‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 56 sur 81 · ET PAR\PL]ÉGIÉ · texte numérisé non relu

ET PAR\PL]ÉGIÉ

n'avait cependant jamais donné de signe d'aliénation. Il était d'une taille élevée, fort et robuste.

Le lendemain il avait toute sa connaissance , et ne présentait aucun signe de commotion cérébrale. Décubitus sur le dos, paralysie complète des extrémités inférieures, perte complète du mouvement et de la sensibilité ; pas de contracture, ni de mouvemensspasraodiques. Cen'est qu'audessusdu Irochanter qu'on retrouve des traces de sensibilité à la peau; leplus léger mouvement détermine des douleurs vives dans la région lombaire, et ce n'est qu'avec peine qu'on place le malade de manière à pouvoir examiner la région dorsale. Vers la fin de cette région, on aperçoit une saillie anguleuse des vertèbres, formant une tumeur plus grosse que le poing, à base large; la pression et le mouvement du tronc, y font reconnaître de la crépitation et une mobilité anomale comme dans les fractures des vertèbres. Depuis sa cbute, cet homme n'avait pas uriné, et on fut obligé de le sonder. Sentiment de courbature dans les bras, et le tronc; pouls plein, sans fréquence, chaleur à la peau, tendance à la transpiration. Cet homme est triste, et témoigne du regret de sa tentative de suicide [limonade, saigfièe de deux palettes).

Le 3o juillet. La paraplégie existe au même degré ; il n'urine qu'avec la sonde, et c'est avec peine qu'on a obtenu quelques selles au moyen de lavemens purgatifs. Décubitus sur le dos. L'état fébrile, observé les deux premiers jours, a diminué. On a cessé de le sonder ; cependant il n'urine que par regorgement; toutefois sans que la vessie soit très distendue.

Le septembre. Depuis quelques jours, il est survenu du dévoiement précédé de coliques et de douleurs abdominales ; le malade a cinq à six selles par jour; langue humide sans enduit, pas de soif, ventre souple, sans ballonnement ni douleur, amaigrissement général et considérable. La saillie du dos persiste; il s'estformé au sacrum une escharelarge comme la paume de la main. La paraplégie existe avi même degré qu'au début. On fait coucher le malade sur le côté ( tisane de riz èdidcorèe avec le sirop de coing, diascordium).

Le i5 septembre. Large eschare au niveau des deux trochan-

ters.tlévoiement, dépérissement graduel, pouls petit, fréquent.

Le 20 octobre. Les eschares des Irochanters sont si larges qu'elles sont sur le point de se réunir avec celles du sacrum; elles causent beaucoup de douleur ; on ne sait plus quelle position faire prendre au malade ; le dcvoiement a augmenté.

Le 28 octobre. Le malade est dans un état de marasme complet, le pouls fréquent, à peine sensible; mort dans la journée.

Autopsie\\n^t~qual.ro. heures après la mort. Poitrine. Du côté gauche , la plèvre costale est unie au poumon par d'anciennes adhérences. La plèvre droite présente aussi , vers le sommet du poumon, d'anciennes adhérences ; à la b;ise du poumon, dans l'étendue de trois à quatre pouces cîirrés, on voit des adhérences molles, épaisses, récentes, formant depetiles cavités remplies d'un liquide trouble purulent. Les deux poumons, le cœur et ses annexes sont sains.

Ahdome7i. Péritoine sainj la membrane muqueuse de i'inteslin jusqu'à la valvule iléo-cœcale , pâle , blanche , sans développement morbide des follicules, paraît amincie ; la tunique musculaire partage cet ainincissement. La membrane muqueuse du cœcum est rouge dans presque toute son étendue ; celle d\i rectum est d'un rouge pointillé; un petit nombre d'ulcérations superficielles dans le colon.

Les deuxreins avaient un volume très considérable} cliacun d'eux pesait plus du double d'un rein ordinaire. Le rein gauche, un peu plus volumineux que le droit, pesait dix onces quatre gros; il avait quatre pouces et demi de longueur, deux pouces cinq lignes de largeur, et un pouce quatre lignes d'épaisseur du milieu d'une des faces à celle du côté opposé. La surface des deux reins, d'un rouge foncé, était parsemée d'un grand nombre de points blancs, légèrement saillans, dont le volume variait entre la dimension de la tôle d'une grosse épingle et celle d'un pois à cautère. Autour de ces points blancs on remarquait un petit cercle d'un rouge plus foncé que la substance corticale , plus rouge elle-même que dans l'état sain. Ces points blancs, qui avaient l'aspect du pus li-

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quide , étaient solides , formés par de la lymphe coagulable, et pouvaient être isolés et détachés de la substance du rein , qui offrait une loge ou une dépression à la place qu'ils avaient occupée. Sur la face antérieure du rein gauche on remarquait un dépôt de lymphe coagulable , beaucoup plus considérable, presque du volume delà moitié d'une grosse noix, et qui, isolé, avec le dos du scalpel, de la substance du reiu^ ressemblait à uu énorme hoiirhillon , autour duquel la substance du rein était d'un rouge très foncé. L'injection des petits polygones de la surface des reins était très marquée j surtout à leur face postérieure. Après avoir divisé les reins en deux parties àpeu-près égales, par une section pratiquée de leur grande courbure vers leur scissure, on remarque: i° que la sidDstance corticale offre de deux lignes et demie à trois lignes' d'épaisseur de la base des cônes au bord extérieur du rein, c'est-à-dire, d'une ligne à une ligne et demie de plus que dans les reins ordinaires des individus du même âge; 2" des stries purulentes et de petits dépôts de lymphe plastique en bien plus grand nombre dans la substance corticale, que dans la substance tubuleuse ; 3" des stries rouges comme ecchymosées dans les deux substances.

La membrane intei-ne des bassinets et des calices, plus arborisée que dans l'état sain, offrait de petites ecchymoses, notamment aux extrémités des calices qui embrassent les mamelons. La membrane fibreuse peut être facilement détachée de la surface coi'respondante aux dépôts de pus solide, dont quelques-uns s'enlèvent avec elle. Les veines et les artères rénales n'offrent rien de particulier;

La vessie , fortement revenue sur elle-même, ne contenait presque pas d'urine ; celle-ci était légèrement acide. La inembrane muqueuse, rouge et arbqrisée dans son bas-fond, était d'un rouge foncé à l'ouverture vésicale de l'urèthre.

Toutes les parties molles coiTespondant au sacrum étaient détruites; cet os était entièrement dénxidé et carié. Les parties molles des fesses, qui avoisinent les deux trochanters, offraient de larges eschares; au-dessous du névrilème, et entre les filets du nerf sciatique du côté gauche, on voyait do petits

points blaacs de pus. Les grands trochauters, des deux côtés sont dénudés et nécrosés.

Une seule vertèbre a été fracturée, c'est la première lombaire. Elle s'est en partie consolidée; des productions osseuses inégales, irrégulières, sur les parties latérales et postérieures du corps de celte vertèbre , masquent toul-à-fait les apopujses articulaires. Entre les fragmens il n'existe pas de cal; au niveau de la fracture, le canal vertébral est presque complètement bouché par un angle saillant et tranchant qui presse sur la queue de cheval et sur l'extrémité de la moelle. Le ligament jaune, rompu en arrière et au même niveau, forme une cavité oii sont repoussées les parties nerveuses que je viens d'indiquer et sur lesquelles portait la compression. Dans le point correspondant à la fracture , la dure-mère vertébrale adhérait fortement aux os ; aucune corde nerveuse n'était rompue ; l'extrémité de la moelle, ramollie dans l'étendue de deux lignes, était saine dans tout le reste de sa longueur.

§ 433. M. Bellingeri (i) a remarqué, dans le moutouj que V inflammation de la moelle épinière et de ses membranes était souvent suivie de l'inflammation du péritoine et des reins, et que l'urine devenait trouble et semblable au sérum du lait coagulé.

M. Jones (2) a rapporté un cas d'inflammation rénale, survenue à la suite d'une inflammation de la moelle épinière, et de ses membranes, M. Bouillaud (3) a publié un cas fort intéressant d'inflammation des reins développée chez un individu atteint d'une inflammation des méninges rachidiennes.

§ 434. Il existe, dans ce moment, à l'hôpital de la Charité, un homme d'une quarantaine d'années, d'un esprit très borné, dont la tête est élargie transversalement , comme dans quelques cas peu prononcés d'hydrocéphale chronique. Chez cet homme,

(1) Annali miv. di med. Fascicolo, ga-gS. ang. et sept. 1824. p. 879.

'(2) ilo'ncs '(William). Cas d'inflammation de la riioelle épinière, existant en même temps que V injlatnmation et la suppuration du rein droit ( Edinb. medf and snrg. journ. april 1824. — Revue médicale, i, III. 1824- P> 449-)-

(3) Journal hebdomadaire , t. i. i8a8t p. 227.

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