ET PÉRITONITE
quoique délicat, d'une bonne santé, lorsque dans le coui'ant du mois de janvier dernier, il commença à éprouver, sans cause connue , du malaise, des frissons irréguliers , de l'inappétence et de la courbature. Il n'en continua pas moins son travail, et ce ne fut qu'à la fin de février i835, que, se trouvant plus malade et voyant son ventre enfler, il entra à l'hôpital de la Charité. Il n'accusait alors aucune douleur; son ventre était volumineux et tendu , et on y sentait de la fluctuation ; mais on n'y découvrait aucune tumeur. Le cœur était sain, la respiration faible au sommet des deux poumons. Les jambes et la face n'étaient pas infiltrées , en sorte que l'ascite paraissait locale et due à une péritonite chronique; les urines étaient peu abondantes; parle repos elle refroidissement elles laissaient déposer un sédiment considérable , mélange de mucus et de sels; traitées par l'acide nitrique, elles ne se troublaient pas. Le poïils était fébrile et assez fort ; deux petites saigaées et une application de sangsues à l'anus furent faites , les premiers jours. On pratiqua ensuite des frictions avec la teinture de scille et de digitale sur les membres inférieurs; le malade fit usage d'une potion avec l'oxymel scillitique et la digitale, se nourrit de beaucoup de lait et de vin blanc étendu d'eau.
Ce traitement fut continué pendant tout le mois de mars. La sécrétion urinaire augmenta, et l'ascite parut diminuer. Malgré cette apparente amélioration , le malade dépérissait rapidement. Vers les derniers jours du mois de mars r835, le malade se plaignit d'une cuisson dans l'urèthre, avec de fréquentes envies d'uriner, qui étaient suivies de l'émission de quelques gouttes d'urine. On examina la vessie, et on put s'assurer qu'elle n'était point distendue. On constata qu'il y avait plutôt diminution qu'augmentation dans la quantité des urines.
Attribuant à l'usage prolongé des diurétiques l'irritation des voies urinaires, on les suspendit. Cependant les douleurs persistèrent encore plusieurs jours : puis elles cessèrent , et les urines devinrent moins rares ,• elles étaient troubles et peu colorées.
Cinqà six jours avant la mort, lemaladeressentitdes frissons; la fièvre, qui était continue depuis quelque temps, augmenta
NEPHMITE' SÏMPtE
d'une manière sensible; les traits sfr grippèrent', l'a-kiigue se sécha et la soif devint vive; il s'yjoigait un grand' abattemeut avec un endolorissement général, avec des nausées et de. la diaiw tbiêe; et, comme la: respiration était plus gôtiée, comme la toux et l'èxpecloration avaient augmenté , on soupçonna, mais à tort, que quelque inflammation dans la poitrine était la cause de ces nouveaux accidensi La mort eut lieu le xa avril i836.
Autopsie du cadavre. — Tête, Infiltration séreuse de la pie-mère
Poitrine. Les deux poumons adhèrent aox plèvres'par de fausses membranes anciennes ; des tubercules crus sont in-^ filtrés dans le parenchyme pulmonaire, qui est noir, en plusieurs points. Un grand nombre de petites cavernes , au sommet des poumons. Le cœur n'offre rien de particulier.
"L' abdomen ne contient pas de sérosité ; les circonvolutions intestinales sont réunies les unes aux autres' par de fausses; membranes ; tout le péritoine en est recouvert j en outre, il présente des granulations tuberculeuses, innombrables, qui lui donnent un aspect remarquable. Ea rate et le foie sont sains, • l'estomac et le duodéiium n'offrent rien de particulier. La vessie est tout-à-fait revenue sur elle-même et cachée derrière le pubis; sa surface interne est très rouge, surtout an niveau du col. Sa membrane muqueuse est , du reste , d'une bonne consistance. Les reins offrent des plaques d'un rouge brun, surmontées de points purulens, disposés en groupes.
Le rein gauche (Atlas, Pl. I, fîg. 3), plus volumineux que le droit, offrait des points puruVens^ disposés en groupes saillans ;. if était enveloppé'parune couche cellulaire, très indurée, qui se déchirait avec peine. Un abcès superficiel situé dans lé tissu cortical du rein , semblait avoir franchi l'enveloppe propre de cet organe et s'être fait jour dans la couche celluleuse extérieure.
Le rein dioit, isolé avec facilité d'u tissu cellulaire environnant, était hypertrophié et offrait lés mêmes lésions que le rein gauche, mais à des degrés plus avancés. On ne trouva pas d'urine dans les calices. Les uretères étaient rouges, injectés , revenus sur eux-mêmes.
ET PÉRITONITE CHRQMQUE.
Obs, LXXIX. — Péritonite chronique , tuberculeuse ; inflammation du rein
gauche.
Un homme d'une quarantaine d'années mourut à l'hôpital dôi la- Charité , après avoir présenté , pendant la vici, tous les symptômes d'une péritonite chronique , tuberculeuse. A l'ouverture du corps; je notai les dispositions suivantes :
Les membranes des reins s'enlèvent facilement, sans se déchirer. Le rein gauche , lobulé, présente, à sa- face antérieure, quatre sillons. Les vaisseaux rénaux pénètrent dans le reinj par plusieurs branches. Le rein n'est pas sensiblement augmenté de volume; uniformément rouge, il présente cinq à six points' purulens sur sa face antérieure et autant sur sa face posKérieure : ces points, gros comme de petits grains de plomb/ sont blancs et' liquides, et, au microscope, ils offrent un grand nombre' de globules. Le rein, coupé en deux, présente une- couleur rouge; La substance corticale est peu distincte de la.tubuleuse,3i ce n'est parla direction des tuhuli, qui ont une ooqleuruinpeu plu» foncée. Dans l'épaisseur de la stibstan ce cortical» comme à l'extérieur du rein , on voit des points purulens. Ik'autres^ du volume de la tête d'une épingle, sont disséminés dans (1 est ft<ZiK/ï. Si on divise um des mamelons suiyant son axe, on voiti plusieurs lignes' de pus jauiïâtre, canveiîgeaimt i vers l'exitrémité' daa mamelon , en suivant la' direction 'des ^uilwfo', comme: certains i dépôts' d'acide ui'ique dans les: conduits uriniflàresi Ces dépôtsi purulens sont beaucoup plus apparens! dans la substance tubuleuse quei dans la corticale. Le bassinet et les calices, d'une teinte rosée, présentent un grand nombire de petites- ecchymoses d'un rouge vif, entre lestfufllles on voit, à la loupe, de petites arborisations vasculaioés. La vessiei est. distendue par del'urinei Pas de rétrécissement de l'uBerthrev.
îioaiJjreuses. granulationsiluberculeusesi à la aux^face du péritoine;
Cette- néphrite n'avait pas- été soupçonné* pendant la- vie i. toute l'attention avait été absoubée par les désordores grave» de la^éritonilei
Obs. LXXX. — Double néphrite, méconnue pendant la vie, et survenue à la suite de couches; abcès iliaque gauche et suspubien; anttflesion de l'utérus, et péritonite hypogastrique.
Noiret, Madeleine, âgée de aa ans, domestique, entra à l'hôpital de la Charité, le aa juin- Cette fille, d'un tempérament lymphatique et d'une faible constitution, eut pendant son enfance une santé très délicate. Elle fut réglée à 17 ans j à 18 ans elle eut, pendant une année entière, mais non continuellement, une fièvre intermittente, qui, d'abord quotidienne, prit ensuite le type tierce.
Elle est accouchée depuis cinquante- trois jours.
L'accouchement fut naturel j le travail dura seulement cinq heures, et la délivrance fut très facile ; les lochies s'établirent bien, quoique peu abondantes; la fièvre de lait parut le troisième jour et ne dura que dix heures, à-peu-près, avec intensité ; les seins étaient si gonflés que les bras étaient tenus écartés du tronc. Le quatrième jour, un purgatif , administré pour combattre une constipation opiniâtre , amena un dévoiement qui persista cinq jours. On l'arrêta par des sangsues à l'anus; et api'ès dix jours , passés à la Maternité, cette fille sortit en assez bon état, se plaignant seulement d'inappétence et de faiblesse générale. Au bout de dix autres jours, elle éprouva, dans la jambe gauche, de la fatigue, puis de l'engoxirdissement et enfin de la douleur; l'extension, surtout, était fort douloureuse: elle ressentit, de plus , de petits frissons , qui revenaient surtout le soir. Ces frissons devenant plus fréquens et plus longs, et se reproduisant toutes les nuits, elle entra à l'Hôtel-Dieu.^le trentième jour après ses couches; les lochies coulaient encore; on lui fit prendre plusieurs bains. Un émétique, donné pour corabayre la constipation, produisit une diarrhée qui, cette fois, ^xa dix-huit jours. Bientôt Noiret s'aperçut elle-même de l'existence d'une petite dureté au bas-ventre, du côté gauche. Voyant son état empirer, elle quitta l'Hôtel-Dieu, après dix jours de séjour, resta chez elle une semaine et enfin entra à la Charité, cinquante-trois jours après son accouchement.
Alors nous constatâmes dans la région iliaque gauche, une lu-