LT MALADIES DU FOIE
blanche et épaisse de plusieurs lignes. Celte poche était plus arrondie en haut, plus resserrée en bas ; et, lorsque je dirigeai mes doigts vers la partie plus déclive, je fus étonné de trouver que de ce point elle s'étendait encorebeaucoup plus loin. Je divisai alors les parties sur une sonde, et j'arrivai dans le rein droit, qui était à peine reconnaissable. En effet il ne restait pas la moiadre trace de la substance de cet organe ; j'avais seulement devant les yeux un grand sac membraneux, deux fois aussi gros qu'un rein , et contenant le même liquide que celui qui était renfermé dans l'abcès du foie. Les deux cavités communiquaient ensemble de la manière la plus évidente. L'uretère du côté droit était deux fois aussi large que dans l'état naturel ; la vessie était remarquablement petite; ses parois avaient un huitième de pouce d'épaisseur, et sur différen's points, sa surface interne présentait des ulcérations superficielles. Le rein gauche était dans l'état naturel. L'estomac et le canal intestinal n'offraient, non plus , aucune altération; mais la rate, qui était au moins triplée de volume, avait la même couleur que le foie, était parsemée des mêmes petites tumeurs, et le tissu de ces deux organes était devenu si ferme qu'il criait sous les incisions du scalpel.
Après ces résultats de l'autopsie cadavérique, il n'est pas douteux que, dans ce cas, il y a eu d'abord un abcès très considérable du foie, abcès qui s'est frayé, d'une manière remarquable, une voie vers le rein droit, et qui, détruisant peu-à-peu la substance de cet organe , a vidé son contenu dans la vessie.
§ 43 t. M. J.Monat (i) a publié plusieurs observations recueillies aux Indes, sur des Européens, d'après lesquelles il a cru pouvoir avancer que le pus des abcès du foie était quelquefois éliminé par les selles ou par l'urine, sans communication de ces foyers avec la cavité du calice et du bassinet, et même sans lésion matérielle des reins; mais ces observations sont loin d'être concluantes et manquent de détails nécessaires. Dans un cas
(i) Monat. Purulent discharges from ihe bladder and rectum in hepatic diS' eases (The mcdico-chirurgical rcriew, etc. by Jame) Johnsoo. July. i838, p. 3j5J.
558 ÎTÉPRITE SIMPLE
( Obs. I ), douleur au côté droit , fièvre, augmentation du Tolttme du foie; cinquante-sept jours après le commencement de la maladie , lorsque l'on était dans l'attente que le pus allait se former dans le foie , on observa des matières purulentes dans les salles et plus tard en grande quantité dans l'urine ; en même temps la tumeur du foie diminua et cessa entièrement de se faire sentir. Cependant pendant toute une année , quoique la santé générale fût bonne, le côté fut de temps en temps douloureux et volumineux, le malade était toujours soulagé toutes les fois qu'il rendait du pus par les selles ou par les urines. Par moraens il y avait une fluctuation manifeste au côté. Guérison.
Dans un autre cas (Obs. v), dysenterie aiguë avec douleur à l'épigastre ; cinquante-six jours après l'attaque, pus dans les selles ; le jour suivant, urines purulentes avec soulagement ; pendant trois semaines à-peu-près, un peu de pus par les urines ët les selles , sans beaucoup de soulagement. Mort. Abcès volumineux dans le lobe droit du foie, renfermant treize onces de pus. La vessie épaissie contenait un mélange de pus et de bile ; aucune communication entre les conduits biliaires et les reins, ni avec les intestins.
§ 442. J.Robinson (i) a vu des collections purulentes dans les reins coïncider avec des tubercules dans le foie, et une augmentation de volume de la rate. Dans un cas oii le foie était très volumineux et engorgé, Telfort (a) a vu la surface du rein droit ■enflammée; Portai (3) a vu la jaunisse se joindre à l'inflammation du rein droit. M. J. A. Clos (4) a vu, ce qui est plus rare, une douleur survenir dans le rein gauche , avec dysurie , dans un cas d'abcès du foie.
Les cas de coïncidence de la néphrite avec les afiectious du foie, et surtout avec l'hépatite exigent, pour être reconnixs, une exploration très attentive. Non-seulement la douleur peut avoir à-peu-près le même siège dans les deux cas, mais il paraît
(1) Edinb. med. and surg. journal, jannary iSaS.
(2) Med. and physical journal ,}\me, iSazt p. 4^3. , (3) VoytaX. Anat, méd. U y, p. 377.
(4) NoHvdle Bibliothèque médicale, 1828. t. m. p. 389.