombaire du côté gauche, dont il se plaint aujourd'hui (i'^'' septembre i83i), ne s'était pas encore manifestée. Quatre à cinq ans après, les mêmes symptômes reparurent , mais moins forts. Dans l'hiver de 1829 , étant occupé à casser la glace au pont Royal, il éprouva de la fatigue et du froid ; peu de jours après , chargé de deux lourds paniers, il glissa et tomba par terre , et depuis lors il a éprouvé des douleurs dans la région lombaire du côté gauche. Il y a un an, pour la première fois, il a rendu des mucosités par l'urèthre.

Depuis quinze jours , la rétention d'urine et la douleur dans la région du rein gauche se sont reproduites. L'excrétion de l'urine est devenue de plus en plus difficile, au point que, ne pouvant plus uriner , il est entré à l'hôpital de la Charité.

Levenlreestvolumineux, etrendu mat, dans l'hypogastre, par l'accumulation de l'urine dans la vessie. Une bougie introduite dans le canal de l'urèthre est arrêtée, par un rétrécissement , dans la portion membraneuse. J'introduisis une sonde d'argent, et je retirai de la vessie une urine trouble, blanchâtre et alcaline. La respiration est gênée. Depuis cinq jours le malade n'avait presque pas pris d'aliraeus, et ne pouvait aller à la garde-robe [venlotises scarifiées sitr la région rénale gauche , hain , tisane de chiendent édiilcorée, houillon j lavement purgatif). Le lendemain , soulagement très marqué ; le malade est allé deux fois à Ja selle. Les jours suivads , on continua les bains, les lavemens émolliens, la tisane diurétique; et l'urine put être rendue naturellement, mais en petit jet; elle ne tarda pas à devenir acide et à-peu-près Irarlspareute ; la douleur rénale n'était plus sensible qu'à la pression.

Bien convaincu que le settl moyen de guérir complètement cette néphrite était de traiter le rétrécissement de l'urèthre y je proposai au malade de dilater le canal j il fit, pendant quelque temps, usage des bougies, mais se sentatit très soulagé , jo ne

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■pus obtenir de lui qu'il prolongeât assez son séjour à l'hôpital , pour être à l'abri d'une récidive.

Obs. LXI. — Fistule urinairc urétbrale; inflammation chronique de la Tessie,de l'uretère, du bassinet et du rein gannhc atrophié, consécutive à un rétrécissement de l'urèthrc.

Unliommede soixante-dix ans, ayant beaucoup d'embonpoint, fut reçu à l'hôpital de la Charité pour s'y faire traiter d'une fistule urinaire. La présence de la sonde détermina au bout de quelques jours des accès de fièvre qui furent bientôt suivis de la mort. J'assistai à l'autopsie, et j'examinai, avec soin, les voies urinaires. Les deux tiers inférieurs du rein gauche étaient atrophiés, réduits à une languette d'un pouce de large sur trois pouces de long; sa couleur était pâle et jaunâtre. Ea le fendant, on découvrit un petit foyer purulent , du volume d'une noisette , à deux lignes du bord convexe du rein , et vers le milieu de sa longueur; le reste de l'organe était atrophié, et ne présentait d'ailleurs de remarquable que sa couleur pâle. Le tiers supérieur du même reiu avait son volume et sa densité naturelles ; sa couleur rougeâtre contrastait fortement avec celle des deux tiers inférieurs; enfin sa surface était toute piquetée de points rouges plus foncés que la teinte roiigeâlre, uniforme, sur laquelle ils étaient très apparens. Cette portion du rein ne présentait pas d'altération intérieurement j la membrane propre adhérait assez fortement au rein dans les deux tiers inférieurs atrophiés; elle se détachait, au contraire , facilement de la surface du tiers supérieur, qui n'était que récemment enflammé.

Le bassinet du rein gauche, dilaté, avait deux pouces de diamètre en tous sens. A l'extérieur, il n'offrait rien de notable ; sa membrane mvxqueuse, légèrement injectée, était parsemée d taches d'un rouge livide, dont les bords se perdaient en mourant sur un fond gris ardoisé ; les parois du bassinet étaient un peu plus épaisses que dans l'état normal.

L'uretère, du même côté , était dilaté (neuf ligues de diamètre), tortueux, bosselé comme un gros intestin» et sa raem-

ET RÉTRÉCISSEMENT Dli L UBliTURK' 5o r

bi"ane muqueuse offrait les mêmes altérations que celle du bassinet.

Le rein droit, volumineux, pesait cinq onces et demie; sa teinte générale était rouge; sa membrane fibreuse s'enlevait facilement; sa surface élait criblée de points rouges semblables à ceux qui existaient dans le tiers supéi'ieur du rein gauche. Le bassinet du relu et l'uretère droit étaient sains. La vessie était assez grande ; ses parois étaient épaisses; sa face interne offrait line couleur grise , moins foncée que celle de l'uretère gauche ; à son bas-fond existaient de larges taches presque noires, les unes très larges, les autres , moins étendues^ irrégulièrement circonscrites, et qui, en s'enlremêlant avec d'autres taches de couleur vineuse, donnaient à cette partie l'aspect marbré. Légère injection de toutes les autres parties de la surface interne de la vessie ; un peu de mucosité purulente sur la membrane muqueuse de la vessie, de l'uretère et du bassinet gauches. La vessie, vidée six heures après la mort, contenait une urine très ammoniacale ; la prostate était saine.

L'urèthre offrait un rétrécissement considérable ; la portion située entre la vessie et le point rétréci était dilatée, et communiquait avec l'extérieur par un trajet fistuleux, ouvert au périnée , derrière le scrotum.

L'estomac, l'intestin et les autres organes ne présentaient pas d'altération.

§ 417. On a rapporté un assez grand nombre de cas de rétrécissement de l'urèthre ou de rétention de l'urine à la suite desquels les malades ont éprouvé des symptômes très graves, et sont morts dans le coma , sans qu'on ait découvert, après la mort , aucune lésion appréciable dans les reins. Je n'ai pas vu de cas tout-à-faitsemblableset daias lesquels ces organes fussent parfaitement sains. Toutefois, dans le cas suivant, nous observâmes les principaux symptômes de la néphrite, la douleur dans une des régions lombaires, la prostration, la sécheresse de la langue, etc., et, après la mort, on ne trouva pas de trace d'inflammation de la substance rénale proprement dite; seulement, la membrane muqueuse du bassinet élait enflammée , et les cônes de la substance tubuleuse étaient aplatis et déformés. La

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rélenlion de l'urine, dans le rein, ou celle des éléinens de l'urine, dans le sang, peut donc être accompagnée des symptômes putrides si fréquens dans la néphrite double, aiguë. Ce cas offre vme autre parlicularilé remarquable : c'est l'aspect tomenteux de la membrane muqueuse de la vessie; altération dont j'avais déjà vu un exemple à l'hôpital de la Chai-ité et qui a été publié par M. Louis.

OtfS. LXII. — Rétrécissement de l'urèthre ; dilatation de la portion mem> braneuic et prostatique de ce conduit; aspect tomentenx de la membrane muqueuse de la vessie ; dilatation des calices et des hassinels; liquide rongeâtre dans les calices, qui sont injectés; symptômes putrides, analogues à ceux de quelques néphrites aigaès.

Jean-Claude Gâté, âgé de quatre-vingts ans, journalier, entra, le 2 aoûti835, àl'hôpilal de la Charité, pour s'y faire traiter d'une rétention d'urine complète.

Cet homme a eu, dans sa jeunesse, une blennorrhagie qui dura six semaines environ; à l'âge de cinquante ans, il s'est fait une fracture comminutive à la jambe, qui offre un léger raccourcissement.

Depuis dix ans environ, il éprouve de la difficulté pour uriner ; il urine souvent et peu à-la-fois , par un très petit jet. Depuis deux mois, l'émission de l'urine est devenue plus difficile, et il a ressenti des douleurs dans la région des reins. Il est presque toujours obligé de garder un urinai entre les jambes, l'urine s'échappant goutte à goutte et souvent malgré lui : cependant, depuis vingl-quatre heures, il n'a presque pas rendu d'urine. Ce vieillard est très maigre ; l'hypogastre est douloureux, et la vessie, très dilatée, s'élève jusqu'à l'ombilic.

Le malade dit qu'il a, depuis long-temps, la partie inférieure du ventre dure et tendue; que les urines s'échappaient goutteà goutte et souvent malgré lui ou après de violens efforts qui ont déterminé la formation d'une petite hernie inguinale, du côté gauche. Quand il fait effort pour uriner, tout son corps tremble convulsivement. L'extrémité du gland présente une cicatrice déprimée que le malade attribue à une plaie conluse, reçue dans son enfance, et qui est peut-être l'cnjpreintc d'un chancre ;

ET RÉTRÉCISSEMENT DE L UUÈTHRE. 5o3

le méat urinaire se trouve ainsi rétréci. Une petite Bonde eu argent éprouve une grande résistance, au niveau du bulbe. Son introduction a été douloureuse, et son extrémité est tachée d'un peu de sang. Une bougie très fine, eu gomme élastique, introduite dans le canal , s'arrête au même point que la sonde ; on cherche à la faire pénétrer en la faisant tourner sur ellemême avec les doigts, et en la poussant légèrement, et on la fixe au niveau el contre l'obstacle; dans le jour, le malade urine un peu dans le bain ; croyant pisser plus facilement, il retire la bougie.

Le soir, on introduit une sonde dans la vessie , mais on sent qu'elle est fortement serrée danslaportionrétrécie del'urèthre; on la remplace par une bougie.

Le 3 au matin , le malade dit qu'il n'a pu uriner.

La bougie est retirée avec douleur; quoiqu'elle ne soit que depuis quinze heures dans la vessie , sa surface est dépolie. Le malade urine par un jet fin; l'urine est très rouge. Pendant qu'il urine, on cherche à introduire la sonde, mais inutilement ; une bougie pénètre facilement. Le malade a rendu plus de douze onces d'urine 5 la vessie ne donne pas de matité à deux travers de doigt au-dessus du pubis. L'état général est peu satisfaisant, le malade a des douleurs dans les reins et quelques coliques, et une diarrhée abondante; la langue est sèche ( chiendent nitrè, iain, un feu d'alimens).

Le 3 , au soir, on substitue à la bougie conique une sondé en argent, n" 6 ; et on tire de la vessie une urine sanguinolente , très foncée en couleur, qui , à la fin de l'émission , est limo-' neuse ou purulente , et mêlée de flocons jaunes gris. La diar-rhée continue : le malade dit qu'il n'avait pas senti son hypogastre aussi libre depuis long-temps.

Le 4, au matin, on vide la vessie en débouchant la sonde; l'urine est sanguinolente. Langue sèche, noirâtre; symptômes putrides. On fait pisser le malade sept fois dans la journée et plusieurs fois dans la nuit. L'urine est toujours sanguinolente. Pouls donnant 60 pulsations au plus; la figure du malade est altérée ; diarrhée, selles involontaires , niort le 5, au malin.

Autopsie du cadavre, La vessie contient 5 à 6 onces d'urine,

5o4 NÉPHRITE SIMPLE

sans caillots , très colorée en rouge , comme de la gelée de groseille délayée dans un peu d'eau. Les uretères sont un peu distendus et ont le volume d'une très grosse plume d'oie.

La tunique adipeuse des leins contient peu de graisse. Les reins ont leur volume ordinaire. On sent, en les pressant entre les doigts, que le bassinet distendu contient de l'urine.

La tunique libreuse se détache facilement de la surface des reins sur lesquels on ne remarque ni injection, ni décolorations partielles. On voit à leur surface trois ou quatre kystes du volume d'un très petit pois et d'autres plus petits encore.

Les bassinets et les calices sont très dilatés j les mamelons sont affaissés ; les substances corticale et tubuleuse n'offrent pas d'altérations notables. Le sommet de quelques mamelons est infiltré de sels grisâtres. L'urine contenue dans les calices est rougeâtre, comme celle qui était dans la vessie.

La membrane muqueuse des calices et des bassinets, extrêmement injectée, présente des veines comme variqueuses, remplies de sang noirâtre; dans quelques points il y a des ecchymoses. La face interne du bassinet du rein droit est surtout très injectée. Un filet d'eau projeté à sa surface entraînje de petites portions de sang caillé, noirâtre.

La membrane muqueuse des uretères est injectée, et n'offre ni fausses membranes, ni ulcérations apparentes.

La vessie , presque sphérique , a des parois assez épaisses. Cette épaisseur dépend surtout du développement des fibres charnues. La portion du péritoine qui revêt la vessie n'est pas recouverte de fausses membranes , et n'a pas contracté d'adhérence avec les organes voisins. La membrane muqueuse de la vessie offre un aspect extraordinaire; elle est d'un blanc grisâtre, inégale , tomenteuse , comme la portion supérieure de l'intestin grêle dans les cas où l'espèce de gazon formé par les prolongemens vasculaires est exli'êmement prononcée. En grattant avec l'ongle une point de la surface de la vessie, on en détache quelques-unes de ces productions morbides (fausses membranes ou prolongemens vasculaires), cl au dessous d'elles la vessie paraît lisse et rouge. Après trois jours de macération dans de

ET RÉTRÉCISSEMENT DE l'uRÈTHRE. 5o5

l'eau alcoolisée, on a enlevé celte couche morbide, tomenteuse, et au dessous la membrane muqueuse a paru lisse.

La portion prostatique de l'urèthre n'a subi ni constrictionj ni dilatation; le veru montanum est presque à son état naturel; les follicules des environs ne sont point dilatés ; la membrane muqueuse est inégale, d'un blanc grisâtre.

La portion membraneuse de l'urèthre oflre une dilatation dans laquelle on pourrait loger une grosse noix et qui contient de l'urine. Là, la membrane muqueuse n'existe plus; les parois de la poche présentent des filamens d'un gris noirâtre, qui flottent sous l'eau comme la surface d'une éponge grossière. Ces filamens, très rapprochés les uns des autres, sont peu consistans et faciles à déchirer. Cette poche a environ un pouce de longueur^ et s'étend jusqu'au niveau du bulbe. En ce point, le canal de l'urèthre est rétréci dans une étendue de deux à trois lignes, et présente, comme la petite poche, des filamens de couleur noirâtre, de petits débris mortifiés par la compression de la sonde. Ce rétrécissement dépend d'un petit engorgement dans le tissu spongieux de l'urèthre, sur le côté gaxiche du canal. Le reste de la portion antérieure de l'urèthre est pâle. La membrane muquevise est un peu inégale et comme villeuse. Le corps caverneux contient très peu de sang.

La prostate ne paraît pas plus volumineuse qu'à l'état sain j les testicules ne sont pas engorgés. Le péritoine vésical n'offre aucune altération, si ce n'est qu'il est d'une teinte un peu jaunâtre. Le foie a son volume, sa forme et sa consistance ordinaires ; la vésicule biliaire contient beaucoup débile.

La rate est petite, ridée à sa surface , et recouverte de plaques cartilagineuses. L'estomac et l'intestin n'offrent pas d'altération.

Ausommet du poumon droit on trouve unpetitnoyau crétacé du volume d'un noyau de cerise et quelques adhérences. Pas d'épanchement dans les plèvres, pas d'engouement à la partie postérieure du poumon.

Le volume du cœur est considérable ; les valvules sont saines; les artères principales sont volumineuses.

^ 4i8. De même qu'un rétrécissement de l'urèthre , toute

5o6 NÉPHRITE SIMPLE

autre maladie (calcul (i), excroissance (s) , ou valvule (3) , dans l'urèlhre) ,ou même un corps élraiiger, logé dans le vagin (4), et apportant un obstacle au cours de l'urine, peut devenir une cause de néphrite.

§ 4i9- Rapports de la néphrite avec les organes de la génération.

Ces rapports sont beaucoup plus évidens chez la femme que chez l'homme. Chez elle, il est un certain nombre de conditions qui agissent d'une manière tout-à-fait mécanique, et dont on ne trouve pas d'analogue chez l'homme , à cause de la situation extra-abdominale des organes de la génération.

Un assez grand nombre de pyéliles, de pyélo-néphrites et de néphrites proprement diles , sont en eflet occasionées par des obstacles, que des tumeurs de l'utérus ou des ovaires apportent au cours de l'urine.

Dans d'autres circonstances, des inflammations rénales sur^ viennent par un mécanisme différent: ainsi les inflammations du vagin et de l'utérus, et leur brusque suppression , sont des causes assez fréquentes d'inflammation de la vessie , et, par suite, des uretères et des rein s. Les affections cancéreuses de l'utérusprovoquent quelquefois l'inflammation de la vessie et secondairement celle des reins : enfin , par extension , les phlébites utérines

(1) M. Cross a décrit un cas d'obstruction de la portion prostatique de l'urèthre par un calcul, suivie de rétention d'urine, de dilatation et d'iu' flammation dos uretères et des bassinets; mais il ne s'explique paj sur J'état des reins (Cross, A treafife on the formation, etç, o/ the urinary calculus , in-4o. London. i835. p. 5o. pl. x. fig, i). — Benedetto Portai dans un cas analogue, parle du douleurs néphrétiques (Arch. génér. de méd. 2*^ sér>e, t. X. p. 92. ).

(2) Lieutaud, Sur des douleurs néji/iréli^ues açcompçgnées d'une réteiuioii d'urine, causées par d'anciennes carnosités^ etc. (Journal de médecine, in-i2t. Lxn. p. 364).

(3) Mercier. Gazette méd, de Paris, i83Ô. p. 274.

(4) Heer (Othniar) (De renum mordis, in-4". H.nlae. 1790) cite un cas d'inflammation des reins, qu'il attribue h la compression que pouvait exercer un pessaire sur l'uretèr* gauclie.

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